‹ Précis de chimie physiologique animaleChapitre 53 sur 61 · FORGES BT LOIS DS8 MOUVEMENTS ORGANIQUES. 3M · texte numérisé non relu

FORGES BT LOIS DS8 MOUVEMENTS ORGANIQUES. 3M

la chaleur, dont les effets sont si variés , détermine les transformations chimiques , d'où résultent les transformations morphologiques. Qui eût soupçonné dans le bichromate d'ammoniaque les conditions par suite desquelles la chaleur, lors même qu'elle n'agit que partiellement, donne à l'oxyde de chrome un volume si considérable et une forme si extraordinaire qui rappelle celle des feuilles de thé. Cette forme serait-elle accessible à l'analyse mathématique?

On a regardé aussi la durée des mouvements organiques comme une preuve de l'action d'une force vitale, parce qu'on avait cru observer que les phénomènes dépendant de forces purement chimiques n'ont qu'une durée tout à fait inappréciable. Mais nous connaissons maintenant une foule de phénomènes chimiques qui ne s'aèhèvent qu'au bout d'un temps plus ou moins long ; rappelons seulement la décomposition des éthers composés, des corps conjugués , etc.

Ces considérations suffiront pour établir qu'il serait tout à fait contraire à l'esprit de la science d'avoir recours à l'hypothèse d'une force vitale pour expliquer les phé* nomènes qui se passent dans les corps vivants , et pour attribuer la succession nécessaire des phénomènes à une cause qui ne serait soumise à aucune loi. Dans la chimie physiologique, comme partout ailleurs, expliquer Un fait, c'est le ramener à des lois physiques bien établies. Du moment que la chimie physiologique admettrait une force vitale, elle abdiquerait son rang parmi les sciences exactes. Si quelque pai*t les phénomènes sont compliqués , (î'est bien dans le corps vivant; c'est donc là aussi

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qu'il sera le plus difficile de découvrir les lois. Sans doute nous ne pouvons souvent nous rattacher qu'à ce seul principe que les lois des mouvements moléculaires sont aussi immuables que celles de la gravitation des corps célestes ; mais celui-là même qui , d'après des impressions propres, se ferait une idée quelconque de la force vitale, doit être convaincu que les lois de la nature subsistent dans l'organisme aussi bien que dans la nature morte; que, par conséquent, toute investigation , toute explication relative aux phénomènes de la vie animale devient impossible sans l'application des lois physiques.

112. Précédemment, en étudiant individuellement chacun des facteurs des métamorphoses de l'organisme, nous avons indiqué le rôle qu'ils jouent dans telle ou telle fonction de l'économie ; mais alors nous ne fai-' sions que rassembler les matériaux devant servir de base à une théorie générale, ainsi que les données nécessaires pour expliquer dans leur ensemble les causes des phénomènes. Nous ne pouvons rattacher une semblable théorie générale à l'histoire des substances qui composent l'organisme qu'en fixant d'abord notre attention sur les véritables agents des transmutations de V organisme^ et en examinant les transformations que ces agents y subissent pendant l'accomplissement de leurs fonctions. Nous aurions donc à réunir dans une étude commune toutes les réactions où interviennent les différents facteurs chimiques, pour subir eux-mêmes de nombreuses modifications, en vertu d esquelles ils finissent par être rejetés dans le domaine du monde extérieur.

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