‹ Précis de chimie physiologique animaleChapitre 61 sur 61 · gr, de fèces · texte numérisé non relu

gr, de fèces

Total. 74,123 gr.

Il est à peine nécessaire de rappeler que Texcédant de 6»%615 d'eau, dans le second tableau, représente Teau ormée par la combustion respiratoire. L'excédant des matières salines provient de Toxydation du soufre des albuminates.

D'après ces expériences , on voit que tout Tazote des alin^ents est rejeté de l'économie sous forme d'urée;

dbyGooQle

390 BÉACTIONS CHIMIQUES DE L*6C0N0MIB.

celte conclusion n'est pas rigoureuse, comme le prouvent les expériences citées plus haut, et où il s*est toujours présenté un déficit. On ne saurait dire ce que devient cet azote qui ne reparaît pas dans Turine ; on ne peut, à ce sujet, que hasarder des conjectures. Ce déficit est le plus élevé {l de Tazote absorbé) par une alimentation animale insuffisante; il est moins considérable (J de Tazote absorbé) lorsque la nourriture suffit tout juste; enfin il est encore moindre quand Talimentation est très abondante. On a également observé que dans le cas où la nourriture animale renferme de la graisse , le déOcit est bien plus faible, en sorte que la presque totalité de Tazote ingéré se retrouve alors dans l'urine. Enfin le déficit d'azote est encore déterminé par une consommalion copiease d'eau (voy. page 226).

1&6. Les métamorphoses des matières azotées, dans l'organisme , sont d'ailleurs considérablement modifiées par l'ingestion simultanée de matières exemptes d'azote. L'ingestion de la graisse, par exemple, restreint toujours la transformation des principes azotés du corps; la sécrétion de l'urée est bien supérieure, pendant l'inanition , à ce qu'elle est* dans le cas où l'animal se nourrit de matières non azotées. Généralement, après ringestion de viandes grasses, la quantité d'urée sécrétée est moindre que celle qui correspondrait à la somme des composés albuminoïdes absorbés ; cependant il se sécrète parfois aussi un peu plus d'urée que par un régime composé de viande maigre, parce que la présence de la graisse diminue le déficit d'azote. Ce qui empêche surtout (le prendre les quantités d'urée sécrétées pour

mesure des métainorphoses des aliments azotés , c'est que, même chez des animaux adultes ou vieux, des quantités de substances azotées , tantôt plus grandes , tantôt plus petites , se transforment en tissus et restent ainsi dans Torganisme. N'oublions pas, d'ailleurs, qu'il arrive souvent, dans le cas d'une ingestion surabondante de matières grasses , que les principes azotés des aliments concourent à la formation des cellules destinées à loger la graisse , et que , dans le cas d'une ingestion surabondante de viande, la graisse introduite ou formée dans l'économie sert fréquemment à composer des tissus azotés.

Tous ces faits rendent très difficile l'appréciation quantitative des transmutations de l'organisme. Un grand nombre de questions qui s'y rapportent restent donc jx)ur l'instant sans réponse et réclament de nouvelles recherches : telle est , par exemple , cette question si simple, de savoir si tous les composés albuminoïdes des aliments se transforment nécessairement en tissus avant de donner naissance à de l'urée, ou s'ils peuvent se transformer immédiatement, dans le sang, en urée, acide carbonique et eau. Les résultats des expériences faites jusqu'ici laissent le champ libre à tant d'interprétations, que l'on ne saurait encore, même avec tous les secours du raisonnement, arriver à aucune condusion certaine.

ikl. Les expériences qu'on a faites sur des animaux fmvés d'aliments solides ne peuvent servir qu'à confirmer les propositions précédemment énoncées. Voici tes résultats les plus dignes de foi : La perte totale de

392 RÉACTIONS CBIMIQDBS DE L'ÉCuNOMIE.

poids qu'éprouve un animal depuis le commencenoent de l'inanition jusqu'à la mort varie d*une espèce à l'autre; la mort survient quand l'animal a perdu des 31 aux 52 centièmes du poids de son corps. Les mammifères carnivores, les chats, par exemple, perdent les 51,7 centièmes ; comme leur existence peut se prolonger environ dix-huit jours après que toute nourriture leur a été enlevée, on trouve, pour la perte journalière, en moyenne, 2,87 pour 1 00 . D'autres animaux ne perdent, en moyenne, que 4,2 pour 100 du poids de leur corps, pendant vingtquatre heures ; chez ces derniers , ^^ de la masse totale du corps disparait donc, pendant ce temps, résultat qui s'accorde d'une manière satisfaisante avec celui que nous avons cité plus haut pour les animaux ne recevant que les alimmits strictement nécessaires à l'entretien de la vie. Du premier au huitième jour, la perte de poids (chez les chats) diminue d'une manière assez exactement proportionnelle à la quantité d'acide carbonique exhalé; plus tard, l'exhalation de l'acide carbonique diminue plus lentement que le poids du corps, et pendant les deux jours qui précèdent la mort , c'est au contraire cette exhalation qui diminue avec le plus de rapidité.

La sécrétion urinaire décroît d'abord bien plus vite que \% poids du corps; elle lui reste ensuite presque exactement proportionnelle jusqu'au seizième jour, et comme l'exhalation de l'acide carbonique diminue beaucoup pendant les deux derniers jours , l'urine devient plus riche en acide phosphorique et en matières extractives; les chlorures en disparaissent dès les premiers

jours. Le rapport entre les phosphates et les sulfates reste d'ailleurs constant pendant toute la durée de Tinanition.

Les carnivores (les chats, par exemple) soumis à ces sortes d'expériences perdent dans l'espace de vingt-quatre heures, par la transpiration, 2,16 pour 100 du poids de leur corps sous forme d'acide carbonique, et 1 ,6 pour 100 sous forme de vapeur d'eau ; par les urines, 0,20 pour 1 00 d'urée, 0,008 pour 100 d'acide sulfurique, 0,0011 pour 100 d'acide phosphorique , 0,029 pour 100 de matières solides (contenant 0,020 pour 100 de résidus biliaires) ; enfin par les urines et les fèces, 2,2^* pour 100 d'eau liquide. On peut conclure de ces nombres qu'en moyenne , pendant l'inanition , il se décompose une quantité de matière musculaire équivalente à 0,611 pour 100, et une quantité de graisse correspondante à 0,ftZi2 pour 100 du poids du corps.

On a déterminé aussi les pertes de poids qu'éprouve chaque organe en particulier pendant l'inanition. Il résulte de ces expériences que la perte totale du corps est due principalement à la destruction du tissu musculaire, du sang et de la graisse. On a calculé que la moitié de la perte totale se répartit sur le tissu musculaire, un quart sur la graisse , un quart sur les autres tissus. On a trouvé , par exemple, que chez les chats, pendant une inanition de dix-huit jours, le sang avait perdu 93,7 pour 100 de son poids primitif, le tissu adipeux 80,7 pour 100, et le tissu musculaire 66,9 pour 100.

Voici les résultats qu'on a obtenus avec des animaux privés d'alimenU liquides : Ces animaux prennent de

t\^H r^AcnoNs ciiimioubs de l'économie.

moins on moins de nourriture solide, en sorte que les excrétions diminuent considérablement. Pendant une |>ériode de douze jours d'inanition un chien rendait 60 grammes d'urine le premier jour, 26 grammes le septième, 7 grammes seulement le douzième; sa peau s'écaillait, ses poils tombaient (chez les oiseaux, il en est de même des plumes), ses excréments devenaient visqueux ou durs. La quantité des pertes excédait de beaucoup celle des matières ingérées; de là une diminution notable dans le poids du corps.

Des pigeons , privés d'eau , perdaient journellement 5,7 pour 100 de leur poids , et après douze à treize jours de privation , la perte s'élevait à /),6 pour 100. I^ majeure partie de cette perte portait encore ici sur le tissu musculaire , la peau et la graisse ; le cerveau , les yeux, la rate conservaient un poids sensiblement constant.

148. Une des questions les plus importantes pour la nutrition , c'est la recherche des rapports qui existent entre les aliments et les transmutations de l'organisme , dans les cas où le poids du corps augmente, c'est-à dire pendant la croissance ou le développement de l'embonpoint. Cette question n*est en aucune façon élucidée. Ona , il est vrai , tenté dans cette direction plusieurs séries d'expériences, mais elles sont insuffisantes et ne permettent pas de conclusions générales, surtout à cause des oscillations continuelles qu'éprouve le poids du corps, mémo dans les circonstances normales, par suite de la formation et de la destruction de certaines parties des tissus. I^s observations sur le travail qui s'accomplit dans l'œuf, pendant l'incubation, sont elles-mêmes trop

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peu nombreuses et trop peu exactes pour nous servir à cet égard. Rappelons ici seulement qu'il résulte de quelques expériences (^ue Tingestion dans le corps de certaines substances, avec les matières alimentaires, diminue la décomposition des matières azotées, et permet ainsi une formation plus abondante de tissus, tandis que d'autres substances, telles que le chlorure de sodium ou Teau prise en abondance, paraissent activer cette décomposition et entraver la formation des tissus azotés. La connaissance de la nutrition étant le but suprême de toutes les recherches de chimie physiologique, il ne faut pas s*étonner de trouver, dans ce chapitre , moins de résultats vraiment scientifiques que dans les chapitres précédents; car les travaux faits jusqu'ici n*ont eu pour objet que de trouver des bases solides qui permissent d'y établir plus tard des principes généraux. Malheureusement nous sommes encore bien loin d'une théorie complète de la nutrition , et il faut nous contenter de chercher à établir une balance entre la consommation et la dépense de l'organisme, et à obtenir ainsi du moins des notions approximatives. C'est à l'avenir qu'est réservée la connaissance des échanges intimes qui s'opèrent entre les principes concourant à la nutrition , ainsi que celle des différents agents et des différentes phases des transmutations de l'organisme. Cette connaissance étant un jour acquise , nous permettra seule de représenter avec une exactitude scientifique l'ensemble des phénomènes chimiques de la vie.

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