‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 114 sur 173 · SPERME · texte numérisé non relu

SPERME

2<> Coinposition chimique. — Elle est peu connue. L'analyse suivante, très ancienne et due à Vauquelin, se rapporte au sperme humain complet (spermatozoïdes et liquide interstitiel).

Eau 90 p. 100

Albumines et extractif 6 —

Sels minéraux 4 —

En réalité, la composition chimique du sperme est très complexe. Elle comprend :

1» Des substances protéiques : une albumine voisine des mucinesetune nucléine à laquelle Miescher attribue la formule C*»H*»Az»P3022.

2* Des composés azotés : la spermine, ou éthylène-imine CH^ — AzH — CH^, base liquide, à odeur de sperme, donnant des sels et précipitant par les réactifs généraux des alcaloïdes. La protamine, substance gommeuse, alcaline, en C'^H^'Az'O* (OH)*, susceptible, elle aussi, de fournir des sels et de précipiter par les réactifs des alcaloïdes. La protamine paraît être unie à la nucléine; du reste, il n'est pas sûr qu'elle existe dans le sperme de l'homme. De la cérébrine et une ou plusieurs lécithines accompagnent probablement les bases précédentes.

3® Parmi les éléments ternaires du sperme, il faut citer la cholestérine, les graisses, peut-être aussi d'autres substances extractives.

4<* Enfin, des sels, où prédominent les phosphates.

3® Recherche médico-légale. — Elle s'effectue, d'ordinaire, en découpant les taches suspectes, qu'on fait macérer par imbibition, pendant une heure, dans un verre de montre, avec de l'alcool au tiers. Après quoi, on racle la tache avec un bistouri et on colore le liquide trouble ainsi obtenu avec de la glycérine à 0,5 p. 100 d'éosine, qui fait bien apparaître les spermatozoïdes (Renaut).

Florence fait agir sur le produit de la macération d'un fragment de tache une goutte d'une solution contenant, pour 30 centimètres cubes d'eau, iR'*,65 d'iodure de potassium et 2^,54 d'iode. A un grossissement moyen, on aperçoit des cris-

3d8 MILIEU INTÉRIEUR

t^iux jaunes ou bruns, en lamelles allongc^es rappelant la forme d'une lame de parquet, habituellement n'^unis en croix ou en étoiles, quelquefois bifurques à leurs extrémités. Ces cristaux, qui ressemblent à s'y méprendre à des cristaux d'hémine, sont extrêmement abondants ; ce sont peut-être des cristaux du sperme, colorés par l'iode. Leur formation, caractéristique du sperme, semble-t-il, constitue un caractère d'une grande sensibilité (Florence, Arch. de VAnlhr, crim,, t. XI, janvier et mars, 1896).

S 2. — OEuF

L'ovule est une cellule et, comme tel, possède un noyau, appelé vésicule germi native y un corps protoplasmique et une membrane d'enveloppe, la membrane vitelline. Il se distingue des autres cellules par son grand volume, dû à la présence, au sein de son protoplasma, de diverses substances (lécithines, graisses). Le protoplasma de l'ovule a rc^u le nom de vilellus^ et on le distingue, sous le nom de vitelluf formatif^ des substances qu'il renferme et qui constituent le vilelhis nutrùif. Le vitellus formatif est la partie vivante ; c'est de lui et de la vésicule germinative que descendent tous les éléments cellulaires de l'organisme. Le vitellus nutritif, qui peut dépasser de beaucoup en volume le vitellus formatif (poule), est une simple réserve nutritive.

±^ Composition chimique. — On n*a aucun renseignemçnt direct sur la composition chimique de l'œuf humain ; toutefois, on peut, dans une certaine mesure, lui appliquer par analogie certaines des notions que l'on possède sur l'œuf de poule.

Indépendamment des éléments essentiels décrits plus haut, et en particulier d'un vitellus nutritif très abondant (jaune), l'œuf de poule complètenjent développé comprend, en allant de la périphérie au centre : 1° une coquille formée d'une matière kératinique (4 p. iOO) imprégnée de carbonate de chaux (95 p. 100), d'un peu de magnésie et de phosphates; chez

Page 1