‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 118 sur 173 · C:apriiie (?H*. ().C*nVH · texte numérisé non relu

C:apriiie (?H*. ().C*nVH

Tue analyse minutieuse du beurre de vache v a fait découvrir un très grand nombre d'acides combinés sous la forme de corps gras neutres, la plupart à l'état de ti^aces : d'abord, les acides précédents (oléique C'^H^^O^, margarique C*^H^*0^, palniitique C^'H^^O^, stéarique C**H'W), puis, les acides laurique C'MI*H)2, caproïque C^H^^O^, caprique C'OH^OQ^, butyrique* C41*0«, bref, tous les termes de la série C"Hî"OS depuis C* jus(ju'à C**, particulièrement les acides myristique C**H^*0^ et caprylique G*H**0^, enfin, un acide en C*®H2*0, de la série oléique. D'après Kœfœd, 100 parties de beurre renfermeraient :

Acide stéarique 2 p. iOO

— pahnitique 28 —

— myristique 22 —

— laurique i 8 —

— caprique 2 —

— caprylique 0,5 —

— caproïque 2 —

— butyrique 1,5 —

Une partie de l'acide butyrique est à Fétat de liberté. Le beurre du commerce n'est pas formé seulement par les mati<''res grasses du lait ; il contient encore de l'eau, du sel

marin, un peu de caséine et de lactose, comme le montre l'analyse ci-dessous (Duclaux).

Eau 10,09 p. 100

Matières grasses 84,13 —

Sel marin 4,47 —

Sucre de lait 0,42^ —

Caséine et sels 0,89 —

Le beurre exposé à Tair rancit, sous l'influence des microbes; mais les transformations chimiques y sont lentes : de l'oxygène se fixe, des saponifications partielles ont lieu, les acides volatils augmentent.

La matière grasse du lait de femme est blanc jaunâtre, de densité 0,966, fusible à 34% se solidifiant à 20%2 ; l'oléine domine, puis viennent la myristine et la palmitine. Indépendamment des acides stéarique, butyrique, caprique, caproïque, etc., on rencontre un peu d'acide formique dans le beurre du lait de femme.

D. Matières extractives. — On en a signalé un certain nombre : lacholestérine (Og'*,3 par litre), lalécithine (1 gramme environ), l'urée, la créatini;, un pigment jaune, peut-être identique avec le lipochrôme, de la dextrine, des substances incristallisables et opticjuement actives iDknicès), des traces d'alcool et d'acide acétique (Bi^.champ), des parfums mal connus.

L'acide citrique G^H'O^ a été découvert par Henkel dans le lait de vache, où on le trouve constamment, à la dose de 1 gramme à lç*',5 par litre ; il fait aussi partie intégrante des laits de chèvre et de jument ; le lait de femme en renferme, mais en plus petite quantité (Scheibe.) L'acide citrique ne provient pas de l'alimentation ; c'est un produit direct de la glande, au même titre que la lactose ou la caséine.

Citons enfin l'acide phosphocarnique, cette combinaison découverte tout récemment dans le muscle et étudiée à la page 338 de ce livre. Le lait renferme de 1 à 2 grammes d acide phosphocarnique par litre ; peut-être est-ce par l'intermédiaire de cet acide que se fait, chez le nouveau-né, l'absorption de la chaux et du fer (Siegfried).

E. Matières minérales. — La proportion de sels minéraux varie notablement d'une espèce à l'autre ; le lait de femme en renferme de 2 à 4 grammes, celui de vache 6 à 7 grammes, ceux d'ànesse et de chèvre un peu moins (5 à 6 grammes par litre;.

Suivant Soldner, les sels du lait de vache se répartiraient d'après le tableau ci-dessous, rapporté au litre.

Chlorure de sodium 0,962

— potassium 0,830

Phosphate monopotassique 1,1 a6

— dipotassique 0,835

— de magnésie 0,336

— dicalcique 0,671

— tricalcique 0,806

Citrate de potassium 0,495

— magnésium 0,367

— calcium 2,133

La chaux combinée à la caséine s'élève à 0g*',465. Friedrichs a trouvé 1 milligramme de fer par litre, dans le lait de femme.

Nous avons déjà insisté sur l'insuffisance de la proportion du fer dans le lait, et montré que le nouveau-né apportait, pour subvenir à l'élaboration de son hémoglobine, une provision de fer accumulée dans le foie ou dans la rate et empruntée au cours de la vie fœtale et par voie placentaire, à l'organisme maternel.

L'élément minéral le plus important du lait est le phosphate de chaux, dont les 2/5 environ ne traversent pas les filtres de porcelaine.

Nous avons vu que la composition chimique des cendres du lait répondait à la composition minérale de l'organisme de l'enfant ou du jeune. Les espèces à développement rapide ont un lait très riche en chaux, pour subvenir aux exigences d'une ossification hâtive ; chez l'homme, au contraire, dont l'ossification est très lente, le lait est pauvre en cendres et surtout en chaux (lg:»',6 de chaux pour le lait de vache et seulement 0,44 chez la femme) . Même constatation pour les albuminoïdes (40 grammes chez la vache, 15 à 20 grammes chea

la femme). Les tableaux ci-dessous font bien ressortir ces différences ; ils se rapportent au litre et à 100 parties de cendres.

Vache

(Bukge)

Femme

})ar litre

par litre

Potasse (K*0). . .

. Igs766 OU

08r,762 OU 32,1 p.

Soude rNa*0). . . .

Chaux (CaO) . . . .

Magnésie (^MgO). . .

Oxyde de fer (Fe«0')

Anhydr. ph. (P*0*)..

Chlore (Cl) ....

Total des cendres. 7, 977 2, 186

BuNGE a démontré qu'il existait un parallélisme remarquable entre la composition minérale du lait de la mère et celle des cendres provenant de Tincinération totale de Tanimal nouveauné . Ainsi, il a obtenu :

Lait Cendres

de chienne du

chien nouveau-né

Potasse (K*0) 14,98 p. 100 11,42 p. 100

Soude (Na*0) 8,80 — 10,64 —

Chaux (CaO) 27,24 — 29,52 —

Magnésie (MgO) 1,54 — 1,82 ~

Peroxyde de fer (FeW). . . 0,12 — 0,72 -

Anhydride phosph. ^P'O»). . 34,22 — 39,42 —

Chlore (Cl) 16.90 — 8,35 —

Ce parallélisme, qui se vérifie pour l'ensemble des éléments, le fer et le chlore exceptés, et probablement chez tous les animaux, ne paraît pas s'appliquer à l'homme ; c'est, du moins, ce qui résulte d'expériences faites par l'auteur de ce livre, en incinérant des fœtus ou des cadavres d'enfants nouveau-nés et comparant la composition chimique des cendres avec celle du lait de femme. On peut s'en convaincre en jetant les yeux sur le tableau suivant, où l'on a rapproché la composition minérale du lait de femme et celle des cendres qui proviennent

de rincinéralion totale d'un fœtus de cinq mois et d'un enfant âgé de onze joure.

Lait de Fœlus Enfant

femme. de 5 mois. de

i 1 jours.

(blNGB) (L. HiCOLNBNq) (P. GuC09\)

Potasse (K*() 32,1 p. iOO 7,71 p. 100 2,70 p. 100

Soude (NVOj . . . .11,7 — 17,23 — 10:23 —

Chaux (CaO 15,6 — 31,66 — 41,92 —

Magnésie MgO). ... 2,9 — 3,12 — l,tO —

Oxyde de fer (FeW) . 0,2 — 0,74 — 1,87 —

Anh.phosphor.(P*(>'; . 21,4 — 33,31 — 37,65 —

Chlore ^Cl, 20,3 — — — 5,77 —

Aliment complet i>ar les albumines, les t;raisses, la lactose et les sels, le lait ne se montre insuffisiint que sur un point, sa faible teneur en fer, (jui ne pourrait assurer, chez Tenfant, l'élaboration de riiémotflobine, si celui-ci n'iivait accumulé pendant la vie fœtale, probablement dans la rate, une provision de fer (Bu.xge).

F. Gaz. — l.e lait renferme des gaz, S7 à 86'*^ par litre, d'après Thor.nkk, qui en a donné l'analyse suivante :

Acide carboni:|i;(^ 55,5 à 73 p. 100

Uxvgène 4,4 — 11 —

Azote 23 — 33 —

A l'air, le lait dégage de l'acide carbonique et absorbe beaucoup d'oxygène, surtout quand il est envahi par certains ferments. L'ébullition, la stérilisation provoijuenl le départ de la • majeure partie des gaz.

40 Propriétés chimiques du lait. -— On sait que le repos détermine la séparation des globules butyreux, qui viennent former à la surface une couche blanche, o]>aque, la crème.

L'addition de l'eau au lait paraît augmenter la proportion des albumines coagulables aux dépens de la caséine.

A l'abri des micr(d>es, le lait se conserve longtemps sans modilication apiu'éciable.

L'ébullition qui, on le sait, ne coagule pas le lait, mais forme seulement à la surface une pellicule de caséine modifiée, la stérilisation ne paraissent pas avoir d'effet bien sensible, du moins à nos moyens actuels d'investigation, sur la composition chimique du lait. Cependant, le lait cuit peut se distinguer du lait cru, grâce à la propriété que possède ce dernier de donner, en présence de l'eau oxygénée et d'un certain nombre de corps aromatiques, des matières colorantes. Cette propriété curieuse est due vraisemblablement à un agent diastasique du groupe des oxydases. Ainsi, le lait cru, en présence d'une goutte d'eau oxygénée et d'une solution aqueuse au centième de gaïacol, donne une teinte jaune orangée ; avec l'hydroquinone au dixième, la coloration est rose et le mélange laisse déposer, au bout de trois à quatre minutes, des cristaux verts de quinhydrone ; avec la pyrocatéchine au dixième, la matière colorante est jaune brun ; elle est bleue violacée avec l'a-naphtol, et violette intense avec la paraphénylène-diamine. Ces réactions ne se produisent qu'avec le lait cru et au contac, de Peau oxygénée (Dupouy).

Vers 130® ou 140**, envase clos, le lait se coagule. La coagulât tion du lait peut encore être obtenue par des moyens chimiquestels que les acides minéraux, les acides acétique ou lactique (sauf pour le lait de femme et celui d'ânesse que l'acide acétique coagule mal), l'alcool, les sels de plomb, de mercure, de cuivre, par l'action des ferments solubles, vers 40® (présure ou lab de l'estomac, macération des testicules du jeune veau, caséases de nombreux microbes, étamines des carduus, etc.). Plusieurs de ces ferments solubles n'agissent bien qu'en présence des sels de chaux : c'est le cas de la présure. Un excès de quelques-unes do ces diaslases peut déterminer la redissolution du coagulum. Tous ces faits trouvent leur application dans l'industrie des fromages.

La coagulation spontanée du lait abandonné à l'air est due à la fermentation lactique de la lactose, sous l'influence des ferments venus de l'atmosphère ; c'est l'acide lactique formé qui, coagulant la caséine, fait cailler le lait. Quand la caséine a été coagulée, le sérum liquide constitue le petit lait, lequel

41S MILIEU IXTERIEUR

contient un peu <!** mati^re^ pr«»t«^hïue> .1 p. lOû . dessraisses (0,1 , du sucr^ **{ il»-^ >*-{<.

5^' Variatkms de la composition chimique. — Elles

doivent ^!i** «•(u«!i»*«'> à «Ii\»*r^ j» tins il»* \'u*-.

a. Aye de la femmf. — En s»' i>-p»iianl au tablt-au de la paue 4Ij8, on p»'Ut se oonvaiiirre qu»* TàtiP f^t un facl»'ur sans importanrf , du ntnins dans l»*> liniit*'S Mi-dinairè«5 de la vie génitale, de dix-huit à quarante ans.

b- Age du lait, coloatrum. — Il n'en est [»a-î tout à fait de même de l'aire du lait. Le lait n"est pas sécrété tel quel, de prime abord ; b-s premiers jours après racooucliement, la mamelle fournit un liquide jaunâtre, «^pais, de densité voisine de 4050, de réaction alcaline : c'est le colostrum.

\ji colostrum tient en suspension des globules but\Teux, comme le lait, et, en outre, des éléments histolosiques particuliers ressemblant à des globules blancs, mais beaucoup plus gros, très granuleux, de surface irrégulière et comme mamelonnée 'fig. 51, B). Le colostrum se coagule par la chaleur, mais ne se coagule pas par la présure ; ces deux caractères le distinguent du lait, dont il présente qualitativement la composition. 11 contient une sorte de caséine, mais celle-ci ne se coagule que si on ajoute au colostrum, pourtant assez riche en chaux, un excès de chlorure de calcium. Le colostrum renferme aussi une globuline et une albumine coagulables, du beurre, du sucre, des sels, diverses matières extraclives (cholestérine, lécithine, leucine, tyrosine, urée).

Voici deux analyses de colostum :

Femme. Vache.

(Sllf05) (KoNArTHI

Eau 82,80 p. iOO 72.20 p. 100

Résidu fixe 17,20 — 27,80 —

Caséine / . ^^ 4,67 —

Albumines S *'"" ll,y9 —

Sucre 7,00 — 4,18 —

Graisses 5,00 — 5,02 —

Les cendres sont très riches en phosphate de chaux (7 p. 100) ; le reste est représenté par du chlore, de la soude, de la magnésie et de l'acide sulfurique.

Quand la lactation normale est établie, le lait ne varie presque plus jusqu a la un. Le sucre et les sels ne semblent pas subir de changement notable ; les matières protéiques, très élevées à la naissance, baissent ensuite un peu jusqu'au deuxième mois, puis se maintiennent au taux normal (2 à 4 p. 100); il en est de même du beurre.

c. Menstruation, grossesse. -- Le retour des règles et la grossesse, chez les nourrices, passent pour être préjudiciables à la santé du nourrisson ; on ne trouve cependant pas de différence notable à l'analyse. D'après Schlighter, les différences observées seraient de l'ordre des oscillations normales qu'éprouve le lait, en dehors de la menstruation ou de la grossesse.

d. Lait dans les maladies. — Dans les pyrexies, quand la température s'élève, la désassimilation des albuminoïdes et des sels s'accroît, les hydrates de carbone se comburent plus énergiquement ; le lait est, par voie de conséquence, plus riche en matières protéiques, plus pauvre en sucre.

Le tableau suivant est extrait de la Chimie biologique de -Gautfer :

Etat Maladies Maladies

physiologique. aiguPs. chroniques.

ff"- • 889,1 88i,9 885,8

Résidu fixe 110,9 115,1 114,2

Caséine et extractif .... 39,2 50 4 37 1

La castration augmente la proportion des matériaux fixes (albumines, graisses, sucre, sels).

Quant aux influences nerveuses, elles s'exercent certainement sur le lait, pour en modifier la qualité ; mais les altérations d'ordre chimique nous échappent.

e. Autres causes de variations. — On a signalé des modifi-

420 MtLIEU INTÉRIEUR

cations dans l'aspect, la couleur, les propriétés chimiques du lait : elles sont dues, pour la plupart, à des microorganismes dont quelques-uns, tels que le staphylocoque pyogène, existent dans les laits de femme normaux (Homgmann). Le lait rouge est envahi par le Baclerium lactis erythrogenes ; le lait bleu reconnaît pour cause une autre bactérie ; c'est aussi un microbe qui donne le lait savonneux.

L'ébullition et la stérilisation provoquent probablement des modifications chimiques dans la composition du lait ; car les cliniciens admettent que le lait bouilli est moins facile à digérer, bien que l'analyse ne permette pas d'accuser de difTérence bien sensible.

En résumé, le lait est un aliment complet, apportant à l'organisme de l'enfant les albumines, les graisses, les hydrates de carbone, l'eau et les sels qui lui sont indispensables. Ces éléments sont dosés de telle sorte que le lait est parfaitement adapté aux exigences nutritives d'une espèce déterminée. Toutefois, le lait d'une espèce suffit la plupart du temps à assurer l'alimentation d'un jeune d'une autre espèce ; la substitution est donc possible.

On a proposé de modifier le lait de v^che, pour le rendre semblable au lait de femme, en lui enlevant son excès de chaux à l'aide du citrate de soude {lait décalcifié, lait humanisé) ; la pratique n'a pas sanctionné ces tentatives. On a essayé, dans le même ordre d'idées, d'augmenter la teneur des laits de vache en acide phosphorique, en ajoutant des phosphates à l'alimentation des animaux ; mais les phosphates, s'ils sont absorbés, ne passent pas dans le lait (Duglaux).

6° Analyse du lait. — Pour des examens sommaires, il a été imaginé, sous les noms de lactoscopes, crémomètres^ etc., des instruments destinés à déterminer la valeur approximative du lait, d'après sa teneur en matière grasse.

Le lactoscope de Donné est une cuve à faces parallèles formée par deux glaces qu'on peut rapprocher ou écarter à volonté, pour donner à la cuve une épaisseur plus ou moins grande. L'écartement se produit en faisant tourner l'une des

glaces; le ilt'placement pst mesuré sur une gradualion spéciale. On dispose l'appareil dcvunt une bougie allumée et, après avoir rempli la cuve île lait, on <léplace la place jusqu'au moment précis où la ilamme n'est plus visible. Le beurre de

Fig. &2. Fig. M.

Lactoaoope de Donaé. Appareil d'AcAU.

vache normal donne de 35" à 33" au lacLnsrope, soit 33 k 40 grammes de beurre par litre ; le lait do femme doit donner moins de 30' (35 à 40 gr. de beurre) ; le lait d'ûuesse 50" à 80'.

Les crémomètres sont des éprouvettes graduées spéciales. On les remplit de lait jus<iu'à un Irait de Jauge et on abandonne au repos, ft une température de 15° à 30", pendant vingt-

(|uatre heures. On lit la hauteur de la couche de crème, qui, avec un bon lait, doit occuper 10 à 16 divisions.

Les méthodes scientifiques comportent plusieurs déterminations.

a. Densité. — I^ densité se* mesure à Taide du lacto-densimèlre de Quevenne et Bouchardat. C'est un aéromètre dont la tige porte, au sommet, 14 et, à la base, 42, chiffres correspondant aux deux densités extrêmes 1014 et 1042. On prend la température ; des tables jointes à l'appareil j^ermettent de faire les corrections.

b. Extrait et sels. — Pour déterminer l'extrait et les sels, on évapore, pendant trois heures, au bain-marie, dans une capsule de platine plate tarée au i)réalable, 5 centimètres cubes de lait qu'on coagule par quelques gouttes d'alcool absolu. L'extrait pesé, on l'incinère pour obtenir le poids des cendres.

c. Appareil Adam. — Le beurre, la caséine et la lactose sont dosés à l'aide de l'appareil d'AoAM, qui, en France, est actuellement le plus employé. C'est un tube à robinet dont la partie supérieure est munie de deux boules inégales : la grande boule -jiorte à sa partie la plus large un trait de jauge (32 centimètres cubes) ; à l'étranglement qui sépare les deux boules, seconde graduation marquée 10 (l'espace compris entre ce trait et le robinet inférieur est égal à 10 centimètres cubes); le tube qui sépare la petite boule du robinet est également gi'adué.

Le robinet étant ouvert, on aspire par l'ouverture supérieure 10 centimètres cubes de lait, jusqu'au trait 10. On parfait le volume à 32 centimètres cubes avec un mélange éthéro-alcooli(|ue composé de 833 centimètres cubes d'alcool à 90<* et 30 centimètres cubes d'ammoniaque étendus au litre, puis additionnés de 1100 centimètres cubes d'éther pur à 65^. Le tube étant bouché, on retourne l'appareil sans secousse, pour effectuer dans la grande boule le mélange de lait et d'étheralcool ammoniacal. Après cinq minutes de repos, l'appareil étant vertical, le liquide est partagé en deux couches : une supérieure, très mince (le beurre), la seconde, opaline, contenant les autres principes. En débouchant l'appareil et ouvrant doucement le robinet, on fait tomber la petite quantité de

lait qui était restée dans le tube effilé, au-dessous du robinet, sans perdre le liquide éthéro-ammoniacal, bien entendu. La séparation étant complète on soutire, dans une éprouvette iîraduée, le liquide inférieur, puis on roule entre les mains Tappareil maintenu vertical ; une nouvelle quantité de liquide opalin gagne le fond, on la soutire dans Téprouvette, sans que le beurre s'engage dans le robinet ; puis, on verse dans l'appareil, en les faisant glisser sur les parois, 10 centimètres cubes d'eau distillée qu'on soutire, après cinq minutes de repos, dans l'éprouvette graduée. Ce lavage à l'eau est suivi d'un traitement à l'acide acétique à t5 p. 100, qu'on verse jusqu'au trait supérieur marqué 32 ; l'appareil est alors porté dans un bain-marie dont la tenqiérature est élevée graduellement jusqu'à 90*^. Nouveau soutirage (mais cette fois dans un récipient autre que l'éprouvette graduée), jusqu'à ce que le beurre soit descendu dans la partie moyenne de la petite boule. L'appareil est encore une fois immergé dans le bain à 90°, jusqu'à limpidité parfaite du beurre. On acbève de soutirer aussi complètement que possible le liquide inférieur jusqu'à la dernière goutte ; on replonge le tube dans le bain, dont la température a été ramenée à 80® et, après (luelques minutes d'attente, on fait la lecture. Le beurre occupe, dans le tube inférieur, un certain nombre de divisions ; chacune correspond à 1 gramme de beurre par litre.

Quant aux li(|uides décantés dans l'éprouvette graduée, on les additionne de 2 centimètres cubes d'acide acétique à lo p. 100 et on parfait le vcdume à 100 centimètres cubes. En agitant, il se dépose des flocons qu'on recueille sur un filtre taré ; après lavages et dessiccation, ou pèse pour avoir la caséine. Pour le lait de femme, il est prudent de précipiter la caséine avec un peu de présure, d'attendre une heure au moins avant de peser et surtout de ne pas laver à l'eau distillée ; on se contente d'exprimer soigneusement le magma.

La liqueur filtrée d'où la caséine a été précipitée, réunie aux eaux de lavage, contient la lactose. On mesure le volume et do.se le sucre de lait, soit par la liqueur de Fehling, soit au polari mètre.

On peut aussi doser le beurre à Faide du lactohutyromètre de Marchand. Cet instrument est basé sur le même principe que

celui d'AoAM : la séparation du beurre par Téther ammoniacal et la mesure, à Taide d*un tube gradué, de la matière grasse.

d. Méthode de Gerber, — En Âllemaioie, on se sert, pour doser le beurre, de la méthode de Gerber.

Le lait, additionné d acide sulfurique et d'alcool amylique, est introduit dans un tube gradué, puis centrifugé de trois à sept minutes. Le beurre forme à la surface une couche dont la graduation mesure Tépaisseur et traduit directement la richesse en matière grasse.

e. Dosage de l'azote total. — Il importe, dans certains cas, de connaître la teneur d'un lait en azote. On la détermine, en évaporant 10 centimètres cubes de lait dans un niatras à fond plat, de 250 centimètres cubes. On ajoute 40 grammes de bisulfate de potasse et 10 centimètres cubes d'acide sulfurique ordinaire ; on fait bouillir. Quand la mousse tombe, on ajoute encore 10 centimètres cubes d'acide sulfurique fumant et 5 grammes de bioxyde de manganèse granulé. Le liquide décoloré est versé dans un ballon contenant 250 centimètres cubes d'eau ; on verse rapidement un excès de lessive de soude et on distille, en recueillant Tammoniaque dans un volume connu d'acide sulfurique titré (un

fragment de coke régularise l'ébullition). Uif titrage différentiel donne la proportion d'ammoniaque et, par conséquent, d'azote (Meillère).

L'analyse chimique doit être complétée par la dégustation et l'examen microscopique du lait.

Fig. 54.

Lactobutyroniétre de Marchand .

UUATRIÈME PARTIE

Le rein sécrète, par un mécanisme que nous n'avons pas à étudier ici, un liquide chargé de la plupart des déchets de l'organisme, qu'il s'agisse des produits excrémentitiels de la vie cellulaire ou des dérivés ultimes de la transformation intraorganique des aliments. Il faut faire cependant une exception : l'acide carbonique est évacué par les poumons, entraînant une certaine quantité d'eau, de sorte que l'urine reste étrangère à l'élimination des produits de combustion des aliments ternaires (graisses, hydrocarbonés). Par contre, c'est par le rein, à l'exclusion de tout autre émonctoire, que sont rejetés au dehors les déchets azotés provenant des dédoublements successifs des albumines alimentaires et de celles qui ont fait partie intégrante de nos tissus. L'étude des urines est donc liée étroitement aux mutations azotées, elle les explique et permet de les évaluer avec précision ; de là découle l'importance capitale en chimie physiologique de l'urologie.

Ce n'est pas tout. Un grand nombre d'états pathologiques retentissent sur la composition de l'urine qui, à côté des éléments normaux, tient alors en dissolution du sucre, des albumines, de l'acétone, ou entraîne des microorganismes et des éléments histologiques empruntés aux voies urinaires. A défaut lie substances anormales, les principes normaux subissent, au cours de la maladie, des variations d'un grand intérêt au point de vue de la physiologie pathologique et du diagnostic, et ici apparaît l'importance toujours grandissante de l'urologie, en pathologie et en clinique.

C'est à ce double point de vue que nous étudierons l'urine, en exposant successivement ses propriétés générales, l'histoire

chimique et physiologique de ses principes immédiats, les méthodes analytiques qui s'y rattachf^nt. Un chapitre spécial sera consacré aux éléments pathologiques, aux procédés de recherche qui permettent de les reconnaître et de les doser. En dernier lieu, nous essaierons de synthétiser tous ces faits, en exposant, dans leur ensemble, les mutations de matières dans l'organisme, à l'élat de santé et de maladie.

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