II. — COMPOSÉS INORGAMQUES !• Acides
Chlorhydrique (9 grammes) ,' Phosphoiique (âP'.d), sulfurique (2f%5) ; traces d'acides nitrés.
2« Bases.
Soude (7 à 8 grammes), potasse (3 grammes), ammoniaque (0^,7), magnésie (0s«",5), chaux (Of,3), fer (traces), silice t^traces).
3» Gaz.
Azote et acide carbonique.
Au cours d'affections diverses, on peut voir apparaître dans Furine un grand nombre de composés organiques dont voici les plus importants :
1» Corps azotés.
Albumines diverses, Hémoglobine et dérîTôs (méthémosrlo-
bine, etc.)» albuinoses, peptones, pigments et acides biliaires, lécithine, leucine, tyrosine, cystine, diainines.
2** Corps ternaires.
Glucose', lactose, glycogène, dextrine, laïose, inosite, corps gras, acétone, acides lactique, /^-oxybutyrique, oxyphényl-glycoiique, etc.
A ces composés chimiques s'ajoutent fréquemment des globules rouges ou blancs, des tubuU, des cellules et, en général, tous les éléments histologiques du rein et des voies urinaires, des microorganismes, des levures, des parasites (Billhar:,%a), des concrétions (graviers, calculs, etc.). Nous reviendrons ultérieurement sur la recherche et la signification de tous ces éléments chimiques ou histologiques; leur présence est parfois d'une importance de premier ordre, dans le diagnostic des maladies des voies urinaires.
Le tableau ci-dessous donne une idée de la composition normale de l'urine, chez un homme du poids moyen de 66 kilogrammes. Les données en sont rapportées au litre, à l'excrétion quotidienne des vingt-quatre heures et au kilogramme de poids vivant. L'analyse ne relate que les composés les plus importants.
Eau
Résidu fixe
Urée
Acide urique
— hippurique . « -
Créatinine
Pigments divers et autres matières organ.
Acide phosphorique . .
— suif urique. . . .
Chlore
Ammoniaque
Potassium. ...*.*
Sodium
Calcium .
Magnésium ....<.
Homme
Par litre.
Par kilogr.
de U6 kiiogr.
de poids vivant.
1500 gr.
23Br,()00
L'urine de la ferarae est moins chargée en matériaux solides que celle de l'homme, ainsi que le montre ce tableau comparatif d'YvoN et Bkrlioz :
Hoiuine. Femme.
Volume par jour. . . 1360 oc. 1100 cr.
Poids spécifique . . . 1022 — 1021 —
Urée 26pf,50 par jour 208'\50 par jour
Acide urique. .... 0,60 — 0,57 —
Acide phosphori«iue . 3,20 — . 2,60 —
4P Altération des urines. -— Complètement soustraite à l'action de tout germe vivant, l'urine se conserve indéfiniment, ainsi (jue l'ont établi les expériences mémorables de Pastelr. A l'air libre, elle se conserve à peu près intacte deux à trois jours en été, six à huit jours en hiver, puis s'altère rapidement : l'acidité diminue et fait place à l'alcalinité; Turine exhale une odeur ammoniacale marquée, elle fait effervescence avec les acides et bleuit le tournesol : c'est la fermentation ammoniacale. Elle se traduit par une simple hydratation de l'urée, qui se transforme en carbonate d'ammoniaque.
G0.(AzH*)2 + 2H'^0 = C03.(AzH*)2
Urée Carbonate
d'ammoniaque
Un grand nombre de microbes très répandus dans l'atmosphère sont les agents de cette fermentation (Pasteur, Van TiEGHEM, MiQUEL, Leube): cc sout le Micrococcus ureœ, le Bacterium ureœ et beaucoup d'autres espèces. Ces ferments agissent par l'intermédiaire d'une diastase que l'alcool précipite de ses solutions aqueuses et qui, en l'absence des microbes, transforme si complètement l'urée en cai-bonate d'ammoniaque qu'on a pu utiliser cette diastase pour le dosage de l'urée (MuscuLus, Miquel). La fermentation ammoniacale entraîne d'autres modifications. Les carbonates et phosphates terreux se précipitent; on voit se déposer, à l'état cristallin, de l'urate ammonique, du phosphate ammoniaco-magnésien ; les sédiments augmentent.
Il arrive quelquefois que l'urine, immédiatement après son
émission, présente tous les caractères des urines précédentes : elle est alcaline, fait effervescence avec les acides, exhale l'odeur d'ammoniaque ; c'est que la fermentation ammoniacale a eu lieu dans la vessie. Chez la femme, cette particularité est assez fréquente et n'a pas la même gravité que chez l'homme. Les microbes pullulent à la vulve et, à cause de la brièveté de l'urètre, pénètrent facilement dans la vessie pour les causes les plus légères, l'expulsion de tout petits graviers, par exemple. La vessie de l'homme est beaucoup mieux protégée et pour que la fermen- o «o ^
tation ammoniacale s'y établisse, deux ^^ '^e ^
conditions sont indispensables : i^ l'ap- ^^^
port d'un germe de Fextérieur par un «^ %^3 ^^^jP^'^îco cathéter malpropre ; 2^ la préexistence 8*^ oo
d'un catarrhe vésical. Ces deux condi- ^ ^ <«po ^ tions doivent être réalisées simultané- <x^ c^
ment, du moins en clinique. Car, un ^
ferment uréique ne trouve pas dans Fig. 56.
une vessie saine les matériaux albu- Micrococcus ureœ. minoïdes dont il a besoin pour se développer, et, d'autre part, le catarrhe vésical le plus accusé ne peut, en l'absence de ferment, aboutir à l'ammoniurie. Si, au contraire, la muqueuse altérée déverse dans la vessie des peptones provenant de la destruction de l'épi thélium vésical, ces peptones constitueront pour les ferments de l'urée un aliment de premier ordre; ceux-ci envahissent l'urine qui devient rapidement ammoniacale.
Au lieu de s'alcaliniser, les urines glycosuriques s'acidifient parfois ; cette acidification, d'ailleurs assez rare, est due à la fermentation lactique du sucre.
50 Conservation des urines. — Afin de soustraire les urines à toute cause d'altération, quand on veut les soumettre ultérieurement à une analyse qu'on ne peut faire tout de suite, on peut avoir recours à la stérilisation à 120^; mais il est plus simple, comme le recommande Huguet, d'additionner les urines de vingt-quatre heures de 2 centimètres cubes d'une solution
au dixième de cyauure mercurique. On peut auz^si employer 2 centimètres cubes de Tune des solutions suivantes : 5 grammes d'iodure mercurique et 10 grammes d'iodure de potassium pour 100 centimètres cubes d'eau, eu encore : 10 grammes de sublimé et 1 gramme de chlorure de sodium pour 100 centimètres cubes d'eau. L'addition à l'urine de ces solutions ne modifie pas les résultats analytiques et assure une conservation parfaite pendant plusieurs semaines.
Néanmoins, la présence de l'iode ou du mercure gène quelque peu le dosage de l'acide urique par les sels d'argent et la détermination de l'azote par la méthode de Kjehldal. De plus, l'urine additionnée de cyanure mercurique réduit un peu la liqueur de Fehling.
Qo Toxicité urinaire. — L'urine physiologique est toxique, et sa toxicité varie, comme l'a montré Bouchard, suivant qu'il s'agit de l'urine de la veille ou de celle du sommeil : celle-ci est convulsivante, celle-là narcotique. Peut-être faut-il voir dans cette différence d'action physiologique une des causes de la succession régulière des périodes de veille et de sommeil, l'urine de la nuit provoquant le réveil, les déchets fabriqués pendant le jour ayant au contraire des propriétés narcotiques.
Mesurée en bloc, la toxicité urinaire est telle qu'un adulte élimine par vingt-quatre heures pour un kilogramme de son propre poids, une quantité de poison suffisante pour tuer 465 grammes de cobaye. Une bonne partie de cette toxicité revient aux sels de potasse.
Dans les états pathologiques, la toxicité urinaire subit des variations qualitatives et quantitatives très étudiées ces derniers temps par Bouchard et Ses élèves. Nous n'avons pas à. nous occuper ici de ces questions.