GH2 — CO>H
D. Limpidité. — A l'état physiologique, l'urine fraîchement émise est limpide. A la longue, par le refroidissement, surtout par l'effet des basses températures de l'hiver, elle abandonne des dépôts ou sédiments^ formés de mucus, d'urates, d'oxalate, de sels divers (alimentation trop sèche, diathèse urique).
L HugouTienq .
U.jauBe pâle
tj. jaune clair
U. rouge jaune
U, rouge brun U. brun rouge U. noir bn
Tableau des couleure de l'Urine (d'après VOGEL)
[p. Monrooq.iîÎB^
Certaines urines sont émises troubles d'emblée (catarrhe vésical, urines purulentes, chylurie).
E, Consistance. — La consistance est celle des solutions salines faibles, sauf pour les urines albumineuses, qui par agitation donnent une mousse persistante.
Les auteurs italiens ont signalé des urines filantes : elles doivent cette propriété à la présence d'une matière analogue à la gomme et dont l'origine paraît être due à un ferment spécial, un Gliscobacterium (Albertoni, Malerba, Sanna-Salaris).
F. Odeur. — L'odeur de l'urine normale est faible et non désagréable ; elle rappelle l'odeur de l'amande. Dans le catarrhe vésical, l'urine exhale souvent l'odeur de l'ammoniaque ; l'acide chlorhydrique y produit alors une effervescence. Dans les cas de cancer de la vessie ou de cystite grave avec putréfaction intra-vésicale, l'odeur peut devenir fétide. Après l'administration d'essence de térébenthine, de cubèbe, de copahu, de safran, l'urine exhale une odeur aromatique agréable qui rappelle celle de la violette. Après l'ingestion de l'ail, on observe également une odeur spéciale. Tout le monde connaît l'odeur des urines d'asperges; elle est due à un produit sulfuré volatil, le raéthylmercaptan CH*. SH (Nencki).
2« Propriétés chimiques. — L'origine de l'acidité urinaire n'est pas encore déterminée avec une netteté suffisante ; la mesure précise de cette acidité n'a pas été réalisée, non plus, d'une façon satisfaisante.
A, RÉACTION. — A l'état normal, chez l'homme et les carnivores, l'urine est acide, et cette acidité, évaluée arbitrairement en acide chlorhydrique, varie entre is^lô et 2»'',30 HCl par litre.
L'acidité augmente par l'alimentation carnée, pendant le jeûne et la fièvre (autophagie). Elle est diminuée, au contraire, et transformée quelquefois en réaction alcaline, par une alimentation végétale prédominante, par suite de la combustion dans l'économie des sels organiques de potasse, très abondants chez les végétaux. L'urine des herbivores est alcaline. Pen-
dant la durée de la digestion stomacale, l'acidité urinaire subit une diminution notable, parallèlement à l'élimination par la mucjueuse gastriciue d'une grande quantité d'acide chlorhydrique libre.
L'urine rougit quelquefois le papier bleu et bleuit le papier rouge de tournesol : elle est amphotêre. Cette particularité est \ due à ce qu'elle renferme alors des quantités équivalentes des deux phosphates mono et disodique PO*H*Na et PO*HXa*.
B. Agents de l'acidité urinaire. — Ce n'est pas un acide libre qui donne à l'urine Sci réaction, mais bien un certain nombre de sels acides qui échangent des proportions variables de leurs bases, suivant la nature des corps en présence, le degré de dilution, la température, etc. L'acidité est la résultante de cet état d'équilibre essentiellement instable entre plusieurs facteurs.
Les éléments prédominants de l'acidité urinaire sont : le phosphate monosodique PO^H^Na provenant de l'action de l'acide urique sur le phosphate disodique PO*HNa* auquel l'acide urique enlève un atome de sodium, les urates acides, l'acide urique lui-même, l'acide hippurique, certains acides aromatiques, des traces d'acides gras, enfin, de l'acide carbonique libre ou combiné. Or; ces agents ne se comportent pas de la même manière en présence des réactifs indicateurs : tel principe, alcalin au tournesol, sera neutre ou acide à la phtaléine. En opérant sur la même urine avec la phtaléine ou la teinture de tournesol, les résultats pourront varier du simple au double. De plus, aucun des trois phosphates sodiques qui sont les agents principaux de la réaction des urines, ne possède une réaction neutre : PO^Xa' est fortement alcalin, PO^HNa^ possède une alcalinité encore très nette, PO'*H*Na est franchement acide. De là provient la difficulté de mesurer exactement l'acidité des urines et l'impossibilité de la titrer directement.
C. Mesure de l*acidité urinaire. — Maly ajoute à un volume connu d'urine dont l'acide phosphorique total a été déterminé, un volume également connu d'une solution de soude caustique normale au quart, contenant par conséquent -j-, soit
40 grairimes de soude NaOH par litre. On ajoute du chlorure de baryum ; tout Tacide phosphorique qui se trouvait à l'état de PO^HNV ou de PO'^H-Na se trouve précipité : on liltre et on détermine à l'acide chlorhydrique titré l'alcalinité de la liqueur filtrée. La différence entre la soude trouvée et la soude introduite permet de calculer la quantité de sodium qui a été nécessaire pour transformer PO*H^Na et PO*HNa^ en PO'*Na^. Connaissant le poids de l'acide phosphorique total, on en déduit la proportion de sodium nécessaire pour faire passer PO*H^Na à l'état de PO'^HNa^ et, par conséquent, l'acide phosphorique de P0*H2>'a, c'est-à-dire l'acidité. Ce procédé est imparfait : il suppose que le phosphate de baryte qui se dépose est neutre, alors qu'il entraîne un excès de base. De plus, la méthode ne tient pas compte des sulfates, carbonates, oxalates, urates qui agissent eux aussi sur le chlorure de baryum.
Freu.nd et TÔPFER ont proposé dernièrement d'évaluer séparément chacun des facteurs qui interviennent dans la réaction des urines, en utilisant des réactifs indicateurs appropriés : les acides libres se titrent à la soude décime normale, jusqu'à disparition de la teinte jaune clair de Talizarine-sulfonate de sodium; on continuant à ajouter de l'alcali jusqu'à apparition du pourpre violacé, on titre les sels du type PO*H=^Na; en versant de l'acide chlorhydrique décime normal jusqu'à apparition de la coloration jaune clair, on évalue la proportion des sels du groupe PO*HNa^ j l'addition de ce même acide chlorhydrique jusqu'à ce que le bleu G4B Poirier, d'abord rouge, reprenne sa teinte bleue, donne la proportion des sels du groupe PO*Na^ Quant à l'acidité totale de tous les hydrogènes typiques indistinctement, on l'obtient en versant de la soude décime jusqu'au virage rouge franc du bleu Poirier. Cette méthode n'est ni pratique, ni exacte : les changements de teinte ne sont pas nets ; en outre, on ne tient pas compte des sels alcalino-terreux, qui faussent les résultats (Lieblein).
En résumé , malgré de nombreuses tentatives (Huguet, Capraniga), un procédé de titrage exact de l'acidité urinaire est encore à trouver.
30 Composition chimique. — La liste des principes immédiats qu'on a renconlrés dans Turine normalement, accidentellement ou dans des états pathologiques, en quantités notables ou à Tétat de traces, est très longue et s'étend tous les jours. On ne saurait la donner complète ; on se bornera à citer les principaux éléments, d'abord pour les urines normales.
!• Corps azotés.
Urée ^20 à 30 grammes par litre , acide nrique Os^^G . créatinine OfT,X , acide hippurique ; xanthine, guanine, allantoîne, acide oxalurique, acide sulfocyanique, mucines, pigments.
2* Corps ternaires.
Acide oxalique, acide glycuronique, acide lactique, acide succinique, acide phospho-glycérique, acides gras; traces d'hydrates de carbone.
3" Corps aromatiques.
Ethers sulfuriques du phénol, duparacrésol, de la pyrocatéchine : dérivés sulfuriques du scatol et de rindol ; acides para-oxyphéaylacétique et para-hydro-coumarique, etc.