‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 124 sur 173 · CH3.HAZ — CH* — CO^H · texte numérisé non relu

CH3.HAZ — CH* — CO^H

Sarcosinc

.AzH2 HAz = C< + H^O = C0.(AzH2)2 + AzH^

\vzH2

Guanidine

Urée

C*H*Az*0' -h 0 + H20 = C'^H^Az^O^ + CO.(AzH2)2

Acide urique Alloxane Urée

C202(AzH2)2 -h 0 = C02 + CO.(AzH2)2

Oxamidc Urée

Fig. 57.

Urée.

4f> Propriétés physiques.

— L'urée, ou carbodiamide, GO.(AzH*)', est en prismes quadratiques allongés, incolores, fusibles à 132*>, volatils dans le vide, très solubles dans l'eau (100 p. 100 à froid), solubles dans l'alcool (20 p. 100), à peu près insolubles dans l'éther, complètement insolubles dans la benzine et le chloroforme.

S" Propriétés chimiques. —

lanhyJridfi carbonique, lixfi aisi- Carbon ni G d'ammoniiique ;

C0.(A7,Hî)" + 2H'0

■ Cette Ira nsforma Lion s'efft'Ctue (le 140", par l'ébullition avec le lluence de plusieurs bactéries et L'acide azoteux délmt l'urée, liydride carbonique et d'eau ;

CO.(AiH')* + Aï'O' =

en est de mi^ine de l'Iiypobr GO.(AîH')* + 3NaBi-0 =: 3Na

'urée se combine avec un p X ou orpaniqufs pour formel

pl l'oxaiate, peu solubies et bien la recherche de petites (|uaiilit<' certains sels, tels que le nitrate

440 rr.iNE

à l'uivf». Un connaît dt*s «niiiiïmis«'s où le copule ' AzO* *Hff -i- (X).(AzH* - ' a fixé une, *leux ou tn^is molécules troxvde mer-

curique HirO.

0^ Modes déformation. — L'urée provient de la desiruciion dans Torsanisme des al liu mines de lalimeniation : car. à 1 état physîol<»&îque, Tazole de l'urée correspond à l'azole alimentaire. Ajoutons que la pres4|ue totalité «le l'urée provient de l'hydrolyse et non pas de l'oxyda li« m «les matières protéiques. II est vrai qu'une école de pliysioloinstes admet que l'urée est le produit de l'oxydation des matières albumiuoîdes. en s'appuyant sur les deux faîls suivants : l'expérimentatiou physiologique démontre qu'une grande partie du carbone des substances protéiques s'élimine à l'état d'acide carbonique ; d'autre part, BÉcHAMP, en oxydant l'albumine par le permanganate de potasse, a réussi à is«der de petites quantités d'urée. Ces deux arguments ne sauraient prévaloir contiv d'autres preuves d'une portée plus grande. Tout ce que nous savons des matières albuminoîdes nous les montre comme beaucoup plus aptes à s'hydrater qu'à s'oxyder. Pour les soumettre t'n vitra à un dédoublement régulier, il a été nécessaire de fixer de l'eau sur leur molécule, en les chauffant à haute température, en présence de l'eau de baryte (P. Schutzenberger : celle méthode seule, et point d'autre, a donné des résultats. C'est en vain qu'on objecterait cjue l'organisme dispose d'autres moyens que ceux de nos laboratoires; cela est exact, mais la chimie de l'organisme ne diffère des réactions du laboratoire que par ses procédés et non par ses résultats, qui sont identiques. L'albumine, se détruisant in vitro par dédoublement, on peut en inférer avec vraisemblance, qu'elle se désagrège de même dins nos tissus ; seulement, au lieu d'opérer en présence des alcalis et à haute température, l'organisme met en œuvre des dîastases ou d'autres réactifs appartenant en propre à la cellule. Ce qui le prouve, c'est qu'il y a une analogie complète, pour ne pas dire une identité, entre les produits de dédoublement de l'albumine par la baryte à 200^, et les principes immédiats qui, dans l'économie, sont notoirement des produits de résnres-

sion des albuminos (glycocoUe, leuciiie, tyrosine, butalanine, acides amidés, corps cycli(iues, urée, etc., etc.). Or, tous ces produits sont des dérivés d'hydratation et non pas d'oxydation des substances protéiques.

. Nous ne connaissons pas un seul procès fermentatif ayant pour résultat la combustion des albumines ; la fermentation par excellence des albumines est une fermentation essentiellement anaérobie et hydratante, la putréfaction. Et il y a, entre le dédoublement des corps protéiques dans l'économie et leur dédoublement in vitro par les alcalis ou les ferments putréfactifs, des analogies si. nombreuses et si profondes que liAUTiER a pu dire qu'une part du chimisme de nos tissus devait être considérée comme étant la résultante d'une vie anaérobie, d'une putréfaction, c'est-à-dire de réactions efTectuées sans le concours de l'oxygène et ayant eu pour conséquence des hydratations.

Ce qui est vrai, c'est que, parmi ces composés provenant de l'hydrolyse des albumines, la plupart, après avoir subi une série d'hydratations qui leur enlèvent tout leur azote à l'état d'ammoniaque, se réduisent à des squelettes hydrocarbonés qui, eux alors, mais alors seulement, s'oxydent et brûlent. Quant à l'ammoniaque, elle donne, avec l'acide carbonique des tissus, du carbonate d'ammoniaque, puis de l'urée. Mais, ces deux derniers phénomènes (combustion des résidus non azotés des albumines et formation de l'urée) sont secondaires. La réaction primitive, essentielle, celle qui est à l'origine de ja désagrégation des albumines, dans l'économie, c'est un procès d'hydratation.

Si le procès de l'uréopoièse est connu dans son ensemble, il n'en est pas de même des réactions intermédiaires (|ui aboutissent à la formation de l'urée. On peut citer cependant quelques réactions comme très probables.

i^ Les albumines renferment le copule GO = Az^, générateur de l'urée : leur dédoublement progressif libère de ce fait une certaine quantité d'urée.

2*^ La créatinine, qui se produit abondamment dans les muscles et que les alcalis décomposent en sarcosine et en

urée, doit subir dans réconomie une transformation du même ordre. D'autres corps azotés provenant du dédoublement des albumines, la lysatinine de Dreghsel par exemple, donnent également de l'urée.

3° Peut-être l'acide urique et les bases de la nucléine interviennent-ils dans l'uréopoiése, mais, dans tous les cas, pour une petite quantité (Stadthagen).

40 L'ingestion du glycocoHe et d'autres acides amidés augmentant l'excrétion de l'urée, ces composés paraissent avoir un rôle dans l'uréopoièse. Du reste, tous les acides amidés qui proviennent du dédoublement des albumines, se transforment également en urée (Schultzen, Nencki).

5° Dans ces derniers temps, de nombreux travaux ont mis en lumière l'importance de l'ammoniaque dans la genèse de l'urée. L'ammoniaque provenant de la décomposition hydratante des albumines, se combine à l'acide carbonique, très abondant dans l'économie ; le carbonate d'ammoniaque se transforme ensuite en urée, par déshydratation. C'est ainsi que l'ingestion du carbonate ammonique augmente l'excrétion de l'urée (Knieriem, Salrowski) ; il n'en est pas de même des autres sels ammoniacaux (chlorhydrate, sulfate), lesquels n'ont aucune action sur la quantité d'urée excrétée, du moins chez les carnivores.; car, chez les herbivores, les aliments sont si riches en sels organiques de potasse brûlant dans les tissus pour donner du carbonate GO^K^, que celui-ci, grâce à une double décomposition avec le chlorure ou le sulfate ammoniques, peut produire du carbonate d'ammoniaque et ultérieurement de l'urée (Schroder, Salrowski).

7** Lieu de formation. — Depuis le travail célèbre de Prévost et Dumas, confirmé par d'autres expérimentateurs, on admet que le rein n'est pas le siège de la formation de l'urée. Schroder a démontré directement que le foie était un organe des plus importants pour l'uréopoièse : le foie reçoit, en effet, par la veine porte un sang chargé de toute l'ammoniaque qui provient des aliments ou de l'intestin. Arrivée dans le foie, l'ammoniaque s'y fixe partiellement, et c'est grâce à cette fixation que l'éco-

nomie est protégée contre la toxliémie ammoniacale (Hahn, Massen) ; enfin, l'ammoniaque arrêtée par le foie se combine à l'acide carbonique et donne de l'urée. Nencki, Pavlow et Zalesry évaluent à Og'',47 par heure la quantité d'ammoniaque retenue par le foie, ce qui correspond à Ogr,83 d'urée. La pathologie du foie confirme, d'ailleurs, ces résultats : quand la cellule hépatique est malade, l'excrétion uréique diminue considérablement.

Outre l'urée d'origine ammoniacale et hépatique, une seconde fraction est produite par d'autres procès d'hydratation, et peutêtre, mais à un bien moindre degré, d'oxydation ; cette urée se forme dans tous les tissus indistinctement.

S^ Variations physiologiques. — A l'état physiologique, l'excrétion de l'urée est sous la dépendance d'un facteur prédominant, l'alimentation : celle-ci est-elle riche en albumines, l'urine est très chargée d'urée; elle contient moins d'urée, dans le cas contraire. L'influence des autres conditions physiologiques s'efface devant celle-là; elles sont du reste mal établies, malgré le grand nombre de recherches dont elles ont été l'objet. Disons seulement que le travail musculaire n'augmente pas beaucoup la quantité d'urée. Par le jeûne absolu, l'urée diminue peu à peu, mais ne disparaît jamais complètement de l'urine, qui en contient, au minimum, de 5 à 6 grammes par jour. Cette urée provient de l'autophagie des tissus, au cours de l'inanition.

90 Variations pathologiques. — En clinique, l'excrétion uréique augmente, quand les procès de désassimilation s'exagèrent : dans la fièvre en général, les fièvres éruptives particulièrement, dans la fièvre typhoïde, la péritonite, le diabète. Les diabétiques sont obligés d'hydrater et de décomposer leurs albumines pour compenser les pertes de chaleur et d'énergie causi^es par l'élimination d'une certaine quantité de sucre qui traverse l'économie sans s'y comburer. Quant aux fiévreux, ils brûlent surtout des albumines et cette combustion élective des corps quaternaires est même une des meilleures caractéris-

iVt URINE

tiques de la iîèvie. I.l'cas-Championnikre a vu l'urée augmenter après l'ablation des tumeurs abdominales, à la suite de Tautophagie des liquides albumineux résorbés et des éléments mortifiés par le traumatisme opératoire.

Quand la vitalité des tissus est atteinte, l'urée diminue (tuberculose, anéniie, chlorose) ; il en est de même chez les hydropiques et au cours de la cachexie cancéreuse. Mais, la diminution n'est jamais aussi marquée que dans les affections du parenchyme hépatique (atrophie, cirrhose, stéatose toxique du phosphore, de l'arsenic, de l'antimoine). On voit aussi l'urée diminuent pendant les coliques hépatiques ; c'est là une des preuves h*s plus décisives du rôle du foie dans l'uréopoièse.

10" Dosage de l'urée. — Les procédés sont très nombreux ; ils répondent tantôt aux nécessités de la clinique, tantôt aux exigences de la recherche scientifique.

A. Prockdks cliniques. — Ils sont fondés, à peu près tous, sur la destruction de l'urée par l'hypobromite de soude, avec formation d'acide carbonique, absorbé par l'excédent de soude du réa(iif, et d'azote qui se dégage ; le volume de ce dernier permet de déterminer la quantité d'urée.

CO.fAzH^'2 + 3BrONa + 2XaOH = CO^Na* + 3NaBr + SH^O + Az^

On se sert d'une solution d'hypobromite pour laquelle beaucoup de formules ont été indiquées; en voici une qui donne un réactif excellent et se conservant longtemps sans altération. Dans 200 grammes de lessive de soude normale, c'est-à-dire contenant 40 grammes de soude pure par litre, on dissout 40 grammes de brome ; on parfait le volume à 1 000 centimètres cubes avec la même solution sodique à 40 grammes par Utre ; après vingt-quatre heures, on filtre sur amiante (Carrez). Bien que ce réactif se conserve, il est bon toutefois de renouveler la liqueur de temps en temps.

Voici le dispositif de quelques-uns des appcireils les plus usités.

a. Appareil d'Esbach. — C'est un tube de verre de 38 ceutimètres de long, fermé à un bout et gradué en dixièmes de centimètre cube. On verse au fond du tube 6 centimètres cubes d'hypobromite, puis, avec précaution et en évitant tout mélange, de l'eau jusqu'à la graduation 140, enfin, par-dessus, 1 centimètre cube exactemeiit mesuré d'urine. La colonne liquide affleure à la division 150. On bouche le lube avec le pouce et on agite en maintenant l'appareil horizontal. Quand la mousse est tombée, on débouche le tube sous l'eau, l'ouverture en bas, on égalise les niveaux extérieur et intérieur, puis, après avoir rebouché, on retire l'appareil. Il suffît alors de le renverser pour que, l'ouverture étant en haut, le liquide resté au fond du tube affleure à une division qu'on lit. Pour éviter tout calcul, on consulte un petit baroscope et on se sert d'une table à double entrée, jointe à l'appareil ; la colonne horizontale porte les chifTres du baroscope, l'autre ceux de l'uréomètre. A leur point d'intersection, on lit la teneur en urée, exprimée en grammes et par litre, de l'urine analysée.

Par suite de la pression exercée par l'azote à l'intérieur du tube, la solubilité du gaz est augmentée et les résultats faussés d autant ; de plus, le réactif exerce une action corrosive sur le pouce qui ferme l'appareil.

b. Appareil de Dannecy. — Cet appareil est encore un tube gradué muni d'un renflement mélangeur et fermé par un bouchon de caoutchouc que traverse un tube à robinet. Sur l'appareil on a gravé trois traits : H, E et U, On verse de l'hypobromite jusqu'en H, de l'eau jusqu'en E et 2 centimètres cubes d'urine qui viennent affleurer au trait U. On place le bouchon, le robinet étant ouvert, puis on ferme ce dernier et on agite pour bien mélanger. Après quelques minutes, on renverse le tube, le bouchon en bas, et on ouvre le robinet ; le liquide comprimé par l'azote s'échappe avec force ; quand il a cessé de couler, on ferme, on redresse l'appareil, l'ouverture en haut, et on regarde à quelle division s'arrête la colonne de liquide. Le chiffre obtenu indique le volume de gaz en dixièmes de centimètre

1,35, ou

multipliaul ces diiiêmes de reDtîmètre lube par blieul. eu grammes, le poids d'urée par litre.

La faliinie et la corrosion du pouce sont êvilé>-s, dans L-Pl appareil; mais la pre^siou iulérienre subsiste cumme citaiîe d'erreur.

c. Ajipareil de Regnard. — Il n'en est puâ (le Rii'me daus l'appareil Rf^uard, lequel esl un tube eu L' dont la branche horizonlale présente en aou milieu une courbure ijui sé[Kire deux boules souTHëes daus le verre. Kn A, on iulroJuit 7 ceulimètres cubes d'hy-

Pig. 60.

Appareil de D*>necy.

pobromile, cl 2 centimètres cubes d'urine en B ; à l'aide d'un bouulion el d'un tube de caoutchouc, on relie la braucbe de gauche avec la cloche graduée G dont le zéro aUleure intérieurement et extérieurement le uiveau de l'eau de l'éprouvctle ; on ferme la branche de droite, à l'aide d'un bouchon traversé par une baguette de verre. En enfonçant plus ou moins la baguette, ou ramène au zéro le niveau de l'eau

dans la cloche, dans le cas où la fermeture complète de l'appareil aurait modifié la hauteur du liquide. On incline l'appareil pour mélanger l'hypobromite et Turine, on agite doucement, puis on fait coïncider les deux niveaux dans Téprouvette, en soulevant la cloche ; il n'y a plus qu'à lire le volume d'azote dégagé. On en déduit par le calcul, la quantité d'urée, en opérant sur 2 centimètres cubes d'une solution d'urée pure, à un titre connu : si une solution d'urée à 5 p. 100 a fourni V'^*^ de gaz, par exemple, et si l'urine a

donné V", on aura, x étant la teneur en urée de l'urine en

question : ~ = — , ou j; = -y- x b.

Toutes c'js méthodes présentent les mêmes causes d'erreur. L'hypobromite ne décompose que 90 p. 100 environ de l'urée, le reste se transformant en acide isocyanique ; en outre, l'acide urique, la créatinine et peut-être d'autres corps sont décomposés par l'hypobromite. Ces deux causes d'erreur sont bien de sens opposés, mais ne se compensent pas rigoureusement. Les résultats sont indécis ; ils sont cependant comparables et suffisent la plupart du temps aux déterminations cliniques.

B. Procédés scientifiques. — Ces procédés comprennent : la méthode alcalimétrique, le dosage par les diastases, le procédé de MÔRNER et Sjôqvist et celui de Boymoind.

a. Méthode alcalimétrique. — En solution aqueuse, quand on la chauffe en vase clos, au delà de 140<*, l'urée se transforme intégralement en carbonate d'ammoniaque, qu'on titre ensuite avec l'acide sulfurique normal ; on en déduit l'urée.

On prélève 10 centimètres cubes d'urine, décolorée au préalable parle noir animal, et on les verse dans un tube de bronze platiné intérieurement et pourvu d'une fermeture métallique parfaite ; après addition de 20 centimètres cubes d'eau distillée, le tube bouché est chauffé à 170<*-i80<* pendant une heure, à l'aide d'un bain d'huile spécial muni d'un thermomètre et d'un régulateur de température. Le tube refroidi est vidé et lavé ; les liqueurs réunies sont titrées par l'acide sulfurique normal, en présence de l'orangé Poirier n<> 3 ou de laphtaléine du phénol. Si on a prélevé 10 centimètres cubes d'urine, on obtient

la teneur en giamnies duiiie pur litre, en multipliant par 3 le nombre de centimètres cubes et de ilixitmes de centimt'lie cubL- U'acide nuimul employés (Caiîk.neuvk et Hviii»L-.Ne.\gj.

Appareil de Cazenblvb et Jli

Cette méthode est rapide et beaui^oup plus exacte que la destruction par rhypobromite : iiénnmoins, les résultats en sont Taussés pur la présence de la créatinine, qui, à 140*, au sein de l'eau, se transforme, elle aussi, en carbonate d'ammoniaque.

b. ûoiage par les diaslnses. — Plusieurs des microbes qui hydratent l'urée forment, au fond des vases où on tes cultive, des dépôts que suruu);e un liquide limpide cliargé de diastase très active. Il suffit, pour doser l'urée d'une uriue, de soutirer

URÉE 4t9

ce liquide diastasique et de le mettre au contact d'un volume égal et connu de l'urine à examiner additionnée d'un peu de carbonate d'ammoniaque. On prend le titre' alcalimétrique du mélange, qu'on porte ensuite à l'étuve à 50", pendant deux heures, dans un flacon plein et bouché; on titre une seconde fois. Par différence, on a la quantité de CArbonate d'ammoniaque formée et, par conséquent, l'urée préexistante (Miquel). (]e procédé est très exact.

c. Méthode de Morner et Sjoqvist. — Elle est fondée sur la précipitation de tous les principes azotés de l'urine autres que l'urée, en présence du chlorure de baryum, de la baryte, de l'alcool et de l'éther. A 5 centimètres cubes d'urine on ajoute 5 centimètres cubes d'une solution saturée à froid de chlorure de baryum contenant op. 100 de baryte, puis 100 centimètres cubes d'un mélange de 2 volumes d'alcool à 97" et d'un volume d'éther. On laisse déposer vingt-quatre heures en flacon bouché. Le liquide, filtré àla trom\)e, est évaporé jusqu'à 25 centimètres cubes, à une température qui ne doit pas dépasser 50®. On ajoute alors un peu de magnésie pour chasser une petite quantité d'ammoniaque et on continue l'évaporation jusqu'à 10 centimètres cubes. Le résidu, neutralisé par l'acide sulfurique, est évaporé à sec ; on l'introduit alors dans un matras d'essayeur et on y dose l'azote parla méthode de Kjehldal que nous décrirons bientôt en détail. De l'azote trouvé on déduit l'urée.

d. Méthode de Boymond. — On décompose l'urée par l'acide iiilreux et détermine le poids des gaz Az et CO^ devenus libres.

CO. (AzH2)2 ^ AzO^H + AzO^H = AzO^.AzH» + H-'O + CO^ + Az^

Urée Acide Acide Azotate

azoteux azotique d'ammoniaque

D'après cette formule, 1 gramme de gaz correspond à Ogr,83333 d'urée.

On fait dissoudre à froid 125 grammes de mercure dans 170 grammes d'acide azotique ; à la fin, on cliaufle doucement et on ajoute à la liqueur volume égal d'eau distillée ; 10 centimètres cubes environ de ce réactif sont introduits dans la boule B d'un appareil Gessler (fig. 63). En G, on verse une cer-

taine quantité d'acide sulfurique concentré; par l'ouverture «, on fait couler 10 centimètres cubes de l'urine à analyser; l'appareil, ainsi chargé, est pesé très exactement. En ouvrant

Fig. 63.

Appareil de Gesslfr.

avec précaution le robinet 6, on fait arriver peu à peu le réactif nitreux dans l'urine ; les gaz produits s'échappent, en se desséchant en G sur l'acide sulfurique. On chauffe à la fin progressivement pour achever la réaction, puis, à l'aide d'un courant d'air sec, on chasse les gaz produits ; enfin, après refroidissement complet, on pèse. Si ]) et p' représentent les deux pesées et si Ton a opéré sur 10 centimètres cubes d'urine, l'équation U =: [p — p') x 83,333 donne la quantité d'urée

CRÉATININE 451

par litre. Cette méthode est pratique et, déplus, très exacte, le réactif de Boymoud n'agissant que sur l'urée, à l'exclusion de tout autre élément.

§ 2. — CRÉATININE

L'urine contient, en moyenne, Os^y^ à i gramme par litre d'un corps a7oté, faiblement et non pas fortement basique, comme on le croyait autrefois (Salkowski), en prismes blancs, solubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool : c'est la créatinine C^H^Az^O. Cette base est un dérivé de l'acide cyanique ; les formules suivantes permettent de s'en rendre compte.

.AzH2 GAz.OH CAz.OAzH* CAz.AzH^ ou CC.

^Az

Acidn cyanique Cyanatc ammoniquc Cyanamidc

La cyanamide, en se combinant avec l'ammoniaque AzH', donne la guanidine.

AzH^ /'

I CC^ + AzH» = C=iAzH

! ^^^^ ^ \azH2

Cyanamide Guanidine

Si, au lieu de faire agir l'ammoniaque ordinaire AzH', on traite la cyanamide par une ammoniaque composée, la sarcosine ou acide acétique méthyl-aminé, on aura :

/AzH^ AzH(CH=%CH2

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