‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 141 sur 173 · PUS · texte numérisé non relu

PUS

c. Ilématine, — L'h(^matine ne se rencontre que très rarement. HuppERT Ta signalée dans Turine d'un malade qui avait ingéré de l'acide sulfurique concentré.

Elle possède des caractères spectroscopiques très nets mentionnés ci-dessus (voir p. 266).

— Pus

Qo o

Le pus qui apparaît dans Turine provient d'un foyer d'infection situé sur le trajet des voies génito-urinaires. Suivant voN Jacksch, il pourrait y avoir passage dans l'urine d'un grand nombre de leucocytes par simple diapédèse à travers le rein, sans processus inflammatoire concomitant.

On reconnaît le pus, en laissant déposer l'urine et examinant le dépôt au microscope : les globules blancs apparaissent ; une goutte d'acide acétique ou de violet de gentiane fait mieux ressortir leurs noyaux. En ajoutait au sédiment urinaire un fragment de potasse caustique et agitant, on obtient une masse gélatineuse, épaisse et filante qui se produit

spontanément, quand l'urine a subi la fermentation ammoniacale (Donné). Les urines purulentes. colorent directement en bleu la teinture de gaïac, par suite de la présence, dans le pus, des ferments solubles oxydants, ou oxydases, provenant des leucocytes (Vitali).

Qu'elles contiennent du pus ou du sang, les urines sont toujours albumineuses. Quand la proportion d'albumine est très faible, il est actuellement impossible de dire si l'albumine pro-

Fig. 84.

Globules blancs.

a, globules intacts. — 6, globules traitas par l'acide acétique. — c, globules déformés et altérés.

5f6 URINE

vient du sang ou du pus, ou si elle résulte d'une albuminurie essentielle. Mdis, quand l'albuminurie dépasse 0 g«",20 ou 0 g^SO, il y a de l'albumine indépendamment du pus, c'est-à-dire, albuminurie et pyurie simultanées.

§ 3. — Bile

De tous les éléments biliaires, ce sont les pigments qui passent le plus fréquemment dans l'urine et qui, en urologie, sont de beaucoup les plus importants.

lo Pigments biliaires. — Toutes les variétés d'ictère provoquent le passage à travers le rein des pigments de la bile, par un mécanisme qui a déjà été étudié (voir p. 208). L'urine est alors diversement colorée, depuis le brun jusqu'au vert pur, en passant par le rouge, le jaune et le jaune verdâtre; elle mousse abondamment et forme des bulles irisées.

a. Réaction de Gmelin. — La réaction de Gmelin est la plus employée pour déceler les pigments biliaires : elle consiste à verser au fond d'un verre conique de l'acide nitrique concentré contenant des vaj3eurs nitreuses, puis, au-dessus et avec précaution, pour éviter tout mélange, on laisse couler l'urine suspecte. A la limite des deux liquides, on voit se produire un anneau vert ; au-dessous, d'autres anneaux (bleu, violet, rouge et jaune) se forment ensuite. Pour avoir de l'acide nitrique renfermant des vapeurs nitreuses et convenant très bien à la réaction de Gmelin, il suffit d'exposer de l'acide nitrique ordinaire à l'action de la lumière ou de l'additionner d'un peu d'acide nitrique fumant.

b. Procédé de Rosenhach. — On peut tout aussi bien faire tomber une goutte d'acide nitrique sur un filtre imprégné d'urine ; des anneaux concentriques (jaune, rouge, violet, bleu) se forment sur le papier.

c. Réaction de Maréchal. — Maréchal verse avec précaution de la teinture d'iode officinale diluée au dixième sur quelques centimètres cubes d'urine suspecte ; à la surface de séparation des deux liquides, on voit se produire un anneau vert d'herbe.

Cetle réaction est très sensible. Rappelons ici que la teinture d'iode officinale doit être diluée avec de l'alcool à 95® centésimaux.

d. Méthode d'Hvppert, — Quand la recherche des pigments biliaires est gênée par la présence d'autres matières colorantes, on a recours à la méthode d'HuppERT. L'urine est additionnée d'une petite quantité de lait de chaux et jetée sur un filtre ; le précipité est ensuite introduit dans un tube à essais, dans lequel on verse de l'alcool acidulé par deux ou trois gouttes d'acide sulfurique étendu ; on fait bouillir. S'il y a des pigments biliaires dans l'urine, l'alcool se colore en vert ou en bleu verdâtre intense.

2° Acides biliaires. — On les recherche rarement. Voici une méthode indiquée récemment par Vitali : l'urine est décolorée par agitation avec du sulfure de plomb fraîchement précipité ; le liquide, filtré et concentré à une douce chaleur, est additionné d'albumine et d'acide acétique, puis porté à l'ébullition et filtré ; l'albumine se coagule, entraînant l'acide taurocholique. Le coagulum albumineux, bouilli avec de l'alcool absolu, lui cède l'acide taurocholique ; on filtre et évapore à sec. Le résidu de l'évaporation, additionné d'une goutte de sirop de sucre, puis d'acide sulfurique concentré, se colore en rouge pourpre magnifique. Le liquide rouge ainsi obtenu, examiné au spectroscope, présente deux bandes : une entre D etE, une autre en avant de F.

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