ACTIONS CHIMIQUES DES MICROBES
que les alcaloïdes végétaux les plus toxiques (morphine, strychnine, conicine, etc.) soulève, en médecine légale, des problèmes dont Selmi a, le premier, signalé les redoutables diflicultés. Nous renvoyons, pour Tétude de ces questions, aux traités de toxicologie.
§ 2. — Chimie des microbes pathogènes
La chimie des microbes pathogènes est encore fort obscure ; nous essaierons, dans ce chapitre, d'exposer les faits les mieux établis et ceux-là seulement qui peuvent être considérés comme des acquisitions à peu près définitives.
1^ Aperçu général. — Nombre de bactéries, à Texemph» des cellules des animaux supérieurs, puisent l'énergie qui leur est indispensable, à deux sources : les sucres et les substances azotées (presque toujours des albumines ou des peptones), les graisses ne paraissant jouer aucun rôle dans l'alimentation des bactéries pathogènes. Les microbes exercent, à ce titre, une double action fermentative qu'il importe de connaître, pour disposer, s'il est possible, de procédés de diagnose qu'on demanderait en vain à l'examen des formes, et pour déterminer, d'autre part, les toxines qui prennent naissance au cours de ces transformations chimiques.
Mais, il existe tout un groupe de microbes qui n'affectent pas, du moins sensiblement, les matières sucrées, et qui paraissent vivre exclusivement, ou à peu près, de matériaux albuminoïdes. Malheureusement, la plupart de ces espèces ne déterminent que des modifications inappréciables à nos moyens chimiques actuels ; ces bactéries peuvent donner aux bouillons de culture -une toxicité extrême, alors que la chimie ne constate que des variations insignifiantes dans la composition du liquide primitif. Enfin, d'autres agents, tels que le gonocoque, probablement le microbe spécifique de la syphilis et de quelques autres maladies spéciales à l'homme, sont plus difficiles encore sur le choix de leurs aliments : ils ne vivent guère que sur des milieux dont l'albumine a été empruntée à
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Torganisme humain (sérum humain, infusion de rate). Nous ne possédons aucun renseignement sur l'activité chimique de ces microbes, qui sont pourtant parmi les plus importants, en pathologie humaine.
2o Technique. — Plusieurs cas peuvent se présenter :
Dans le premier, c'est un microbe qui agit sur un sucre, sur la glycérine, sur un alcool, sur un principe défini, en un mot ; on veut étudier cette action, pour caractériser le microbe. La méthode de Nengki et Sieber s'applique très bien ; elle est décrite ci-dessous.
Dans un second cas, il s'agira de séparer des toxines azotées. 11 faudra préparer un milieu de culture autant que possible débarrassé des produits complexes que le bouillon de poulet ou de veau tient en dissolution, chercher une formule où n'entrent que des corps définis, des substances connues (urée, asparagine, glycérine, sucre, sels, etc.), par exemple, le liquide d'Outchinsky. Si la bactérie ne se cultive pas dans des milieux aussi simples, on ajoutera au liquide précédent un peu de peptone pure (0,5 à 1 p. 100). Presque toutes les espèces se développent dans ces conditions. Pour isoler les toxines, une fois la fermentation terminée, on suivra la méthode indiquée par Gautier et dont nous donnerons plus bas un aperçu.
a. Méthode de Nencki et Sieber, — Un litre de liquide de culture doit contenir 50 à 80 grammes de sucre ou de glycérine ; on ajoute 1 ou 2 grammes de cendres d'urine, 0 gr. 2 de phosphate d'ammoniaque et 2 grammes de nitrate de potasse, qu'on remplace par 5 ou 6 grammes de peptone, seulement dans le cas où le microbe ne se développe pas en l'absence de ce dernier aliment. Le liquide est introduit dans un ballon contenant déjà 20 ou 30 grammes de carbonate de chaux très faiblement calciné. On stérilise à 115<», en présence ou à l'abri de l'air, en opérant, dans ce dernier cas, dans des appareils complètement pleins ou traversés par un courant de gaz inerte filtré sur coton ou stérilisé par la chaleur. On ensemence. Après quelques semaines, on retire les ballons de l'étuve ; sur une partie de la culture, on dose le sucre restant, à la liqueur de Fehling, la