BACILLE DU CHARBON
Marmier a repris cette étude, en cultivant, à basse température, la bactéridie charbonneuse dans la peptone glycérinée. On précipite la toxine par le sulfate d'ammoniaque et, après avoir enlevé ce sel par dialyse, on précipite par l'alcool fort le liquide concentré. Le corps obtenu ne présente pas les caractères des albumines ; il est dénué de propriétés zymotiques. Il donne la mort ^ux animaux sensibles au charbon , mais n'agit pas sur les réfractaires ; la lumière, les hypochlorites alcalins lui font perdre son activité.
Fig. 109.
Bacilles de la morve (d'après J. Courmont).
Culture de 48 heures, sur pomme de terre.
k. Orchiocoque. — Les cultures sur bouillon peptoné de ce microbe, trouvé dans l'urètre, abandonnent, lorsqu'on les traite par l'alcool, un produit blanc jaunâtre qui, après purification, manifeste toutes les propriétés des peptones, à cela près qu'il contient moins d'azote (H, 44 au lieu de 15),
La toxine de l'orchiocoque a des propriétés phlogogènes électives : inactive dans les autres tissus, elle détermine dans le
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testicule, surtout chez les jeunes animaux, une fonte purulente de l'organe (L. Hugounenq et J. Éraud).
1. Morve. — En opérant sur des cultures en bouillon glycérine et peptoné du B. mallei^ Nogard et Roux ont obtenu, par concentration et évaporation, un liquide sirupeux, très actif chez les chevaux morveux, et permettant le diagnostic précoce de la morve. Ce produit {malléine) détermine chez les équidés atteints de la morve, de l'hyperthermie, des traînées de lym-
Fi^. 110.
Bacilles pyocyaniques (d'après Guignard et Charrix).
A, culture ea bouillon normal. — B, C, D, E, F, G, diverses formes d'involution prises par le microbe dans des bouillons additionnés d*antiscptiqncs.
phangite et des tuméfactions inflammatoires douloureuses. Les animaux sains restent indemnes. Le principe actif de la malléine est précipitable par l'alcool absolu.
m. Bacille pyocyanique. — Ce microbe, découvert par Gessard, est surtout connu depuis les travaux de Gharrin et de ses collaborateurs Guignard, Arnaud et Gley. Le bacille pyocyanique peut vivre à l'abri de l'air; mais, dans ce cas, il- ne produit pas de pigment. C'est plutôt un aérobie très peu exigeant sur le choix des matériaux alimentaires.
Le bacille pyocyanique fait de l'acide lactique avec, le glucose ; il agit sur le glycogène, qu'il saccharifie.; mais il n>st
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jamais très actif dans les milieux privés de substances azotées. L'urée même ne lui suffit pas ; il y vit mal. La peptone, comme pour la plupart des microbes, est son aliment quaternaire de prédilection ; néanmoins, le bacille se développe très bien dans un milieu contenant de l'asparagi.ne, qu'il dédouble, par voie diastasique, en acide aspartique et ammoniaque (Gharrin et Arnaud)
Fig. 111.
Bacillus heminecrobiophilus d'ARLOiNG.
Culture de 48 heures, en bouillon.
(Gross. a= 1 000 D.)
En même temps, se forme un peu de méthylamine. Le bacille pyocyanique sécrète plusieurs matières colorantes : la pyocyanine, de beaucoup la plus importante, et la pyoxanthose déjà étudiées à propos du pus bleu (voir p. 308), ainsi que d'autres pigments (Gessard, Babès). Ces matières colorantes n'ont d'ailleurs aucun rapport avec les substances toxiques ou vaccinantes. Ces dernières peuvent se diviser en trois groupes : les substances volatiles, qui diminuent ou abolissent l'excitabilité des appareils nerveux vasomoteurs; les substances fixes,
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solubles dans l'alcool, dialysables et convulsivantes ; une troisième catégorie comprend des toxines de nature protéique, insolubles dans Talcool, non dialysables et déterminant de la diarrhée, de Famaigrissement et de la fièvre (Charrin)..
n. Bacillus hèminecrobiophtlus. — Ce microbe, quia été découvert et étudié par Arloing, sécrète dans ses bouillons de culture une substance phlogogène, soluble dans Teau, précipitable par Talcool et probablement de nature albumineuse. Cette matière peptonise la fibrine, intervertit la saccharose, saccharifie Tamidon, émulsionne et dédouble les graisses. Injectée dans le testicule bistourné du bélier, elle provoque la dissolution du tissu conjonctif, la diapédèse, Tinfiltration des régions circonvoisines et un dégagement gazeux formé d'acide carbonique et d'azote.
0. Autres produits microbiens. — Plusieurs auteurs, notamment Griffiths, ont retiré des poisons alcaloïdiques de l'urine des malades atteints d'afîections diverses (eczéma, rougeole, scarlatine, coqueluche, oreillons, morve, rage, grippe, diphtérie, etc.). Ces poisons ressemblent beaucoup à ceux qui ont été décrits plus haut ; mais, rien ne prouve qu'ils proviennent directement de l'activité chimique des microbes, plutôt que du fonctionnement des tissus plus ou moins modifiés par la maladie. Plusieurs de ces résultats appelleraient, d'ailleurs, une confirmation.