‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 169 sur 173 · BACILLE D'ÉBERTH ET BACILLE DU COLON · texte numérisé non relu

BACILLE D'ÉBERTH ET BACILLE DU COLON

toujours simultanément, surtout depuis que A. Rodet et G. Roux ont avancé que les deux espèces étaient identiques. C'est là un point qui n'est pas encore fixé définitivement. Ce qui est hors de conteste, c'est la similitude très grande des deux microbes, celui de la fièvre typhoïde (Eberth) et celui du colon (Escherisgh). La culture, dans les milieux habituels, de

Fi^. 104.

Coli-bacilles.

Culture de 48 heures, en bouillon.

(Oross. == 1 000 D.)

ces deux microbes aérobies, mais susceptibles d'anaérobiose n'offre aucune difficulté.

Le colibacille fait fermenter la lactose, en donnant de l'acide lactique presque toujours droit et en dégageant des bulles gazeuses d'acide carbonique, mêlé d'un peu d'hydrogène (L. HuGOUNExu et M. Doyon). Aussi, ensemencé dans du lait, il le coagule rapidement; cultivé sur agar lactose et tournesolé, il colore la masse en rouge (Wurtz, Widal, Chaxtemesse). Lé^ bacille d'Eberth type ne présente pas ces caractères, du moins avec la même netteté ; car il attaque q,ussi la lactose , mais

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avec moins d'énergie et sans dégager de gaz Dubief, Blcitner, l*ÉRK, Malvoz, van Laer;. Le pouvoir rolatoire de l'acide produit ne constitue |»as, non plus, un caractère absolu; on peut dire seulement (ju'en général le coli-bacille donne un acide droit, tandis (|ue le bacille typhique est un ferment lœvoladique ou racéiuo-lacli(iue, c'est-à-dire donne un acide gauche ou inactif; mais, nous le répétons, ces caractères ne sont pas absolus (BiscHLER, VAN Emengen), ni même d'une importance capitale iKayseh). Ajoutons que le bacille du colon et celui de la fièvre typhoïde attaquent tous deux également la galactose (A. RoDKT et G. RoLx), et que, tous deux, avec la même énergie, dégagent Tazote des nitrates alcalins et doivent, par conséquent, être rangés parmi les ferments dénitrifiants (L. Hugounexq et M. DoYON). En résumé, les deux bacilles types se comportent (lifTéreminent; mais il y a, entre les deux extrêmes, des variétés intermédiaires qui participent des propriétés de l'un et de l'autre.

Brieger a isolé des cultures du bacille typhique précipitées I»ar le sublimé, deux alcaloïdes : le premier, la typhotoxine, est une base en C^H*^AzO^, à chlorhydrate cristallisé, formant avec le chlorure d'or une combinaison insoluble, fusible à 176^ ; c'est un alcaloïde très toxique (salivation, dilatation des pupilles, diarrhée, etc.). Les bouillons renferment encore une base en G^H*'AzO, la mydine, liquide très alcalin, peu stable, dénué de toxicité. Plus tard, Brieger et Fr.exkel ont repris la question et isolé des bouillons de culture filtrés sur porcelaine et précipités par l'alcool, un produit albumineux, non dialysable et peu actif. L'injection globale des bouillons de culture a seule permis à Sanarelli de reproduire sur les animaux les symptômes les plus saillants de l'infection eberthienne.

Le bacille du colon dont la virulence a été augmentée artificiellement, fabrique des toxines de tous points comparables aux précédentes (Qésaris-Demel et Orlandi).

g. Staphylocoques, — Il y a plusieurs variétés de staphylocoques : la plus connue est le Staphylococcus pyogenes aureus, agent de la suppuration ; les cultures de ce microbe sont colorées en jaune doré. Le staphylocoque est un microbe

STAPHYLOCOQUE PYOGÈNE 589

banal, très résistant et sadaptant bien à tous les milieux lie culture. C'est un aérobie facultatif et un ferment lactique. Des bouillons peptonés de ce microbe, Brieger a retiré une ptomaïne cristallisée, incolore. Presque en même temps, Leber, en épuisant par Talcool le résidu de Tévaporation des liquides

Fig. 105.

Staphylocoques (furoncle).

(Gross. =700 D.)

de culture, obtenait une substance cristalline, sulfurée, non azotée, sublimable sans altération, formant des combinaisons avec les iodures doubles. Ce composé, a])pe\é phlogosinej détermine, à faible dose, une suppuration suivie de la nécrose des tissus. Toujours à la même époque, de Ghristmas isolait des bouillons de culture du staphylocoque une matière albuminoïde douée de propriétés diastasiques et capable de provoquer une suppuration légère.

h. Streptocoque. — Ce microbe (Streptococcus pyogenes), agent de l'érysipèle et de la fièvre puerpérale, est encore un aérobie facuUatif qui se développe bien sur tous les milieux habituels.

CHIMISME MICROBIEN

Il fait fermenter le glucose, en donnant un acide qui n'est pas l'acide lactique, mais dont on ne connaît pas la nature.

Fig. 106.

Streptocoques pyogènes (d'après J. Courmont).

Culture de 24 heures, en bouillon.

Le poison du streptocoque paraît être une matière albuminoïde qui provoque la somnolence, la diarrhée et l'amaigrissement rapide (Roger) ; cette substance est altérable (Manfredi et Traversa].

i. Vibrion septique, — Le vibrion septique [B, septicus), ou bacille de l'œdème malin, pousse dans les milieux habituels, pourvu que la culture soit à l'abri de l'oxygène, le microbe étant un anaérobie strict.

Le vibrion septique est doué d'une activité chimique intense qui s'exerce à la fois sur les hydrocarbonés et les albuminoïdes et s'accompagne de dégagements gazeux abondants (gangrène gazeuse). Il attaque les sucres, avec production d'alcools éthylique et butylique, d'acides gras (formique, acétique, butyrique), d'acide lactique droit et d'acide succinique ; de

VIBRION SEPTIQUE

l'hydrogène et de l'acide carbonique se dégagent (Arloi.ng, Llxossiek). Avec les matières albuminoïdes, les gaz sont tout aussi abondants : de l'azote devient libre, en même temps que de rhydrogène et de l'acide carbonique. C'est d'ailleurs d'une

Fig. 107.

Vibrions septiques (d'après J. Courmont).

1, culture de 24 heures.' — i, vieille culture.

véritable putréfaction (fuil s'agit (Kerry), avec formation d'acides gras, d'acides amidés, et d'acide hydro-para-coumarique, sans indol ni scatol. Ghauveau et Arlolng ont démontré qu'il existait, dans les bouillons de culture du vibrion septique, une toxine, qui n'a jamais été isolée, ni étudiée chimiquement.

j. Charbon, — Le Bac'dlus anthracis^ ou bacille du charbon, est un microbe aérobie, cultivable sur les milieux usuels. Il coagule le lait et semble être un ferment butyrique des sucres ; il développe de l'ammoniaque au contact des peptones et sécrète une enzyme qui peptonise les matières albuminoïdes (Hankix et Wesbrookj. Ses toxines ont été très étudiées, depuis

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Touss.UNT, Pasteur et CH.vuvEAn, par un grand nombre d'autres

expérimenlateurH,

■ Hamlin cultive le charbon en peptone pure et traite ensuile

les liquides de culture par du sulfate d'ammoniaque et

quelques gouttes d'acide acétique; le précipité, lavé à l'eau

Flp. 108.

Bacilles du charbon (d'après J. CounmosT).

CulLurc en IwuiJLau, une sjnres colorés par U oii^lhade du 7.kM.

chargée de sulfate d'ammoniaque, est dissous dans l'eau pure, débarrassé des sels par dialyse et reprécipité par l'alcool. On oblient une albumose immunisante et non toxique pour es animaux sensibles au charbon (mouton), tandis qu'elle constitue un poison violent pour les espèces réfractaires (grenouille, rat adulte). Quand la culture a lieu sur bouillon ordinaire, on oblient deux albumoses à la fois toxiques et immunisantes (Ha.vkj.n, Brieger el Fh.ënsel, S. Mahtiv).

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