‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 30 sur 173 · HO)'^ C^H^-CO — 0— C'H · texte numérisé non relu

HO)'^ C^H^-CO — 0— C'H

Administré par la voie stomacale, le tannin se fixe dans l'intestin à l'état de composé tanno-albumineux, s'absorbe lentement et se brûle en grande partie, tandis qu'une petite quantité d'acide gallique »(H0) — C«H2— GO-^H s'élimine par l'urine.

6° Cholestérines. — a. Etal naturel, production, — Chez les animaux et chez l'homme, on a signalé la cholestérine dans presque tous les liquides et tissus de l'économie, où elle accompagne les graisses : la bile (Gmelln), le sang (Boudet), , le cerveau (Gmelin), la rétine (Cahn), la rate (Marcet), le lait (ToLMATSCHOw), la pcau, les cheveux qu'elle couvre d'une espèce de vernis formé de graisses cholestériques, sortes d'éthers de la cholestérine tout à fait comparables à la lanoline du suint (Liebreich). Elle figure également dans le sébum qui enduit le corps des enfants nouveau-nés. Toutefois, la présence de la lanoline sur la peau de l'homme a été contestée par Santi, à tort, semble-t-il (Spiegel). On a trouvé de la cholestérine

dans le sperme, les fèces, leméconium, dans l'urine, chez une femme atteinte d'obstruction d'un uretère par un calcul (Gllnski). La cholestérine prend naissance dans tous les exsudais pathologiques d'origine un peu ancienne : liquides de la plèvre, kystes de l'ovaire, du sein (Pannetier), du foie, ainsi que dans les masses tuberculeuses. Les transsudats inflammatoires contiennent également, mais en plus petite quantité, de la cholestérine (G. Guérin). Salkowski a pu extraire de la cholestérine d'une collection liquide de l'articulation coxo-fémorale. On voit, mais très rarement, la cholestérine former des calculs vésicaux: Horbaczewski en a cité un cas, chez une petite fille de six ans. Neuma.nn a observé une particularité plus rare encore : la réplétion des fosses nasales par un dépôt de cholestérine. La cholestérine apparaît quelquefois sous forme de cristaux dans la chambre antérieure de l'œil (synchysis étincelant). C'est habituellement des calculs si fréquents delà vésicule biliaire qu'on la retire *.

Ces calculs, blancs ou peu colorés, translucides, onctueux au toucher, rayables à l'ongle, sont d'abord pulvérisés, puis mis en suspension dans une solution aqueuse et diluée de potasse caustique, pour enlever les graisses. Le résidu, lavé à l'eau, est séché et repris par Téther bouillant qui abandonne à froid la cholestérine. On la purifie par cristallisation.

b. Propriétés.,— La cholestérine se présente sous la forme de magnifiques écailles blanches, brillantes, nacrées, grasses, onctueuses, légères, dérivant du système clinorhombique. Elle est de formule C=^«H*^0 + H^O, ou C"H*«0 + H^O, suivant Rei- NiTZER*. Chauffée, elle perd à 100° sa molécule d'eau, fond ensuite à d48°,5 et se sublime vers 350° en se décomposant

* La cholestérine est très répandue chez les animaux : suint de mouton, d'où on l'extrait à l'état d'éther (lanoline utilisée en thérapeutique), cornes des ruminants, écailles de poissons, plumes d'oiseaux, œufs de carpes, contenu intestinal et excréments d'oiseaux et de reptiles, huile de foie de morue, sang, bile, cerveau, exsudats divers, etc.

• Abel a vérifié par la cryoscopie la formule primitive C*'H**0 ; il l'a trouvée exacte. Néanmoins, la formule C"H**0 prévaut de plus en plus pour la cholestérine des calculs biliaires.

Fig. 13.

Gholestérine.

sous la pression normale, sans décomposition dans le vide. Elle est insoluble dans l'eau, soluble dans Talcool bouillant, très soluble dans l'éther qui en enlève plus de 25 p. 100 de son poids ; elle se dissout très bien aussi dans le sulfure de carbone et dans le chloroforme qui l'abandonnent en aiguilles anhydres. C'est un corps lévogyre : a© = — 37°, 1 pour les solutions chloroformiques à

L'action de la chaleur et des agents déshydratants décorapose la cholestérine avec production de carbures en C'^'^H** (cholestérylènes), La cholestérine s'unit au sodium pour former un dérivé sodé en G27HVoONa. Elle se comporte comme un alcool : se combine

aux acides pour donner des éthers (acétate, benzoate, propionate , phtalate de cholestérine) et fournit avec le perchlorure de phosphore un dérivé chlorhydrique C^^H^^Cl, le chlorure de cholestéryle. Les réactifs oxydants conduisent à des acides : cholesténique C^^R^O^ , oxy choies ténique G^^H^^^O', di- et trioxycholesténiques G^^H^^^O^, G^^H^^O*. On obtient des produits de substitution avec le chlore et le brome ; ce dernier peut même fournir un produit d'addition G"H**0.Br2.

La cholestérine se réduit dans l'intestin, fixe H^ et se transforme en copi'ostérine G^^H*^0, substance cristallisée en longues aiguilles blanches, fusibles à 95<>, très solubles dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, la benzine, etc. La coprostérine est dextrogyre et ressemble beaucoup à la cholestérine (Bondzynski et HuMNiKi). Il paraît exister, dans les fèces du chien et du cheval, des coprostérines analogues à la coprostérine qui vient d'être décrite et qui a été extraite des fèces humains.

La cholestérine présente les caractères analytiques suivants

L'acide sulfurique, additionné d'un cinquième de son volume

d'eau, donne à chaud une coloration rouge carmin qui, en présence de la teinture d'iode, vire au violet, puis au jaune, finalement au bleu, en passant par le vert.

Concentré, l'acide sulfurique développe une matière colorante rouge, soluble dans le chloroforme ; la solution devient peu à peu violette, bleue, enfin jaune.

Evaporée à sec, au bain-marie, au contact d'un peu d'acide azotique, la cholestérine laisse un résidu jaune que Tammojiiaque fait virer au rouge vif (Schiff).

De même, en évapoiant doucement un peu de cholestérine avec de l'acide chlorhydrique mélangé de chlorure ferrique, de chlorure d'or ou de bichromate de potassium, on obtient un résidu violet (Schiff).

Si on fond sur une flamme et avec précaution, la cholestérine avec de l'anhydride propionique, on la transforme en propionate de cholestérine C^H^^q c^H^O. En refroidissant, la masse passe successivement par le violet, le bleu, le vert, l'orangé et le rouge (Obermueller).

En ajoutant à 2 centimètres cubes d'une solution chloroformique de cholestérine iO gouttes d'anhydride acétique et 1 goutte d'acide sulfurique concentré, on observe une coloration rose, puis rouge, enfin bleue (LiebermaiNn). Cette réaction, , qui peut servir de base à un procédé colorimétrique de dosage, a permis à Burchard de démontrer la présence de la cholestérine dans l'extrait aqueux des tissus ou organes suivants, débarrassés de sang : foie, rein, pancréas, glandes salivaires, glandes de l'estomac, muscle, rate, cristallin, moelle osseuse, cartilage, etc.

Plusieurs éthersde la cholestérine, soumis à la fusion ignée, présentent des réactions colorées de même ordre.

On a quelquefois à doser la cholestérine ; voici 'un procédé qui permet de l'extraire en nature, à 1 état de pureté ^Gérard).

Les matières parfaitement desséchées et broyées sont épuisées à l'éther, qui abandonne par évaporation un résidu qu'on saponifie par la potasse alcoolique. Le produit brut de la saponification cède à l'éther de la cholestérine impure, qu'on traite

encore une fois par une solution alcoolique de potasse ; on étend d'eau et épuise la liqueur alcaline parle chloroforme. L'évaporation de ce dissolvant fournit de la cholestérine encore souillée d'impuretés ; on la transforme par l'anhydride benzoïque en étherbenzoïque, qu'on purifie ensuite par cristallisation dans l'alcool bouillant. La saponification du dérivé benzoïque fournit la cholestérine très pure. On la pèse.

On peut du reste doser la cholestérine en la transformant par l'anhydride acétique en acétate de cholestérine. Ce composé, purifié par des lavages à l'eau bouillante, est saponifié à l'ébullition par un volume connu d'une solution alcoolique titrée de potasse. On titre après la saponification ; de la différence on déduit le poids de cholestérine (Lewkowitsch).

c. Isocholestérine. — A côté de la cholestérine ordinaire, on rencontre dans la graisse de suint ou lanoline un isomère de la cholestérine, V isocholestérine, qui y préexiste combinée avec des acides (Schultze) . C'est un corps blanc, cristallisant de Féther en fines aiguilles, fusibles à ^37". Quand on le dissout dans l'alcool bouillant, par refroidissement la masse se prend en gelée. L'isocholestérine est dextrogyre : «d = + 60*^. Elle se rapproche beaucoup de la cholestérine vraie par toutes ses propriétés. Elle s'en distingue par les caractères suivants :

Avec l'acide sulfurique et le chloroforme, on n'obtient pas les colorations rouge, violette, bleue et jaune de la cholestérine ; à la longue, le mélange se colore en brun.

Si on dissout à chaud l'isocholestérine dans l'anhydride acétique et qu'après refroidissement on ajoute une goutte d'acide sulfurique concentré, l'essai vire au rouge, puis à l'orangé, tandis qu'une fluorescence verte se manifeste ; c'est là un caractère que ne présentent ni la cholestérine vraie, ni les cholestérines végétales.

d. Cholestérines végétales. — Les cholestérines que nous venons de décrire se forment dans les tissus et les liquides de l'économie humaine ou de l'organisme des animaux. On trouve d'autres cholestérines, très voisines de la cholestérine animale, dans les plantes (amandes, olives, haricots, lupins, carottes, maïs, pois, blé, fèves de Calabar, datura, semences

lOÔ PRINCIPES IMMÉDIATS DE L'ORGANISME

de colchique, fenugrec, ergot de seigle, Pénicillium glaucum et autres champignous, etc., etc.).

Ces cholestérines, isomères pour la plupart, ne diffèrent que par des caractères analytiques peu importants; toutes présentent entre elles les plus grandes analogies. Elles paraissent former deux groupes principaux (Gérard) :

i^ Cholestérines des phanérogames, très voisines de la phytosténue de Hesse, et de la caulostérine de Sghultze et Barbieri : G^6H**0 + H^O ou C"H'»«0 + H'^0, si on admet la formule de Relnitzer.

' 29 Cholestérines des cryptogames, dont le type est Vergoslérine de Tanret en C^SR^^O + H=^0 ou C^'H^^O + H^O ; cholestérine du Pénicillium glaucum^ de VŒthalium sepiicum ou champignon de la tannée, décrite par Reinke sous le nom de paracho lester ine .

Le groupe des cholestérines cryptogamiques se distinguerait, suivant Gérard, des cholestérines des phanérogames, en ce que ces dernières, comme la cholestérine animale, traitées par Tacide sulfurique concentré, se dissolvent incomplètement, en fournissant un produit qui se dissout en jaune, puis en rouge plus ou moins violet dans le chloroforme. 'Avec la cholestérine des champignons, la solution dans l'acide sulfurique est complète, et le chloroforme, agité avec le mélange, ne se colore pas.

Mariino Zuco a extrait de la poudre de Chrysanthemum cinerariœfolium, employée comme insecticide, un homologue supérieur des cholestérines. Ce composé en C=^^H**0 ou peut-être C^^H'^^O fond à 183^

Toutes les cholestérines paraissent se rattacher à la série aromatique, peut-être aux produits d'addition du benzène. Bien que la diffusion extrême de ces corps chez tous les êtres vivants soit un indice de leur importance, on ne sait rien de précis sur leur rôle physiologique.

§ 5. — Corps inorganiques

Pour terminer ce chapitre, nous donnerons en quelques mots la description des composés minéraux les plus répandus

dans l'organisme humain, ceux dont le nom reviendra le plus souvent dans la suife.

10 Oxygène. — a. Etat naturel, — Air atmosphérique, où il entre dans la proportion de 20,96 p. 100 à côté de l'azote, de l'argon et d'une petite quantité d'acide carbonique. C'est le seul élément qui se fixe dans l'économie à l'état de corps simple. Il y est d'ailleurs très répandu (sang, lymphe, cavités naturelles : poumons, estomac, etc.).

b. Propriétés. — Gaz incolore, inodore, insipide, de densité l,i0, peu soluble dans l'eau (41 centimètres cubes par litre), liquéfiable sous pression, à très basse température.

Se fixe sur l'hémoglobine qu'il transforme en oxyhémoglobine. Entretient la vie, sauf chez certains ferments, qu'il tue (anaérobies) ; agit d'ailleurs comme un toxique sur les animaux supérieurs, à la pression de plusieurs atmosphères (P. Bert).

2° Eau. — a. Etal naturel. — L'eau forme 60 à 70 p. 100 en poids de l'économie humaine. Elle existe dans tous les tissus sans exception ; elle en constitue l'élément le plus important par sa masse. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter les yeux sur le tableau suivant qui donne la proportion d'eau pour 100 parties :

Tissu adipeux 29,9 p. 100

— osseux 48,6 —

— cartilagineux 55,0 —

— musculaire 75,5 —

— conjonctif 79,6 —

— élastique 49,6 —

Peau 72,0 —

Substance blanche du cerveau .... 70,0 —

— grise — .... 85,8 —

Foie 69,3 -

Rein 82,7 -

Rate 75,8 —

Thymus 77,0 —

Sang 79,1 —

Bile 86,4 —

Lait 89,1 p. 100

Lymphe 95,8 —

Suc gastrique 97,3 —

Humeur aqueuse 98,6 —

Salive 99,5 —

Sueur 99,5 —

Urine 96,0 —

Pour maintenir constant le degn» d'hydratation de ses tissus, l'homme adulte ingère 2 500 centimètres cubes d'eau par 24 heures

b. Propriétés, — L'eau pure est un liquide incolore, qui nous paraît inodore et insipide, cristallisant à 0° en prismes hexagonaux, étoiles, bouillant à 100°, de densité égale à 1,00 à la température de + 4^.

3» Acide chlorhydrique. — a. Etat naturel. — N'existe à Télat libre que dans le suc gastrique, qui en renferme 2 à 3 p. iOOO, à l'état physiologique.

b. Propriétés. — C'est un gaz incolore, d'odeur et de saveur fortement acides, de densité 1,12, liquéfiable à 0° sous la pression de 26 atmosphères. Très soluble dans l'eau qui en dissout 500 centimètres cubes par litre ; il fume à l'air. Acide énergique, corrosif en solution concentrée.

c. Sels. — L'acide chlorhydrique donne avec la soude et la potasse des sels importants en chimie physiologique.

Le chlorure de sodium ou sel marin NaCl est particulièrement abondant dans l'économie ; il entre dans l'alimentation normale de l'homme à la dose quotidienne de 8 à 10 grammes, qui se retrouvent d'ailleurs dans l'urine à peu près intégralement. Tous les tissus, toutes les humeurs donnent à l'incinération du chlorure de sodium. C'est un sel blanc, cristallisé en cubes, de saveur bien connue, fusible au rouge vif; l'eau en dissout un tiers de son poids à + 10<^; il n'est pas beaucoup plus soluble à l'ébullition.

Le chlorure de potassium KGl est, lui aussi, un sel blanc, cubique, de saveur salée, fusible au rouge, de même solubilité à peu près que son congénère, le chlorure de sodium, qu'il

accompagne dans la plupart des tissus et des liquides de l'organisme. Il est presque toujours moins abondant que le chlorure de sodium.

Le chlorure de calcium CaCl'^ est un sel blanc, déliquescent, très soluble, pouvant cristalliser en hexagones, CaCl*^ + 6H^0. On le rencontre, en petite quantité, dans l'économie humaine.

Il en est de même du chlorure de magnésium MgCP, autre sel déliquescent, très soluble, cristallisant, lui aussi, avecôH^O, mais peu stable et se décomposant, au sein de l'eau surchauffée, en magnésie MgO et acide chlorhydrique HCi.

4^ Hydrogène sulfuré. — a. Etat naturel. — L'hydrogène sulfuré ne se produit guère, à l'état physiologique, que dans les parties inférieures de l'intestin, par suite de la putréfaction des matières albuminoïdes. A la suite de certains troubles pathologiques, il prend naissance dans l'eslomac.

b. Propriétés. — C'est un gaz incolore, de saveur douce et nauséeuse, d'odeur nauséabonde, de densité 1,17, liquéfiable sous pression et à basse température, assez soluble dans l'eau, qui en dissout trois fois son volume à la température ordinaire. Les sels de plomb et de bismuth fixent l'hydrogène sulfuré, en se colorant en noir.

5° Acide sulfurique. — L'acide sulfurique libre SO*H^ a été signalé dans la salive d'un gastéropode marin, le Dolium galea (Troschel) ; on ne le trouve nulle part dans l'économie humaine. Par contre, il y est largement représenté par plusieurs de ses sels.

Le sulfate de soude anhydre SO*Na''^, qu'on peut extraire des cendres du sang, de l'urine, du muscle et de la plupart des organes, est un sel blanc, très soluble, qui peut cristalliser avec lOH^O.

Le sulfate de magnésie SO^Mg -f 7H'^0 paraît exister dans l'urine et peut-être dans quelques tissus ; c'est un sel incolore, fort bien cristallisé, de saveur amère, très soluble dans l'eau.

Le sulfate de chaux SO*Ga existe, lui aussi, en petite quantité, dans l'organisme. Il se présente à l'état anhydre sous la forme

d'une poudre blanche qui s'hydrate au sein de l'eau, en donnant le composé SO'»Ga + SH-^Q, cristallisé et fort peu soluble (2 grammes par litre environ).

6** Ammoniaque. — a. Etat naturel. — Dans la décomposition graduelle et complète des matières azotées, l'ammoniaque est l'avant-dernier échelon; aussi, en trouve-t-oa des traces dans l'atmosphère. La vie de nos tissus libère une petite quantité d'ammoniaque qu'on peut retirer de l'urine; mais, c'est surtout dans la putréfaction des albumines que cet alcali se produit abondamment.

b. Propriétés. — Gaz incolore, d'odeur extrêmement vive et piquante, de saveur caustique, de densité 0,59, liquéfiable sous pression, à basse température. C'est, de tous les gaz, le plus soluble dans l'eau, qui, à 15°, en dissout 785 volumes. La solution présente l'odeur du gaz; elle est très fortement alcaline et caustique ; elle donne au contact d'une baguette imprégnée d'acide chlorhydrique des fumées blanches de chlorhydrate d'ammoniaque.

1^ Acide phosphorique. — L'acide orthophosphorique PO^H^ n'existe pas, à l'état de liberté, dans l'organisme.

C'est un sirop acide, susceptible de cristalliser, et dont certaines combinaisons organiques, telles que les lécithines déjà étudiées, ou certains sels, ceux de soude, de potasse et de chaux par exemple, ont une importance physiologique de premier ordre.

a, Pfiosphates sadiques. — On en connaît trois : PO'^H^Na, PO*HNa*, PO'Na».

Le premier -ou phosphate monosodique PO*H^Na + H^O est un sel blanc, très soluble dans l'eau, de réaction acide ; c'est un des facteurs de l'acidité urinaire.

Le phosphate disodiquePO'HNa2+ 12 ou -|- IH^O, est extrêmement répandu dans l'économie ; il n'est guère de tissu ou de liquide qui n'en renferme, quelquefois en proportion notable. C'est un sel blanc, soluble, de réaction amphotère, c'est-à-dire acide avec quelques indicateurs, alcalin par rapport aux autres.

Le phosphate trisodique PO*Na* + 12H*0 n'est stable qu'en présence cFun excès de base ; on le rencontre dans les urines ammoniacales. Il forme des cristaux blancs, alcalins, très solubles.

b. Phosphates calciques. — Comme la soude, la chaux donne avec Facide orthophosphorique trois sels : (PO*)^GaH*, c'est le phosphate monocalcique ; (PO^j^Ga^H^' le sel dicalcique; (P0'»)2 Ga^, le phosphate tricalcique* ou phosphate tribasique de chaux.

Le phosphate monocalcique (PO'')^GaH* existe dansTurineet probablement dans quelques cellules de l'économie. C'est un sel blanc, fort peu soluble dans l'eau pure, contrairement à l'opinion commune ; une trace d'acide phosphorique augmente sa solubilité. Au sein de l'eau, il se décompose lentement, en donnant de l'acide phosphorique libre qui facilite sa dissolution.

Le phosphate dicalcique (P0*)'^Ga"^H2 est une poudre cristalline, blanche, insoluble dans l'eau. Il ne se forme pas dans l'organisme.

Le phosphate tribasique de chaux (PO*)'^Ca® en est au contraire l'élément minéral le plus important : non seulement il constitue la majeure partie du squelette, mais on le rencontre encore parmi les résidus que laissent à l'incinération tous les tissus et toutes les humeurs de l'économie. C'est un corps blanc, pulvérulent, neutre aux réactifs, insoluble dans l'eau, facilement soluble dans les acides les plus faibles.

c. Phosphates magnésiens. — Le phosphatcî trimagnésien (PO*)^Mg', qui contribue à la formation du tissu osseux, est également un produit blanc, insoluble dans l'eau, soluble dans les acides faibles.

Le phosphate ammoniaco-magnésien PO»MgAzH* -|- ôH-^O est une poudre cristalline blanche, insoluble dans l'eau ammoniacale, soluble dans l'acide acétique dilué ; la calci nation le transforme, par perte d'eau et d'ammoniac, en pyropliosphate de magnésie P^O'Mg'^.

Le phosphate ammoniaco-magnésien est un élémonl normal de l'urine et des fèces.

8° Acide carbonique. — a. Etat naturel. — C'est sous forme d'acide carbonique GO"^ que le carbone est assimilé par, la plante et qu'il est restitué au monde minéral par les plantes et les animaux. Lair atmosphérique en renferme 4/ i 0000'' environ (de Saussure) ; les eaux tiennent en réserve, à l'état dissous, une masse énorme d'acide carbonique et jouent vis-àvis de l'atmosphère le rôle d'un régulateur. L'acide carbonique se rencontre, chez l'homme, dans ies poumons, l'estomac, l'intestin ; il s'en produit dans tous les tissus, surtout dans le muscle, aux dépens des albumines, des hydrocarbonés et des graisses ; le sang, la lymphe, presque toutes les humeurs en contiennent.

b. Propriétés, — (iaz incolore, d'odeur et de saveur acidulés, rappelant celles de 1 alcool, de densité =i,îi3, facilement liquéfiable sous pression à la température ordinaire, soluble dans son volume d'eau à -}- 15". Sa solution aqueuse, qui contient probablement l'hydrate normal CO'^.H=^0 = GO^H-, est légèrement acide et précipite en blanc l'eau de chaux ou de baryte.

c. Sels. — L'acide carbonique combiné est répandu dans l'organisme à l'état de bicarbonate ou de carbonate neutre de soude, de carbonate tfe chaux et de carbonate de magnésie.

Le bicarbonate de sodium GO^XaH est un sel blanc, de saveur faiblement alcaline et salée, peu soluble dans l'eau froide, abandonnant déjà au-dessous de 100° de l'acide carbonique, pour se transformer en carbonate neutre.

Ge dernier sel GO^Na^ est un. résidu de l'incinération de tous les tissus et de presque tous les liquides organiques. Il forme une masse blanche, anhydre, de réaction alcaline, soluble dans l'eau, d'où le sel peut cristalliser avec 5 ou 10 molécules d'eau. Le carbonate neutre se distingue du bicarbonate par la coloration rouge intense qu'il développe au contact de la phtaléine du phénol.

Le carbonate de calcium GO^Ga qui constitue un élément minéral très important du tissu osseux, est une poudre blanche, insoluble dans l'eau pure, un peu soluble à la faveur de l'acide carbonique, qui transforme le carbonate calcaire en bicarbonate. La chaleur rouge le décompose en cliaux et acide carbonique.

CORPS INORGANIQUES ii3

Le carbonate de magnésium GO'Mg accompagne souvent, mais en petite quantité, le sel précédent. Il est, comme lui, blanc et insoluble ; il dégage au rouge de Tacide carbonique et laisse de la magnésie MgO, substance blanche, insoluble et très réfractaire.

Le carbonate neutre de potassium GO^K^ n'existe probablement pas tout formé dans l'économie de l'homme et des animaux supérieurs ; néanmoins, par incinération des combinaisons organiques de potasse, on obtient fréquemment ce sel; la plupart des matériaux d'origine animale en fournissent, tout spécialement les muscles, les nerfs et les globules rouges. C'est une poudre blanche, extrêmement soluble, attirant l'humidité de l'air, alcaline et caustique. Le carbonate de potasse peut cristalliser à l'état dliydrate de formule GO^K^ + SH^O.

9** Silice. — a. Etat naturel. — L'oxyde de silicium SiO^, anhydride silicique ou silice, est un des corps les plus répandus à la surface du globe ; il constitue peut-être, à lui seul, un quart des roches terrestres. Il passe, en petite quantité, dans les plantes, puis dans les tissus animaux. On en trouve des traces, chez l'homme, dans les cendres de la plupart des organes, spécialement des os et des dents.

b. Propriétés. — On isole la* silice des tissus végétaux ou animaux sous la forme de poudre blanche, amorphe, insoluble, peu fusible, susceptible de se combiner, surtout au rouge, avec les alcalis (potasse et soude), pour former des silicates.

10° Fer. — Le fer est probablement, de tous les métaux, celui dont le rôle physiologique est le plus important, du moins chez les animaux supérieurs. On sait de quelle importance pour la physiologie, la thérapeutique et la clinique est l'étude de ce métal ; elle sera l'objet de développements ultérieurs. On est aujourd'hui à peu près d'accord, depuis les travaux de Bùnge, pour admettre que le fer en combinaison purement minérale ne pénètre que difficilement dans l'économie ; il ne s'introduit et ne se fixe guère qu'à l'état de combinaison organique. L'incinération de tous les matériaux de l'économie, à com^

meiicer par le sang, fournit toujours du peroxyde de fer Fe-0', poudre rouge, insoluble, amorphe, peu attiiquable aux acides, surtout quand elle a été fortement calcinée.

A côté des substances minérales qui viennent d'être passées en revue, on a signalé dans les liquides ou les tissus de l'organisme la présence constante de l'iode (Baumann), du fluor, du zinc, du cuivre, du manganèse, peut-être de Tarsenic et du !)aryum. II est probable qu'un ou plusieurs de ces corps ont un rôle actif dans les phénomènes de nutrition, comme Baumann l'a montré récemment pour l'iode. Mais ce rôle est encore ignoré pour la plupart de ces éléments.^

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