PATHOLOGIQUES
Sous rinfluence de causes diverses v compressions vasculaires, inflaïuiuations de séreuses, lésions de la peau ou du tissu cellulaire sous-cutané, etc.), des liquides très analogues à la lymphe et, d'ailleurs, originaires des vaisseaux sanguins ou lymphatiques, s'infiltrent dans le tissu conjonctif ou s'accumulent dans des cavités ordinairement virtuelles (plèvre, péricarde, péritoine). On divise un peu artificiellement ces liquides en deux groupes, suivant leur mode de formation, auquel correspond, dans une certaine mesure, une composition chimique déterminée.
Quand la pression sanguine augmente, par suite d'un obstacle apporté en aval à la circulation (tumeur, sclérose d'un organe), une exsudation du plasma sanguin se produit en amont : le plasma, plus ou moins modifié, s'extravase et se répand (ascite consécutive à la cirrhose alcoolique, œdème des malléoles chez les cardiaques). Une pareille exsudation est un phénomène pathologique d'ordre secondaire qui peut être dû à des causes souvent éloignées ; la séreuse elle-même n'intervient, dans la genèse du liquide, qu'à la façon d'un obstacle, pour ainsi dire, passif, elle n'est pas lésée : c'est le cas pour l'hydrolhorax, l'ascite.Le liquide, extravasé dans ces conditions, ne dépasse pas 1015 de densité ; il ne se coagule que fort lentement, mal ou pas du tout, ne renferme que très peu ou point de globules blancs : c'est un iranssndal.
TRANSSUDATS ET EXSUDATS 301
Si, au contraire, rexsudation est due à une lésion primitive, in silii, de la séreuse (pleurésie aiguë), celle-ci, enflammée, aura un rôle actif dans la genèse de l'épanchement ; elle le fabriquera aux dépens des matériaux que lui apporte le sang. Le liquide aura, dans ce cas, une densité supérieure à 1015 ou môme à 1018 ; il sera chargé d'une quantité considérable de globules blancs et de substances solubles et se coagulera rapidement : Vexsudat inflammatoire est réalisé. Dans quelques conditions spéciales, cet exsudât est extrêmement riche en leucocytes ; il est crémeux, complètement opaque ; mais il perd alors la propriété de se coaguler : c'est le pus.
Laissons ce cas particulier et revenons aux exsudais et transsudats. La classification que nous en avons faite est schématique ; cliniquement, la différence n'est pas aussi tranchée : il y a toute une série d'intermédiaires entre les deux groupes d'épanchements. On est même allé plus loin. Les transsudats seraient toujours inflammatoires, contrairement à ce qui a été dit plus haut : l'hydrothorax ne serait pas une hydropisie de la plèvre^ mais une pleurésie séreuse subaiguë ; l'inflammation s'y révélerait au minimum, sur un point circonscrit, mais elle existerait toujours. De même pour lascite, qui reconnaîtrait pour origine constante une phlogose active. 11 n'y aurait, en somme, suivant cette théorie, qu'une seule espèce d'épanchements : ils seraient tous inflammatoires (Letulle).
Quoi qu'il en soit du caractère, absolu ou relatif, de ces différenciations pathogéniques, et sous les réserves qui viennent d'être formulées, nous étudierons séparément les transsudats et exsudats: ceux-ci franchement inflammatoires et de densité supérieure à 1015 ; les autres, de densité plus faible, et dus généralement à des procès inflammatoires moins accusés.
lo Transsudats. — Les transsudats sont des liquides alcalins, jaunâtres, ne se coagulant pas spontanément, ou seulement avec une grande lenteur; leur densité est inférieure à 1016. Ils renferment du fibrinogène, de la sérumglobuline, de la serine, des matériaux exlractifs (urée, acide urique,
cholestérine, graisses, sucre, etc., etc.), des sels. Toutefois, la teneur en lîbrine du liquide de ponction n'est nullement en rapport avec la quantité de fibrine qui a pu y préexister, à cause des dépôts (ibrineux formés sur les parois des cavités ; les liquides analysés ne sont le plus souvent que des résidus.
Voici quelques analyses de transsudats simples ; elles sont rapportées au litre :