PRÉFACE
Ce Précis a été tracé d’un jet, après la déclaration inattendue de cette guerre, au moment de la mobilisation et dès le début des hostilités, et cela à Paris ou au cours de mes missions, n’importe où, pendant les trop courts instants du jour et surtout pendant les heures de mes nuits. Je sais ses imperfections; mais, écrit surtout de souvenir, il traduit une vision plus ample, plus assurée que s’il avait été préparé autrement.
il était le développement obligé de la Communication que j’ai faite à l’Institut de France qui l’a écoutée dans un patriotique silence et applaudie, le 10 août. Mes Conseils aux Chirurgiens ont été diffusés par les mille exemplaires que l’Académie des Sciences a, contrairement à ses traditions, décidé d’adresser aux Chirurgiens de l’avant et de l’arrière, puis par les seize mille tirages à part du Ministère de la Guerre, par la reproduction intégrale à Y Officiel, les très nombreux numéros de la Presse médicale, les trente-six mille affiches du Bulletin des Commîmes de France et le nombre incalculable des articles de la Presse quotidienne. Elle fut communiquée aux Services de santé de nos alliés les Russes, les Anglais et les Belges.
Il fallait une unité de doctrine; les Conseils aux Chirurgiens l’avaient tracée. Pour éviter les excès opératoires de guerres récentes il était urgent d’affirmer la direction presque uniformément conservatrice de notre Chirurgie.