E. Delorme. Traité de Chirurgie de Guerre , t. I; p
TRAITEMENT
V arrière on se gardera d'en priver le blesse' et de les laver, ce qui modifie leur aspect. Le vêtement souillé n’est pas une loque, c’est un trophée, c’est de plus l’élément précieux d'un diagnostic fort utile qui peut être à renouveler par tous les chirurgiens qui reverront successivement les blessés.
5° Quand après avoir délicatement rapproché les bords de leurs ouvertures on constate, malgré une béance primitive et trompeuse, qu’i/ ny a pas de'perte de substance notable , on peut dire qu’z7 n y a pas de gâteau vestimentaire dans la plaie f1).
\° il faut examiner chaque partie du vêtement et non une seule , et aussi bien les doublures que le reste , car les pertes du linge, moins élastique que le drap, sont souvent plus notables que celles de ce dernier; elles peuvent même exister isolément.
Diagnostic . — Une plaie unique, la présence d’une saillie dure ou douloureuse , une douleur localisée, à distance de la plaie d’entrée, même dans les cas de sétons, sont déjà des indices de la présence de corps étrangers métalliques. Les nombreux procédés d'exploration et de diagnostic auxquels les auteurs s’arrêtaient complaisamment naguère n’ont plus qu’une valeur historique, depuis la sonde métallique jusqu’aux appareils d’exploration électrique.
La radiographie a remplacé aujourd’hui tous ces procédés, et non seulement elle permet de certifier leur présence, mais il est banal de dire qu’elle en précise très exactement la place.
Les blessures qu’on croit compliquées de corps étrangers doivent être à l’arrière examinées à la radiographie et non à la radioscopie. Si la formation sanitaire n’a pas d’appareils, les blessés son! à diriger sur un hôpital proche, aux fins d’examen, et, celui-ci terminé, ils reviennent au point de départ. Le blessé a droit à une épreuve. C’est une pièce d’origine.
Traitement. — On a beaucoup discuté sur la question de T opportunité de V extraction des corps étrangers métalliques. Ceux des parties molles sont d’ordinaire très bien tolérés. On
1. Rien qu’il ne soit pas utile théoriquement d’examiner les orifices de sortie vestimentaires, puisque la balle en a expulsé les fragments, nous conseillons néanmoins d’examiner les deux orifices parce qu’il n’est pas toujours possible de diagnostiquer l’orifice d’entrée de celui de sortie.
CORPS ÉTRANGERS
sait bien aujourd’hui que dans leur tolérance entrent moins en jeu leurs caractères propres, leur nature, leur forme, leur volume que l’asepsie ou la septicité de la plaie.
Dans une plaie septique ou suppurante le corps étranger métallique n'est pas toléré.
Aussi, à l’heure actuelle on s’accorde à admettre :
1° Qu'un corps étranger métallique toléré, ne déterminant ni gêne , ni douleur , doit être laissé en place;
2° Qu'un corps étranger douloureux, mal toléré, gênant par son contact avec les vaisseaux, les nerfs, placé dans un foyer suppuré, doit être enlevé.
5° Une balle à fleur de peau peut être enlevée, pour donner satisfaction au blessé, à condition que l'incision n'ouvre pas une cavité et (iue l'ablation s'en fasse dans une formation stable où les précautions d'usage peuvent être prises.
Une autre raison qui milite en faveur de la recherche de cette dernière condition, c’est que certains corps étrangers qui paraissent superficiels et d’extraction très facile à la radiographie font parfois éprouver des difficultés qui allongent l’intervention.
4° Un éclat volumineux, irrégulier, tranchant d'obus , une balle de schrapnel doivent toujours être enlevés à une époque rapprochée du traumatisme, dans les formations stables de l'avant ou de l'arrière.
5° L’ablation de ces derniers corps étrangers métalliques est surtout nécessaire parce qu’ils ferment le cul-de-sac dans lequel se trouvent des corps étrangers vestimentaires infectants et que l’ablation du corps métallique est le meilleur moyen de libérer les fragments de vêtements.
6° L’ablation de ces derniers corps étrangers métalliques doit se faire à une époque très rapprochée du traumatisme, soit immédiatement, soit quelques jours après la blessure.
Point n’est besoin pour extraire les corps étrangers métalliques d’instruments spéciaux. Dans le fond de l’incision de découverte, conduite méthodiquement en ménageant les organes importants, sur l’index gauche comme guide, une pince à pansement ou à forcipressure les chargera et en fera l’extraction sans violence.