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LES FRAGMENTS DE VÊTEMENTS

tissements ou des incurvations; celles du corps par des inflexions.

Les déformations légères sont de meme nature mais peu accusées. Les déformations fortes , plus prononcées, sont très rarement observées dans les coups de feu des os. À la suite de chocs contre des obstacles très résistants, de certaines pierres, de boucliers de canon, de blindages, cette balle peut se fragmenter en marguerite et se diviser, mais c'est rare.

En somme cette balle se déforme plutôt contre les obstacles extérieurs que contre les os. Dirigée contre ceux-ci, ses déformations sont légères.

Balles des schrapnels. — Ces balles de plomb durci, formées de deux parties accolées, se fragmentent parfois en deux moitiés symétriques. Elles subissent les déformations des balles de plomb mou (déformations latérales, antéro-postérieures, fragmentations). On n’oubliera pas que les facettes plates qu’elles présentent sont dues à leur choc contre les balles voisines, au moment de l’éclatement de l’obus.

Les fragments de vêtements sont représentés par le gâteau vestimentaire ou un semis.

Le gâteau vestimentaire est constitué par des morceaux superposés, tassés, unis, de la tunique, de la ceinture de flanelle, de la chemise ou du pantalon et du caleçon, morceaux multipliés quand les vêtements ont fait des plis. Ce gâteau a des dimensions diamétrales un peu inférieures à la surface d’impact du projectile. Celui-ci l’abrase surtout quand sa force vive est assez grande pour qu’il agisse par le mécanisme de l’emporte-pièce.

Fréquemment observé avec les balles de plomb mou, les balles cuirassées à méplat, on ne voit plus le gâteau vestimentaires dans les blessures faites par les balles pointues agissant de plein fouet. Par contre on le retrouve dans celles produites par les balles déviées et, ordinairement, dans les plaies par les balles des schrapnels ou les éclats des obus.

Dans nos expériences cadavériques (balles Gras etLebel)nous n’avions pas été peu surpris de constater que le plus souvent

CORPS ÉTRANGERS

la plus grande partie du trajet du projectile était tapissée de filaments ténus de la laine du pantalon et de la capote, surtout reconnaissables à leur coloration P). La présence de ce semis a. été confirmée par tous les expérimentateurs. Reverdin dit qu’il résulte de ses nombreuses expériences qu’une blessure faite à travers des vêtements de drap, par les balles cuirassées, est presque sans exception compliquée de la présence de menus débris, surtout sous la peau à l’orifice d’entrée.

C’est, comme nous l’avons fait remarquer bien souvent, au contact des aponévroses résistantes dont la balle ne fait souvent qu’écarter les fibres, que celle-ci se débarrasse des fragments entraînés. Si on les rencontre près de l’orifice d’entrée, contre l’aponévrose d’enveloppe sous-jacente, on les trouve encore dans d’autres points du trajet et jusque dans la poche de Pirogoff, c’est-à-dire entre la peau décollée et la dernière aponévrose traversée, avant la sortie (Reverdin).

Un fait intéressant, c’est la projection de ces filaments dans l'épaisseur des tissus autour des trajets , à des distances qu'on était loin de soupçonner , jusqu'à plusieurs centimètres.

La question du séjour des parcelles de vêtements dans les plaies est trop liée à la marche des blessures pour que nous ne l’étudions pas ici, mais d’ores et déjà nous pouvons dire que c'est surtout la présence des gâteaux vestimentaires qu’il est important de connaître. Or si le diagnostic des corps étrangers métalliques est aisé grâce aux procédés d’exploration que nous employons communément, il semble que celui des fragments de vêtement soit impossible puisque rien ne peut en révéler directement la présence au sein des tissus. Il en serait ainsi, si nous n’avions par un moyen très sûr d’en reconnaître la présence par l’examen même du vêtement.

A ce sujet nous formulerons les données suivantes :

1° L'examen des vêlements souvent impossible et d'ailleurs inutile dans les premiers échelons sanitaires est de toute nécessité dans ceux de V arrière ;

2° On se gardera, à l'avant , de sacrifier les vêlements traversés en les sectionnant au niveau de leurs perforations ; à

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