PROJECTILES DES ARMES A FEU PORTATIVES
Nous nous contenterons de parler des petits projectiles des puissances belligérantes.
Balle allemande S . — La balle S du Mauser allemand est un projectile cylindro-ogival de plomb durci entouré d’une
Balles allemandes.
Balles françaises.
Balle S et sa coupe.
Balle autrichienne.
Balle du Mannlicher et sa coupe.
Balle Mauser.
Balle russe.
Balle D.
Balle anglaise.
Balle M (ou du fusil Lebel).
Balle
belge.
enveloppe en acier doux plaqué de maillechort; sa partie cylindrique ne dépasse guère le quart de sa longueur totale; quant à l’ogive, de 19 mm, très effilée, elle se termine par un méplat insignifiant, d’environ 1 mm. Cette balle du calibre de 7 mm, longue de 28 mm, ne pèse que 10 gr. ; elle est plus courte et plus légère que la balle D.
DES ARMES
Balle autrichienne. — La balle autrichienne du Mannlicher autrichien, formée d’un lingot de plomb dur comprimé dans une enveloppe à manteau d'acier, pèse 15 gr. 8 ; elle est longue du 51,8 mm, du diamètre de 7,9 mm, cylindro-conique à extrémité tronquée, arrondie et non effilée.
Balle française. — La balle D est un lingot de laiton, sans enveloppe, biogival, à ogive très effilée, pointue en avant, tronquée en arrière. Son calibre est de 8 mm, sa longueur de 59 mm, son poids de 12 gr. 80.
La balle M a un noyau de plomb dur recouvert d’une chemise de laiton et d’acier. Son calibre est de 8 mm, sa longueur de 50 mm, son poids de 15 gr.
Balle russe. — Ogivale, à extrémité mousse, cuirassée, à chemise de maillechort, recouvrant un noyau de plomb dur. Calibre 7,6 mm, longueur 50,5 mm, poids 13 gr. 70.
Balle anglaise. — Ogivale, à extrémité mousse, à enveloppe de maillechort. Calibre 7,70 mm, longueur 51 mm, poids 15 gr. 90.
Balle belge . — Ogivale, à extrémité mousse ; noyau de plomb dur, cuirassé de maillechort. Calibre 7,6 mm, longueur 50 mm, poids 14 gr. 10.
Mitrailleuse. — Elle lance les balles des fusils. Elle emploie la cartouche du fusil d'infanterie. Ce n’est donc pas par la singularité des blessures qu’elle se signale, mais par leur multiplicité.
Données balistiques (balles).
Le chirurgien ne peut se bien rendre compte scientifiquement et pratiquement des effets des balles s’il ne connaît pas un certain nombre de données balistiques. Nous nous contenterons de rappeler celles qui sont essentielles et cela sans aridité; mais ce qui va être dit doit être absolument connu.
Vitesses de translation. — Les balles possèdent deux vitesses : l'une de translation qui leur permet de franchir de
DONNÉES BALISTIQUES. 5
grandes distances, l’autre de rotation qui les maintient sur leur trajectoire.
La vitesse de translation d’une balle est l’un des principaux éléments de sa force vive, autrement dit de sa puissance et de ses effets.
La vitesse initiale d’une balle est exprimée par le nombre de mètres qu’elle parcourrait pendant la première seconde si elle n’était pas sollicitée par la pesanteur.
La vitesse restante, bien plus importante à connaître, est la vitesse que possède encore la balle aux différentes distances. La vitesse restante décroît avec la portée : la balle subissant des déperditions de vitesse du fait de la pesanteur et de la résistance de l’air.
La vitesse initiale des balles actuelles est considérable. C’est la balle allemande S qui possède la vitesse initiale la plus élevée (860 m.): elle est supérieure de 160 m. à celle de la balle française D; mais comme celle-ci est plus lourde, elle conserve mieux sa vitesse restante et elle est plus dangereuse à des distances auxquelles la balle S ne Lest plus.
La balle D, française, a 701 m. de vitesse initiale, la balle M ou balle du Lebel a 651 m. La balle russe a 645 m., la balle autrichienne 626 m., la balle anglaise 574 m., etc.
La vitesse restante est inversement proportionnelle au carre' des diamètres des projectiles.
Elle est proportionnelle à leur longueur et à leur poids.
A 400 m. la balle S a 650 m. de vitesse restante; la balle D 536 m.
Vitesse de rotation. — Pour la maintenir sur sa trajectoire, les rayures du fusil impriment à la balle une vitesse de rotation. Plus la balle est longue, plus cette vitesse est grande. Mais celle-ci entre peu en jeu dans les effets produits. Elle reste constante pour le même projectile.
Mouvements de bascule. — Les balles S et D sont sujettes à des mouvements oscillatoires et déviateurs qui s’observaient avec les autres balles, mais pas au même degré qu’avec les premières. Elles se placent de travers ou se présentent le
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culot en avant lorsqu’elles rencontrent un faible obstacle dans leur parcours ou en atteignant le corps. Avec la balle M, comme avec la balle allemande ancienne, à 400 m. on constatait un quart de ces déviations; à 600 m., un tiers. Ces renversements sont bien plus fréquents avec les balles S et D, considération que le chirurgien d’armée ne saurait perdre de vue, pas plus que la fréquence des ricochets.
Trajectoire. — Le trajet ancien des balles, la trajectoire, représentait une longue courbe; avec les balles actuelles, la trajectoire est plus tendue et augmente la vulnérabilité de la troupe, l’étendue de la zone dangereuse. Cette tension produit des trajets plus directs. Jusqu’à 500 m., avec les balles actuelles, la trajectoire est presque droite.
Portée. — La vitesse considérable des projectiles actuels leur permet d’atteindre une portée de 5 km. et plus (5800 m. pour la balle D).
Force vive. — Les effets vulnérants des balles sont fonction de leur force vive.
Celle-ci est exprimée par la formule F
dans laquelle
M représente le poids et Y la vitesse du projectile.
Le Tableau suivant traduit en kilogrammètres les forces vives initiales et restantes de la balle S, de la balle Mannlicher et de la balle D, française.