DISTANCES EN MÈTRES
Allemagne. .
Autriche. . . ,
France
Ce tableau montre que, pour les trois balles, la force vive ou vulnérante est sensiblement égale ; qu’elle est énorme à 100 m., considérable jusqu’à 500 m. À partir de cette distance jusqu’à 1000 m. elle tombe brutalement. Elle est très faible de 1000 m. à 2000 mètres.
On comprend que les classiques de Chirurgie d’armée, lorsqu’ils parlent des effets des balles, aient toujours soin de rapprocher ces effets de la notion de distance du tir et de parler de distances très courtes (de 0 à 100 m.), de courtes distances jus-
DONNÉES BALISTIQUES.
qu’à 500 m., de distances moyennes de 500 m. à 800, 1000 m., de distances éloignées à partir de 1000 m. Plus la force vive est grande, plus les lésions sont étendues.
La force de pénétration d’une balle est fonction de sa force vive, de sa surface d’impact plus ou moins étendue, de sa densité de section, c’est-à-dire du poids qui prolonge en arrière chaque unité de surface opposée à la résistance. C’est la réserve de molécules actives. Une dernière condition qui influence encore la force de pénétration est l’état de sa surface de frottement périphérique.
Il ressort de ces données que les balles S et D pointues sont plus pénétrantes que les balles cylindro-ogivales à méplat ; que la balle D plus longue est plus pénétrante que la balle S plus courte qu’elle ; qu’une balle ricochée qui se présente de liane est moins pénétrante qu’une balle tirée de plein fouet.
Pour les balles de même vitesse, les résistances à la pénétration dans les tissus sont inversement proportionnelles au carré des diamètres.
La balle exerce sur l’obstacle rencontré une pression plus ou moins forte. Le coefficient de pression est fonction de la force vive et du calibre du projectile. Plus le calibre est petit plus la pression est forte.
Des ricochets. — Les blessures par ricochet sont très fréquentes. On les observe dans la proportion d'un tiers des cas.
La balle qui ricoche sur le sol se dévie, atteint le corps obliquement ou transversalement ; elle se déforme, s’aplatit, s’infléchit, se divise, se sépare de son enveloppe, multiplie les blessures.
Pour se déformer, une balle de plomb doit avoir une vitesse de 450 m. ; la balle cuirassée une vitesse restante de 750 m. (Journée.)
La balle S cuirassée et faite de plomb dur, se déforme, s’aplatit et se divise bien plus facilement au contact du sol que la balle D faite d’un lingot de laiton.
Les blessures par ricochet sont plus graves que celles produites par les balles tirées de plein fouet.
DES ARMES
Mode d’action des balles.
Les balles pointues comme la balle S et la balle D ponctionnent les tissus quand elles les atteignent de plein fouet. Après les avoir ponctionnés, elles les écartent sans les contusionner notablement, conditions très favorables pour la guérison spontanée. De plus, elles ri entraînent avec elles aucun corps étranger vestimentaire étendu. Ce sont là des notions dominantes.
Quand les balles S et D ont basculé , qu’elles ont ricoché, elles frappent le corps par une surface élargie, irrégulière et exercent sur les tissus des pressions énergiques; elles agissent par le mécanisme de I’emporte-pièce, de la déchirure, de la contusion.
De plus, elles entraînent des corps étrangers vestimentaires et peuvent être souillées par la terre : notions capitales.
Les balles communiquent aux parcelles de tissus qu’elles détachent une quantité de force vive d’autant plus grande que leur vitesse restante est plus grande, et que leur action est plus abrasante (balles basculées, déformées). Ces parcelles jouent le rôle de projectiles secondaires , qui, propulsés d’abord en avant de la balle en préparent le trajet, puis, qui, glissant sur les parois du projectile, étendent transversalement le canal de la plaie, le contusionnent et l’ébranlent plus ou moins.
L’intensité de l’action des projectiles dits secondaires est à la fois fonction de la vitesse du projectile, de sa forme, de la nature des tissus rencontrés, de la dissociation facile de ces derniers et de leur mobilité.
L'action intense s’observe surtout aux vitesses très grandes et grandes, c’est-à-dire aux distances rapprochées de 0 m. à 100 m., jusqu’à 500 m. ( zone des effets dits explosifs).
Avec les projectiles pointus agissant de plein fouet on peut ne plus observer ces effets ; en tout cas on les constate bien plus rarement qu'avec les balles cylindro-coniques à méplat et avec les balles du calibre supérieur à 8 mm (balles Gras). Par contre, une balle S ou D déviée et animée d’une grande vitesse les reproduit. Nous l’avons constaté déjà maintes fois dans cette
guerre.