‹ Précis de chirurgie de guerreChapitre 55 sur 96 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

BLESSURES DU CRANE ET DE L’ENCÉPHALE

Les blessures du crâne et de l’encéphale sont très fréquentes. On fixe communément leur proportion à 12 ou 15 pour 100 du chiffre total des blessures. Plus de la moitié des blessés succombe sur le champ de bataille. Avec les tirs derrière les tranchées-abris, ces lésions augmentent de nombre sans qu’on en observe beaucoup plus dans les ambulances. Ceux qui les présentent succombent rapidement.

Blessures des parties molles. — Les parties molles qui recouvrent le crâne sont contuses par les balles, sillonnées, perforées en séton, sur les parties latérales; les éclats d’obus les sectionnent, les perforent ou les déchirent souvent dans une grande étendue, parfois les scalpent. Les armes blanches les entament sur maints points. Des pansements aseptiques ou antiseptiques légèrement compressifs suffisent d’ordinaire à assurer leur guérison. Leur évolution est simple.

Blessures du crâne et du cerveau. — Lorsque le crâne est frappé par une balle, on observe des contusions , des fêlures et fissures , des dépressions , des éraflures , des gouttières, des perforations uniques , des perforations doubles ou de part en part.

Contusions, fêlures, fractures de la table interne, etc. — Les contusions résultent d’un choc tangentiel ou d’un choc direct (faible vitesse). On les reconnaît parfois à la dénudation de Los; d’autres fois on ne peut que les soupçonner.

Les fêlures et les fissures intéressent les deux tables ou une seule table. Celles de la table externe sont exceptionnelles (De-

m BLESSURES DU CRANE ET DE L’ENCÉPHALE.

lormc). Les fissures de la table interne sont linéaires, courbes, rondes, ovalaires, en étoile, en X, en T et s’accompagnent d’un décollement léger de la dure-mère.

En général, dans les fissures des deux tables, les fragments de la table interne sont déprimés. Le diagnostic s’établit par la constatation de visu des fissures de la table externe. Quand on constate ces dernières, on peut dire que la table interne présente la même lésion et qu’elle est plus accusée sur elle.

Les dépressions sont exceptionnelles avec les balles.

Gouttières et sillons. — Les gouttières ou sillons sont fréquents. Ce sont, au degré le moins accusé, des abrasions canaliculaires superficielles, à bords très réguliers de la table externe ou de la table externe et du diploé. Ces sillons sont surtout étendus sur les surfaces relativement planes du crâne. Alors même que la lésion paraît des plus simples sur la table externe, elle est le plus souvent compliquée de fragments esquilleux de la table interne libres et déprimés sur la duremère ou dans le cerveau.

11 n’est pas impossible que la table interne reste absolument intacte, comme nous venons de le voir dans deux cas dans lesquels elle apparaissait avec la plus grande netteté, uniformément lisse, au fond du sillon.

Quand la gouttière comprend toute V épaisseur de la paroi osseuse , les petits fragments esquilleux qui en proviennent sont d’ordinaire propulsés plutôt vers l’orifice de sortie que vers les méninges et le cerveau.

Perforations uniques. — Les perforations uniques ou d’une seule paroi sont relativement rares et s’observent surtout dans les cas de coups de feu tirés de plein fouet à longue distance ou d’atteinte par des balles ricochées. L’orifice d’entrée est un trou à l’emporte-pièce, rond ou ovalaire, d’un diamètre un peu inférieur au projectile avec perte de substance un peu plus grande du côté de la table interne. C’est la surface taillée en biseau de la table interne qui a fourni les quelques esquilles libres ou adhérentes encore. Elles n’ont guère quitté le pourtour de la brèche osseuse.

Page 1