KYSTES DU CORDON
On désigne sous le nom de kystes du cordon ou dliydrocêle enkystée du cordon^ des tumeurs kystiques bien étudiées dans ces derniers temps par A. Hroca et sous son inspiration- par Mexcièrr, développées sur le trajet du cordon spermatique entre l'orifice profond du canal inguinal et le testicule. Il ne faut pas confondre ces kystes avec Thydrocèle enkystée de répididyme ou kyste spermatitjue assez fréquent chez l'adulte et relié au testicule auquel il adhère dans la région de l'épLdidyme.
1^ Étiologie. — Les kystes du cordon sont fré<iuents dans la seconde enfance, plus rares jus(iu'à sept ans ; ils paraissent liés à une question de développement et ne sont point amenés par des violences extérieures ou des prédispositions individuelles.
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2^ Pathogénie. — Leur origine est placée soit dans les débris du corps de Wolff, soit dans les vestiges du canal vaginopéritonéal. La plupart des auteurs admettent cette dernière opinion, qui a pour elle un ensemble de faits bien saisissants.
8*^ Anatomie pathologique et symptômes. — Les kystes du cordon sont le plus souvent placés entre le testicule et l'anneau cutané du canal inguinal : rarement on les trouve dans le canal inguinal (en quinze ans, nous n'avons rencontré que deux cas analogues). Le volume ne dépasse guère celui d'une noix ou d'une grosse cerise, mais les variétés sont nombreuses et la tumeur présente quelquefois des dimensions très petites ou très exagérées.
La forme arrondie exactement, ou ovalaire, est celle qu'on voit le plus souvent parce qu'il s'agit presque toujours de kystes uniloculaires, mais il existe aussi des kystes multiloculaires en grains de chapelet et plus rarement des kystes séparés et superposés.
Constituées par des parois d'une minceur extrême, ces tumeurs glissent facilement dans les tissus qui les entourent ; elles jouissent d'une grande mobilité et peuvent fuir dans tous les sens, pénétrer même dans le canal inguinal, d'où elles ressortent dès qu'on les a abandonnées. Cependant cette pénétration est plutôt apparente; il s'agit d'un simple refoulement. Elles ont vis-à-vis du testicule une liberté complète ; la glande spermatique est située au-dessous d'elles et présente tous ses caractères normaux.
On peut en arrière du kyste ou sur ses côtés sentir les éléments du cordon, mais ceux-ci sont aussi dissociés^ comme dans certaines hernies, autour de la tumeur qu'ils entourent.
La paroi est fibreuse, mince ; l'épithélium pavimenteux, analogue à celui de la séreuse périlonéale, se trouve en contact avec un liquide citrin, clair, albumineux, très fluide, rarement hcmatique et plus rarement encore suppuré (BROCA-MENCièRE).
4« Complications. — On signale, comme complications de structure ou de voisinage, l'épancliement sanguin avec vascu-
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larisation de la poche et épaississement des parois, le voisinage d'une hydrocèle vaginale, d'une hernie inguinale ;. mais nous devons surtout nous occuper des rapports de la tumeur avec la hernie et le péritoine.
Certains kystes du cordon sont entourés par un sac herniaire : fait rare, d'autres sont presque coiffés par une pointe de hernie. Le plus grand nombre paraît indépendant de toute connexion soit avec une hernie, soit avec la cavité abdominale. Or, il n'en est rien dans bon nombre de cas. On a vu ces kystes communiquer avec la séreuse abdominale comme l'hydrocèle vaginale quelquefois : un petit nombre de faits de cette nature sont à signaler ; mais il est fréquent de les voir reliés à un cul-de-sac péritonéal, amorce bien établie d'une hernie future. Ce cul-de-sac est profond et adhérent au sommet du kyste ou bien de petite étendue et relié au kyste par un tractus fibreux. Dans quelques circonstances, le prolongement péritonéal est absent et remplacé par une bride très légère de tissu conjonctif épaissi, qui vase perdre du côté du canal inguinal. Dans un cas, indépendamment du diverticule péritonéal situé au-dessus d'un kyste multiloculaire, nous avons remarqué au-dessous de la tumeur une petite cavité virtuelle creusée dans le tissu conjonctif et analogue à un petit sac séreux.
. 5*^ Diagnostic. — Le diagnostic de cette lésion est ordinairement très facile. L'indolence, la fluctuation ou la résistance, jointes à la forme régulière et à la mobilité suffisent pour la faire reconnaître. On ne saurait la confondre qu'avec la hernie inguinale ou les kystes de l'épididyme ou même avec l'hydrocèle : pour éviter l'erreur, il suffit de reconstituer la région, de savoir où est le testicule et quelle est son indépendance ou quelles sont ses connexions, enfin de constater que la tumeur n'est pas réductible mais peut être seulement refoulée du côté du canal inguinal, tandis que la hernie est réductible.
S^ Pronostic. — Les kystes du cordon, bien que d'origine congénitale, ne paraissent pas après la naissance ; ils se développent plus tard, nous l'avons dit. Leur durée est souvent éphé-
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mère ; ils disparaissent alors peu à peu sans laisser de traces. On ne les voit, sauf dans des cas exceptionnels, jamais se développer au point de distendre la région et de franchir ses limites ; mais ces caractères bénins ne sont pas sutlisants pour adopter à leur égard une thérapeutique d'expectation.
7*> Traitement. — Quand un kyste du cordon est d'un certain volume et existe depuis un certain temps, surtout quand il est multiloculaire, plus encore quand il est devenu le siège d'un épanchement sanglant, il faut opérer.
La ponction et Tinjection iodée, les injections de quelques gouttes d'alcool? Cette méthode est adoptée par certains chirurgiens ; elle est, en elîel, eflicace, mais il faut se souvenir que (rarement c'est vrai), il peut y avoir communication avec le péritoine.
Presque toujours au-dessus du kyste il y a une amorce herniaire, un diverticule péritonéal : on n'hésitera donc pas à adopter comme règle de conduite l'extirpation au bistouri. La dissection de la petite tumeur est facile ; on la sépare des éléments du cordon et avec elle on entraîne le diverticule séreux qui la surplombe et lui est assez fortement uni par des tractus fibreux résistants. Bien à ajouter : c'est la cure radicale de la hernie inguinale qu'on fait ainsi, et l'on peut dire que c'est moins pour supprimer une tumeur sans gravité qu'on s'arme du bistouri que pour prévenir la formation d'une hernie qui, dans l'avenir, deviendrait dangereuse grAce à un conduit séreux étroit disposé pour l'étranglement dont l'existence est toujours possible. Notre conviction est telle à ce sujet que nous n'iiésitons pas à proposer, après la guérison du kyste, le port d'un bandage herniaire pour les cas où l'intervention radicale aurait été repoussée. Ce .sont les règles prescrites par A. Broca.
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