POUR TENIR LIEU DE PRÉSENTATION DE LA DEUXIÈME ÉDITION
«y oo V
V usage veut que, dans une conjoncture aussi importante, V auteur, reprenant pour un instant sa personnalité, vienne se présenter au public et, dans une attitude modeste, exprime en termes humbles le contentement qu 'il a de son œuvre.
Je ne faillirai pas à une coutume aussi respectable ; aussi bien, avant de monter en chaire pour proclamer les dogmes de la science des comptes avec toute l'autorité que donne le « Nous » et l'absence de contradicteur, elle me permet de causer familièrement avec le lecteur en employant le « Je », moins solennel et plus usité dans la conversation que le pluriel.
Le « Précis de Comptabilité Industrielle », paru il y a quelques années, fut écrit uniquement pour exposer et vulgariser des idées qui me sont chères. Contre toute attente, l'édition fut assez rapidement épuisée, résultat qui flattait en moi le comptable, heureux de trouver un terrain plus favorable qu'il ne le pensait à la propagation de ses idées, et l'auteur, dont V amour-propre ne saurait rester insensible à un succès, le seul que pouvait lui rapporter cette publication.
Cet essai, que j'estimais nécessaire mais suffisant, n'aurait pas été renouvelé si la publication récente d'ouvrages qui, à mon avis, marquent une régression dans la doctrine comptable jointe à d'aimables invitations de confrères désireux de posséder ce petit livre, par les sentiments divers qu'elles provoquaient en moi, n'avaient fait de cette question un véritable cas de conscience.
La première raison seule aurait été insuffisante pour me résoudre à entreprendre ce travail, mais la seconde me convainquit aisément : la nature humaine est si mal protégée contre la flatterie !
Aussi, quoique l'heure présente ait de trouble et d'ennui, je me suis décidé à rééditer cet ouvrage.
J'en ai profité pour développer certains chapitres, tout en regrettant que les circonstances actuelles ne m'aient laissé ni le temps ni les moyens de compléter toutes les lacunes de la première édition, notamment dans la comptabilisation des valeurs engagées. J'ai ajouté une étude sur le système Taylor ; encore qu'il soit peu répandu en France, son importance est telle qu'un comptable industriel ne saurait l'ignorer, car il est le fondement de l'organisation industrielle de l'avenir.
J'aurais, par contre, voulu pouvoir supprimer les critiques que je formulais sur l'état de la comptabilité industrielle à l'époque où j'écrivais cet ouvrage ; malheureusement. / 'ai trop eu l'occasion depuis, de constater les mêmes errements pour ne pas les dénoncer à nouveau.
La mode s'est établie, depuis trois ans, de dater les écrits de villages, bois, cotes, voire même de tranchées aux noms baroques, que des événements récents ont rendus célèbres, et dont les gens qui tiennent une plume s'emparent (je parle du nom et non de la chose). Je ne puis guère me dispenser de m'y conformer, pour ne pas me singulariser ; toutefois, pour rester dans le ton de cette causerie, je mettrai simplement
A a Front, octobre 1917.
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