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QUELLES SONT LES VALEURS A AMORTIR

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Immeubles. Les immeubles : terrains, bâtiments, installations industrielles, doivent être amortis pour les raisons ci dessus. Cet amortissement doit être fait pour chaque immeuble individuellement.

Watérlel et outillage. Le matériel mobile, le petit outillage, le mobilier sont des valeurs immobilisées qui suivent la loi de l'amortissement.

Mais, étant donné le détail considérable que prennent ces comptes dans les grandes usines et le peu de valeur relative de ces objets, considérés individuellement, il sera préférable, après avoir évalué le matériel et l'outillage, en les considérant comme hors service, d'en faire le total par atelier ou fabrication, de retrancher cette somme globalement de la valeur d'achat correspondante et d'amortir la dilléreiice en bloc pour chaque atelier ou fabrication spéciale.

Parmi les dépenses exécutées aux machines ou aux immeubles, certaines ont pour but l'installation ou le perfectionnement d'un nouvel atelier dont la fabrication doit augmenter les bénéfices. Os dépenses suivront la loi d'amortissement.

D'autres n'ont pour but que d'assurer le bon fonctionnement de l'usine par les réparations ou les remplacements d'engins ou d'outils usés, détériorés; ces dépenses doivent être iniputées directenjent aux fabricatii»ns et entièrement soldées dans le même exercice. En les reportant sur l'exerciee suivant, ou en les afîectanl aux immobilisations, il se produirait une accumulation de dépimsîs non a|>pliquées ([iii exposerait rinduslriel à de graves mécomptes en lui donnant des benélices fictifs.

Lorsqu'on démolit un bîîtimeul ou que l'on réforme une maehine avant que l'amortissement en soit achevé, il faut passer la différence à « Profits et Pertes ».

C'est ce dont les sociétés, en général, ne se préoccupent guère. On dén)olit un bAtimenl, amorti en partie; on le remplace par un autre dont la totalité est imputée aux immobilisations.

D'autres sociétés vont même plus loin: toutes les réparations sont imputées aux valeurs immobilisées, que l'on déprécie ensuite — ou que l'on ne déprécie pas — en fin d'exercice par des [trélèvements sur les bénéfices.

Amortissements Certaines sociétés procèdent à des amortissements

sur matières premières annuels sur leurs approvisionnements en matières prcou produits usinés. ' . .

niieres et en produits usines.

On étonnerait fort leurs auteurs si on leur demandait de justifier cette façon de procéder. En eflet. si nous considérons les matières premières, comment prouver que 1.000 kilos de ferraille (|u on a achetés 7.'» francs un mois avant I inventaire ne valent plus que 70 ou (>'» franes au moment de cet inventaire'.* Il sembh^ pourtant que ("efle o|»ération se réduit à un simple échange d'espèces contre une valeur équivalente de marchandises.

11 s'ensuit que s'il se produi.'^ail une augmentation importante des stocks de .matières au moment de linventaire, la somme d'amortissement pourrait absorber la totalité des bénéfices, ou bien alors on serait obligé de réduire le taux d'amoi tisseinent ; c'est à dire que le taux d'amortissement qui est juste et e(|uitable lorsqu'on a cent tonnes de ferraille ne vaut plus rien lors(|u'on en a mille tonnes et qu'il est [)rudent d'amortir cent tonnes, mais que lainorti-^sement de mille tonnes n'a aucune importance.

Ceci montre qu'il est difficile de s'arrêter lorsqu'on s'engage sur la pente glissante de l'arbitraire et que Ion méconnaît les règles immuables de la comptabilité.

Il est au.ssi malaisé de justifier l'amortissement sur les produits usinés que sur les

matières premières. ...a*.,, «.o

Pourquoi un objet dont la fabrication a nécessité 100 francs de matières et .lOfran. s

de main d'œuvre ne vaudrait il plus que 120 francs à l'inventaire? Sur quoi sera basée

celte dépréciation ? .

Il n'y a que dans deux cas où cette dépréciation pourrait être admise :

lo Lorsque dans une fabrication les produits ont un prix de revient supérieur au

prix de vente ; . -^ i. »w./ia

">o Lorsqu'on fabrique des objets dont la vente est soumise aux caprices de la mode ou qui sont susceptibles de se défraîchir et lorsqu'on prévoit une perte sur la vente de ces articles qu'on a en magasin à l'inventaire.

Mais dans ces deux cas, et pour la raison suivante, il est préférable de laisser à l'inventaire les produits à leur prix de revient en prélevant sur les bénéfices une réserve égale à la différence entre le prix de revient et le prix de vente probable.

Cette raison est celle-ci : si on effectue une dépréciation à l'inventaire sur les approvisionnements, lorsqu'on commencera l'exercice suivant on aura, pour le premier mois, un existant à un prix relativement faible auquel seront venues s ajouter des matières de même nature avec leur prix normal d'achat ou de fabrication. On obtiendra ainsi un prix moyen de consommation plus faible que le prix réel, ce qui donnera pour ce premier mois, des bénéfices trop forts. Cette différence ira ensuite en diminuant jusqu'à la fin de l'exercice pour repasser par un maximum au début de l'exercice suivant :

Le graphique ci-dessous donnera une image assez exacte de ces variations :

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Exercice

Exercice

Ainsi, tous les comptes mensuels seront faussés.

Certaines sociétés, il est vrai, portent le total de la somme d'amortissements en bloc à un compte qui vient eu déduction du total des approvisionnements, lesquels sont repris au commencement de l'exercice avec leurs prix réels.

Mais alors, pourquoi appeler cette opération « amortissement », puisqu'eu réalité on constitue une réserve indépendante des approvisionnements ? Il n'y a qu à faire fiL'urcr cette somme au bilan sous la rubrique « réserve ».

La seule raison qui, dans les sociétés, fait faire des amortissements sur les matières ne peut être que celle-ci :

« En portant les approvisionnements à 1 inventaire pour une valeur inférieure à leur valeur réelle, on se crée une réserve occulte pour parer à une diminution dans les bénéfices ultérieurs, par suite d'un accident ou de la mauvaise marche dune fabrication que l'on veut dissimuler, ou encore, lorsqu'il s'agit dune affaire médiocre, ne donnant des bénéfices que dans les années de prospérité exceptionnelle. »

Cette Fnélhode remonte à la plus haute antiquité ; c est la vieille histoire des vaches grasses et des vaches mai^^es.

A ce sujet, pour montrer que nous n'inventons rien, nous extrayons les lignes suivantes d'un traité intitulé : la Science des jeunes négociants, par Migneret :

« Dans une manufacture soutenue et gratifiée par le gouvernement de l:i.000 livres par an, j'ai vu, y étant caissier et teneur de livres, de 1766 à 1774, aux inventaires où il y avait perte, apprécier les uiarchandises au dessus de leur valeur résultée de la fabrication, et à ceux où il y avait bénéticc les apprécier au-dessous ; par ce moyen, la manufacture n'avait l'apparence que de se soutenir, et comme elle occupait beaucoup de gens du pays, le conseil, qui aurait pu lui retirer ses gralitications, s'il avait eu connaissance de ses gains, les lui continuait, croyant l'aider à subsister pour faire vivre les malheureux qu'elle occupait. »

Est-ce assez clair?

En vertu de la loi du progrès, il est certain que cette faron de procéder n'a fait que croître et embellir avec le temps. Ainsi une usine mal dirigée aura par la force des choses fait des bénéfices élevés en IDOiJ; notre direction s'empressera d'en dissi muler une [)arlie, en pratiquant de forts amortissements sur les approvisionnements. Les années suivantes étant médiocres, on diminue progressivement les amortissements, afin de maintenir les bénéfices à un cliiflre convenable, jusqu'à ce qu'il se produise une nouvelle ère de prospérité.

Enfin, pour clore ce chapitre, nous donnerons un argument irréfutable. Si une administration s'arroge le droit de diminuer le prix des matières en stock, elle s attribue implicitement, de ce fait, le droit de les augmenter et de leur attribuer les cours du jour, lors(|ue ceux-ci leur seront favorables. On sait, «Tailleurs, que les cours sont essentiellement variables et peuvent être faussés facilement.

Arrêtons nous ici, car nous touchons aux bénéfices fictifs prévus par l'article lîi de la loi.de 1867 sur les sociétés.

La conclusion est que les amortissements d'immeubles, de matériel et outillage doivent être conformes à la réalité ; quant aux amortissements sur matières, il ne doivent être pratiqués en aucun cas.

Nous ne traitons pas la question des amortissements de valeurs en portefeuille, celle ci n'étant pas du ressort de la comptabilité industrielle.

Calcul du ooeffioîent Le coefficient d'amortissement doit être calculé de façon à ce d'amortissement. que les immeubles ou les machines soient amortis complè-

tement :

1o Soit lorsqu'ils seront hors de service ;

2" Soit lorsqu'ils ne seront plus à hauteur des perfectionnements apportés dans l'industrie et qu'alors on devra pourvoir à leur remplacement sous peine de se trouver en état d'infériorité sur les concurrents. Mais, dans ce cas, il peut arriver que la démolition d'une installation entraîne celle de dépendances ou d'accessoires tels que bâtiments, voies ferrées, etc. Le taux d'amortissement de ces derniers doit alors être calculé sur la durée de l'atelier principal.

Pratiquement, ce coefficient annuel s'obtiendra en divisant la somme à amortir par la durée de l'amortissement.

La valeur à amortir est généralement inférieure à la valeur d'achat de rin<!tallatinn par suite de la valeur des vieilles matières que l'on récupérera à la démolilioiv

Cette dernière valeur s'obtiendra approximativement de la façon suivante :

Pour les terrains, évaluer leur valeur intrinsèque, et en faire la différence d avec

le prix d'achat.

Pour les bâtiments, machines, outils, séparer les matériaux par nature en leur affectant la valeur qu'ils auront au moment de la non utilisation de ces bàtimeuts ou machines.

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