CHAPITRE VIII
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Frais 6rénéraux
Définition et Par frais génôraux. on entend toutes les dépenses faites pour
nomenclature. assurer le fonctionnement de lensenihle d une entreprise, à It-xclusion de celles ayant pour but la fabrication de produits déterminés,
La caractéristique des frais généraux est donc cette indéterniinali(»n (|ui leur ùle toute corrélation avec les fabrications et en enipècbe ainsi la répartition exacte.
il ne parait pas que, jusquici, la coniptabilisalit»n des frais généraux ail fait I objet d études sérieuses dans la plupart des sociétés industrielles. Généraienient, les dépenses sont divisées en trois chapitres, savoir: matières ou marchandises générales, main d'oeuvre, frais généraux.
Ce classement rudimenlaire a été sanctionné dans un opuscule intitulé : Des Frais généraux, (|ue nous avons entre les mains. L auteur est ainsi amené à classer dans les frais généraux 1 amortissement des immobilisations, la main d œuvre appliquée à I ensemble des fabrications (?), le combustible pour moteurs, forges, fonderie», les frais de modèles, etc.
.Nous délions bien lauleuren (|uestion d ariiver. en appli(|uant sa théorie, à ujellre sur pied un prix de revient exact dans une entreprise de quelque importance, à fabrications multiples.
Avec la meilleure volonté possible, il est diflicile d'admettre que l'amortissement d'une machine doit être réparti sui- l'ensemble des produits fabriqués par toute l'usine au lieu d'être supporté exclusivement par les produits fabriqués par la machine en question.
De même, les dépenses en combustibles, graissage des moteurs doivent être supportées par les produits dont la fabrication a nécessité cej combustible ou ce moteur et non par d autres.
Ces dépenses feront l'objet de comptes amortmement, entretien, services, qui n'ont rien de commun avec les frais généraux.
Chaque société pourra faire une sélection de ses dépenses, et, procédant par voie d'élimination, ne conservera sous la rubrique frais généraux que celles répondant à notre définition.
Ces dépenses sont les suivantes :
Emoluments et jetons de présence du conseil d'administration ;
Commissaires aux comptes ;
Traitements du personnel attaché à la direction ;
Loyers ;
Eau, vidanges ;
Eclairage (gaz, électricité, huile, etc.) ;
Chauffage des bureaux ; '
Gardes, concierges ;
Impôts (à détailler par nature) ;
Timbres de commerce, de quittance ;
Timbres-poste ;
Télégrammes, téléphone;
Fournitures de bureau (à détailler suivant importance) ;
Abonnements journaux, publications diverses;
Voyages d'études ;
Frais de publicité ;
Commissions aux représentants ;
Frais d'agio et escomptes :
Assurances incendie ;
Assurances accidents divers (à détailler) ;
Entretien des équipages affectés à la direction;
Contentieux ;
Secours et pensions ;
Caisse de retraites;
Subventions;
Ecoles ;
Etc., etc.
Dans les grandes sociétés comportant diverses fabrications jouissant chacune dune certaine autonomie, il y aura intérêt à répartir les frais généraux suivant deux degrés faisant ressortir :
1" Les frais généraux relatifs à chaque fabrication ;
2"» Les frais généraux relatifs à la marche générale de l'entreprise.
Dans le premier degré, on pouira mettre les dépenses suivantes, afférentes à la fabrication considérée :
Appointements du personnel (ingénieurs, contremaîtres, employés) ;
Voyages d'études spéciaux;
Assurances incendie;
Assurances accidents du travail ;
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Commissions aux représentants ;
Fournitures de l»ure;iu ;
Kri.'nrii^c ot chaulÏH.çe des ateliers et bureaux ;
Pour les dépenses du second degré on se reportera à la nomenclature générale.
Ku opérant derelte fa<;on, la comptabilité réduira notablement les critiques des services leclmiques, (|ui prétendent cbacun supporter la plus grosse part des frais généraux:
Discussion a) Slr lintkhkt m: capital engagé. — Quelques auteurs
de la nomenclature ^^j prétendu (lue les capitaux engagés devaient produire des frais généraux. • .. ». • i i » • • ■ • x
un intérêt compris dans les frais généraux, et coik>équem-
ment, déduit des bénéfices.
Voici leur raisonnement, appliqué au cas dun industriel opérant avec ses capi taux. Si cet industriel, disent ils, opérait avec des capitaux empruntés, il devrait payer un intérêt au pnteur, lequel serait déduit des bénéfices.
Nous sommes parfaitement d'accord sur ce point; c'est le cas d'une entreprise ayant émis des obligations et qui doit en payer les intérêts et en prévoir lamorlissement. Toutefois, ces sommes ne doivent pas figurer aux frais généraux, ainsi que nous le verrons plus loin.
.Mais ce raisonnement ne peut être appliqué aux actionnaires ; le gérant ou directeur de l'entreprise n'a pas emprunté cet argent aux actionnaires, il ne leur doit pas d'intérêts. Il agit pour leur compte et lintérêt que ceux-ci ont à attendre de leur capital est le bénéfice laissé par les ventes diminuées des dépenses réelles.
Les actionnaires n ont pas à toucher un levenu fixe de leur argent, devant figurer dans le prix de revient. Supposons que, dans ce cas, le prix de revient dépasse le prix de vente, I exercice se soldera par une perte et néanmoins les actionnaires auront touché un revenu !
(]ette théorie a pour but, dit-on, de faire ressortir le « bénéfice industriel » de I affaire, liém'fîcr industriel, iirix de revient industriel, expressions s'appliquant à des choses vagues, ondoyantes et diverses à l'image de ceux qui s'en servent dans leur intérêt personnel. Nous reviendrons peut être plus tard sur l'emploi varié qui est fait de ces termes; quoi qu il en soit, dans le cas qui nous occupe, on entend par bénéfice industriel lintérêt qu'il y a à exploiter une entreprise. Si, dit-on, le capital était placé en valeurs présentant toutes garanties on aurait un certain revenu sans courir de risques; pour qu'il y ait intérêt à fonder une industrie, il faut que le capital rapporte davantage et, justement, la différence entre le bénéfice total et ce revenu fixe supposé représentera l'intérêt ou bénélice industriel.
Cette théorie, dont la valeur mérite, d'ailleurs, de retenir l'attention, trouve son application au moment de l'étude pour la création ou la reprise dune entreprise mais elle n'a que la valeur d'un devis, qui, l'affaire engagée, s'efface devant les réalités.
Si un capitaliste veut avoir un revenu fixe, il place son argent en rente sur l'Etat ou en valeurs équivalentes ; il sait d'avance ce qu'il touchera. Si, au contraire, il s'inté-
resse à une entreprise dans le but de gagner davantage, il accepte de ce fait les risques et périls de 1 affaire. Si celle-ci donne du bénéfice, il le prend ; dans le cas contraire, l'argent n'a rien rapporté, voilà tout.
h) Intérkt ft amortissement des obligations. — La plupart des sociétés passent les intérêts et amortissements des emprunts directement par profils et pertes. D'autres les imputent au compte frais généraux, les faisant ainsi entrer dans le prix de revient des produits fabriqués.
Les seules raisons qui guident les sociétés sont, apparemment, pour les premières, le désir de présenter un chiffre de bénéfices plus élevé ; pour les secondes, un senti ment instinctif de prudence. Mais il n'a pas été présenté d'arguments pour ou contre ; examinons donc cette question dont l'importance peut être considérable pour les sociétés ayant des charges élevées.
Lorsqu'une société contracte un emprunt, la seule raison d'être de cette opération est rinsufTisance du capital primitif, soit parce que les prévisions qui ont servi de base à celui-ci n'ont pas été en rapport avec le but proposé, soit que la sociéfé veuille étendre le champ de ses opérations.
La somme qui en résulte est employée indifféremment aux installations, aux valeurs disponibles ou aux valeurs engagées. En un mot, elle constitue pour l'entreprise un nouveau capital. Sans doute, le capital obligations diffère du capital actions en ce sens que le second est une garantie pour le premier ; en outre, le capital-obligations a un bénéfice fixe, tandis (|ue la rémunération du capital-actions est variable ; mais ces différences de rémunération des capitaux résultent de conventions entre les actionnaires et les obligataires et elles ne sauraient infiuer sur les «onditions de marche des ateliers.
Partant de ces principes, I amortissement des obligations par voie de remboursement est considéré par nous comme un remboursement du capital, lequel sera prélevé sur les résultats de lexercice et non imputé aux frais généraux.
On serait tenté de confondre l'amortissement des obligations avec 1 amortissement des valeurs immobilisées, mais il n'y a aucune similitude entre ces deux opérations.
Celui ci doit être conforme à la réalité et basé sur la durée probable des valeurs à amortir, tandis que celui là n'est opéré qu'en vertu d'une convention purement financière. D'ailleurs, si nous envisageons le cas d'emprunt pour construction de nouveaux ateliers, quelles seront les fabrications qui devront supporter l'intérêt de l'emprunt ? Les anciennes fabrications ne sauraient y participer, car, si nous admettons qu'elles n'ont pas bénéficié de l'emprunt, de quel droit augmenterait-on leur prix de revient?
Si on frappe exclusivement les nouvelles constructions, le prix de revient des nouvelles fabrications supportera une charge qu il n'aurait pas eue si ces constructions avaient été effectuées à l'aide du capital primitif ou d'une augmentation du capital actions.
La conclusion est que les intérêts et amortissements d'emprunts seront prélevés sur les bénéfices directement,
c) Secours et pensions, caisse de retraites, écoles. — Ces dépenses, classées dans les frais généraux, et. par suite, grevant les prix de revient, paraissent de prime abord être complètement étrangères à la marche d'une usine. Il semblerait plus logique de retrancher ces dépenses des bénéfices en les considérant comme facultatives et sans inlluence sur la fabrication proprement dite.
f,a répercussion de ces dépenses sur les fabrications, pour n'être pas immédiate, nen csl pas inoin jcninn|ual)Ic. Si une usine subventionne des écoles, accorde des secours à ses ouvriers malades, leur assure une retraite, comme tout cela se pratique aux usines du Creusol, ces dépenses sont récupérées par le concours d'ouvriers et d'em|»loyés à la hauteur de leurs fonctions, attachés à leur patron et animés d'un esprit de solidarité et de confiance qu'on chercherait vainement ailleurs.
(''est un honneur pour MM. Schneider d'avoir su, les premiers, résoudre la question sociale pour le plus grand profit de la Société et du personnel, car les intérêts de l'un et de l'autre sont intimement liés.
La bonne marche dune usine ne dépend pas seulement du degré de perfectionne ment des machines et de sa position géographique, elle dépend surtout de l'état d'esprit qui règne entre les paticms et les ouvriers.
Que nous en avons vu d'usines composées d'un personnel hétéroclite plus préoccupé de ses intérêts personnels que de ceux dont il avait assumé la responsabilité.
Niuis entendions un jour un directeur d'usine laisser échapper ces paroles à la fois lament-ihles et naïves : « Ici, on n'est content (|ue quand ça va mal. » Depuis, nous avons vu d autres usines où les mêmes sentiments étaient, sinon exprimés, du moins ressentis aussi vivement.
Et pourquoi tout cela ? Si le directeur cité plus haut s'était donné la peine de jeter un coup d œil imparli;il autour de lui, il aurait vu une entreprise ayant en mains tous les éléments de pros|iérité, complètement gâtée par le népotisme, et celte situation était son œuvre à lui. Ctunme bien peu de gens sont disposés à servir de repoussoir, il •s'ensuit que la discorde régnera forcément dans des entreprises ainsi conduites, et c'est la Société qui en pâlira.
Il est regrettable que certains patrons n'envisagent pas leur rôle avec plus de largeur de vues. S'ils étaient venus en aide à leurs ouvriers lorsque ceux ci sont malades ou blessés ; s'ils leur avaient accordé une pension lorsque ceux-ci se sont usés à leur service pendant vingt ou trente ans, on n'aurait pas eu i»esoin de recourir aux lois réglementant la durée du travail et aux lois sur les indemnités à payer aux ouvriers victimes d'accidents du travail.
Actuellement, ou se préoccupe de l'élaboration d'une loi sur les retraites ouvrières (I). Les patrons qui crient à la ruine sont les mêmes que ceux qui avaient protesté lors de l'appliration de la loi sur les accidents du travail. Cette dernière loi est cfïectivemeul une lourde charire pour le patronat, mais à qui en incombe la responsa-
(II Elle a été volée depuis que cos li.snfts ont Pt<^ écrites; elle est d ailirurs telle qu'on pouvait l'espérer de notre Parlement et continue dignement la série des lois dites « sociales ».
bilité? Si les patrons étaient venus en aide à leurs ouvriers blessés, s'ils avaient con senti à reconnaître que — question d'humanité à part — le patron doit supporter les frais résultant d'un accident à un ouvrier, au même litre qu il supporte ceux résultant d un accident survenu à une machine, lesquels frais doivent être compris dans les charges d exploilation, la loi sur les accidents n'aurait pas eu sa raison d'être. Or, qu'arrive t il maintenant? De même que certains patrons ont abusé de leur force, de même trop d ouvriers ne cherchent qu'à abuser des avantages que leur confère la loi. Nous ne citerons qu'un seul exemple, qu'il est facile de vérifier.
La loi spécifie que l'ouvrier blessé, ayant subi une interruption de travail infé rieure à dix jours, n'a droit à son demi-salaire journalier qu'à compter du cinquième jour. Aussi, lorsqu'un ouvrier blessé légèrement est indisponible pendant six jours, il n'a qu une préoccupation, c'est de rester encore quatre jours chez lui afin de toucher l'indemnité à partir du premier jour. Dans cette combinaison, quel est le bénéficiaire ? Ce n'est pas l'ouvrier, qui est resté quatre jours à flâner et a ainsi perdu quatre journées de salaire pour toucher quatre demi-journées d'indemnité en plus; ce n est pas davantage le patron, qui est obligé de payer l'indemnité pendant dix jours el d'avoir un personnel supérieur à ses besoins pour suppléer aux absences par suite de blessures.
Cela est tellement vrai que la Caisse d'assurance syndicale des Forges de France contre les accidents du travail, se plaignait en 1006, de l'abus que les ouvriers font de la loi, abus qui augmente à mesure (|ue la loi est mieux connue d'eux. I^a conséquence est que le.»? sociétés d'assurance augmentent leurs primes, d'où, surcroît de frais généraux pour le patron, et de difficultés avec les ouvriers ne sachant aucun gré au patron de ce qu'ils ont pu lui arracher.
il est évident (|u'unc loi, faite pour remédier à un abus, entraîne toujours des abus en sens contraire de la part des bénéficiaires.
Ce qui se produit acluellemeut pour les accidents se produira inévitablement pour les retraites aux ouvriers. Les patrons, qui trouvent tout naturel de porter dans les frais généraux un intérêt fixe du capital engagé, ne peuvent se faire à 1 idée qu'ils doivent |trévoir dans ces mêmes frais généraux, une certaine somme destinée à assurer l'existence de leurs vieux ouvriers. Le résultat de cet égoïsme sera de leur faire sup porter sous peu une charge obligatoire peut être plus élevée et dont les ouvriers ne leur sauront aucun gré, car ils n'auront eu cet avantage que par la force.
Nous ne voulons pas faire ici un cours d'économie sociale ; nous avons simplement voulu montrer que les patrons qui ont une saine conception de leurs droits et de leurs devoirs ne peuvent se désintéresser du sort de leurs ouvriers qui sont des rouages indispensables de leur industrie et que le véritable moyeu d'en tirer le meilleur reu dément esl de chercher à améliorer leur condition. Les dépenses effectuées dans ce but sont aussi productives que celles faites pour l'amélioration des iqstallations maté rielles.
tl
Influence des frait généraux sur les résultats de l'entreprise.
Par lexamen de la nomenclature des frais générfïux, on remarquera que, si ces dépenses peuvent varier légèrement dun exercice à I autre, ces variations ne sont généralement pas fonction de la production ou du chiffre d'affaires.
On peut donc considérer le total des frais généraux comme fixe. Si le chiffre d'affaires augniente, le tantième de ceux-ci diminue; dans le cas contraire, les frais généraux pèsent lourdement sur l'entreprise.
Les industriels doivent donc chercher à réduire au minimum le tantième des frais généraux en étendant leurs opérations. On trouvera une application de cette formule, par exemple, dans une adjudication importante, où l'on pourra tabler sur un prix de revient ne comprenant pas les frais généraux, attendu que, quel que soit le résultat de cette adjudication, la même somme de frais généraux continuera à peser sur lentreprise.
Toutefois, cette opération est délicate et demande de la suite dans les écritures ; aussi le compte de frais généraux exige de la part du comptable une attention sou tenue, un classement bien établi et surtout bien observé.
Innputation des frais La définition des frais généraux exclut la possibilité d'une
généraux aux répartition exacte entre les produits fabriqués.
produits fabriqués.
.Nous allons donc passer en revue les différents modes
de répartition en exposant leurs inconvénients ; chacun choisira celui qui lui paraîtra
le plus rapproché de la vérité.
I» Répartition des frais généraux d'ensemble entre les fahrications. — Supposons une société métallurgique autonome, c'est-à-dire extrayant ses matières premières et livrant au commerce des produits dits marchands.
dette société sera vraisemblablement divisée en plusieurs services distincts : mines, hauts fourneaux, aciérie, laminoirs.
D'autra part, il peut arriver que cette société vende à l'extérieur des produits à tous les états davancement : houille, minerai, fonte en gueuses, blooms, aciers laminés..
Comment répartira t on les frais généraux entre ces services? On pourra admettre que chacun d'eux supportera une somme proportionnelle à son chiffre d'affaires. Celui-ci sera établi en décomptant la production éventuelle de chacun des services aux prix de vente probable de Tannée.
Cette façon d'opérer parait assez logique; les produits bruts, houille, etc., livrés au commerce, supportent ainsi une part de frais généraux qui augmente leur prix de revient. Si on n'opérait pas ainsi, les prix de revient précités seraient trop faibles et on paraîtrait réaliser sur la vente de ces produits des bénéfices considérables au détri ment des produits linis qui su|tporteraient tout le poids des frais généraux.
2" Répartition des frais généraux dans chaque fabrication. — On additionnera les frais généraux des deux séries pour ne faire qu'une répartition.
Pour les hauts fourneaux, aciéries, celte répartition pourra se faire en prenant comme coefficients les temps de marche pour la production de chacun des échantillons fabriqués.
Dans les laminoirs, on pourra prendre comme coefficients la main d'oeuvre, qui est généralement proportionnelle à la valeur de transformation par le laminage.
Cette répartition sur la main d'oeuvre, qui est la plus usitée dans les usines, peut être complètement inexacte dans certains cas. ..
ExKMPLFs : Considérons la fabrication de la lime, dans laquelle l'opération de taille est prépondérante. Les limes taillées à la machine ont un tarif de main-d'œuvre bien inférieur à celui des limes taillées à la main ; de ce fait, elles supporteront une imputation de frais généraux moindre que celles ci, ce qui est absurde, attendu que les frais de fabrication de taille à la main d'une lime se bornent à cette main-d'œuvre, louvrier travaillant k domicile ; tandis que la taille aux machines s'effectue dans des locaux industriels, avec une consommation de force motrice, toutes choses qui entraînent toujours des impedimenta avec elles.
L'extension du machinisme aura pour effet d'éloigner de plus en plus de la vérité le choix de la main-d'œuvre comme coefficient de répartition. Dans le laminage, la mise en service de trains continus, aurait pour effet de diminuer l'imputation des frais généraux sur les produits fabriqués par ce procédé. Comme le total des frais généraux ne change pas, ce sont les produits des autres laminoirs qui verront augmenter leurs frais généraux, ce qui est manifestement faux.
En mécanique, la substitution de tours automatiques aux tours à main, puis le remplacement de ces mêmes machines, n'usinant qu'une pièce à la fois, par d autres en usinant plusieurs simultanément, amènerait les mêmes perturbatitms dans le prix de revient, d'autant plus sensibles que le total général de la main-d œuvre ira toujours en diminuant dans les usines. Pour apprécier l'importance de notre argument, consi dérons que dans les ateliers de mécanique, les frais généraux oscillent entre 120 et 150 o/o de la main d'œuvre pour l'ensemble de celle ci.
Le tableau suivant met en relief la répercussion du changement d'outillage sur la répartition des frais généraux.
FRâiS GÉNÉRAUX
Situation originelle de l'usine ( tours à main) :
Tours
Autres machines