‹ Précis de coprologie cliniqueChapitre 37 sur 59 · I. — EXPOSÉ DE LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

I. — EXPOSÉ DE LA MÉTHODE

La première méthode que nous signalons c’est la méthode ancienne, d’une portée pratique limitée, qui, sans tenir compte des ingesta et par suite des nombreuses modifications

MÉTHODE ANALYTIQUE

que leur plus ou moins grande abondance ou que leur préparation culinaire différente fait subir aux organes digestifs chargés de les transformer et de les assimiler, ne cherche qu’à établir d'une façon analytique les principes constituants d'une selle donnée dans un cas pathologique déterminé. Alors sans s’occuper du moment auquel cette selle fut rendue, sans s’occuper non plus de quelle façon elle a été évacuée, dans quelles conditions, sous l’influence de quels principes alimentaires elle a pu être en grande partie formée, on l’examine macroscopiquement en tenant compte de la forme, de la couleur, de l’odeur, etc. ; puis microscopiquement on en recherche les parties constituantes, surtout en ce qui concerne les parties provenant des altérations organiques ou fonctionnelles des organes digestifs ; bactériologiquement on étudie avec une orientation déterminée le microbe spécifique de telle ou telle maladie ; enfin, par l’analyse chimique suivant la méthode d’Hoppe- Seyler, on apprécie les différents éléments, tels que matières albuminoïdes, matières colorantes biliaires, hématine, etc., qui entrent dans sa constitution.

C’est ainsi que procèdent les Nothnagel, les Boas, les Von Jackhs et tant d’autres qui nous ont donné sur les fèces des diverses affections des descriptions coprologiques, qui permettent d’ajouter à leur symptomatologie de nouvelles et importantes constatations cliniques.

Méthode d’analyse chimique d’Hoppe-Seyler. — Avant que de donner ces résultats, nous rappellerons ici la méthode d’analyse chimique d’Hoppe-Seyler qui n’a pas encore trouvé place dans le cadre de cet ouvrage :

Après une détermination de la quantité, du poids spécifique et de la réaction, les matières sont délayées avec de l’eau en bouillie claire et le mélange réduit par distillation au deux tiers du volume. On obtient ainsi 2 parties: une partie distillée A et une

EXPOSÉ DE LA MÉTHODE

partie B restant dans la cornue. Prenant le liquide distillé, on le sature avec du carbonate de soude et on distille à nouveau, en sorte que le phénol, l’indol et le scatol se rendent dans le récipient (liquide a), tandis que les acides gras, acétique, butyrique restent dans la cornue sous forme de composés sodiques (liquide ,3).

On reprend le produit distillé a que l’on rend fortement alcalin par la potasse caustique et l’on distille une troisième fois. L’indol et le scatol passent avec la vapeur d’eau, d’où il n’y a plus qu’à les séparer et à les déterminer d’après leurs différentes propriétés physiques et chimiques. Quant aux phénols demeurés dans le liquide restant de cette précédente distillation, on peut l’isoler facilement en acidifiant avec l’acide sulfurique et en distillant à nouveau ; les phénols passent avec la vapeur d’eau ; de même les sels de soude des acides gras restant dans la cornue (liquide (3) seront acidifiés par l’acide sulfurique et soumis à la distillation et l’on recherche les acides gras dans la partie nouvellement distillée.

On revient alors au résidu de la-cornue, partie B, qui contient une grande partie de produits solubles. Pour les séparer et les analyser isolément, on commence par concentrer le liquide après l’avoir sorti de la cornue, on le sursature par de l’acide sulfurique et on le traite d’abord par l’alcool, puis par l’éther. On obtient ainsi une solution éthéro-alcoolique qui contient des acides gras libres, des corps gras, de la cholestérine, des acides biliaires, des glucosides, de l’hématine et de la chlorophyllane, tandis que la partie insoluble dans ce véhicule peut contenir de la nucléine, de la kératine, de l’élastine, de la cellulose, des matières gommeuses amylacées, ainsi que des débris d’éléments organisés de toute nature, des microorganismes, des bacilles et des cocci.

1° Pour examiner d’abord la solution éthéro-alcoolique, on la sursature avec du carbonate de soude; puis après avoir chassé l'alcool et l’éther par distillation, on ajoute au résidu de l’eau en assez grande quantité et l’on épuise par l’éther qui enlève les graisses neutres et la cholestérine.

Le résidu de cette solution éthérée est saponifié par la potasse alcoolique qui transforme les graisses en savons solubles. En reprenant par l’eau, puis en épuisant ce liquide aqueux par l’éther

METHODE ANALYTIQUE

on a d’une part la cholestérine en solution éthérée, et le savon en solution aqueuse.

La solution aqueuse alcalinisée par le carbonate de soude provenant de la précédente opération est additionnée d’acide sulfurique, puis soumise à la distillation. Le liquide qui passe peut renfermer des acides gras volatils ayant échappé à la distillation faite au début de ces traitements.

Le résidu, lui, peut contenir des acides gras fixes (palmitique, stéarique, oléique, etc.) qui se séparent par refroidissement en une couche huileuse ou solide, des acides biliaires dont on reconnaît la présence par la réaction de Pettenkofer, des glucosides que l’on recherche au moyen de la liqueur de Bareswil ; enfin de l’hématine et de lachlorophyllane que l’on caractérise au spectroscope.

2° Quant à la partie restante, résidu insoluble dans le mélange éthéro-alcoolique et qui forme une bouillie aqueuse, on la chauffe jusqu’à l’ébullition, puis on filtre. Dans le liquide filtré, on recherche l’amidon au moyen de l’iode ; si l’on n’obtient pas de coloration bleue, on fait bouillir le liquide avec de l’acide sulfurique dilué, on sature de nouveau avec la soude et l’on traite par la liqueur cupro-potassique; s’il y a réduction, on peut en conclure que la solution primitive contenait soit de l’amidon, soit de la dextrine ou de la gomme. Dans le magma resté dans le filtre, on recherche la cellulose en traitant ce résidu insoluble dans les réactifs précédents par l’acide sulfurique concentré; puis on triture dans un mortier et on fait bouillir dans vingt fois son poids d’eau ; on concentre de nouveau, on sature par le carbonate de soude et on examine à l’aide du réactif de Bareswil s’il y a eu ou non formation de glucose.

Telle est la méthode chimique analytique d’Hoppe-Seyler et Thierfelder, qui a été résumée par Garnier et Schlagenhaufen (1), méthode chimique qui, jointe aux méthodes macroscopiques et microscopiques également analytiques, permet de donner de certains états pathologiques bien déterminés des formules coprologiques qui, dans certains cas, peuvent aider au diagnostic et commandent certaines règles de thérapeutique prophylactique.

(1) Encyclopédie chimique de Frémy.

RÉSULTATS DE LA MÉTHODE

Page 1