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VII. — Résumé et Conclusions

En résumé, l’examen des fèces fait après un seul repas d'épreuve, nous montre qu il y a, d’une part, une grande abondance de résidus alimentaires non digérés, d’autre part, quelques produits pathologiques, tels que mucus, glaires et membranes, et enfin de nombreuses colonies microbiennes.

1° L’abondance des résidus alimentaires fécaux non digérés en regard de l’alimentation d’épreuve en une aussi petite quantité que celle indiquée plus haut, ne pouvant être mise pour cette raison sur le compte d’une nourriture trop substantielle pour la capacité digestive d’un individu normal, nous porte à conclure qu’elle est ici sous l’influence d’un amoindrissement dans la quantité ou la qualité des sucs digestifs chargés de les transformer.

Nous pouvons même aller plus loin dans cette affirmation en considérant l’analyse détaillée microscopique et chimique de ces résidus alimentaires fécaux. L’abondance du tissu conjonctif dont la digestion est à la charge du suc gastrique, nous prouve l’insuffisance du rôle de ce dernier. La présence de quelques fibres musculaires en plus grande quantité qu’à l’état normal, nous indique encore la diminution du pouvoir fonctionnel du suc gastrique et aussi du suc pancréatique, ce qui corrobore pour ce dernier l’abondance de graisses non dédoublées; enfin le pouvoir amylolytique des sucs digestifs est également amoindri, comme le prouve l'expérience microscopique des nombreux grains de pommes de terre et restes de pain non digérés et la fermentation rapide avec grand dégagement de gaz des fèces mises à l’étuve dans l’appareil de Schmidt.

2° L’abondance des résidus alimentaires dans les fèces a entraîné d’autre part un développement tout à fait anormal des colonies microbiennes. Nous n’avons pu en isoler aucune qui nous permît de lui attribuer un rôle pathogène déterminé, notamment nous n’avons pu y déceler de bacilles de Koch, sur lesquels ont particulièrement porté ces recherches ; mais la variété et l’abondance de ces microbes suffisent à nous faire croire qu’elles peuvent être la cause d’une inflammation lente de la muqueuse digestive, en tous cas qu’elles sont capables d’engendrer des produits de fermentation et des putréfactions anormales, qui donnent aux fèces l’odeur repoussante que nous avons pu constater, et que d’autre part, soit qu’ils soient absorbés au niveau de l’intestin, peuvent être la cause des phénomènes d’auto-intoxication, soit qu’ils soient expulsés sous forme de gaz par l’anus, sont en tous cas une cause de gène contre laquelle il faudra faire porter l’effort thérapeutique.

3° La présence des produits pathologiques tels que glaires, membranes et mucus, fait apparaître nettement du reste le rôle des colonies

microbiennes dont la multiplicité est augmentée par l’abondance des résidus fécaux qui leur servent ainsi dans l’intestin de milieux de cultures naturels.

Nous concluons donc en définitive à un amoindrissement dans l’ensemble des fonctions digestives, qu’il y ait diminution dans la production des sucs, ou seulement modification dans leur valeur qualitative; nous pencherons plutôt vers la première hypothèse en raison des faits énoncés plus haut; cet amoindrissement ayant pour cause une digestion imparfaite des aliments dont les résidus fécaux étant augmentés ont pour conséquence première la production exagérée de colonies microbiennes, et conséquence seconde l’irritation de la muqueuse digestive.

Réveiller les fonctions digestives affaiblies par un régime approprié, lequel devra laisser le moins de résidus possible, ce qui du même coup combattra la formation des bactéries, telle est la première indication qui nous semble résulter de notre examen.

Lutter par des antiseptiques directs ou indirects contre ces colonies bactériennes, au besoin par l’entéroclyse, telle nous semble être la seconde et dernière indication.

Ainsi nous pouvons nous renseigner par une analyse qualitative et quantitative sur le degré d’utilisation des aliments, et nous éclairer sur la présence de leurs résidus en plus ou en moins grande abondance dans les fèces, c’est-à-dire sur une suralimentation irrationnelle, ou sur un trouble fonctionnel de telle ou telle partie du tube digestif. Partant, nous pouvons corriger le régime existant ou formuler un nouveau régime, en toute connaissance de cause.

Ces notions ainsi obtenues, nous les avons déjà utilisées dans la pratique et nous avons proposé de les adopter en ce qui concerne le régime de suralimentation des tuberculeux (t). S’il est de la plus haute importance dans la lutte contre ce mal social « d’indiquer pratiquement avec des détails infinis, en regard du travail à fournir par l'ou-

(1) René Gaultier, Communication au Congrès de la tuberculose, Paris, octobre 1905.

RÉSULTATS DE LA MÉTHODE

vrier, les rations optima pour l’obtenir et de diriger son éducation, avec ou sans l’aide du catéchisme alimentaire du professeur Landouzv, de façon à lui éviter les fautes de nourriture », il nous semble également important pour le praticien de savoir, en cas de besoin, calculer chez ses malades l’alimentation qui leur convient, suivant leur capacité digestive, augmenter ce qu’ils utilisent, diminuer ce qu’ils ne peuvent absorber, fort de ce principe lapidaire, que l’homme ne vit point de ce qu'il ingère , mais de ce qu'il digère .

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