‹ Précis de géographie économiqueChapitre 11 sur 182 · DEUXIEME SECTION ^INDUSTRIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME SECTION ^INDUSTRIE

Condition naturelle de l'indostrie. — La condition naturelle de lïndustrie dans un pays dépend de beaucoup de causes : la richesse de ce pays en matières premières et surtout sa richesse en combustible minéral, premier et principal élément de toutes les industries, est la plus importante ; mais Taptitude, Tétat d'esprit, Tétat économique et social du peuple viennent ensuite et ont des conséquences assez grandes pour qu'on ne les passe pas sous silence.

Au point de vue des richesses naturelles, la France, pays agricole au premier chef, n'est pas parmi les nations les plus favorisées du monde, mais elle pourrait encore se suffire largement, et compenser sa pauvreté relative par une adaptation savante des éléments qu'elle a à sa disposition.

L'industrie française a eu malheureusement à souffrir des mêmes vicissitudes que l'agriculture: des crises se sont abattues sur elle, conséquences de fléaux naturels, sans qu'elle pût y résister; en outre, les variations du régime économique, aussi dangereuses au moins pour l'industrie que pour l'agriculture, lui ont enlevé la sécurité du lendemain. 11 n'est pas enfm jusqu'aux discussions politiques et sociales qui n'aient eu un fâcheux retentissement sur l'état de notre industrie.

D'autre part nous avons des ingénieurs dont le concours est avidement recherché par les pays étrangers, des hommes auxquels ne manquent ni l'habileté ni l'esprit inventif. Nos meilleurs ouvriers sont l'objet de tentatives d'embauchage de la part des industriels des nations rivales. Et si parfois on reproche à nos objets industriels leur prix de vente élevé, on n'en conteste jamais la valeur ni la consciencieuse perfection. Aussi, quand nos ouvriers et nos patrons d'industrie auront tous compris qu'ils sont solidaires les uns des autres et responsables au même titre de la prospérité de la patrie, nous verrons sans doute passer les jours d'épreuve.

Glassification des industries. — L'industrie est une forme de l'activité humaine beaucoup moins fatale, moins rigoureusement localisée dans une région que lagriculture. Son étude tient donc moins intimement à

la géographie que celle des phénomènes de la richesse végétale. Toutefois

elle permet encore de constater un rapport réel entre la terre et Thomme;

et elle rentre, quoique moins rigoureusement, dans le domaine de la

géographie économique.

La clasi^iOcation habituelle des industries en industries de l'exploitation minérale, métallurgiques^ servant à Valimentation, au vêtement, industries du transport j de rameublement, etc., bien que très remarquable, et profondément philosophique, a le grave défaut pour nous de considérer Thomme romme la principale, sinon comme la seule cause de l'industrie. La géographie ne doit considérer Thomme que dans ses rapports avec la terre, elle doit toujours indiquer la part que prennent les phénomènes naturels à la direction de son activité intelligente ; dès lors c'est la terre qui devient l'objet principal et comme le centre des observations du géographe, et non plus l'homme avec ses besoins intellectuels ou matériels. Nous ne devons donc pas admettre l'ancienne division sous peine de perdre de vue la fin véritable d'une étude géographique. Il nous semble, malgré linconvénient de quelques répétitions, que le plan le plus capable de montrer à chaque moment les rapports de l'homme avec la terre, du Français avec son sol natal, est le suivant : l® Industries dérivées du règne minéral; ?• Industries dérivées du règne végétal; 3* Industries dérivées du règne animal.

Certes, cet ordre n'est pas, plus que le précédent, d'une parfaite rigueur: en effet, il ei^t des industries qui emploient des matières empruntées aux Irois règnes ou à deux d'entre eux. Mais en somme on se tient ainsi plus près de la classification des sciences naturelles avec lesquelles la géographie est SI étroitement apparentée . Au reste, la classification usitée dans les ouvrages d'économie politique peut être adoptée en sous-ordre dans chacun des chapitres consacrés au règne minéral, au règne végétal et au

règne animal. De la sorte on fera ressortir à la fois l'action de la nature

sur l'homme et de l'homme sur la nature.

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