‹ Précis de géographie économiqueChapitre 128 sur 182 · fr · texte numérisé non relu

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(2) Voir ci-dessous, p. 6G4.

dérables, dont les plus importants sont la création des ports de Tunis et surtout de Bizerte, ouverts aux plus grands navires, et dont l'importance stratégique n'est pas moins grande que l'importance commerciale.

Le mouvement des ports est actif partout : Aghadir, Mogador, Tanger au Maroc; Oran, Alger, Bougie, Bône en Algérie; Bizerte, Tunis, Gabès en Tunisie ; Tripoli et Benghasi enfin en Tripolitaine, reçoivent et expédient de nombreux navires. Les relations sont surtout fréquentes avec la France, puis avec l'Angleterre (1).

Commerce proprement dit. — Le commerce intérieur est assez actif, mais surtout en Algérie, où la délimitation très nette entre les pays de plaine, les plateaux et le désert nécessite entre les populations qui habitent ces diverses régions des échanges nombreux. Il est beaucoup moins développé naturellement en Tunisie et au Maroc, où la nature a répandu ses dons d'une façon plus égaie et avec plus de libéralité.

Le commerce extérieur des pays de l'Afrique Mineure est sollicité et favorisé tout à la fois par le voisinage de TËurope, qui peut s'y fournir aisément de tous les produits du Midi qui lui manquent, et par leur situation sur la grande route de rËxtrème-Orient et sur le passage des innombrables steamers qui sillonnent constamment la Méditerranée. Mais les Ëtats barbaresques n'ont pas encore retiré de cette position si avantageuse tout le profit qui leur en peut revenir. L'Algérie et la Tunisie, dont les forces productives se développent rapidement, occupent déjà toutefois une place importante dans le mouvement général du trafic, et leurs relations avec les divers pays méditerranéens prennent de jour en jour une extension plus grande.

C'est surtout avec la France que le commerce de l'Algérie-Tunisie est actif, non seulement parce qu'elle est la métropole ou la protectrice, mais surtout parce que, seule des pays de la Méditerranée, elle n'a qu'en petite quantité les produits de cette zone, et peut en revanche, fournir abondamment les objets manufacturés.

Algérie et Tunisie exportent des produits agricoles — céréales, vins, huiles, alfa, — des moutons, de la laine et des cuirs, des minerais ; elles

(1) Mouvement des ports (1894) :

Navires. Jauge.

Algérie. Entrées 3.C02 2.164.628 tonn.

Dont Français 2.140 1.317.964 —

Sorties 3.481 2.096.362 —

Total 6.085 4.200.990 —

Alger, mouvement total.... 2.343.000 tonn. ]

Oran 1 .603. 177 — (1893)

Bône 1.027.641 — )

Navires. Jauge.

Tunisie. Entrées 9.088 2.010.689 tonn.

Dont Français 1.545 1.091.795 —

Italiens . 1.845 705.353 —

Anglais 182 112.498 —

reçoivent en échange des produits manufacturés de toutes sortes, — tissus, machines, etc.

Mais le Maroc et la Tripolitaine, qui jouissent pourtant des mè^le^ avantages naturels que nos possessions, et qui sont comme elles à la porte de l'Europe et sur le chemin des navires, sont restés néanmoins jusqu a ce jours comme des pays perdus, peu connus et encore moins fréquentés. 11 ne faut pas seulement chercher la cause de ce phénomène hizarre dan^^ Tétat politique déplorable dont ils souffrent tous deux. Il vient aussi de ce qu'ils sont placés en face de deux péninsules européennes, qui produisent en suffisance tout ce qu'ils donnent eux-mêmes. L'Espagne surtout, peu peuplée et peu riche, n'est pas pressée de commercer avec un pays dont elle ne tirerait autre chose que ce que son sol lui donne déjà, et l'Italie, pays également agricole, n'éprouve pas un besoin plus pressant de demander à la Cyrénaïque des blés ou des fruits. Les pays plus septentrionaux, plus industriels, au sol plus pauvre, à la population plus dense, l'Angleterre et l'Allemagne ont, par contre, de bien fortes raisons pour vouloir exploiter à leur profit ces pays méditerranéens; la dernière surtout, qui ne peut trouver dans ses maigres colonies toutes les ressources dont dispose sa rivale. Et voilà pourquoi tant de convoitises s'agitent actuellement autour du Maroc et à un moindre degré autour de la Tripolitaine et pourquoi l'Espagne et l'Italie ne jouent pas dans ce mouvement le rôle auquel leur position semblait les appeler.

Le commerce de la Tripolitaine est surtout alimenté par les produit^ du Soudan, — plumes d'autruche, poudre d'or, ivoire, encens, — et par ceux que Ton y envoie d'Europe, en particulier les « écus de Marie-Thérèse ^> qui servent de monnaie dans le centre du continent. Le commerce extérieur a lieu surtout avec l'Angleterre et Malte.

Le commerce marocain, plus important, a le même caractère. Cependant les relations avec l'Afrique centrale sont moins fréquentes. L'Angleterre y tient encore le premier rang, puis vient la France. Mais l'Allemagne cherche à y augmenter ses relations (i).

Conclnsion. — En somme, les pays de l'Afrique Mineure ne font pas encore un trafic en rapport avec leur grande richesse naturelle ; mais ils sont susceptibles de progrès ; la Tripolitaine elle-même pourra être transformée lorsque les fertiles campagnes de la Cyrénaïque auront été mises en valeur.

(1) Commerce des États de l'Afrique Mineure :

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