‹ Précis de géographie économiqueChapitre 127 sur 182 · C. — - Commerce · texte numérisé non relu

C. — - Commerce

Voies de communication. — La question du commerce et des voies de communication est complexe dans les divers pays de l'Afrique septentrionale. Ces pays n'ont pas en eflfet seulement d'importance par euxmêmes; ils servent en outre de débouchés et de portes d'entrée à toute une partie du Soudan, et bien que le commerce en transit, qui s'opère de ce chef, ne soit pas relativement très considérable, il mérite néanmoins une attention spéciale.

A ne considérer d'abord que le commerce intérieur, l'Afrique du Nord n'est pas favorisée sous le rapport des voies de communication naturelles ; il est vrai que la longue étendue des côtes favorise le cabotage, mais dans toute la zone méditerranéenne aucun cours d'eau navigable ne relie les ports au centre du pays. Ce n'est que sur l'Océan que, grâce à l'étendue plus considérable des plaines, et à l'abondance des pluies, les fleuves pourraient faciliter les échanges. Mais la plupart sont épuisés par la canalisation agricole; on ne peut guère en défmitive citer comme voie navigable que l'Oued Sebou, que les grosses barques pourraient, pendant la plus grande partie de l'année, remonter jusqu'à Fez.

Les routes sillonnent déjà les colonies françaises d'Algérie et de Tunisie sur près de 15,000 kilomètres, mais au Maroc les chemins sont détestables, tous les transports se font à dos de chameau, ce qui majore singulièrement le coût des transports et le prix de vente des denrées. Les routes sont d'ailleurs difficiles à construire dans ces pays, où les torrents, qui descendent de l'Atlas, à sec pendant dix mois de l'année, prennent tout à coup, lors des pluies hivernales et de la fonte des neiges, d'énormes proportions et doivent être par conséquent franchis sur d'immenses ponts, solidement construits. Le sultan du Maroc, craignant

rimmixtion des Européens dans ses affaires, ne fait rien pour améliorer ses rouies.

A plus forle raison les chemins de fer n'existent-ils que dans les possessions françaises.

Ces chemins de fer ont une importance capitale pour des pays privés de voies navigables, dans lesquels l'exploitation des richesses naturelles est entravée par la difficulté des communications. Le réseau n'est pas encore complet, tant s'en faut, mais les principales lignes ont été construites ou amorcées.

L'idée qui a présidé à l'établissement de ce réseau est la suivante : on a d'abord réuni les divers ports et les vallées du Tell par la grande ligne Tellienne qui, de Aïn Temouchent, gagne Oran, puis, par la vallée du Chéliff, Alger; de là, contournant la Kabylie, elle arrive à Constantine et enfin, par la vallée de la Medjerda, atteint Tunis. Quelque> embranchements unissent cette ligne aux ports, Mostaganem, Bougie. Philippeville, Bùne. Enfm, des votes de pénétration permettent d'amener aux ports les produits du plateau et des premières oasis du désert. Ces dernières lignes ont en même temps un rôle stratégique et doivent nous aider à surveiller le désert.

Pour le moment, une ligne va d'Oran à Tlemcen et Ràs-el-Ma, une autre d'Arzeu à Saïda, Mecheria et Aïn Sefra, en route vers Piguig et le Touat.La dernière, de Philippeville, par Constantine et Batna, atteint Biskra et sera sans doute prolongée vers Tougourt et les riches oasis de l'Oued Rhir(l).

Naguère encore, avant l'installation de la France en Algérie, les caravanes du Soudan venaient en grand nombre à travers le Sahara dans les ports de ces pays. Laconquète par la France, en arrêtant le seul commerce vraiment productif, celui des esclaves, les a fait se diriger à l'ouest vers Aghadès, à l'est vers Tripoli, plus faciles du reste à atteindre (2).

Les ports du Maghreb et de la Tripolitaine ont une grande importance pour plusieurs raisons : ils sont les débouchés des pays de Tin teneur et leurs points de contact avec l'étranger; de plus, les communications étant difficiles par terre, le cabotage prend une activité d'autant plus grande; enfin, et c'est le cas surtout pour Alger et Tunis, ces ports se trouvent sur la grande route de Gibraltar à Malte et en Egypte; les navires font escale et renouvellent leur provision de charbon. Alger est le dépôt de charbon le plus important de la Méditerranée.

Mais ces ports sont difficiles d'accès, peu sûrs et coûtent beaucoup d'entretien. Dans nos possessions nous avons dû faire des travaux consi-

(1) Exploitation des chemins de fer algériens

et tunisiens (1893) :

AlgérioDS.

Tunisiens.

Totiui.

Longueur exploitée

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