tonnes
1870 13.330.000 tonnes.
(2) Production et prix de revient de la houille (1893) :
Grande- Bretagne 166 . 955 . 000 tonnes vendues .
Etats-Unis.
Allemagne
France
Belgique
Autriche-Hongrie .
Russie
fr. e.
8,43 la tonne.
10 env. —
10 env. —
erra'iDS : el la différence du prix de main-d'œuvre entre la France et ses voisins ne suffit pas à expliquer Tinfériorité de notre production houillère. Comparez donc nos puits si profonds du bassin de la Loire avec les faciles exploitations du bassin allemand de la Ruhr, avec celles de Cardiff et de Ne^ castle !
Et par malheur cette infériorité est grave, aussi grave que fut, pendant les siècles précédents, rinfériorité de la production agricole. La houille n*est plus seulement le pain de Tindustrie ; elle est devenue un des nerfs de la guerre, un facteur important de la puissance maritime, militaire, coloniale. Ne voit-on pas la Grande-Bretagne semer partout des stations de charbon pour le ravitaillement de ses escadres en cas de guerre? Le pays qui possède des mines de houille d'une exploitation facile et rémunératrice construit à meilleur compte ses navires, ses forteresses, fabrique à moins de frais ses armes, développe aisément son réseau de voies ferrées, prodigieux instrument de guerre qui permet de frapper des coups foudroyants. Mais il ne faut point s'alarmer. La France, même avec sa médiocrité de richesse minérale, pourrait encore se suffire en améliorant ses procédés d'extraction, en évitant surtout les luttes malsaines qu'on suscite souvent à la légère entre les patrons et les ouvriers, en diminuant enfin les frais de transport de cette précieuse denrée. Enfin l'emploi des forces naturelles, en particulier de celles des torrents, corrigera peut-être à notre avantage, dans un avenir prochain, l'omnipotence de la houille.
La consommation et la production de la tourbe tendent à diminuer en France. Nos tourbières donnaient, vers le milieu du siècle, un produit d'à peu près 500,000 tonnes; on n'extrait plus aujourd'hui que 174,000 tonnes de tourbe.
Les métaux; le fer. — Après la houille, la matière que l'industrie consomme en plus grande quantité et emploie aux plus divers usages est le fer. A cet égard notre richesse est considérable ; mais comme le minerai de fer se rencontre dans presque tous les pays, notre richesse contribue seulement à nous dispenser d'enrichir le voisin sans nous permettre de rien exporter. Nous sommes même encore, dans une mesure moindre que pour la houille, les tributaires d'autres peuples industriels ; car si nous possédons beaucoup de minerai de fer, les États riches en houille reprennent leur avantage sur nous en transformant à meilleur compte le minerai brut en fonte. De là notre infériorité.
Les minerais de fer exploités en France appartiennent aux trois grandes catégories que distinguent les géologues : nos plaines et certaines zones de nos plateaux contiennent des minerais d'allucions, compris dans les terrains tertiaires. Les mintrais en couches, de beaucoup les plus abondants, se trouvent dans les terrains jurassiques et crétacés. Enfin les filons, sous différents aspects, sont recelés dans les terrains primitifs : les minerais de filons sont fort recherchés et de qualité supérieure.
C est dans nos provinces de Vest que Texploitation du minerai de fer Géographie économ. 5
est le plus intense. Elle fut suscitée jadis en Bourgogne et en Franche- Comté par Tabondance et le bon marché des bois, àTépoque où Ton transformait le minerai en fonte dans des fours chauffés avec le produit des forêts ; en Lorraine c est le voisinage des houillères de la Sarre qui encouragea Tinduslrie extractive du fer. Naturellement la Lorraine, plus proche des pays riches en houille, développa ses extractions de minerai, tandis que les mines de Franche-Comté, de Bourgogne et de Champagne restreignaient leur production, les bois devenant de plus en plus rares et coûteux.
La supériorité du département de Meurlhe-et-Moselle s'accentue d'année en année. On y exploite des minerais de fer oolithique ; grâce à des découvertes récentes des ingénieurs, l'exploitation a gagné en qualité comme en quantité. Les principaux groupes de mines sont ceux des environs de Nancy (Champigneulles, Frouard, Pompey, etc.), de Pont-à-Mousson, de Longmy. Si la guerre de 1870-71 nous a enlevé les mines excellentes de Moyeuvre, d'Ottange et d'Hayange, les sondages exécutés dans les environs de Conllans ont révélé des minerais de qualité exceptionnelle. Avant la perte de T Alsace-Lorraine, les deux départements de la Moselle et de la Meurthe fournissaient près de 1 million et demi de tonnes de minerai ; en 1893 on a extrait 2,809,000 tonnes des mines de Meurtheet-Moselle, soit plus des deux tiers de la production nationale.
Le département de la Hautc-Mame occupe le second rang avec les gisements de minerai en grains de l'arrondissement de Vassy : mais il produit près de vingt fois moins que le groupe de Meurthe-et-Moselle (146,000 tonnes en 1893).
Au centre les régions du Morvan, du Nivernais et du Berri sont plus favorisées que la précédente à cause du voisinage des houillères de la bordure nord du Massif Central ; dans ce groupe le premier rang appartient au département du Cher qui extrait annuellement plus de 50,00i) tonnes. Le Creusot reçoit des mines de Change et de Mazenay un important contingent de minerai, bien qu'il approvisionne ses usines en plusieurs régions. Le nord, si riche en houille, est pauvre en fer et ne sufQt pas à sa consommation industrielle.
Au sud-ouest le Poitou, le Périgord et les Landes donnent des minerais d'aliuvion en quantité insuffisante pour faire naître une grande industrie métallurgique.
Au nord'Ouestf en Bretagne, dans le Perche, le Maine et la Normandie les exploitations minières sont très disséminées.
Au sud-est, soit dans les Alpes, soit dans la région des Cévennes, on peut citer des centres important d'industrie extractive. Les minerais de fer oligiste de VArdèche (la Voulte) sont d'une qualité remarquable, comme le fer spathique des Alpes qui est extrait des mines d'Allevard, dans l'Isère.
Les fers de la zone pyrénéenne, comme ceux des Alpes, sont produits en quantité médiocre mais ont aussi une grande réputation; telles sont les hématites de VAriégo.
En résumé, la production des minerais de fer, quoique assez considérable, ne suffît pas à la consommation (1). Elle le pourrait amplement, si Ton exploitait tous les gisements que notre sol contient. Mais les mines françaises sont situées souvent trop loin des centres houillers, et les industriels ont intérêt à faire venir de l'étranger des fers ou des fontes produits à meilleur marché que chez nous (2).
La France a été dislancée. Elle vient beaucoup après la Grande-Bretagne, les États-Unis, TÂlIemagne et l'Espagne (3). Heureusement que, parmi les pays qui suppléent à notre insuffisance, se trouve la France africaine, TAlgérie (4).
La cuivre. — La France possède quelques gisements de cuivre, mais, devant les maigres produits de ces mines, et surtout devant la concurrence que nous faisaient les cuivres de Grande-Bretagne, d'Espagne et du Nouveau Monde, on a renoncé complètement à l'exploitation. Les statistiques officielles pour 1893 montrent qu'après une décroissance qui a duré depuis 1875, l'extraction du cuivre a complètement cessé en France. C'est un fait regrettable, et il est peut-être à craindre que l'on se soit trop vite et trop aisément résigné à la suprématie de nos voisins. L'Algérie peut cependant, pour le cuivre, comme pour le fer, prendre une place importante et compenser notre pénurie absolue (5).
Le plomb. — Nous ne sommes pas riches non plus en plomb, et notre
(1) Production du minerai en 1893. 3.517.000 tonnes.
Consommation du fer en 1893 4.845.000 — environ.
Importation du fer en 1893 1 . 630.000 — —
Exportation du fer en 1893 302.000 — —
'1) Production du minerai de fer de 1833 à 1893 :