‹ Précis de géographie économiqueChapitre 148 sur 182 · II. Sud-Ouest Africain Allemand · texte numérisé non relu

II. Sud-Ouest Africain Allemand

(1894) (par Walfish Bay)... 1.144.000 163.000 1.307.000

III. Protectorat Anglais (1895)... 2.375.000 3.000.000 5.375.000

de leur première pairie, les Hollandais Tenrichirent par Télevage. Si les réfugiés français, originaires des provinces de Touest et du sud, n'introduisirent pas la vigne qui y existait avant eux, ils apportèrent du moins avec eux les méthodes et les procédés qui devaient donner tant de réputation aux crus africains. La laine et le vin comptent encore aujourd'hui parmi les ressources les plus importantes des États et colonies du Cap. D'autres sources de richesses ont été depuis exploitées ; mais à part les métaux, ce sont surtout des objets de luxe, soumis aux caprices de la mode, et dont le caractère est précisément de perdre une grande partie de leur. valeur, à mesure qu'ils deviennent plus communs (diamants, plumes d'autruche). La concurrence de l'Amérique et de TAustralie ayant d'autre part déprécié fortement les laines, on conçoit que les habitants du sud de l'Afrique aient recherché d'autres ressources.

Leur pays au reste n'en est pas avare, grâce à la variété du relief, et à l'étagement des climats et par suite des cultures, grâce aussi aux différences d'orientation et d'humidité -.toutes les plantes y prospèrent, depuis celles de nos climats, jusqu'aux cultures tropicales. - Plusieurs zones se succèdent ou se juxtaposent. La région côtière présente d'abord de grands contrastes entre l'est et l'ouest. Comme toutes lt*s pluies viennent de l'océan Indien, les plaines basses du Natal et de la Cafrerie sont abondamment arrosées, sinon par les pluies elles-mêmes, du moins par les torrents qui descendent de la montagne. La chaleur e>t assez forte : et ces conditions, qui rappellent à certains égards celles de FÉgypte, conviennent admirablement à la canne à sucre, au riz, à l'indigo, au coton. A l'ouest, le climat est beaucoup plus sec : mais un printemps suffisamment humide, qui développe les bourgeons, et un été ln»s ohaud, qui mûrit rapidement les fruits et les emplit de sucre, sont les conditions les plus favorables à la culture de la vigne. C'est ainsi que deux plantes, dont les exigences sont contradictoires, la vigne et la canne à sucre, peuvent prospérer, presque côte à côte.

Derrière la chaîne côtière de la colonie du Cap proprement dite, et dans les hautes vallées du Natal, on sème à l'est le maïs et le sorgho, à L'ouest les céréales de nos climats. Plus haut encore et jusqu'à la région du stérile « Karrou » on cultive le tabac ; mais c'est déjà surtout le pays des parcs à élevage, pour le gros bétail et pour les autruches. A mesure qu'on s'éloigne vers le nord la sécheresse augmente : c'est le domaine du mouton. L'élevage même est impossible sur les bords duLimpopo, infostés par la mouche tsétsé, mais le Transvaal, où cette industrie est en conséquence moins prospère, est un riche pays minier.

On voit combien sont variées à l'infini les ressources dont dispoe l'Afrique méridionale. C'est en outre un pays très salubre où l'Européen s'acclimate à merveille et peut travailler lui-même. Pas plus que dans le reste de l'Afrique, la population noire ne fournit, il est vrai, pour la mise en valeur du sol un concours bien actif; mais le genre même d'exploitation le plus répandu, l'élevage, n'exige qu'un nombre de bras restreint. Pour les plantations du sud, les pays voisins de l'Inde, à la popu-

lalion trop dense, fournissent à bon compte des travailleurs. Les Hindous importés de Bombay se comptent par milliers au Natal. Les Chinois euxmêmes, toujours à l'affût d'une bonne affaire, n'ont eu garde, bien entendu, de négliger ce pays. On en trouve déjà quelques centaines ; nul doute que leur nombre ne s'accroisse, tant que la colonie n'imitera pas les mesures de proscription prises par les États-Unis d'Amérique ou par les États d'Australie, contre l'invasion jaune.

Mais jusqu'à présent les bras sont encore ce qui manque le plus à l'Afrique méridionale. Une notable partie des terres n'a pu être encore concédée par les gouvernements (1). Ce sont naturellement les cantons les moins favorisés qui sont inoccupés, mais de vastes espaces peuvent être, malgré tout, mis en valeur et couvrir largement les frais d'exploitation. Le grand obstacle est la sécheresse ; et le déboisement imprudent n'a fait qu'aggraver le mal. C'est le manque d'eau qui rend le u Karrou )> si stérile, et dans mainte autre région les fermes à culture et les parcs à élevage n'ont pu se maintenir que gr&ce à des travaux coûteux d'aménagement des eaux. Les rivières où l'eau coule d'une façon permanente sont en effet très rares sur le plateau et la plupart des affluentsdu fleuve Orange ne sont que des ouadis, à sec pendant la plus grande partie de l'année. Dans les environs de la montagne, on a construit au pied des dernières pentes des barrages et d'immenses réservoirs, pouvant contenir jusqu'à un million de mètres cubes. Des canaux d'irrigation distribuent ensuite dans les campagnes voisines cette eau précieuse. Mais plus loin, dans la direction de l'ouest, il faut recourir aux puits et aux pompes .

Agricnltnre. — Une humidité si pauvre ne peut convenir à la végétation forestière : aussi les arbres sont- ils extrêmement rares sur les plateaux de l'intérieur; le pays n'est couvert que de broussailles, de bruyères, de plantes épineuses, à la teinte uniformément grisâtre. C'est à peu près le maquis méditerranéen ; mais sur le flanc oriental des hautes montagnes de l'est, où les pluies se déversent en abondance, les forêts sont encore nombreuses, malgré les ravages qu'ont exercés à maintes reprises les incendies et la main de l'homme. On en retire de beaux bois de construction (2).

L'Afrique méridionale n'est pas un pays riche en céréales ; elle suffit à peine aux besoins de la consommation locale et l'Australie importe même de grosses cargaisons de farines. Le Transvaal oriental donne toutefois d'excellents grains, qui pourront alimenter un actif commerce

(1) Terres concédées par le gouvernement

du Cap : 1894. 41 .686. 000 hectares.

Non concédées à la m^'oie époque 16.501 .380 —

' Au Natal : Ck)ncédée8 4.403.000 —

Non concédées .éOO^OOO —

(2) Forête au Cap 138.&00hecteres.

d'exportation, quand les voies de communication seront améliorées et le pays définitivement réuni à la côte (1).

Le froment est la céréale la plus répandue dans le Cap ; le maïs est la nourriture préférée des gens du Natal, et le sorgho joue le même rôle dans les montagnes du Basoutoland.

Les légumes de tout genre sont nombreux et les fruits sont excellents, aussi bien ceux de l'Europe occidentale, pommes, poires, que ceux de la zone méditerranéenne, oranges, citrons.

La vigne pourrait devenir une des grandes richesses de la colonie. La production à Thectare est énorme, et s'il fallait en croire certains rapports, elle atteindrait parfois des chiffres prodigieux. Tandis que le> coteaux français'ne donnent en moyenne, dans les bonnes années, que 30 hectolitres à l'hectare, la proportion serait au Gap triple sur la côte el quadruple à l'intérieur. Mais il faut se défier de ces évaluations. La récolte totale ne dépasse pas, en effet, année moyenne, 200 à 225,000 hectolitres ; et comme la surface plantée en vignes est au moins de 7,000 hectares, on voit que la proportion n'est pas sensiblement plus forte que chez nous. Seulement la vigne n*a pas à souffrir au Gap de l'excès du froid ou de 1 humidité ; elle n'a pas à redouter les gelées de printemps ou d'automne. Les bonnes récoltes sont le cas général et les récoltes extraordinairement abondantes sont aussi fréquentes qu'en France les mauvaises. Mais en revanche, les planteurs africains connaissent aussi l'oïdium et même le phylloxéra; et le gouvernement colonial a sollicité naguère l'envoi d'une mission française pour combattre le fléau.

Les vins du Gap, et notamment les crus de Constance, ont joui longtemps en Europe d'une réputation méritée et l'exportation s'est élevée en certaines années jusqu*à 50,000 hectolitres. Mais de mauvaises conditions dans la préparation du vin et des fraudes nombreuses ont pendant quelque temps rebuté les acheteurs anglais ; une reprise est toutefois signalée (2).

Le tabac réussit partout sur le plateau et les Allemands y voient une ressource future pour leurs possessions du nord du fleuve Orange. La qualité des feuilles est supérieure et serait appréciée en Europe ; mais la consommation locale considérable absorbe presque tout le produit ',3].

(1) Cultures :

Le Cap 234.000 hectares.

Natal 82.000 —

État libre d'Orange 101 .000 —

Transvaal 2.020.000 —

Production du blé :

Le Cap (1894)..... 1.114.920 hectol.

(2) Culture de la vigne : Le Cap (1894) :

Nombre de pieds 85.706.974.

Production 215.000 hectolitres.

(3) Production du tabac au Cap (1894) 2.300 tonnes.

L es champs de canne à sucre du Natal sont productifs ; le même pays a planté dans d'excellentes conditions Tarbuste à thé^ qui donne déjà des récoltes assez abondantes pour encourager les planteurs (1).

Le chanvre et le coton sont les plantes industrielles qui méritent le plus d'être citées, mais c'est le régne animal qui fournit surtout la matière textile.

On calcule que Vélevage occupe au moins le tiers de la population : c'est une industrie très prospère dans la colonie du Cap elle-même et dans les républiques hollandaises ; et c'est, à vrai dire, la seule ressource des grandes plaines herbeuses de l'ouest.

Les chevaux sont relativement peu nombreux, et leur office habituel est rempli par les bcsufs, assez nombreux, quoique une bonne partie du pays ne soit pas favorable à l'élève du gros bétail. Le mouton^ par contre, est l'animal de ces pays un peu secs: les uns) indigènes, à grosse queue, sont d'excellentes bêtes de boucherie, les autres, améliorés par des croisements avec des races françaises et anglaises, fournissent une grande quantité de laine. Mais l'Afrique australe a été distancée, pour l'exportation de cette matière, par l'Australie et l'Amérique méridionale. Les essais d'acclimatation de la chèvre d'Angora, qui donne le poil de « mohair », ont parfaitement réussi. De même l'élève des autruches a fait de grands progrès, mais les caprices de la mode ont diminué le rendement, autrefois prodigieux, de ces troupeaux d'un nouveau genre (2).

La chasse est beaucoup moins productive qu'autrefois ; les nombreux animaux sauvages reculent devant les colons: ce n'est plus qu'au delà du fleuve Orange que l'on trouve les antilopes, zèbres, éléphants, rhinocéros, et lions naguère encore abondants.

L&péche n'a pas non plus grande importance dans un pays sans fleuves, mais les côtes sont poissonneuses.

Industrie. — Les colonies du Cap et les républiques des Boers sont sans aucun doute les pays d'Afrique où les richesses du sous-sol sont le plus abondantes et le plus variées.

Les mines de diamant méritent d'être citées en première ligne. Elles sont situées dans le Griqualand-West, non loin du confluent du fleuve Orange et du Vaal. Les gisements ne sont autre chose, d'après les travaux des géologues, que des bouches d'anciens cratères, que la pression des gaz aurait emplies de terre à diamant jusqu'à l'orifice. L'exploi-

(1) Production du sucre au Natal (1894) 30.401 tonnes.

— thé '— (1895) 331 -

(2) Élevage : ,

^ ^ Le Cap (1894). NaUa(1894}. État libre d'Orange (1890).

Bêtes à cornes 1 .930. 800 738. 440 895 .099

Chevaux 340.823 58.629 248.878

Mulets et ânes 95.149

Moutons 15. 154.758 969.469 6.619.992

Chèvres d'Angora et autres. 4923.348 346.099 858.155

Autruches 240.191 1.461

talion devient donc de plus en plus pénible à mesure qu'on creuse ; les carrières à ciel ouvert du début se sont transformées en mines souterraines, et les puits atteignent déjà une profondeur considérable, qui dépasse, pour certains d'entre eux, 150 mètres. Les principales mines sont dans les environs de Kimberley.

C'est en 1870 qu'a commencé le « rush » ; et la « fièvre du diamant » n'a cessé d'attirer dans ce pays des mineurs en grand nombre. Le Ilot des immigrants s'est encore accru, depuis que Kimberley est relié au Gap par une voie ferrée. Les mines ont produit, de 1870 à 1887, 7,000 kilogrammes de diamants, représentant une valeur de plus d'un milliard. La baisse forcée des prix, conséquence de l'afflux de la pierre précieuse, a diminué, pendant quelques années, le chiffre de la production, mais il s'est relevé depuis. Une compagnie française possède un certain nombre des concessions les plus importantes (1).

De l'autre côté du Vaal, dans la République Sud- Africaine, c est l'or qui attire les mineurs et les aventuriers. On en a découvert de nombreux filons très riches, dont l'exploitation a fait de grands progrès, surtout depuis que les chemins de fer pénètrent jusqu'aux gisements. Tous les procédés scientifiques les plus perfectionnés ont été employés pour extraire le métal de sa gangue ; aussi la production est-elle devenue intense, et un « rush » comparable à ceux de Californie et d'Australie s'est-il produit. Les gisements les plus connus sont ceux du Witwatvrsrand, non loin de Pretoria, autour de la ville « champignon » de Johannesburg; les mines de Kaap, à l'est, sur la ligne ferrée de Lourent,^ Marques sont aussi abondantes (2).

Diamant et or ne sont assurément que des ressources plus ou moins passagères ; les mines s'épuiseront vite, comme à Golconde et au Brésil, pour le diamant; en Californie et en Australie, pour l'or. Mais en attendant, elles auront attiré dans le pays des masses d'immigrants, dont une bonne part y restera ; forcés de chercher des moyens de subsistance, ils l'enrichiront plus tard par la culture ou par l'industrie. C'est le phénomène que nous avons vu se produire en Amérique et en Australie, et tout présage que l'Afrique méridionale aura la même histoire.

L'ar^en^ est beaucoup moins abondant, et les espérances que les Allemands avaient fondées sur ce métal dans le Namaqualand sont, de l'aveu même de leurs voyageurs, tout à fait chimériques.

La houille ne manquera pas, en revanche, de développer dans les Ëtals du Cap une active industrie, quand l'extraction, à peine commencée, sera faite avec plus de méthode, et les transports moins coûteux. Les gisements sont nombreux et souvent à fleur de terre, et si le minerai

(1) Exportation des diamants :

Par le Cap (1894) 75.000.000 francs.

De la Rép. d'Orange (1893) 10.000.000 —

(2) Extraction de Tor au Transvaal (1894) : 191.675.000 francs.

du Stormbergen (Natal) est de qualité médiocre, le charbon du Trans-* vaal est excellent. Les mines de combustible de ce dernier pays ont en outre l'avantage de n'être pas situées à plus de 150 kilomètres de la côte (1).

D'autres métaux, les uns précieux, les autres usuels, le fer, le cuivre^ le cohalty le manganèse, etc., sont exploités ou au moins signalés en maints endroits.

Mais malgré toutes ces richesses minérales, Vindustrie manufacturière est encore relativement peu développée dans la colonie du Cap et les pays voisins. Les colons, en possession de tant de richesses, ont compris toutefois l'intérêt majeur qu'il y avait pour eux à s'affranchir des envois de la métropole et des ateliere de tissage pour la laine se sont déjà créés ; mais en somme, le travail industriel ne s'applique encore qu'à la transformation première des produits de l'agriculture, lavage des laines , minoteries, tanneries, raffineries, distilleries. L'Afrique australe est encore un pays essentiellement agricole, mais qui possède toutes le» conditions nécesscûres au développement d'une puissante industrie (2).

Commerce. — L'Afrique méridionale est relativement bien outillée en voies de communication. Ce n'est pourtant pas que les fleuves offrent de grandes ressources ; ils sont absolument impropres à toute navigation. La mer, il est vrai, contourne tout le pays et les abris sont suffisamment nombreux ; mais les relations entre la côte et l'intérieur ne sont pas moin» difficiles que dans la plupart des auti*es pays d'Afrique, grâce au rebord surélevé du plateau, qu'on ne franchit qu'au moyen de rampes extrêmement raides. Ce n'est qu'à 1,800 et même 2,000 mètres que les routes et les chemins de fer, qui s'engagent dans l'intérieur, coupent la crête de ce rebord et pénètrent sur le plateau.

De bonnes routes existent au Cap, dans le Natal, mais, dans le reste du pays, elles ne sont guère praticables que pour les lourds wagons attelés quelquefois de vingt paires de bœufs qui servent au transport des hommes et des marchandises (3).

Les chemins de fer, d'assez récente importation, ont pris un grand développement depuis la découverte des richesses minérales du nord. Les Anglais ont d'abord voulu accaparer au profit du Cap et du Natal le transport de ces produits, puis' ils ont établi des lignes de pénétration dans leur zone d'influence, lignes stratégiques encore plutôt que véritablement économiques. D'autre part, le Transvaal a voulu se rendre indépendant

(1) Extraction de la houille :

Natal (1894^ 151 .520 tonnes.

Transvaal ( 1894) 812. 882 —

La houille est en outre signalée dans le Basoutoland, TÉtat libre d^Orange, les possessions de la 0« à Charte, etc.

(2) Industrie au Cap (1891) : 2.230 usines employant 32.735 ouvriers, produisant une valeur de 225.000.000 de francs.

(3) Routes dans la colonie du Cap : 12.872 kilomètres.

au point de vue des communications de ses voisins, dont il a toutes sortes de raisons de se méfier.

Pour le moment, les principales lignes sont celles du Cap et de Porl- Élizabeth à Kimberley, prolongée depuis peu sur Mafeking et que la South African G^ pousse actuellement vers le Zambèze, par le pays des Matébélés. Une autre est en construction de Beïra (possessions portugaises) au pays des Machona. East London est en communication avec la frontière de la république d'Orange, pendant que Durban, capitale du Natal, envoie une ligne sur Johannesburg et Pretoria, avec embranchement sur Harrismith (république d'Orange). Enfin Pretoria est jointe à Lourenço Marques, port qui joint à l'avantage d'être le plus voisin, celui de ne pas être anglais (1).

Les ports, qui appartiennent tous aux colonies anglaises, sont relaliTe* ment nombreux et en général bons : Port-Natal, la « marine » de Dur^ ban, East London, Port-Ëlizabeth, dans la baie d'Âlgoa, un des plus importants de la côte orientale, puis et surtout Cape Town, dont Timportance comme point de relâche a tant diminué depuis le percement de risthme de Suez, mais qui a profité de l'accroissement de richesse de l'Afrique australe. Sa rade est excellente et remarquablement sûre (2).

Le commei*ce proprement dit est actif et a fait de remarquables progrès depuis peu d'années. La découverte des richesses minérales a attiré un grand nombre d'immigrants qui ont augmenté sensiblement la population ; en même temps, pour installer les diverses industries, les chemins de fer, etc., il a fallu faire venir d'Europe les machines et instruments nécessaires; enfm, les céréales n'étant pas en assez grande quantité dans le pays, il faut en importer, c'est ce qui explique que, dans plusieurs des pays de l'Afrique australe, les importations soient plus considérables que

(1) CheiiiiDs de fer :

Le Cap (1894). Nalal(1894}. Transvaal (1895). Orange.

En exploitation. ... 3 . 927 klm. 646 klin. 682 klm. 7&9 klm.

En construction.. . »» » 620 — 84 —

En études — » 610 — 568 —

Voyageurs (colonie du Cap) 5.977.000

Marchandises — 1.003.221 tonnes.

(2) Mouvement des ports (1894) :

Colonie du Cap :

Navires. Jauge.

Entrées 802 1 . 723 . 528 tonneaux.

Sorties 793 1.715.806 —

les 5/6 du tonnage sont anglais.

Natal :

Navires. Jauge.

En trées 520 693 . 252 tonneaux.

Sorties 524 692.906 --

presque tout par navires anglais ou du Cap.

les exportations. Celles-ci sont alimentées surtout par les produits agricoles, ceux de l'élevage et des mines.

C'est la Gi'ande-Bretagne qui fait la presque totalité de ce commerce; VAUemagney le Portugal se partagent ce que les Anglais ne peuvent emporter; mais, si le Portugal le veut bien, il pourra profiter de ce fait que les deux ports de Lourenço-M arqués et de Beïra lui appartiennent pour prendre une plus grande part aux échanges. Quant à la France, elle ne joue, pour le moment, aucun rôle dans ces parages, mais on peut espérer que la possession de Madagascar modifiera cette situation (1).

La situation des Anglais est donc prépondérante dans l'Afrique du Sud; à leurs colonies véritables, ils ont ajouté, par toutes sortes de moyens, une immense zone d'influence qui les amène jusqu'aux grands lacs. Leur but, dont ils ne faisaient pas mystère, était de réunir, par une bande ininterrompue, leurs possessions du Cap à celles qu'ils se sont attribuées dans le nord de l'Afrique et en Egypte. L'opposition de la France les a empêchés d'y réussir lors de leur traité en 1894 avec l'État du Congo ; d'autre part, la vaillante résistance des habitants du Transvaal et le mouvement d'indignation de l'Europe tout entière les ont arrêtés lorsqu'ils ont voulu mettre la main sur la République Sud- Africaine.

(1) Commerce :

ImportaiionB. Exportations. Total.

Franci. Pranck Francs.

Colonie du Gap (1894) 390.000.000 345.000.000 635.000.000

(Avec Angl. et colon.) 237.000.000 235.000.000 472.000.000

Laines 40.000.000

Plumes d'autruches 11 .925.000

Vin 475 .000

Diamants 75.000.000

Or (du Transvaal) 175.000.000

Natal (1894)(commerce par mer). 57.975.000 29.940.000 87.855.000

(Avec Angl. et colon.) 71 p. 100 61 p. 100

Laines 11.500.000

Or 5.567. 000

Sucre 1.890.000

Houille 1 .550.000

Basoutoland (1894) 1.715.000 2.085.000 3.800.000

État libre d'Orange (1891) 40.515.000 (estimation)

Transvaal (1894) 161.000.000

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