‹ Précis de géographie économiqueChapitre 15 sur 182 · tonnes · texte numérisé non relu

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production est loin de suffire à notre consommation ; elle ne s'élève en effet qu'à 24,000 tonnes environ. Le plomb que nous produisons nous vient, pour la plus forte part, de Pon(péan (Ille-et-Vilaine), et de Fontgibaud (Puy-de-Dôme). Les départements de la Lozère, des Hautes- Alpes, de TAveyron et la Corse renferment aussi une certaine quantité de minerais plombifères.

On remarquera que nos mines de plomb sont situées en général bien loin des centres de production houillère. Il y a là une infériorité pour notre industrie métallurgique, une cause d'importation de minerais étrangers et d^établissement d'usines dans les ports mêmes où sont débarqués ces minerais.

Les minerais de plomb fournissent aussi une part d'argent (4 à 5 p. iOOO du poids brut).

Les pays étrangers qui importent en France le plus de plomb sont l'Espagne, rAutriche-Hongrie et l'Angleterre. Mais en général l'importation a lieu sous forme de métal déjà traité et préparé à l'usinage vraiment industriel (1).

Zinc, manganèse, etc. — Nous sommes fort pauvres en minerais de zinc; le Gard {Robiac) et le Var ont les principales mines. La production totale est de 74,000 tonnes. Enfin à la production française s'ajoute celle de TÂlgérie. L'Allemagne, la Belgique, les colonies hollandaise> de l'archipel de la Sonde sont nos principaux pourvoyeurs (2).

Quant nous aurons cité les gisements de manganèse de Saône-et-Loire ( Romanèche) et de lAriège , d'anlimoine de l'Auvergne et de la Corse nous aurons indiqué les principales sources de production de minerais français. On peut dire que les ressources de notre pays en minerais sont médiocres; les conditions naturelles de l'industrie métallurgique n'y sont donc point très favorables. La distribution géologique des terrains a rendu le nombre des exploitations fort restreint et l'extraction ellemême bien souvent difficile. En revanche nombre de nos colonies regorgent de richesses minérales.

Le sel. — Le règne minéral donne à notre alimentation un précieux condiment, le sel, qui est en même temps une matière de plus en plus utilisée par les usines à soude.

(1) Production du plomb dans les principaux États

Espagne 349.000 tonnes

Iles Britanniques .. . 148.000 —

Colonies Anglaises.. 97.070 —

Autriche Hongrie 101.000 —

Italie 29.000 —

France 24.000 tonnes.

Algérie %80 —

Suède 20.000 —

(3) Production du zinc dans les principaux États :

Espagne Ot.OOO tonnes.

Allemagne 788.000 tonnes

États-Unis 218.000 —

Italie 133.000 —

France 74,400 —

Suède 55.000

Autriche 30.500 —

lies Britanniques ... 24.100

Algérie %4.400 — i Belgique 11.000 —

INDUSTRIES DÉRIVÉES DU RÈGNE MINÉRAL. 6d

V La France est riche en sel. D'une part, elle possède une grande étendue de côtes assez plates pour qu'on y installe des marais salants ; d autre part, les mines de sel gemme sont fort importantes en Lorraine.

La zone des marais salants est très nettement déterminée par la géographie, sur nos côtes de TOcéan et de la Méditerranée. Sur le littoral atlantique, les basses plages voisines des embouchures de la Loire et de la Gironde sont aptes à Tévaporation des eaux de mer à laquelle travaillent le vent et le soleil. Les plus vastes étendues sont comprises dan les départements de la Charente-Inférieure, de la Vendée et de la Loire^ Inférieure. Sur le littoral méditerranéen, remplacement naturel est la côte plate du Bas-Languedoc et la petite région de la Provence occiden* taie, où les ramifications montagneuses ne touchent point la mer. Hérault, Gard, Yar et Bouches-du-Rhône sont les principaux départements producteurs de celte région.

Le sel gemme est exploité dans les mines de Lorraine et de Franche- Comté. La guerre de 1 870-7 1 nous a fait perdre les belles salines de Vie, de Dieuze^ de Chambrey près Chàteau-Salins dont le nom est significatif; mais ce malheur a été compensé par le développement des exploitations de la région de Meurthe-et-Moselle, des mines de Varangéville, Saint- SieolaSf Rosières-aux-Salines, etc. La Franche-Comté tire un produit beaucoup moindre des sources salines (Salins), dont on fait évaporer les eaux. Enfin, le même procédé est employé pour mettre en valeur quelques sources des Pyrénées occidentales, du département des Basses-Pyrénées en particulier.

La quantité extraite annuellement par ces deux méthodes dépasse i 100 000 tonnes. Le produit des mines et des marais tend à s'accroître; en outre, on observe que les marais salants de la Méditerranée sont plus prospères que ceux de TOcéan. Cela tient à deux causes, à la régularité du niveau des eaux de cette mer, et surtout à Tintensité de Tévaporation ^us un ciel plus chaud. La France suffît à sa consommation, ce qui d'ailleurs n'empêche point des échanges.

Lea carrières. — Nous avons beaucoup plus de carrières que de mines proprement dites et le produit en est, en moyenne, beaucoup plus réniunérateur : notre sol renferme, à peu d'exceptions près, toutes les espèces de pierres usitées dans la construction des voies et des édifîces, ou employées par les beaux-arts.

Le dur granit abonde dans les terrains primitifs de France, dans les Alpes, les Vosges, le Massif Central, les monts de Bretagne, de Vendée et du Cotentin. On Ta tout naturellement exploité dans les zones les plus voisines de nos grandes agglomérations urbaines, surtout de Paris; car c est, à cause du prix du transport et des frais d'extraction, une matière de luxe. Ainsi, les carrières de granit les plus importantes sont celles des iles Chausey et du Cotentin, aux environs de Vire. C'est bien là, en effet, presque géométriquement, la série des couches granitiques le mieux à portée de Paris et des autres riches et grandes villes du nord. Le granit des Chausey et de. Vire est, en outre, d'un grain fin, d'une

belle nuance grise. Les Vosges et la Corse fournissent des granits d'autres couleurs employés aussi pour la construction des monuments.

L'exploitation des pierres de taille tirées de masses d'un calcaire plus ou moins grossier, est fort développée aux environs mêmes de la capitale et des grandes villes. Â la même catégorie géologique appartiennent les moellons, de moins forte dimension et de structure moins régulière. Pierres de taille et moellons existent en abondance dans notre sous-sol, puisque les terrains secondaires et tertiaires qui les renferment comprennent la plus grande partie de la France. Leur variété est très considérable ; pierres sèches, pierres dures sont exploitées dans le voisinage de la plupart des grandes villes ; la présence de ces matériaux a contribué beaucoup à déterminer autrefois l'emplacement des cités.

11 n'y a pas, à vrai dire, de détermination géographique des carrières ; presque toutes les régions de la France sont aptes à cette industrie, qui occupe i 15 000 travailleurs dans plus de 36 000 carrières. Le géographe n'a donc pas à énumérer les groupes d'exploitation de la pierre de taille. Citons seulement les carrières dont le travail constitue autre chose qu une petite industrie locale et donne matière à un commerce de quelque valeur.

Les départements voisins de Paris en comptent un grand nombre, Alfort, Bagneux, etc. ; Château-Landon (Seine-et-Marne), dont les pierres de taille ont beaucoup de réputation ; Chantilly et Saint-Leu^ dans l'Oise. A l'est, la Lorraine, avec ses blocs énormes de Lérouville, de Commercy, etc., la Bourgogne, avec nombre d exploitations du calcaire jurassique {Tonnerre), occupent beaucoup de carriers. A l'ouest, les pierres de Saint-Vaast, en Normandie, de Caen, àWngoulème, sont les plus réputées.

La craie est d'un usage beaucoup plus restreint, l'objet d'une exploitation beaucoup moins active.

Les ardoises, employées pour la couverture des toits et pour le dallage, sont extraites des énormes couches de schistes argileux des environs d'Angers, surtout de Trélazé, puis de Fumay dans les Ardennes. G*est là une industrie extractive importante et concentrée dans un petit nombre de régions, précisément à cause de la rareté des beaux schistes argileux ; voilà une localisation géographique bien nette indiquée par la géologie.

Le marbre, de qualités et de colorations très diverses, abonde en France. Mais, d'une part, son extraction est coûteuse et difficile, et d'autre part, il a fallu beaucoup de délicatesse, de tact et d'expérience, pour arrêter le choix des industriels sur les plus belles variétés. Longtemps, la France fit venir de l'étranger des marbres que renfermait son sol ; aujourd'hui encore, nous manquons des marbres blancs si recherchés des artistes, tels que ceux de Carrare.

Les Pyrénées sont la principale zone de production des marbres. Le marbre blanc de Saint-Béat (Haute-Garonne) est le plus proche du Carrare par la finesse de son grain. Citons encore celui de Campan et les marbres jaunes de Castéra-Verduzan (Gers).

A Test, les Ardennes (Givet), les Vosges, les Alpes, avec plusieurs variétés de marbres noirs et jaunes, la Corse, enfin, très riche en cette matière, ont le plus grand nombre de carrières.

Au nord, on estime les marbres gris de Maubeuge et de Boulogne; à Touest, les marbres noirs de Sablé, dans la Sarthe. Mais ces carrières sont loin d avoir l'importance de celles des Pyrénées.

Le grès, roche siliceuse employée dans la construction , le pavage, la poterie, est tiré des Vosges et des carrières de la forêt de Fontainebleau,

La meulière, dont l'exploitation est beaucoup moins active depuis la diffusion des moulins à cylindres, est tirée des carrières de Bergerac (Dordogne), de Saint-Fargeau (Yonne), et surtout de la Ferté-sous- Jouarre (Seine-et-Marne).

Un des éléments les plus importants de l'industrie du bâtiment est le plâtre exploité dans les riches carrières des environs de Paris. La chaux provient des départements de la Seine, de Seine-et-Marne et de Seine-et- Oise, de TYonne, de l'Allier et de la Mayenne.

11 est une exploitation minérale que le développement de l'agriculture savante a rapidement encouragée de nos jours, c'est celle des engrais. Depuis de longues années, les marnes étaient employées à cet usage. Maintenant, on s'applique surtout à l'extraction des phosphates de chaux, très abondants en Normandie, en Champagne, en Lorraine et d'une manière générale dans les terrains jurassiques.

Les matières premières des industries artistiques et delapoterie,a/6d^re, argile, grès, kaolin, ne manquent pas davantage au sol français. Nous le constaterons en étudiant la localisation des industries qui en sont dérivées.

Les eaux minérales. — L'exploitation des eaux minérales est une des industries extractives les plus importantes de notre pays. Les sources ferrugineuses, sulfureuses, salines, etc., se rencontrent dans un grand nombre de régions, surtout dans les pays de montagnes où les couches géologiques ont été plus particulièrement remuées. On a exploité ces eaux de préférence dans les sites les plus capables d'exercer sur les malades une influence salutaire. La géographie pittoresque a été consultée comme la géologie, et Ton s'en est tenu à l'aménagement des sources les plus favorables à tous égards.

Au sud-ouest, la région des Pyrénées compte nombre de sources d'eaux minérales, Cautei'ets, Bagnères-de-Bigorre et Barèges (Hautes-Pyrénées), les Eaux-Bonnes et les jBaud:-CAaM(/es (Basses-Pyrénées), Bagnéres-deluchon (Haute-Garonne), Amélie-les-Bains et Le Vernet (Pyrénées-Orientales) sont des sources sulfureuses réputées.

Le Massif Central, qui renferme nombre de formations volcaniques, c'est-à-dire les laboratoires souterrains les plus actifs de sources miné- Miles, est également bien partagé. Au premier rang sont les stations de l'Auvergne, dans les départements du Cantal et du Puy-de-Dôme, La Bcmrboule, Royal, le Mont-Dore, qui, avec Vichy (Allier), reçoivent le plus grand nombre de visiteurs. Citons encore Vais (Ardèche), Saini-Galmier

(Loire) et Bourbon-VArckambault (Allier). Les sources de cette région sont fort diverses et appropriées au traitement de nombreuses maladies.

Dans les Alpes, les stations les plus fréquentées sont Aix-les- Bains (Savoie) et Vriage (Isère). La qualité exceptionnelle des eaux chaudes et sulfureuses d'Aix-les-Bains, déjà exploitées au temps de la domination romaine, leur vaut la visite d'un bon nombre d'étrangers.

Les sources de Salins, et les autres sources salines du Jura, sont beaucoup moins recherchées que celles des Vosges. Les propriétés curalives des eaux, la beauté des sites, une vogue traditionnelle, rendent célèbres les noms de Bussang, de Contrexêville, de Plombières et de Bourbonne-les- Bains,

A ce groupe des Vosges se rattachent les sources minérales d'Alsace, dont nous avons perdu la propriété et qui sont justement célèbres, celles de Niederbronn et de Soulzmatt.

L'exploitation des sources d'eaux minérales représente une part importante des revenus des pays montagneux si pauvres à tanl d'égards. C'est une ressource qui a contribué, dans des provinces où la vie d'isolement s'imposait sur de vastes espaces, à former des agglomérations urbaines et à susciter les industries qui en sont la conséquence naturelle.

Résumé de la prodaction des mines et carrières. — La France, on le voit, n'est pas parmi les pays les plus favorisés au point de vue de la richesse minérale. Sauf pour le sel, et pour les pierres, nous sommes obligés de compter sur l'étranger. Le minéral qui nous manque, en somme, le plus, c'est la houille, et cette pauvreté se répercute sur toute la production minérale. C'est beaucoup ce fait qui explique la faible exploitation du fer, l'abandon des mines de cuivre. L'extraction est plus chère, lorsque le combustible minéral manque ou revient à un prix trop élevé.

1^ 11. — Mise en œuvre et transformation en objets industriels des matières premières minérales (1).

Aperçu général. — Les industries purement exlractives intéressent la géographie au premier chef, parce qu'elles montrent bien encore l'homme sous la dépendance des causes naturelles, et indiquent d'une manière brutale ses rapports avec le sol. A mesure qu'on s'éloigne de l'étude de cette première forme d'industries, pour examiner les industries plus compliquées et plus ingénieuses qui en dérivent, il devient moins facile de marquer le lien matériel qui nous attache à la terre natale et nous rend étroitement responsables de sa prospérité. Les causes historiques, commerciales, les influences sociales de tout genre, s'enche-

(1) Il nous arrivera souvent d'employer, au cours de ce chapitre, le terme d' « industries préparatoires » pour désigner les industries qui opèrent la première transformation des matières premières minérales en objets industriels. Nous savons que l'économie politique prend ce terme dans une autre acception. Mais on comprend que le géographe ne considère pas du même point de vue la série des transformations de la matière.

Têtrent et compliquent ou détruisent l'action des causes purement physiques. 11 n'en résulte pas que le géographe doive se désintéresser de l'étude de ces industries moins primitives, mais il ne doit les décrire qu autant qu'il peut en montrer le rapport, proche ou lointain, immédiat ou médiat, avec la condition physique des régions naturelles, en tant aussi qu'elles contribuent à donner à la France un caractère spécial, et à marquer sa place parmi les autres puissances du monde, à montrer dans quel sens s'exerce et doit s'exercer son activité.

Industries dérivées de la hoaille. — On peut dire qu'en somme toutes les industries sont sous la dépendance plus ou moins étroite de la production houillère : matière première, élément de transformation chimique, même de force motrice, la houille se retrouve partout comme un aliment presque indispensable du travail industriel. Mais elle donne lieu elle-même, par ses transformations en produits secondaires, à plusieurs industries. Telle est la fabrication si intense du gaz d'éclairage, qui a fait naître elle-même une quantité presque innombrable d'autres industries : le cofte, les teintw*es, qui remplacent de plus en plus les couleurs, végétales, les parftims, sont les résidus de la fabrication du gaz.

Fontes, fers et aciers. — Le minerai de fer, retiré du sol et trié, est soumis tout d abord à une série d'opérations qui le convertissent en fonte, en fer et en acier. Décrire ces opérations et les instruments qui permettent de les accomplir n'est point l'office du géographe. Nous n'avons donc ici qu'à examiner la distribution de ces industries sur le sol français et à en comparer le développement avec celui auquel sont arrivés les autres peuples civilisés.

La production de la fonte est en progrès constants chez nous depuis le commencement du siècle. Ce n'est pas que le nombre des hauts fourneaux se soit accru; au contraire, il a sensiblement diminué. On en comptait environ 600 vers 1850; il n'y en a plus que 106 aujourd'hui (1893). Mais l'outillage et les procédés se sont en même temps perfectionnés, et la quantité de fonte produite a suivi une marche ascensionnelle presque régulière. Après la crise des années 1883 à 1886, une loi protégeant les fontes françaises contre les produits de l'étranger a amené une remarquable reprise des affaires. Nous produisons actuellenîent un peu plus de 2 millions de tonnes de fonte (1). Les départements qui en produisent le plus sont, en première ligne celui de Meurlhe-et- Moselle qui, à lui seul, a fourni 1 216 000 tonnes de fonte, c'est-à-dire sensiblement plus que la moitié de la production totale, puis le Nord, Saone-et-Loire, etc.

La France n'occupe que le quatrième rang pour la production des

vO Production de la fonte depuis 1820 :

1820 115.000 tonnes.

fontes, il faut ajouter que la tonne de métal revient à un prix plus élevé chez nous que chez la plupart de nos rivaux ; seuls, les Étals-Unis et rAutriche-Hongrie produisent à moins bon compte (1).

Le fer y employé pour les constructions, beaucoup moins pour les rails, depuis les progrès de la fabrication de Tacier, est traité dans nos hauts fourneaux en quantités de plus en plus considérables depuis le commencement du siècle. Le moment où cette production s'est élevée au plus haut chiffre est l'année 1882. Depuis, la concurrence de l'étranger, mieux fourni que nous en houille, a amené une dépression assez grave pour inquiéter les industriels (2).

Le nombre des fours et des usines qui travaillent le fer a diminué, tandis que la production du métal se développait. Le travail s'est de plus en plus concentré ; les grandes agglomérations industrielles ont remplacé la multitude des petites exploitations dont les propriétaires étaient mal pourvus d'outils et dénués des capitaux nécessaires pour fabriquer dans des conditions avantageuses.

C'est la métallurgie de Vacier qui a fait en France les progrès les plus rapides. Grâce aux innovations de Bessemer, Siemens et des frères Martin, la production de ce métal jadis fort cher et, pour cette raison, peu employé, n'a cessé de s'accroître jusqu'à nos jours. En même temps que la production s'accroissait, le travail des aciers s'améliorait, et nous pouvons aujourd'hui soutenir la concurrence au point de vue de la qualité avec les aciéries d'Angleterre, d'Allemagne et des États-Unis,

(I) Production de la fonte, et prix moyen de la tonne dans les principaux États :

lies Britanniques 7 . 089 . 000 tonnes se vendant. 57 francs la tonne.

Allemagne 4.404.000 — ... 54 — environ.

France 2.003.000 — ... 58 ^

Russie 1.0Î9.000 — ... ? —

Autriche-Hongrie 072.000 — ... 91 —

Belgique 745.000 — ... 48 —

(3] Production des fers depuis 1820 :

1820 80.000 tonnes.

1869 904.000 tonnes.

Production du fer et prix moyen de la tonne dans les principaux États :

États-Unis 4.085.000 tonnes se vendant 129 francs la tonne.

Allemagne 1.170.000 — ... 147 -

lies Britanniques.... 1.364.000 — ... ? —

France 808.000 — ... 173 -^

Autriche-Hongrie — 331.000 — ... 188 —

qui donnent pourtant des produits annuels quatre, cinq et huit fois plus abondants (1).

Antres métaux. — Nous avons constaté la pauvreté du sol français en métaux autres que le fer. 11 en résulte que nos industries métallurgiques sont réduites à s'approvisionner en grande partie de métaux en lingots, gueuses ou saumons, et non de minerais. Le traitement de ces métaux se fait chez nous dans des proportions fort restreintes. Tandis que le fer subit en France toute la série de ses transformations et occupe nos ouvriers depuis le moment où on le retire du sol en minerai jusqu'à celui où il devient machine, les autres métaux ne sont travaillés chez nous que dans les centres d'industries purement mécaniques. Les 3 ou 4 000 tonnes de cuivre que nos ateliers travaillent chaque année sont non seulement le résidu de minerais étrangers, mais encore et surtout des cuivres ayant déjà subi dans les usines non françaises plusieurs séries de préparations. On comprend que, dans ces conditions, le géographe n*ait pas à s'occuper de ces branches de notre industrie.

Localisation géographique des hauts foomeanz. — L'activité des hauts fourneaux de France s'applique donc surtout au travail de préparation des fontes, fers et aciers nécessaires à l'alimentation des industries mécaniques.

Les hauts fourneaux se sont établis tout d'abord dans les régions qui produisent à la fois houille et minerai de fer en abondance et à bon compte. Et des deux facteurs, la houille est sans contredit le plus important. Toutefois, par exception, il peut arriver que des hauts fourneaux s'élèvent dans des pays dépourvus de houille, ou même dépourvus de houille et de fer. Cette anomalie s'explique par la facilité des échanges qui a, de nos jours, diminué l'importance économique des frontières et celle des dislances. Du jour où le commerce international a pris une extension considérable, l'industrie s'est dégagée en partie du lien qui rattachait au sol. C'est pour cette raison que la métallurgie s'exerce d'une manière bien plus lucrative dans des régions privées de houille, mais heureusement placées pour recevoir à vil prix le combustible étranger, que dans le voisinage de telle houillère médiocre de notre pays. Nos hauts fourneaux de l'est en sont un exemple. De même les

'1) Production des aciers en France depuis 1826 :

1826 5.000 tonnes.

1866 49.000 tonnes.

Prodaction des aciers et prix moyen de la tonne dans les principaux États :

États-Unis 4.8U .000 tonnes se vendant. 125 francs la tonne.

Allemagne 3.102.000 — .... 136 —

Iles Britanniques .. . 2.803.000 — ? —

France 664.000 — «5/ —

Belgique 225.000 — .... 128 —

Suéde et Norvège.. 160.000 — ? —

grands ports de France ont des forges que la houille anglaise alimente à des conditions avantageuses; on y reçoit aussi le minerai dont le transport par voie de mer est peu coûteux.

Jadis le voisinage de forêts abondantes était un encouragement à la création des hauts fourneaux. Aujourd'hui on produit de préférence les fers avec le coke, dont le prix de revient est beaucoup moins élevé : cette modification dans les usages de l'industrie a amené une crise qui a fort éprouvé les régions adonnées au travail des métaux par les feux de bois.

Dans leur répartition actuelle, les hauts fourneaux peuvent être rangés en trois groupes principaux, lun à Test, l'autre au nord, le troisième au centre. Les régions de Touest, du sud-ouest et du sud-est sont beaucoup moins importantes.

1*> Groupe de VEst. — Nous comprendrons dans ce vaste groupe de Test les forges et hauts fourneaux de Lorraine, de Champagne et de Franche-Comté.

Les hauts fourneaux de Lo/rat/ie, Nancy (ChampigneuHes, Jarville, etc.), de Frouard, Pompey, Pont-à-Mousson, Longtoj/, Stenay, doivent leur existence à la découverte de minerais de fer excellents, faciles à exploiter, et au voisinage des houillères de la Sarre. La séparation de l'Alsace et de la Lorraine nous a fait perdre un grand nombre des hauts fourneaux de cette zone, et la propriété du terrain houiller. Mais l'industrie a persisté et s'est développée quand même. Bien plus, grâce aux progrès de la circulation par canaux en France et aux meilleures combinaisons de tarifs de nos compagnies de chemins de fer, les houilles de Flandre font maintenant une concurrence victorieuse à celles de l'Allemagne. Les récentes découvertes qui ont révélé dans l'arrondissement de Briey des gisements de minerai plus facile à déphosphorer que celui des régions voisines ont contribué à développer en Lorraine la production de l'acier. Nous avons déjà constaté, en étudiant l'exploitation des minerais, que le groupe lorrain était le plus important de notre pays pour la valeur de la fonte tirée des hauts fourneaux. Nancy et les villes qui l'entourent travaillent surtout à préparer des fontes et des fers; Longwy au contraire produit une proportion d'acier beaucoup plus considérable.

La Champagne fut jadis, avec la Flandre, une de nos premières provinces par le nombre et l'activité de ses hauts fourneaux et de ses forges. L'appauvrissement des forêts, la concurrence des fours à coke qui fonctionnent à meilleur compte, ont gravement éprouvé cette prospérité. La diminution des produits a été surtout sensible dans la Haute- Marne. Vassy et Saint-Dizierf si riches en minerai, ont le plus souffert de cette crise. Dans le pays ardennais, Churlevilley grâce au voisinage des bassins houillers de France et de Belgique, a maintenu TacLivité de ses hauts fourneaux. Joinville et le Val-d'Osne doivent à leur spécialité de fontes artistiques d'avoir conservé une partie de leur prospérité d'autrefois.

La Bourgogne^ riche en minerais comme la Champagne, possède des hauts fourneaux importants, surtout ceux de Chdtillon, dans la Côted'Or; on est d^à plus près des houilles du Massif Central.

Entre la zone des hauts fourneaux champenois et bourguignons et celle de Lorraine, la Meuse produit aussi des fontes et des fers estimés.

La Franche-Comté a beaucoup perdu de sa richesse depuis qu'on a abandonné la fabrication des fontes au bois. Toutefois ses hauts fourneaux de C/iampagnole (Jura) et d*Audincourt (Doubs) conservent leur réputation.

L'Alsace contribuait largement autrefois à Tapprovisionnement en fontes et en fers des industries mécaniques de France. Les forges et hauts fourneaux de Belfort sont tout ce qui nous reste de ce riche groupe ; au reste l'immigration d'ouvriers alsaciens, exilés volontaires ou involontaires, a encore développé l'activité de la région de Belfort déjà importante avant la guerre. Le voisinage des houillères de la Haute- Saune est d'ailleurs une condition favorable.

29 Groupe du Nord. — Le groupe du nord offre un contraste frappant si on le compare avec le précédent. Flandre et Artois sont riches en houille, pauvres en minerai de fer. C'est un état plus avantageux que celui de nos départements de l'est, mais beaucoup plus encore pour le développement des industries mécaniques que pour l'établissement de hauts fourneaux. Pourtant on y transforme en fonte, fer et acier beaucoup de minerais importés des régions voisines, en même temps qu'on reçoit des métaux déjà préparés. Au sud-est du département du Nord, Maubevge, Trélon et FourmieSy qui ont des mines à proximité, fournissent beaucoup de fonte et de fer.

Lille, avec son fameux faubourg de Fivcs, est aussi le centre de fabrication des fers, des fontes, et produit une grande quantité d'aciers. Ënfm le bassin de Valenciennes est tout naturellement au premier rang et traite aussi sous ces trois formes les minerais importés. Chaque district d'exploitation houillère est en même temps le siège de ces industries élémentaires, préparatoires de la métallurgie.

3» Groupe du Centre, — Au centre sont réunies les deux conditions de prospérité des hauts fourneaux et des forges. Le minerai de fer est commun et de bonne qualité ; la houille est abondante. Cependant les deux richesses ne se rencontrent pas toujours l'une à côté de l'autre, dans un voisinage immédiat, de sorte que les centres métallurgiques se sont développés, ici près des houillères, là près des gisements de minerai. C'est comme une série d'Ilots plutôt qu'un groupe compact ; et les départements qui en font partie, Haute-Loire, Allier, Rhône, Loire, Nièvre, Saône-el-Loire sont fort distants les uns des autres.

Au premier rang se place le département de Saône-et-Loire avec les vastes usines du Creusol, les plus considérables de France tant pour la quantité des métaux employés que pour la multiplicité de leurs usages industriels. Fontes, fers, aciers, ses nombreux ateliers de forge, ses Wngt hauts fourneaux produisent tout en quantité énorme. Mais les

minerais indigènes ne suffisent pas à alimenter une pareille industrie ; et d'ailleurs, pour des emplois si complexes, il faut des qualités très variables de minerai. Lorraine, Champagne, Algérie, envoient vers le Creuset les produits de leurs mines (1).

Dans les départements de la Loire et du Rhône le caractère d'industrie perfectionnée s'accentue encore davantage. L'œuvre de transformation du minerai en fonte n'y est qu'accessoire et exceptionnelle, te minerai étant tout à fait rare et de mauvaise qualité dans cette région. En revanche la houille ne fait point défaut, Saint-Étienne en approvisionne aisément de nombreuses forges. Les villes industrielles de la Loire et du Rhône comme Saint-Étienne, Givors, Saint-Chamond, Rive-de- GieVy Terre-Noire, Firminy, donnent, avec le Creuset, les meilleurs aciers de France, et surpassent même par l'abondance de ce métal la célèbre usine de Saône-et- Loire (2).

Decize et FourcfiambauU, dans la Nièvre, Commentry dans l'Allier, Bourges et Vierion dans le Cher, transforment en blocs de métal beaucoup de minerais de fer et possèdent un grand nombre de hauts fourneaux.

En somme le groupe du centre est le plus important de toute la France pour la production de l'acier.

Autres groupes. — Telles sont les régions naturellement appelées à voir se développer les industries préparatoires des hauts fourneaux et des forges. On retrouve encore ces industries dans les départements qui renferment de la houille ou qui peuvent recevoir par mer minerais et combustible.

Tout d'abord le Gard doit à son bassin d'Aiais une certaine activité métallurgique. Bessèges y produit beaucoup d'acier, et les forges d'Aiais se livrent au même travail.

Puis c'est VIsère qui doit à l'excellente qualité des minerais de fer spathique des Alpes de fabriquer de Tacier recherché. Allevard, Vienne et Voiron ont les hauts fourneaux et les forges les plus nombreux.

Au sud-ouest, en dehors du district de Decazeville, les agglomérations industrielles de ce genre ne sont point très considérables. Les Landes, le Périgord et les Pyrénées, malgré la qualité exceptionnelle de leurs minerais, n'ont plus que de médiocres groupes de hauts fourneaux et de forges depuis que le procédé catalan de foute au bois a été abandonné.

Citons encore à l'ouest les hauts fourneaux et forges de Paimponi en Bretagne, puis les forges d'Ivry (Seine) fournissant de fontes une partie du marché de Paris, enfin Montataire (Oise).

(1) Production des usines du Creuset en 1893:

Fontes 80.485 tonnes.

Fers 85.532 —

Acieri 57.474 —

(2) Production de l'acier dans la Loire en 1893 (moins Givors) : 58.039 tonnes.

INDUSTRIES DÉRIVÉES DU RÈGNE MfKÉRAL. 19

Sur la Méditerranée Tinduslrie des constructions navales a amené lélabUâsement de forges à Marseille, la Ciotat et surtout la Seyne, Sur lOcéan Tusine de la marine nationale à Indret ; les chantiers de la Loire ^Sainl-Nazaire) et de la Gironde (Bordeaux) ; sur la Manche la succursale des chantiers de la Méditerranée au Havre ont aussi leui^s forges. Dan ces lieux c^esl Tindustrie savante qui a amené Texistence de Tindustrie préparatoire ; ce n'est plus un effet de la richesse du sol en matières premières. La volonté de Thomme a groupé comme il convenait l'ensemble compliqué des travaux qui forment la métallurgie ; elle a dirigé la nature au lieu de se plier simplement à ses inspirations. Mais il y a toujours une raison géographique de cette activité, et Tanomalie n est qu'apparente. Le Havre, par exemple, n'a ni mines de fer ni gisements houillers, rien de ce qui constitue un encouragement à Tindustrie métallurgique, dans son voisinage continental ; mais cela n'empêche point un voisinage d*autre genre, beaucoup plus important en somme, au point de vue des transports. La mer étant la meilleure des voies de communication pour l'échange des matières encombrantes et aussi la moins coûteuse, il se trouve qu'en réalité houilles et fers de la France du nord, de la Belgique, de TÂnglcterre, sont aux portes de notre grande cité marchande du nord. Marseille reçoit à meilleur compte les minerais d'Algérie que ceux des Alpes et du Massif Central; en matière commerciale la distance est compensée par la facilité du transport et la qualité des produits.

Résumé. — Ainsi en dehors de cette exception qu'expliquent le bon marché et la commodité des transports par mer, les forges et hauts fourneaux sont répartis en France dans les régions qui recèlent de la houille et des rainerais, ou seulement Tun de ces aliments de Tindustrie. Au nord une richesse surabondante en combustible minéral compense la médiocrité des mines de fer de la région; au reste la production des. fontes, fers et aciers en lingots n'est, dans ce pays d'industrie savante, qu'un prélude obligé et non une occupation principale. En Lorraine et en Champagne la production des blocs de métaux est au contraire une fonclion dominante : la houille n'y est pas à portée pour susciter la naissance d'industries mécaniques ; on y prépare donc surtout, soit la matière métallique pour les usines des autres régions, soit des pièces de fonte et de forge d'un travail assez élémentaire. Le groupe du centre, dans lequel OD pourrait comprendre en somme toutes les zones houillères de l'intérieur ou de la bordure du Massif Central, possédant combustible et minerai, rappelle plutôt, par son genre de travail, celui du nord.

Les autres groupes, sauf ceux de la Seine et des départements maritimes, n'ont qu'une importance secondaire.

Transformation des matériaux extraits des carrières. — Parmi les matériaux tirés des carrières, les uns, pierres de taille, moellons, ne reçoivent qu'un traitement des plus rudimentaires qu'on ne saurait décorer du nom d'industrie; le seul mérite de l'intervention de l'homme a simplement consisté à découvrir les couches géologiques les plus favorables à

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rextraction. Les autres, marbres artistiques, albâtres, porcelaines, argiles tirent au contraire toute leur valeur de Thabileté et de la fînesse du travail humain. La part de la nature est réduite à presque rien ; partant, il ne saurait y avoir localisation géographique de ces industries. La matière va chercher Thomme dans les groupes les plus civilisés ; notre indépendance à Tégard du sol est complète ou du moins il s*en faut de peu. Les traditions séculaires expliquent souvent la distribution géographique des centres industriels de ce genre.

Mais il est des modes d'exploitation du sol qui sont intermédiaires entre l'extraction brute et la transformation vraiment artistique. Telle est la fabrication des plâtres dans le bassin de Paris. L'emplacement de cette industrie peu compliquée est déterminé par la présence, aux environs de la capitale, de couches de sulfate de chaux d'une grande abondance. Citons les importantes plâtrières de Pantin^ de CkâtiUon, de yoUy, d'Épinay, etc., etc.

Les fours à chaux se sont établis dans les pays riches en carbonate de chaux, à Bougival près Paris, à Vichy dans TÂllier, dans la Mayenne, où les environs de Laval en possèdent un grand nombre. Enfin la chaux du Teil est célèbre en France et à l'étranger.

Le travail des ciments et des chaux hydrauliques appartient à la même catégorie : l'emplacement des fabriques est même plus strictement indiqué encore, puisqu'il faut, pour ces emplois, des chaux de qualité spéciale. Boulogne, dans le Pas-de Calais, Grenoble, Saint-Dizier et Vassy produisent les meilleurs ciments. Boulogne doit beaucoup de sa richesse à cette industrie.

Enfm la transformation de largile en briques et en tuiles exerce au même degré l'activité industrielle. Les pays les plus riches en argile plastique se livrent à ces travaux. Les briques de Bourgogne sont le> plus célèbres par leurs qualités de résistance et de durée. Les départements de Flandre, d'Artois, de Picardie et de Normandie, où les carrières de pierres vulgaires de construction sont rares et qui possèdent de l'argile en abondance, emploient beaucoup la brique. Au sud-ouest la fabrication est surtout active dans la Dordogne et la Vienne.

C'est là d'ailleurs une industrie qui se développe à mesure que les poutres de fer remplacent les madriers de bois. La brique s'associe mieux que le moellon aux constructions dont le fer forme la charpente. A Paris même, où les matériaux sont abondants et à portée, la brique est de plus en plus employée.

§ m. — Industries mécaniques, chimiques, artistiques dérivéei du règne minéral.

Les industries extraclives et celles qui mettent en valeur d'une manière élémentaire les produits minéraux sont sous la dépendance plus ou moins étroite des conditions géologiques ou géographiques. Or, à mesure que la valeur du travail humain, plus savant et plus complexe,

tend à atteindre et même à dépasser la valeur de la matière brute, si pivcieuse et rare qu'elle soit, la répartition géographique des groupes industriels change de caractère. Sans doute il y a toujours avantage à fixer le travail industriel aussi près que possible des lieux producteurs de la matière. Mais Thabileté de la main-d'œuvre, Texcellence du goût comptant de plus en plus, il arrive aussi que la condition essentielle d'une industrie délicate et diflicile devienne la présence de sociétés humaines où une longue tradition a développé les sciences et les arts. Le plus souvent cette condition se rencontre dans les grandes villes.

Le travail des métaux occupe en France une population ouvrière nombreuse, intelligente et d'une souplesse d'esprit à laquelle les étrangers ont souvent rendu justice en recrutant chez nous les initiateurs de leurs industries naissantes. Mais la part de force déployée par Thomme dans les emplois industriels est aujourd'hui peu de chose ; de Tingénieur au «impie ouvrier, Thomme devient de plus en plus un directeur de machines plutôt qu'un agent chargé de développer la force ; et malgré les protestations de Tignorance, ce fait s'accentuera de jour en jour.

La force motrice.— La puissance des machines dont dispose l'industrie s est en effet développée avec une rapidité vraiment prodigieuse. Â l'aide de statistiques raisonnées et comparées, les économistes ont pu marquer les étapes de ce progrès, au moins en ce qui regarde les machines à vapeur. Les machines fonctionnant en France, soit dans les usines, soit sur les voies ferrées, soit sur les navires de commerce et de guerre, représentent une force de 9,550,000 chevaux-vapeur, c'est-à-dire celle que développeraient 112 millions de créatures humaines (1).

r/est entre les années 1830 et 1840 que se marqua chez nous le mouvement de la substitution des machines à vapeur à la force humaine ; depuis, l'accroissement a été continu, et aujourd'hui nos usines seules di«$posent de 1,024,000 chevaux- vapeur (2).

Ces forces, qui sont un produit de la houille consommée, sont surtout développées, on le comprend, dans le voisinage de nos mines de combustible minéral. Ce sont les industries métallurgiques qui en font le plus grand emploi ; et ces industries sortent pour ainsi dire de terre en même temps et au même endroit que la houille. Mais il y a des exceptions à cette distribution géographique de la force comme à la réparti-

1} Appareils à vapeur en activité en 1893 :

Industrie 1 .024.019 chevaux- vapeur.

Chemins de fer 3.981 .629 —

Bateaux (commerce) 728 . 72 1 —

Marine militaire 3 . 823 .000 — environ.

1; Accroissement de la force motrice dans les usines depuis 1840 :

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