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I. - ILES DU NORD-OUEST

Les Açores, Madère, les Canaries et les îles du Cap- Vert, situées aii nord-ouest du continent africain, sont des archipels volcaniques auxquels le climat donne une importance inégale ; l'Espagne et le Portugal se les partagent, mais ne les considèrent pas comme colonies, elles compCeot parmi les provinces métropolitaines.

A. Açores. —Les Açores, archipel de neuf tles volcaniques, sont situées dans l'Atlantique à 1,500 kilomètres à l'ouest de la côte iu Maroc; leur climat est absolument maritime, égal, très humide, mais très sain et parfaitement apte à la colonisation européenne. Les Portugais y ont formé une population très dense de 255,000 habitants.

De nombreuses forêts couvraient ces îles autrefois, mais le déboisement a été rapide et imprudent. Des champs ont remplacé les boi?^ champs où poussent en grande quantité les cultures méditerranéennes en même temps que les cultures tropicales. Céréales, légumes, canne à sucre« vigne croissent à côté les uns des autres, en même temps que des orangers, des citronniers et des cocotiers. D'excellents p&turages nourrissent du bétail.

Les produits agricoles sont la vraie ressource des Açores, qui semblent assez déshéritées en ce qui concerne les richesses minérales.

Bien que plus prospères que beaucoup d'Iles que nous aurons à citer dans ce chapitre, les Açores ne jouent presque aucun rôle dans le commerce général, ce qui s'explique par leur situation en dehors des grandes routes de navigation de l'Atlantique (1).

(1) Le commerce des Açores, considérées comme une province du Portogalr prend place dans les statistiques de ce royaume. 11 en est de même de celai de

B. Madère. — Madère et les trois lies de son archipel font aussi partie intégrante du royaume de Portugal.

Le climat de Madère est célèbre, et ses qualités de douceur et de régularité y attirent aussi bien les poitrinaires de TËurope que les fonctionpaires ou commerçants blancs débilités par le climat de la côte de Guinée. Pour Madère comme pour la Suisse, les étrangers sont une importante source de revenus.

Le sol volcanique est très fécond et si les pluies sont peu abondantes dans la zone basse, Thumidité constante dont sont mouillés les flancs de la montagne rend Tirrigation facile. Tous les fruits de la terre, si variés, sont exquis et jouissent d'une réputation universelle. Malheureusement des maladies ont parfois ruiné les genres de culture les plus productifs, •répandant la misère et provoquant Témigration.

Il ne reste plus trace des anciennes forêts* Le maïs et quelques tuberculeSy pomme de terre, patates, ignames, sont avec le poisson la nourriture préférée des habitants. Madère est célèbre pour ses primeurs, fruits, légumes, expédiées en Europe ou vendues aux navires de passage : ses figues, ses ananas sont particulièrement succulents.

La canne à sucre, qui alimentait jadis une exportation de plus de 4 millions de kilogrammes, n*est plus cultivée que sur une surface restreinte, depuis que TÂmérique fait concurrence. La culture de la vigne, ia principale ressource de Tlle, a passé elle-même par de nombreuses vicissitudes; l'oïdium d*abord, puis le phylloxéra ont complètement détruit les vignobles; les plants américains ont seuls pu remédier au désastre, et la production recommence à croître sans cependant atteindre encore les chiffres élevés d'autrefois.

De riches pâturages nourrisser^t au nord- ouest d'abondants troupeaux, et la dre et le viiel de Madère sont très estimés sur les marchés anglais.

Les habitants font preuve d une certaine habileté industrielle, dans la fabrication des fleurs artificielles, des chapeaux de paille, des nattes, etc.

Le mouvement des échanges est relativement assez actif; les importations dépassent un peu les exportations par suite de l'afflux des étrangers. Les ventes consistent surtout en vins, primeurs pour l'Europe, iégumes frais pour les navires de passage, etc.

Le port de Funchal est une relâche appréciée des navires qui font le Toyage d'Europe au Brésil, et réciproquement.

G. Canaries. — Les anciennes « lies Fortunées » sont maintenant une province de l'Espagne. Assez peuplées (291,000 habitants), elles ont «un climat beaucoup moins heureux que celui des lies que nous venons d'étudier : les vents du Sahara y arrivent déjà et brûlent souvent la végétation. Mais le relief atténue un peu cet inconvénient et les productions s'étagent sur les flancs des montagnes élevées (Pic de Teyde, 3,720 m.), depuis les plantes africaines jusqu a celles de nos climats. Les lies basses,

Madère et des îles du Cap- Vert pour les possessions portugaises, des Canaries pour les possessions espagnoles.

Lanzarote et Fuerteventura, les plus voisines du continent, sont anssî [es moins privilégiées.

Outre les céréales, les légumes et les fruits d*Europe, on cultive aux Canaries la canne à sucre et la vigne, mais sur une surface restreinte. Les plantations de cactus ont en revanche une véritable importance économique, gr&ce à la cochenilley qu'on récolte sur leurs feuilles. La production annuelle a dépassé, il y a quelques années, 2 millions de kilogrammes, c'est-à-dire plus des deux tiers de ce que fournit au total le monde entier. Malheureusement la culture du nopal à cochenille ne pourra résister longtemps, pas plus que celle de toutes les autres plantes tinctoriales, à la concurrence irrésistible des teintures chimiques dérivées des matières minérales. Déjà la valeur de l'exportation a sensiblement décru. Le tabac, peu répandu encore, donne de bonnes espérances ; les feuilles seraient appréciées, dit-on, à Tégal de celles des Antilles. Le café, le coton n'occupent que quelques champs.

On trouve aux Canaries quelques chameaux, qui dénotent le voisinage du Sahara. La chèvre est Tanimal domestique le plus commun. Les oiseaux aux riches plumages abondent, plusieurs espèces ont été acclimatées en Europe, et Tune d'elles conserve encore le nom de son pays d'origine.

La pèche est active sur la côte du Sahara; on recueille surtout la morue aux environs du banc d'Arguin, à la limite des possessions espagnoles et françaises.

Le port le plus fréquenté est Las Palmas, dans la Grande Canarie.

D. Iles du Cap- Vert. — Plus proches encore du continent, mais moins prospères encore, sont les lies portugaises du Cap-Vert.

Le climat est malsain en général, la njoyenne de la température assez élevée rappelle celle du Sénégal ; les sécheresses prolongées sont fréquentes et plusieurs ilôts contiennent en conséquence d'énormes dépôts de guano; mais l'absence de pluies cause aussi de terribles famines.

La végétation n'a pas l'aspect luxuriant de celle des tropiques. Les indigènes cultivent le riz, le mats et plusieurs autres céréales et légumes des pays chauds : manioc, ignames, etc.

Les vignes sont rares et les caféteries ne donnent qu'un produit relativement faible. Le climat est trop sec pour la canne à sucre, mais convient mieux au tabac. Les plantations de cinchonas réussissent sur les flancs des montagnes les mieux arrosées. Les rochers de plusieurs ilôts sont recouverts d'un lichen, qui donne Vorseille, et les graines du jetropha eurcas ou purguère, jadis employées en pharmacie, et réduites aujourdliui aux usages industriels, sont exportées pour une valeur considérable.

Les animaux domestiques sont nombreux et servent à Tapprovisionnement des navires de passage. La pèche est une industrie lucrative chez les Caboverdiens ; mais on y recueille surtout le corail.

Le sel et le fer sont extrêmement abondants dans plusieurs lies, mais ils manquent complètement dans d'autres de même que l'eau, les pierres, le bois : d'où un mouvement d'échanges assez actif entre les différents ports.

Le commerce extérieur est très restreint; Timportation éile-môme, plus considérable que Texportation, est presque exclusivement alimentée par les houilles et autres objets de ravitaillement destinés aux paquebots qui font la traversée de FAtlantique et qui s arrêtent à Porto-Grande, dans nie Saint-Vincent. Ce commerce est, au reste, entre les mains des Anglais et des Américains.

Résumé. — Les Açores, Madère, les Canaries, les lies du Cap-Vert ne couvrent en somme qu une surface restreinte ; et si le sol y est en mae> jeure partie très fertile, il n*est pas partout suffisamment arrosé. Deux de ces archipels sont en outre exposés à tous les fléaux de l'Afrique du Nord : sécheresse, sauterelles, etc. ; des maladies d'un autre genre, phylloxéra, oïdium, ont attaqué les cultures les plus* productives des autres et la concurrence de TAmérique leur permet à peine de planter avec profit la canne à sucre ou le café.

Il faut ajouter que les Espagnols et les Portugais étaient bien les peuples les moins intéressés au développement de la prospérité de ces colonies, puisqu'ils trouvent en abondance sur leur propre sol la plupart des produits qu'elles fournissent, et que, d'un autre côté, ils n'ont nul besoin de quitter leur pays pour jouir d'un hiver tempéré. Ce sont les peuples qui n'ont pas chez eux de « Midi », ce sont en particulier les Anglais et les Allemands qui exploitent et colonisent Madère et les groupes voisins, qui en achètent les primeurs et les fruits, qui vont y passer la mauvaise saison. C est gr&ce à eux en définitive que quelques-unes de ces îles sont encore si prospères.

n. - ILES DU GOLFE DE GUINÉE

Dans le golfe de Guinée, les Portugais et les Espagnols se partagent encore un groupe d'Iles: les premiers ont Saint-Thomas et Vik du Prince, les seconds Fernando- Po, Annobon et quelques dépendances.

Ces lies, très inégales en étendue, couvrent une superficie d'un peu plus de 3,000 kilomètres carrés, dont les deux tiers reviennent à Fernando-Po. La population, très clairsemée, oscille entre 30 et 40,000 habitants.

Situées en pleine zone tropicale, presque sous l'équateur, ces lies ont, sur la côte, un climat humide et malsain ; sur les montagnes, assez élevées, l'air est plus salubre, bien que la constance de la même température élevée (-f 25°) soit énervante et affaiblissante pour l'homme blanc«

L'humidité, très abondante, convient à merveille à plusieurs cultures tropicales. Les sommets sont couverts de forêts épaisses, qui fournissent d'excellents bois de construction. Le n'z, le maïSf le manioc, les ignames, les bananes sont, comme sur le continent voisin, la nourriture principale des indigènes. La canne à stu:re y prospère, mais c'est le café et le Ciicao qui entrent pour la part la plus considérable dans la valeur des exporta^ tiens. On compte aussi sur les pentes plusieurs millions de pieds de einchonas.

Le commerce des îles du golfe de Guinée, qui résulte de la vente de •ces divers produits coloniaux, est encore peu considérable ; il pourrait prendre une bien autre extension si les bras étaient plus nombreux et si le sol était entièrement cultivé. Ce sont en partie les fléaux occasionnée par la sécheresse qui font émigrer les habitants des Canaries ou des lies du Gap- Vert ; c'est en revanche Texagération de Thumidité qui écarte les •colons du golfe de Guinée. Mais ce dernier groupe n'a pas, comme les premiers, l'avantage d'être journellement visité par de nombreux navires, dont le passage provoque forcément les échanges et amène la richesse.

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