III. Française
Superficie 121 .400 kil. car. nit lei lerrit.
Population 30.000 habitants environ.
Capitale : Cayenne H . 000 —
el en, tout cas difficile, par suite de la rareté des voies de communication. Ces forêts sont riches en produits de toute nature : les boU de comtruction et d'ébénisteriej cèdres, palmiers, bois jaune, brésil, bois de rose, acajou, palissandre, sont extraordinairement nombreux. Plusieurs essences donnent la (jomme^ le caoutchouc, la cire végétate, diverses sortes de résines. D'une espèce de palmier, on retire des fibres d'une solidité remarquable, très estimées pour la fabrication des cordages ; une espèce naine du même arbre fournit des filaments plus fins, avec lesquels on tresse en partie les fameux chapeaux de paille de <c Panama ». Les fruits du pandanus donnent l ivoire végétal, dont on fait en Europe des boutons; les graines de dividivi sont exportées déjà pour une forte somme et employées chez nous pour le tannage ; les bois de teinture et les plantes médicinales, salsepareille, baumes, ricin, quassia amara, etc., abondent; plusieurs espèces de palmiers fournissent d'excellentes huiles; des cinchonas très nombreux, on retire enfin Técorce de quinquina. Bref, ces forêts recèlent d'immenses richesses, dont saurait tirer parti l'industrie, si l'indolence des habitants ne les laissait sans emploi, et l'absence de chemins sans valeur.
Les plantes alimentaires, riz, bananes, patates, manioc, de la zone chaude, céréales et légumes de la région plus froide, sont abondamment cultivées en Colombie et Venezuela.
Le café est la principale culture du Venezuela et le plus important objet de son commerce avec l'étranger. La production et la valeur de l'exportation s'accroissent rapidement ; cet État est au troisième rang des pays producteurs et vient immédiatement après le Brésil et les lies hollandaises de la Sonde. Cette culture fait aussi de grands progrès en Colombie.
Le cacao rencontre au Venezuela d'excellentes conditions de prospérité. Celui de Caracas ou cataque est le plus estimé. En Colombie, ce sont les provinces de Cauca et de Solima qui s'adonnent le plus à cette culture (1).
hd^ canne à sucre est surtout plantée dans les Guyanes; mais dans la Guyane française, où le sol et le climat se prêtent pourtant à merveille à cette culture, l'exploitation a presque entièrement cessé depuis l'émancipation des esclaves, faute de bras.
C'est dans les Guyanes hollandaise et anglaise que la production du sucre, quoique en décroissance, est le plus considérable. Dans le Véné-
(1) Culture du cacao et du café :
Superficie. Production.
Colombie, Café » 38 . 000 tonnes exportées.
Venezuela \^^^ 80.800 hectare.. 57 571 -
{ cacao » i .852 —
( Française :chîé.. 349 — »
Guyanes J Hollandaise: cd^té, » 86 —
f — cacao. 10.376 — 3.8»9 —
zuéla et la Colombie, la production suffit à alimenter la consommation (1).
Ces deux États faisaient jadis un important commerce de tabac et d'indigo, mais, pour des raisons diverses, ces deux cultures diminuent sensiblement. On récolte enfin un peu de coton et de vanille.
Vélevaye peut prendre une grande extension, non seulement dans les Uanos, dont c'est la seule ressource, mais encore dans les régions élevées où les prairies naturelles fournissent une herbe excellente et où les fourrages artificiels, trèfle, luzerne, donnent d'abondantes récoltes. On exporte des animaux vivants à Cuba, mais surtout des peaux (2).
Lbl pêche est active dans la Magdalena et dans TOrénoque; on recueille enfin des perles sur les côtes de Tile Margarita.
En résumé, le Venezuela, la Colombie, les Guyanes, pourraient tirer de leur sol d'immenses ressources, mais les richesses naturelles des forêts sont à peine exploitées et les parties utilisables du terrain sont tout au plus cultivées sur un centième de la superficie totale. Ce sont encore véritablement des pays vierges.
Industrie. — Cette région est également riche en produits miniers de toutes sortes.
L'or est le plus abondant. On le trouve aussi bien dans le sable des fleuves que dans les filons des roches. Les lavages les plus productifs sont en Colombie dans les provinces de Antioquia, Tolima et Cauca, sur les bords du Cauca et de TAtrato. La province d* Antioquia renferme les filons les plus riches. Au Venezuela, c'est TËtat de Yuruari qui produit les plus grandes quantités d'or. C'est du reste cette région qui est l'objet du litige pendant entre le Venezuela et le Royaume-Uni.
D'autres métaux existent en assez grandes quantités : Vargent au Venezuela et en Colombie, la houille dans plusieurs départements coiom* biens et au Venezuela, le cuivre, le fer, le soufre, Vasphalte, le pétrole^ et des pierres précieuses telles que l'émeraude (3).
(1) Culture de la canne à sucre :
Superficie. Prodaction.
hollandaise 1 .600 hectares. 8 . 739 tonnes.
r.«,o«« j hollandai ^^"y^^^ 1 anglaise.
(2) Élevage :
Moutons
Bètes Chevaux et
i cornes. mulets. Anes. chèvres. Porcs.
Venezuela 8.476.300 1.547.180 5.727.500 1.929.700
Colombie 3.465.000 3.487.000
(3) Extraction des métaux et pierres précieux :
r^u^hi^ i or ®' argent 20.575.000 francs.
^^^^'"^'^ î émeraudes 500.000 -
Venezuela, or et argent (expert.) 6.982.000 —
Française: or (export.)... 5.220.8U0 -
Guyanes \ Hollandaise: or (export.).. 3.336.270 —
^n^/atse : or (production). 12.500.000 —
L'industrie proprement dite esl dans Tenfance ; elle ne porte que sur quelques produits du pays, auxquels on fait subir une première transformation : raffineries de sucre, fabriques de rhum, de chocolat, de cigares, d'objets tissés en paille, préparation des peaux. Tout le reste, meubles, vêtements, chaussures, est importé d*Europe ou des États-Unis. Au reste» ces industries mêmes sont mal outillées, mal organisées ; ce n'est que dans la Guyane anglaise que les colons ont su monter, pour le travail du sucre et du bois, quelques usines à Tinstar de l'Europe. En Colombie ce^pendant, une fonderie installée près des mines de houille de Pradera^ à peu de distance de Bogota, produit 30 tonnes de fonte par jour.
Voies de commonication; commerce. — Ce n'est que par l'ouverture de voies de communication nombreuses et faciles que les États du nord de TAmérique méridionale prendront réellement de la valeur. Le commerce ne s^étendra d'une façon notable que quand les forêts, les districts miniers, les régions agricoles des hauteurs pourront écouler aisément leurs produits si variés jusqu'aux fleuves navigables et jusqu'à la mer. La construction des routes et des chemins de fer rencontre sans doute de grands obstacles, par le fait du relief et des pentes énormes qu'il faut franchir, mais on trouve en revanche dans les voies navigables un secours précieux. La Magdalena et l'Orénoque, les deux artères centrales de la Colombie et du Venezuela, sont remontés par des services réguliers de vapeurs jusqu'à une distance assez grande de leur embouchure, la première jusqu'à Honda, le second jusqu'à Bolivar; mais l'entrée delà Magdalena est encombrée d'une barre dangereuse, que les bateaux ne se hasardent guère à franchir, de sorte qu'un transbordement long et coûteux est nécessaire de Barranquilla, point d'attache de la navigation du fleuve, au port voisin de Sabanilla : un chemin de fer relie les deux villes. Les cours d'eau secondaires qui descendent de la montagne sont en général peu accessibles, coupés qu'ils sont fréquemment de rapides et de chutes. Tels le Cauca et de nombreux cours d'eau des Guyanes. Le» affluents de gauche de l'Orénoque et de l'Amazone sont au contraire navigables sur de longs espaces.
11 n'y a de routes que sur le plateau; les communications entre les hauteurs et la plaine ne sont en général assurées que par des sentiers escarpés, que suivent les porteurs et les bêtes de somme. De mauvais chemins rattachent Bogota à Honda, Caracas à la Guayra.
Les chemins de fer^ encore peu développés, ne forment pas encore un réseau ; ce ne sont en général que de courtes voies reliant divers points de la côte avec l'intérieur du pays (i).
(1) Chemins de fer :
Colombie 350 kilom. exploités.
Venezuela 663 — 1.609 en préparation.
Guyane anglaise 37 —
Total 940 —
792 LBS AMÉRIQUES.
Le chemin de fer de Colon à Panama, dont il a déjà été parlé, a vu décroître son importance depuis la construction des grands transcontinentaux de l'Amérique du Nord (1).
Avec des moyens de transport aussi précaires, le commerce extérieur n a pu encore prendre un grand développement; il dépasse à peine 450 millions de francs, dont la plus grande partie à l'exportation.
Le chiffre relativement élevé des exportations du Venezuela est surtout fourni par le café (2). Dans les Guyanes hollandaise et anglaise, ce sont les sucres et leurs dérivés qui tiennent le premier rang.
La plupart de ces produits sont destinés aux États-Unis, à T Angleterre, à la France et à TAllemagne.
Ge sont encore les mêmes pays qui participent pour la plus forte part à Vimpw'lation ; les États-Unis envoient des farines, des matières grasses, des métiers et des machines; l'Angleterre, des tissus de coton et des objets en fer. De France viennent les soieries, les articles de mode et de parfumerie, le papier, les vins. L'Allemagne vend les produits les plus divers de son industrie : quincaillerie, verres, porcelaines, objets en or et argent, bière, drogues, etc. L'Espagne n'expédie que des vins (3).
Le port le plus actif de la Colombie est Sabanilla-Salgar qui a détrôné
(1) Transit par le cheoain de fer de Panama 185.591 tonnes.
(2) Commerce extérieur .
ImportatioDs. Exportations. Total.
Colombie (1893) 67.016.500 fr. 73.151.500 fr. 140. 1«8.000 fr.
Venezuela (1890) 83.614.411 100.917.338 184.531.749
(Françai8e(l890). 7.890.000 4.309.000 12.199.000
Guyanes) Anglaise (94-95). 41.725.000 51.000.000 92.725.000
( Hollandaise (93). 12.033.000 11.482.000 23.515. (KM)
Exportation du café par le Venezuela (1893-94^ . . . 84.770.000 fr — — la Colombie (1891) 38.046.500
(3) Détail du commerce extérieur :
Colombie, Importations. Exportations. Total.
Avec le Royaume-Uni 21.447.500 fr. 29.834.500 fr. 51.282.000 fr.
— les États-Unis 19.081.500 24.277.500 33.359.000
— la France 11.222.000 7.604.500 18.826.500
— TAllemagne 6.577.000 7.254.500 18,831.500
Guyane Française,
Avec la FYance 4.071.227 fr. 3.998.885 fr. 8.070.092 fr.
— les colonies françaises. 112.200 22.109 134.309
— rétranger .' 3.706.105 287.940 3.994.058
Guyane Anglaise.
Avec la Grande-Bretagne.., 22.050.000 fr. 3l.850.000fr. 58.900.000 fr. Au Venezuela, la France tient la première place dans le port de La Guain; dans les autres, l'ordre est le suivant : Angleterre et Antilles, Étals-Unis, France, Allemagne et Colombie.
Carthagène ; mais une bonne partie du commerce colombien se fait aussi par le port vénézuélien de Maracaybo. Porto-Cabello et La Gnaira sont deux excellentes rades, qui servent de port à Valencia et à Caracas , les deux villes les plus importantes du Venezuela. Georgetown, Paramaribo etCayenne sont à la fois les capitales et les débouchés commerciaux des diverses Guyanes.
Ces différents ports sont reliés à Saint-Thomas des Antilles par plusieurs services réguliers de bateaux à vapeur (1).
En résumé, cette partie de TÂmérique méridionale est admirablement douée, à tous les points de vue. 11 n'y manque encore que du travail.
(1) Mouvemeot des ports :
Entrées. Sortiw^^ Total.
navires, tonneaux. navires. tonneaux. navires, tonneaux.
Colombie (1893).... 1.510 806.897 1.475 1.486.854 2.985 2.243.351
Anglais 55 p. 100
Français 19 —
Allemands 10 —
Entrées. Sorties. Total.
navires, tonneaux. navires. tonneaux. navires, tonneaux.
Guyane Anglaise... » » d » » 650.550
— Hollandaise. 206 82.000 206 81.000 412 163.000
Venezuela (1894)... 399 » >. » » »
Plus, à Gindad Bolivar. » » » » 135 45.916