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CHAPITRE VI

§ I. — Coup d'œll sur la géographie physique et politique.

Géographie physique. — Les Étals d'Equateur, Pérou et Bolivie sont à cheval sur la Cordillère des Andes, composée, dans cette partie de TAmérique du Sud, de chaînes parallèles portant un haut plateau, d'une altitude moyenne de 3,000 à 4,000 mètres, dominé par des pics dépassant 6,000 mètres. Le pays est donc divisé en trois zones bien distinctes : la Costa ou côte du Pacifique, la Sierra, sur les plateaux, et la Montafia ou pente boisée qui descend à Test jusque dans la plaine de TAtlanlique.

Le littoral f quoique longé de près par les Andes, est plat et peu découpé. Le climat est différent d'après les zones. La Ckista, arrosée au nord, est absolument sèche au sud, et presque partout malsaine ; la Sierra a une température comparable à celle de TËurope, allant de 0<* à 22« ; la Montafia enfin, soumise à Tinfluence des alizés du nord-est, est chaude et très arrosée (de 1»,50 à plus de 2 mètres).

Au point de vue de V hydrographie, les zones sont aussi différentes : la Costa n'a que des torrents courts, rapides et temporaires ; sur la Sierra, des lacs donnent naissance à FAmazone et à quelques-uns de ses affluents ; la Montana est arrosée par le grand fleuve et ses principaux affluents. Le sud de la Bolivie envoie ses eaux au Paraguay et par conséquent au Rio de la Plata.

Géographie politique. — Les trois pays dont il s'agit sont, depuis la déclaration d'indépendance, des républiques, souvent troublées par des révolutions. Colonisées par l'Espagne, elles sont surtout peuplées d'Indiens, tant bravos que civilisés, et de métis. Leur situation flnancière, surtout au Pérou et en Bolivie, depuis la guerre contre le Chili, est déplorable (i).

(1) Notice statistique :

Equateur (Ecuador), république unitaire.

Superficie: 299.600 kilomètres carrés (avec les Galapagos 307.243). Population: 1.204.000 habitants (avec les Indiens bravos, 1.400. 000 environ) 4 par kilomètre carré.

Villes :

Quito (capitale). . . 80.000 habitants, i Cuenca 30.000 habitants.

Guayaquil 51.000 — | Riobamba 18.000 —

§ 11. — Géographie économique.

Les trois zones entre lesquelles, nousTavons vu, se partagent les pays Andins, ont une importance économique très différenle. La Costa, très sèche, impossible à irriguer au sud de Guayaquil, n'a presque pas d'agriculture. De grands espaces sont absolument déserts ; c'est pourtant de ces terres infertiles que le Pérou tire les objets les plus importants de son commerce d'exportation ; c'est gr&ceàcette sécheresse extraordinaire que les nitrates de soude et de potasse ont pu s'accumuler en grande abondance et que les couches épaisses de guano ont pu conserver intacts durant des siècles, les sels ammoniacaux qui font tout leur prix. Le littoral de rÉquateurest mieux arrosé, mais il Test beaucoup moins que la Nouvelle-Grenade : au lieu de la forêt tropicale, inaccessible et malsaine, qui borde la mer dans ce dernier État, c'est un pays de riches cultures, où prospèrent le riz, la canne à sucre, le café, mais surtout le cacao.

C'est sur les plateaux ou Sierra, au-dessus de 2,500 mètres, que s'est massée la population et que s'est concentrée la vitalité du pays. Dans les vallées les plus basses, les mieux exposées aux pluies, mûrissent encore toutes les plantes tropicales : bananiers, caféiers, cacaoyers, cinchonas. Plus haut, on récolte suivant les altitudes le maïs, le raisin, les céréales, tous les fruits et tous les légumes des pays tempérés; dans la haute montagne enfin, on se nourrit particulièrement de pommes déterre. De vastes et excellents pâturages peuvent entretenir de nombreux troupeaux.

Le versant oriental des Andes, et la plaine qui s'étend à leur pied ou Montana, offrent un contraste parfait avec le littoral. C'est une des régions de la terre où les précipitations sont le plus riches et où la végétation se développe avec le plus de vigueur et d'exubérance. C'est déjà la forêt vierge du bassin de l'Amazone, avec toutes ses richesses naturelles, région peu peuplée, encore moins exploitée. Au nord pourtant, la province

Bolivie (république unitaire).

Superficie : f .334.^03 kilomètres carrés.

Population (1693) : 2.019.549 habitants (avec les Indiens bravos 2.270.000), 2 par kilomètre carré.

VilUs :

Sucre (capitale) . . . 24.930 habitants. 1 Cochabamba. ..... 27 .200 habitants.

La Paz 56.150 — I

Pérou (république unitaire) :

Superficie: 1.137.000 kilomètres carrés.

Population (1876): 2.629.663 habitants (avec les Indiens bravos, 2.980.000), 2,6 par kilomètre carré.

Villes (1889):

Lima (capitale).. . 103 . 956 habitants . | Arequipa 30. 000 habitants .

Callao 35.000 — | Cuzco 22.000 —

orientale de l'Equateur participe plutôt au caractère des llanos : elle peut devenir un immense parc à élevage.

Mais de ces trois zones, littoral, plateaux intérieurs, plaine orientale, on remarquera que deux au moins, les deux plus vastes et les deux plus riches, ont des communications difficiles, Tune par suite du relief, Tautre par suite de Téloignement de la mer. Des deux côtés, il est aussi difficile d'atteindre les ports et d'écouler les produits. C'est évidemment cette infériorité des conditions naturelles, cette difficulté des transports et des relations de toutes sortes, qui expliquent le mieux pourquoi TÉquateur^ 4e Pérou et 1a[Bolivie sont encore si arriérés en tout ce qui touche Tagriculture et Tindustrie , pourquoi leur commerce [atteint une valeur si médiocre. Si la première de ces républiques, bien que la moins vaste, remporte proportionnellement sur les autres par le chiffre des échanges qu'elle fait avec l'étranger, ne faut- il pas y voir une conséquence directe de la richesse agricole de sa zone littorale? C'est le seul des trois pays où les produits de Tagriculture sont au premier rang des objets exportés.

Agriculture. -— Les f<yi*éi% couvrent une immense étendue de pays, mais les plus belles et les plus riches sont à l'est dans les vallées de l'Amazone et de ses affluents. Elles ne sont parcourues que par quelques Indiens qui en recueillent les fruits les moins encombrants, tels que Vivoire végétal^ et les transportent à dos d'hommes ou de mules par delà les montagnes et le plateau, jusqu'à la côte. Les bols d'ébénisterie et de teinture abondent.

D'autres essences produisent les gommes, résines, caoutchouc, produits pharmaceutiques, mais les lianes à caoutchouc diminuent sur la côte de l'Equateur, et les produits de celles de l'intérieur ne peuvent, vu la difliculté des communications, faire concurrence en Europe aux arrivages d'Afrique. C'est aussi le cas du quinquina, dont ces pays avaient autrefois le monopole, mais qui existe maintenant dans nombre de régions des deux mondes.

Les plantes alimentaires sont cultivées dans la mesure seulement des besoins du pays, en quantité insuffisante même dans l'Equateur. La pomme de terre se trouve là dans son pays d'origine.

La grande culture industrielle est le cacao, planté surtout dans la république de l'Equateur. Cette plante ne rencontre pourtant pas dans les Andes équatoriales des conditions de prospérité aussi complètes qu'au Venezuela, au Mexique ou dans l'Amérique centrale, et les produits sont, en général, moins estimés que dans ces divers pays; mais l'exportation atteint néanmoins un chiffre élevé, qui s'accrott d'année en année.

La culture de la canne à sucre, très prospère au Pérou avant la guerre de 1879-1883 avait été abandonnée depuis par suite du manque de bra<. L'introduction de coulies chinois a permis de la reprendre. Ce sont les environs de Trujillo qui produisent le plus de sucre.

Le café est, après le cacao, le produit agricole le plus important de l'Equateur, où il réussit à merveille sur le versant, moyennement arrosé,

de la côte du Pacifique. La Bolivie et le Pérou produisent à peine de quoi suffire à la consommation intérieure.

On a tenté d'acclimater la vigne sur les hauts coteaux des Andes péruviennes. La chaleur très forte de Tété, l'insolation intense, une humidité médiocre semblaient promettre de bons résultats; on fabrique en effet, au sud de Lima, quelques vins estimés. Mais ce genre d'exploitation n'a pas dépassé des limites très restreintes; les bras sont rares et la maind'œuvre est chère; les habitants préfèrent encore recevoir leurs vins de France ou d'Espagne.

Le tabuc n'a pas d'importance sur la côte occidentale de l'Amérique du Sud; seul le Pérou en exporte une faible quantité.

En revanche, les indigènes font une grande consommation de la feuille de coca^ récoltée surtout dans les vallées chaudes de la Bolivie, et qu'ils mâchent en guise de tonique ou de narcotique. Cette substance remplace à la fois pour eux le tabac et le café et a pris une certaine importance depuis qu'on en extrait la cocaïne.

Le Pérou et la Bolivie récoltent une certaine quantité de coton, et comme l'industrie locale est presque nulle, ils n'en consomment sur place qu une minime partie et vendent le reste à l'étranger (i).

D*immenses régions dans l'Equateur, aussi bien qu'au Pérou et dans la Bolivie, se prêtent au développement de Vélevage; mais c'est un genre de ressources dont on n'a pas su jusqu'ici tirer grand parti. Cependant, la Bolivie nourrit de nombreux bestiaux, bêtes à cornes, chevaux, mulets, moutons, chèvres, mais surtout des lamas, des alpacas et des vigognes. Outre les services que les premiers rendent comme bêtes de somme, des espèces particulières fournissent une laine très estimée et dont les étrangers chargent de nombreux ballots dans les ports du Pérou ; ces animaux se tiennent de préférence sur les hauts plateaux.

Dans les régions glacées des « paramos », on chasse le chinchilla pour sa fourrure, et à l'est, sur les bords de l'Ucayali, les Indiens font une poursuite active aux tortues géantes qui peuplent la région : on en retire à la fois de la viande, de la graisse et de l'huile. Ces animaux sont aussi très nombreux dans les lies Galapagos, au large de Guayaquil.

Le sol de la région centrale des Andes se prête, en résumé, à mainte culture, dont on pourrait retirer de gros revenus. L'exploitation agricole est encore dans l'enfance; on ne connaît que les instruments les plus rudimentaires. Les principaux produits végétaux sont en défînitive les

(1) Production agricole:

Bolivie : Exportation du caoutchouc... 800 tonnes valant 4.000.000 fr.

( Exportation du cacao (1893) 32.425.000 fr.

Equateur 5 — du café (1893) 4.072.000

( — de l'ivoire végétal... 2.650.(»00

Exportation du café 2.000.000 fr.

Pérou } — du sucre 15.000.000

— du coton 6.070.000

fruits des forêts, ou les baies de certains arbres, coipme le cacaoyer, qui une fois plantés et élevés, donnent pendant une longue série d'années leur moisson régulière, sans exiger des soins considérables.

Industrie. — Même phénomène à constater dans la recherche des produits miniers. On s'est attaché de préférence à extraire ceux qui ont une grande valeur par eux-mêmes et qu'on vend tels quels à Tétranger, après leur avoir fait subir tout au plus, comme à Targent, un premier travail, très grossier, d'apurage.

L'or n'est pas exploité d une façon très active; cependant TÉquateur est un pays remarquablement aurifère, et on a constaté l'existence du précieux métal dans seize des dix-neuf déparlements du Pérou.

Mais c'est Vargent qui, de tout temps, à fait la fortune du pays. Les gisements les plus productifs sont ceux de Potosi en Bolivie, dont le « cerro », percé d'alvéoles, a été souvent comparé à une ruche. Od l'exploite depuis plusieurs centaines d'années, et quand il commencera i s'épuiser, on espère pouvoir tirer encore de gros revenus du lavage des anciens amas de minerais, où par suite de l'imperfection des anciennes méthodes la proportion de métal pur est encore notable. L'important district minier de Caracoles, découvert seulement depuis une trentaine d'années, à peu de distance au sud-est de Cobija, a été cédé au Chili a la suite de la dernière guerre. C'est au cerro de Pasco que se trouvent les plus abondantes mines du Pérou.

Le Pérou et la Bolivie sont également riches en cuivre, mais le premier de ces deux pays a cédé au Chili les plus productifs de ses gisements, ceux de Tarapaca. La Bolivie l'extrait des mines de Corocoro; mai$ elle a également perdu l'important district cuprifère du désert d*Atacama.

La houille existe en plusieurs points, mais n'est presque pas exploitée; le sel abonde dans ce pays sec; le mercure ne donne plus qu'un produit insignifîant.

Mais ce sont des produits d'un caractère tout spécial qui ont fourni pendant de longues années à TËtat péruvien le meilleur de son revenu. L'un d'origine minérale, le nitrate de soude, doit en partie son importance à l'extension si rapide qu'a prise en Europe la culture de la betterave, à laquelle il fournit un excellent engrais. Les plus riches gisements, ceux du district de Tarapaca, ont été cédés au Chili.

Le guano, d'origine animale, a conservé plus d'importance, malgré la découverte en d'autres lieux et dans d'autres continents de gisements considérables de cet engrais. Le groupe des îles Chincha, longtemps célèbre, est à peu près épuisé, mais on exploite le guano sur presque tous les Ilots et en bien des points du littoral (1).

(1) Production minérale:

Or : Valeur.

BollvieUSOI) lOI kilogr. 347.000fr.

Equateur f 1893) 79 — 369.000

Pérou (1891) 110 — 378.000

L'industrie proprement dite existe à peine. L'industrie minière a pourtant reçu en Bolivie des améliorations considérables, pour le traitement de Targent. La fabrication des chapeaux de paille (chapeaux de Panama) est active dans la république de TÉquateur, mais c'est la seule dont les produits; soient vendus à l'étranger. On peut signaler aussi quelques tanneries à Guayaquil et çà et là, dans les (rois républiques, de rares manufactures de cotonnades et de tissus de laine, où on travaille la matière première fournie par le pays.

C'est en somme l'industrie extractive qui est la principale ressource de • la Bolivie et du Pérou, de même que c'est l'exploitation agricole qui fait la fortune de l'Equateur; mais ces richesses naturelles ne sont, dans aucun de ces pays, exploitées comme il conviendrait, surtout par suite du manque de voies de communication.

Voies de communication; commerce. — La question des moyens de transport a donc une importance capitale. 11 s'agit de mettre les plateaux et les plaines de l'est en communication facile et directe avec la mer. Le débouché des plateaux est sans conteste la côte du Pacifique, du moins à l'Equateur et au Pérou. 11 faut donc construire des routes et des chemins de fer, qui relient aux ports les grands centres de l'intérieur ; mais la plaine orientale trouvera peut-être avantage, lorsqu'elle sera sufGsamment mise en valeur, à écouler ses produits par l'Amazone et ses affluents. La longueur de la navigation fluviale à travers le continent est bien compensée par la diminution des distances qui séparent le port d'embarquement sur la côte atlantique de l'Europe. On évite ainsi le détour du cap Horn; on évitera plus tard les tarifs du canal interocéanique. L'Equateur et le Pérou sont pourtant parmi les pays qui sont appelés à retirer le plus d'avantages de l'ouverture du canal. *

La Bolivie, depuis la guerre avec le Chili, est dans une situation spéciale: elle est complètement coupée de la mer, mais le plateau s'inclinant vers l'Amazone et le rio de la Plata, c'est de ce côté que l'on cherche à établir la voie commerciale de l'avenir.

Les voies navigables pourront donc offrir au commerce de ces États de précieuses ressources. Malheureusement, les affluents de l'Amazone ne sont pas tous également accessibles aux embarcations. Le plus important même, laMadeira, est encombré à sa sortie du territoire bolivien d'une longue série de rapides et de chutes, qu'on a déjà proposé de tourner au moyen d'un chemin de fer. Sur le plateau môme, le lac Titicaca, et son affluent, le Desaguadero, réunissent le Pérou et la Bolivie.

Lasroutes sont rares et mal entretenues. Quelques-unes sont desservies par des diligences. Un mauvais chemin conduit de Quito à Guayaquil.

Argent : Valeur.

Bolivie (I89I) 372.666 kilogr. 48.447.000 fr.

Equateur (1893) 240 — 31.000 —

Pérou (1892) 59.257 — 7.703.000 —

Mais en général les voyages se font à cheval ou à mule, et les transports à dos d'hommes ou de lamas, par de simples sentiers.

Les chemins de fer partent tous de la côte, et, à travers mille difficultés, traversent la chaîne littorale des Andes pour atteindre le plateau. Le « Central Transandino» passe un col de 4,750 mètres d'altitude. Les principales lignes unissent Quito au port de Chones, le Callao à Uma avec prolongation jusqu'au cerro de Pasco sur le plateau, MoUendo i Puno sur le lac Titicaca et à Cuzco ; entin, Anto fagasta (Chili) avec la frontière bolivienne, puis les villes de Huanchaca et de Oruro. D'autres lignes, en construction, doivent relier la Paz au lac de Titicaca, Santa Cruz au Paraguay, Oruro à Cochabamba et Potosi (1).

Le commerce extérieur des trois républiques se monte à près de 500 millions de francs (2).

Les exportations des deux dernières républiques ont considérablement diminué à la suite de la guerre chilienne, qui leur a ravi des districts très productifs : celles de TÉquateur se sont au contraire notabiemenl accrues.

Les exportations sont exclusivement alimentées par les produits naturels, agricoles ou miniers ; au contraire, les denrées alimentaires et les vins, et surtout les produits manufacturés, sont les objets de Timportation.

La France tient la première place à l'Equateur, non pour les ventes, mais pour l'ensemble des transactions. Mais sur les autres marchés le Royaume-Uni surtout, puis l'Allemagne et les États- Unis nous dépassent.

(1) Chemins de fer :

Bolivie 804 kilomètres en exploitation.

Equateur 91 — —

Pérou 1.4&6 — —

(2) Commerce extérieur :

Importations. ExporlatioDs. ToUi.

Equateur {ISn) âO.S60.8i5 fr. 70.26i.570 tr. i$0. 5 13, 385 fr.

Avec la France 10.410.060 28.013.125 88.423. 18S

— le Royaume-Uni.... 15.268.020 8.531.910 33.799.930

— rAllemagne 8.439.345 12.569.485 21.008.830

— lesÉUts-Unis 10.325.700 7.496.550 17.822.250

— l'Espagne 1.188.245 6.546.135 7.734.370

UoUvie (1894) 34,000.000 198,^50.000 i32,t50,00$

Argent » 39.062.500 »

Cuivre » 2.500.000 »

Ëtain et minerai d'étain. » 2.500.000 »

Caoutchouc » 4.000.000 »

Pérou (1891) 73.815,000 58.088.500 131.898,509

Sucre » 15.000.000 »

Argent » 11.009.000 »

Coton » 6.070.000 »

Laines » 4.185.000 ^

Le mouvement des ports, assez actif, pourrait Tétre beaucoup plus, s) les longueurs de la circumnavigation de TAinérique du Sud n'éloignaient beaucoup de navires. Le percement de Tisthme de TÂmérique centrale l'augmenterait certainement beaucoup, mais surtout au bénéfice des États-Unis (1).

En résumé, les trois républiques dont nous venons d*étudier sommairement les ressources économiques ne sont pas très prospères. Nous avons vu que des causes naturelles tirées des conditions de climat, de relief» expliquent en partie cette situation. Mais il convient d'ajouter que des faits d'un autre genre n'ont pas peu contribué dans le courant du siècle à aggraver encore le mal. L'émancipation des esclaves a eu pour premier effet une disette de bras; les Indiens et les Noirs n'ont plus travaillé, et comme l'homme blanc ne les peut remplacer sous ce climat pour la plupart des travaux, il a fallu s'adresser aux coulies chinois. Ce sont eux qui exploitent à cette heure le plus grand nombre des mines, extraient le guano et le salpêtre, cultivent la canne à sucre.

Dans ces dernières années, un mouvement sensible, quoique lent, de relèvement, se produit. Peut-être qu'à la faveur de la tranquillité, ces républiques pourront prendre le rang auquel leurs grandes richesses naturelles semblent les destiner.

(1) Mouvement des ports :

Equateur (par Guyaquil) (1893) (avec le cabotage] :

Navires.

Entrées 1.707

Sorties 1.702

Total 3.409

Port de Callao. Navirw.

Entrées 419

Sorties 4iS

Total 834

Sur ce total 42G

Pérou :

Jauge.

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