CHAPITRE IX
RÉPUBLIQUE ARGEiNTINE, PARAGUAY, URUGUAY
§ L — Coup d*œil snr la fféoffraphie physique et politique.
Géographie physiqae. — Au sud du Brésil et de la Bolivie, entre les Andes et rAtlantique, se trouvent trois États d'étendue et d'importaDce différentes : la République Argentine, le Paraguay et l'Uruguay. Le relief en est simple : sauf les plateaux d'Uruguay et de Patagonie, sauf aussi les chaînes qui accompagnent à Test la grande Cordillère, le pays est une plaine presque horizontale, la Pampa. Le littoral, relativement découpé, ne présente cependant que deux indentations importantes : Testuaire da Rio de la Plata, et l'entrée du détroit de Magellan. Le climat est varié: presque encore tropical au nord, il est froid au sud, et la différence de température entre ces deux extrémités du pays est la même qu'entre l'Algérie et la Scandinavie. Les pluies, rares dans le centre (O^^âo , augmentent vers le nord, le sud, et à mesure qu'on s*approche des montagnes, sans jamais dépasser une moyenne annuelle de i",20. Les fleuves sont en général pauvres. Sauf les courants qui forment par leur réunion le Rio de la Plata, les rivières sont pauvres, souvent encombrées de sables, et ne peuvent rendre de véritables services.
Géographie politique. — Ces trois États, d'abord colonies espagnole^, devenues indépendantes au commencement du siècle, sont peuplés d'abord de représentants très peu nombreux des races indigènes, puis de métis de toutes sortes — Gauchos — et enfin d'Européens. L<es l^pagnois commencent à se noyer dans le flot constant de l'immigration des autres peuples : Italiens, Français (Basques en particulier), Allemands, etc., qui supportent fort bien ce climat tempéré. Les trois républiques sont médiocrement peuplées et souffrent du manque de bras pour la mise en valeur de leur territoire. Des troubles assez fréquents, des finances asseï peu prospères, une crise monétaire très grave, entravent aussi leur dévelopf^ement (1).
(!) Notice statistique:
REPUBLIQUE Argentine (fédérale).
Superficie 2.789.400 kilomètres carrés.
Population (1895) 3.973.626 habitants.
§ II. — Géographie économique.
Les États de la Plata, et, en particulier, la République Argentine, sont parmi les « pays jeunes » de rAmérique du Sud, les mieux doués. Les progrès dus à Tactivité humaine y sont des plus sensibles, et Ton peut presque leur prédire un avenir semblable, toutes proportions gardées, à celui des États-Unis du Nord. Les richesses agricoles sont énormes et ne peuvent que s accroître, les Andes renferment des minéraux en grand nombre, la houille même ne manque pas, les voies de communication sont relativement faciles à construire. Le climat convient à tous les peuples européens.
A. — Agriculture
Condition générale. — Les conditions de relief et de climat permettent de distinguer assez nettement trois zones principales.
Dans la région du centre, très plate, non sans analogie avec les « prairies i) de l'Amérique du Nord, les pluies sont rares, tombent en courtes averses orageuses, qui pénètrent à peine le sol. Aussi n'y a-t-il de forêts que le long des cours d'eau. La plaine est couverte d'herbes supportant assez bien la sécheresse et reprenant vigueur après chaque averse. La Pampa est donc une immense prairie. Elle ne présente du reste pas le même aspect partout : marécageuse dans le (iran Chaco, elle devient sèche au sud, et le sol, composé d'une sorte de lœss analogue à celui de la Chine, pourrait, s'il était irrigué, fournir d'abondantes moissons. Tout à fait au
Immigration ( 1 889) 260 . 909 personnes.
Émigration (1894) 41.399 —
Villes principales:
Buenos-Ayres (189ô) 616.326 habitants.
Rosario 124. b05 —
Cordoba 54.400 —
Paraguay (république unitaire;.
Superficie 253. 100 kilomètres carrés.
Population (1887) 330.000 habitants.
Villes principales :
Asuncion 24.038 habitants.
Goncepcion, Villa-Rica. 11.000 — San Pedro 12.000 —
Uruguay (république unitaire).
Superficie 178.700 kilomètres carrés.
Population 748. 130 habitants 4 par kil. car.
Ville principale:
Montevideo 225.662 habitants.
sud, la Palagonie, caillouteuse, soumise à un climat rigoureux, n*a qu une végétation pauvre.
La région orientale (Uruguay), élevée de quelques centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer, est constituée en partie par un terrain volcanique décomposé, très fécond; les forêts sont rares encore, mais sur les pentes réussissent à merveille les céréales, le tabac et surtout les cultures arborescentes, vigne, arbres fruitiers, orangers, pêchers, mûriers, arbre à maté. Les pâturages sont aussi très étendus.
La région andine se prête aux mêmes genres d^exploitation ; les larges vallées qui s'ouvrent au pied de la montagne sont le véritable grenier à blé des Étals de la Plata ; le tabac et la vigne y prospèrent ; les foréU sont beaucoup plus nombreuses que dans les autres zones, surtout dans la partie septentrionale. Mais l'absence ou la difficulté des voies de communication n'ont pas encore permis de les exploiter en grand. Dans les hautes vallées, d'excellents herbages et de vastes champs de luzerne, ou alfalfa, nourrissent de nombreux troupeaux de mules et de lamas, employés comme bêtes de somme, pour la traversée des Andes.
Dans toutes les zones, l'agriculture souffre beaucoup des fourmis et surtout des sauterelles, qui presque chaque année commettent d'effrayants ravages et opposent de sérieux obstacles à l'extension des cultures.
Sur les territoires des trois républiques, d'immenses espaces cultivables restent inexploités faute de bras, et attendent les colons (1).
Forêts. — Les plus vastes forêts sont au nord, dans les provinces de Salta et de Tucuman, et dans le territoire national du Gran Chaco,où domine la forêt tropicale. Celte dernière région est riche en essences précieuses et on pourrait y récoller la plupart des produits, bois, gommes, fruits que donnent les rives de l'Amazone. Les forêts de l'ouest contiennent une inépuisable provision de bois de construction et de chauffage, et c'est de là que la République Argentine tire la plus grande quantité de ce que réclame la consommation locale. A l'est, croit en abondance sur les coteaux du Paraguay Varbre à maté, une des principales ressources de la République. Cet arbre commence du reste à être régulièrement cultivé (â).
Guitares proprement dites. — Les céréales sont devenues en quelques années dans la République Argentine une des principales sources de la richesse publique. En 1880 cet État se trouvait encore au rang des pa}s consommateurs et importait des blés de New- York et des mais de Turquie. Depuis, l'exportation n'a cessé de croître ; la culture des céréales fait de rapides progrès et l'organisation industrielle est déjà si perfectionnée que les farines argentines peuvent entrer sérieusement en concurrence, sur le>
(1) République Argentine :
Superficie cultivable. 100.000.000 d'hectares environ
— cultivée... 0.060.000 — 6,2 p. 100.
(3) Exportation du maté au Paraguay :
189r 6. 760.000 francs.
marchés du Brésil, avec celles des États-Uais. La République expédie ses blés non seulement dans rAmérique du Sud, mais encore en Europe, où ils trouvent déjà des débouchés en Belgique, en Angleterre, en France, en E^Mtgne.
C'est dans la région de Touest, depuis la province de Salta jusqu'aux territoires de la Patagonie, que les champs de blé et de maïs sont le plus nombreux et rencontrent les meilleures conditions de prospérité : ce genre d'exploitation est en particulier la ressource des nouvelles colonies du sud-ouest. L'Uruguay récolte aussi des céréales, mais il suffît à peine à sa consommation. Outre le blé et le maïs, on plante aussi un peu de riz dans le nord, sur le bord des fleuves, et de l'orge au sud (1).
La culture des légumes et des arbres fruitiers est beaucoup moins prospère. La République Argentine est toujours obligée de recourir à Timportatîon, bien qu'elle soit en mesure d'inonder le monde de ses produits. Le Paraguay exporte toutefois des oranges et l'olivier semble réussir dans rUruguay.
La viticulture est au contraire en progrès marqué et deviendra peut-être dans un avenir prochain une des principales richesses de toute la région de La Plata avec le bétail et les céréales. C'est sur les coteaux de l'Uru- ^ay et sur le revers des Andes que les vignes réussissent le mieux et donnent les meilleurs produits, spécialement dans les provinces de Rioja, de Catamarca et surtout de Mendoza, dont les vignobles produisent un vin très estimé. Malheureusement les vignobles de l'Uruguay, qui offraient une belle perspective à l'industrie vinicole, ont été attaqués par diverses maladies, qui ont singulièrement restreint la production (2).
C'est dans les provinces de Tucuman et de Santiago que sont groupées les plus nombreuses plantations de canne à sucre, au pied des Andes, sur le bord des fleuves qui descendent de la montagne et facilitent les travaux d'irrigation. La production s'est élevée très rapidement; mais les frais de transport empêchent cette culture de prospérer : un quintal de sucre paye cinq fois plus cher pour arriver par chemin de fer de Tucuman à Buenos- Ayres, que par bateau de Hambourg.
Le sol des différents États de La Plala est très favorable au tabac. On le cultive en particulier sur les coteaux du Paraguay et dans les vallées des provinces occidentales de la République Argentine ; mais tandis que
(t) Céréales :
République Argentine (189 i)
Prodaclion. Ktporlalion.
Blé 2.044.957 tonnes. 1.608.000 tonnes.
Maïs G08.000 — 54.876 —
Paraguay (1891) : maïs. Superficie 3.36^.920 hectares.
Uruguay (1893) : blé. Production 14U.000 tonnes.
(2) Vignes dans la République Argentine :
Superficie cultivée... 28.800 hectares dont 12.000 dans le Mendoza.
Production 1 .000.000 d*hectolitres.
ce dernier pays ne suffit pas à sa consommation, le Paraguay exporte des feuilles et des cigares en assez grande quantité (1).
On récolte quelques balles de coton dans la région du nord-ouest; la production du lin dans le sud-ouest a beaucoup plus de valeur et fournit déjà un appoint considérable à l'exportation (2).
En résumé, on ne peut citer jusqu'à présent que les céréales et le lin qui aient acquis parmi les produits de lagriculture une véritable valeur commerciale. C'est un autre genre d'industrie agricole qui fait la fortune de ces pays.
Élevage. — Nous connaissons déjà l'aptitude du sol pour l'élevage dans les différents Ëtats de la Plata. Mais cette aptitude n'est pas aussi générale que celle des États-Unis : le porc, animal des pays de fermes, ne peut réussir dans ce pays si peu habité ; les bêtes à cornes, sauf dans l'Uruguay et sur le bord des fleuves, souffrent de la sécheresse ou de la trop grande humidité, leur chair manque de consistance; de plus, lexportalion ne peut s'en faire facilement vers les pays d'Europe, séparés par de grandes distances et par les chaleurs de la zone tropicale. Les peaux, cornes et autres produits secondaires pourront seuls être vendus au loin. Par contre, les moutons s'accommodent parfaitement de la sécheresse et de la température. C'est dans la pampa proprement dite, et, par conséquent, dans la République Argentine, que les troupeaux sont le plus nombreux. Ils pourraient l'être encore plus, même en admetlaut que les progrès de l'agriculture les refoulent sur les terrains impropres à toute autre culture.
Les tentatives pour conserver la viande n'ont pas parfaitement réussi: sauf les établissements Liebig à Fray Bentos et quelques usines qui préparent les conserves en boites, on ne peut encore employer la viande de tous les animaux tués. On ne tire enfin aucun parti du lait (3).
(1) Culture de la canne et du tabac :
République Argentine : canne à sucre, superficie a2.900 hectares.
— Production de la prov.deTucu-
inan (1805) 100.000 tonnes.
Paraguay : tabac, superficie 799.020 hectares.
— sucre, — 358.75) —
(2) Production du lin dans la République Argentine (1804). . . 260 000 ton.
(1) Élevage :
Ri^publique Argentine Paraguay (1801). Uruguay. (1894).
Bétesà cornes 22.000.000 SCI. 000 Ô.A96.97S
Moutons 80.000.000 62.900 I2.Ï49.787
Chevaux 5.2(10.000 99.700 398.475
Mulets et àoes \ 4.020 10.643
Chèvres {. 1.998.000 14.650 •
Porcs ) 10.778
Valeur totale du bétail argentin 2.470.800.000 fr.
Nombre de bétes à cornes abattues (I89.'>). . . 733.600
La République Argentine et TUruguay sont au second rang des pays producteurs de laine, iramédiatement après l'Australie.
La chctëse et la pêche n'ont pas grande importance dans ce pays où la nourriture animale est à si bon compte; on poursuit pourtant, dans les Andes, les alpacas et les vigognes, qui fournissent une laine estimée. Les autruches ou nandous sont recherchées pour leurs pi âmes.
B. I.NDLSTRIK.
Ressources minières. — Les États de la Plata, riches en minerais de diverses sortes, comme tous les pays de l'Amérique du Sud, sont une des régions de ce continent où l'exploitation des mines est le moins avancée et a le moins préoccupé les habitants. Cela vient, au reste, de ce que la plupart des gisements sont situés dans les Andes, à une grande distance de la mer. Ce n'est que le développement des voies de commerce et des moyens de transport qui permettra de tirer parti de ces richesses, et avant tout du charbon.
Il y a des lavages d'or assez productifs dans les provinces de Salta et de Rioja, et cette dernière renferme de riches filons d'argent (1).
Le cuivre abonde dans le Catamarca (Sierra de los Capiîlitos) et dans la Sierra de Cordoba. On signale aussi sur de nombreux points le plomb et le fer, dont les gisements sont également concentrés dans les mêmes provinces de l'ouest et du nord-ouest.
La houille a été découverte en couches épaisses dans la Patagonie et sur les bords du Rio Vermejo, dans l'Uruguay; mais les mines ont été mal reconnues et les essais d'exploitation n'ont pas jusqu'à présent donné de grands résultats.
Le sel abonde enfin dans les lagunes marécageuses ou « salinas » des Pampas; on en importe cependant une notable quantité d'Europe.
Industrie proprement dite. — L'industrie proprement dite est fort peu avancée encore et ne s'est pas développée aussi rapidement que les diverses branches de l'agriculture. Le combustible fait défaut : le bois est cher, peu abondant, et la houille n'est pas exploitée ; l'industrie métallurgique est complètement dans l'enfance.
Les industries agricoles sont plus actives : de nombreuses meuneries donnent une farine excellente, très bien préparée; des sucreries bien
Exportation de la laine 161.900 tonnes.
Exportation des peaux de mouton 32. 75(> —
— de la viande 80.000 —
(I) Métaux précieux:
République Argonline (1890. Cruguay (1893).
Poids. Valeur. Poids. Valeur.
Or 123 kilog. 423.000 fr. 213 kilog. 730.000 fr.
Argent... 14.918 — 1.939.000 >. v
outillées sont disséminées dans les centres de production, mais elles sont peu prospères, à cause de la difficulté des transports et de la concurrence des produits étrangers. On travaille le tabac et on fabrique des cigares dans nombre de lieux.
Les industries dérivées de Télevage sont nécessairement nombreuses, mais elles sont peu avancées. On soumet les peaux à un premier travail dans d'immenses tanneries installées près des saladeros; la préparation des conserves de viande est défectueuse ; les modes de cuisson et de salaison laissent à désirer. La plus grande partie des viandes que n'emploie pas rindustrie alimentaire sont transformées en engrais ou fondues : on en extrait la graisse et le suif, qui servent à la fabrication des bougies.
11 n'y a pas d'industrie textile à proprement parler, mais on tisse un peu de coton et de laine dans les campagnes de quelques provinces du nord et du sud.
En réalité l'industrie minière et le travail manufacturier n*ont dans les États de la Plata qu'une importance tout à fait secondaire; ces pays restent donc entièrement sous la domination de l'étranger, pour tous les produits industriels. Mais il n'est pas douteux quMls ne se rendent un jour indépendants de cette tutelle, quand les gisements de combustible seront mieux exploités et qu'on pourra traiter sur place avec profit la matière première, métaux, laines, etc. (1).
Voies de communication. — Beaucoup de richesses minières ne sont pas utilisées et de vastes territoires restent fermés à la culture, faute de voies commodes. En construisant partout des chemins de fer on attirera des colons ; le pionnier commence le travail de colonisation, pendant la pose même des rails, créant ainsi à la future voie ses premières sources de trafic. C'est un phénomène bien connu, et c'est pour en avoir su tirer parti que les Américains du nord ont vu se développer «i rapidement la richesse du Far- West.
L'établissement des voies de communication est dominé dans les États de la Plata par une loi bien visible : elles rayonnent forcément autour d*UD centre unique, fixé d'avance par la nature, l'estuaire du double fleuve. Les voies navigables présentent naturellement ce caractère. Ce pays n'est pas d'ailleurs très favorisé sous le rapport des communications fluviales; le Parana îoi^me pourtant une magnifique voie d'accès vers le nord, mais si les gros navires peuvent le remonter aisément jusqu'à Rosario, les relations deviennent difficiles à mesure qu'on s'éloigne de Tembouchure ;
(1) Usines dans la République Argentine (1892) :
Nombre d'établissements... 847
— d'ouvriers 12.400
Corrientes et Âsuncion font toutefois un commerce assez actif. Mais sur les affluents la navigation, souvent arrêtée par les basses eaux, oITre peu de secours au commerce. Le Piicomayo est encore trop peu connu pour qu*on puisse exactement déterminer sa valeur, comme débouché de la Bolivie.
Les routes sont peu nombreuses, mal construites, encore plus mal entretenues; les chariots et les cavaliers se fraient en toute liberté un chemin à travers la pampa. Dans les Andes, où les transports se font à dos de bétes de somme, il n'y a que des chemins muletiers. Le plus fréquenté est celui qui franchit la montagne à la hauteur de Santiago du Chili, en prolongement de la route de Buenos-Ayres à Mendoza.
L'établissement des chemins de fer n*a pas été aussi facile qu'on pourrait se l'imaginer au premier abord, dans ce pays si plat. U a fallu franchir de nombreux cours d'eau, traverser de vastes marécages au sol peu stable, pourvoir aux dangers des inondations. Les voies ferrées ont pris néanmoins une extension rapide et les besoins auxquels elles répondaient étaient si pressants que Ton ne prévoit pas l'arrêt de cette progression.
Les chemins de fer argentins rayonnent autour de Buenos-Ayres vers trois directions principales : vers la frontière de Bolivie, vers les Andes et le Chili — il ne restait plus à construire en 1895 que 67 kilomètres du Transandin —et vers le sud, vers Bahia-Blanca. Les deux premières lignes seront sans contredit les plus importantes, car elles éviteront à beaucoup de produits boliviens et chihens la circumnavigation du cap Horn.
Les voies de l'Uruguay rayonnent de même autour de Montevideo (1).
La marine marchande de la République Argentine et de l'Uruguay est relativement considérable ; les ports sont actifs, autant par le commerce au long cours que par le cabotage et le trafic de rivière.
Les deux grands ports sont Buenos-Ayres et Montevideo. Mais la rade de Buenos-Ayres est peu sûre et n'a qu'un mauvais port. Beaucoup de marchandises destinées à la République Argentine débarquent souvent à Montevideo, sont transportées par chemin de fer jusqu'à Colonia, en face de Buenos-Ayres, et de là dans cette dernière ville. Ces transbordements sont coûteux et entravent les transactions; on a cherché à remédier au mal en creusant le port de Buenos-Ayres même et en en construisant un autre, à peu de distance à l'est, près de la nouvelle ville de La Plata,
Montevideo est, sans conteste, le meilleur port de l'estuaire ; mais il est trop étroit et devra être agrandi.
hosario, dans l'intérieur, prend une grande activité : c'est là que s'embranchent sur le fleuve les deux lignes de chemins de fer, qui desservent
(1) Chemins de fer:
Républ. Argentine (1894). Paraguay (1891). Uruguay.
£n exploitation... 13.133 kilomètres. 241 kilomètres. 1.600 kilomètres.
En construction . . &.100 — » 305 »
les régions agricoles, riches et peuplées, de Touest et du nord-ouest (1).
Commerce proprement dit. — Le commerce extérieur des États de la Plataest considérable. Ce sont avant tout les produits de Téievage el de l'agriculture qui alimentent les exportations. A l'importation, ceisonl les objets manufacturés, tissus, fers, quelques produits alimentaires comme le sucre, les boissons, qui occupent le premier rang.
Après avoir dû disputer la prépondérance à la France sur les marchés du Rio de la Plata« le Royaume-Uni a dépassé notre pays, et de beaucoup. C'esl surtout par ses ventes qu'il l'emporte sur nous. La France cependant a encore presque le monopole de tous les objets de luxe, bijouterie, objeU d*art, articles de mode et parfumerie. Mais VAllemagne, la Belgiqve et les États- Unis nous font une sérieuse concurrence. Nous sommes déjà dépassés par ces pays pour les importations. VUalie et le Brésil méritent encore d'être cités ; le trafic avec le Chili n a pas d'importance, et n'en aura peut-être qu'après la construction du Transandin (2).
(Ij .Marine marchande :
République Argentine (1894) Vapeur» . .
Voiliers...
Nombre.
Jauge.