A8IB
Inde française
Gochinchine
Cambodge
Annam
Tonkin
Saint-Pierre et Miquelon
Guadeloupe et dépendances
Martinique
Guyane
OCÉANIB.
NouYelle-Calédonie et dépendances (y compris WalUs et Foutouna).. . 21 .000 56. 000
Taîti et autres établissements 4.000 30.000
ToUl général 4.380.620 39.308.300
Importance des colonies françaises. — Les possessions coloniales de la France ne peuvent donc rivaliser, ni pour retendue, ni pour la population, avec celles de TAngleterre et de la Russie, et cependant elles ont une grande importance pour notre pays. Notre position sur deux mers, à lavant- garde de la civilisation européenne vers Touest, nous a obligés à ne pas nous désintéresser, comme quelques-uns le voudraient, du partage du monde entre les grandes puissances. Notre position continentale nous a empêchés, il est vrai, de nous donner tout entiers, comme nos voisins d*outre-M anche, à cette œuvre de colonisation. Mais celte double situation, à la fois continentale et maritime, n'est-elle pas en même temps une des conditions de grandeur de notre pays?
Nous n'avons pas eu à nous préoccuper de trouver, comme l'Allemagne, un exutoire au trop-plein de notre population, nous avons vu que celle-ci augmente peu, et que Témigration est en tout cas très faible. Mais cette situation, sans doute transitoire, ne doit pas nous décourager de l'œuvre coloniale. Partout où des colons français se sont établis, ils ont réussi au delà de toute espérance, grâce à la variété d'aptitudes de *race et du sol français : les Normands ont été la souche de cette admi-
rable population canadienne-française, les Provençaux ne souffrent nullement en Algérie, et les Basques rivalisent avec les Espagnols et le*» Italiens dans la République Argentine. Pour quiconque examine un peu les faits, le célèbre dicton trop souvent cité que « les Français ne sout pas colonisateurs » est une contre-vérité absolue.
Mais la faiblesse de notre émigration nous a amenés à tourner nos regards, non plus vers les véritables colonies de peuplement — bien que les résultats obtenus en Algérie-Tunisie soient un encouragement en ce sens, — mais vers les colonies d'exploitation. A ce point de vue, noire empire colonial est remarquable. Que ce soit en Asie, dans les régions très peuplées de Tlndo-Chine ; en Afrique, dans les parties tropicales eC si riches du continent qu'on appelle le Sénégal, la côte de Guinée, le Congo; dans les lies de l'océan Indien, Madagascar et la Réunion; en Amérique, à la Guyane ou aux Antilles ; partout un champ remarquable s'ouvre à notre commerce. Acheter les produits de ces pays, et par là stimuler l'activité agricole des habitants, y vendre nos objets manufacturés, tel doit être le but de notre activité coloniale. En même temps que nous donnerons ainsi à nos industriels les matières premières qu'ils achètent encore trop souvent aux intermédiaires étrangers, et un moyen de vendre les produits de leur travail qui encombrent encore un peu trop leurs magasins, nous civiliserons les peuplades arriérées dont nous avons assumé la responsabilité. Or, bien que nous ne fassions pas sonner aussi haut que certains de nos concurrents notre u mission civilisatrice », il est un fait que Ton peut citer à l'honneur des procédés de colonisation de la France. Partout où nos colons se sont établis, ils se sont juxtaposés à la population existante, et, loin d*essayer de s'en débarrasser par tous les moyens, comme cela s'est passé en Australie, et ailleurs, ils se sont mêlés à elle, l'ont protégée, et ont tenté de l'amener progressivement à pouvoir jouir des mêmes droits qu'eux-mêmes. Ce qui se passe en Algérie et au Tonkin, ce qui s'est passé au Canada doit être un encouragement à continuer la même politique vraiment humaine et civilisatrice.
L'œuvre de la France a été grande autrefois dans le monde entier, elle peut le redevenir, c'est aux Français d'aujourd'hui à ne pas laisser péricliter entre leurs mains l'œuvre commencée par leurs ancêtres.