‹ Précis de géographie économiqueChapitre 27 sur 182 · hab · texte numérisé non relu

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(!) Le service militaire est obligatoire pour tous; l'armée permanente compte 8G8.000 hommes, 155.000 chevaux sur le pied de paix, 3 à 4 millions d'homuies et 5 à 600.000 chevaux sur le pied de guerre.

Le budget se chiffre par 3.783 millions de francs de recettes et 3.549 millions de dépenses. La Russie dépense pour son armement (armée et marine) 1.13*2 millions de francs par an.

RUSSIE. iC(3

beaucoup, en revanche, qu'elle ait mis en valeur toutes les étendues cultivables ; Tceuvi-e est encore peu avancée, les procédés de culture encore médiocres (1).

La répartition des cultures n'est point réglée par le relief, qui est nul ou de peu dlmportance, mais par le climat et la composition du sol. Tout dépend du voisinage ou de Féloignement plus ou moins grand de la mer; contrairement à ce que Ton observe dans nos contrées, les difîérences s*accentuent d'ouest en est beaucoup plus vite que du nord au sud. \al lalilude devient chose presque insignifiante; ce qu'il importe de remarquer, c'est le caractère plus ou moins continental d'une région. Suivant le mot de M. Leroy-Beaulieu « on peut dire, pour les pays situés au nord du Caucase, que la Russie n'a pas de midi ». Entre la Pologne et rOural on pourrait, à mesure que le climat continental s'accentue, déterminer de nombreuses régions naturelles. Mieux vaut les ramener à deux groupes généraux :

4* La nigioti des forêts, des « polessia, >» occupe le nord, la plus grande partie du centre et, dans la Russie occidentale, touche Kiiev, vers le sud. Elle est limitée au nord par la région des toundras, déserte, marécageuse, où la végétation ne se compose guère que de lichens, la faune que de rennes.

Dans cette zone de forêts l'hiver dure la moitié de Tannée; parfois le sol reste caché sous la neige pendant deux cents jours. La culture y est donc pauvre, restreinte à des plantes de végétation rapide et de médiocre valeur. Le froment y est fort rare ; parmi les céréales l'orge et le seigle donnent seuls un produit rémunérateur. Mais c'est le domaine d'une des grandes cultures industrielles delà Russie, du lin. Les habitants sont peu nombreux, très disséminés.

2» La région des steppes occupe tout le sud; elle est encore plus plate que la précédente ; les seuls accidents de terrain qu'on y remarque sont quelques ramifications des Karpathes et les hauteurs ouralo-karpathiques.

;r. Rt'partition des surfaces en 1892 (Russie propreoient dite saDs la Finlande et le Caucase) :

Surraccs. Proportion.

Terre arable I!6.r>12.48a hect. 26,2 p. 100

Prairies et pâturages 70.788.301 — 15,9 -

Foras 172.1G5.G80 — 38,8 —

Sol improductif 84.989.778 — 19,1 —

Encore faut-il remarquer qu'un tiers environ des terres en culture est leùssé chaque année sans aucun emploi.

Répartition de la propriété en 1892 (Russie proprement dite sans la Finlande, la Pologne et le Caucase) :

Terres appartenant à l'État I66.2i0.43'> hect.

— — à la famille iuipérialc... 8.08U.000 —

— — aux paysans I5l.00i.42(; —

— — aux particuliers 119.1.SG.5J3 —

Cette région peut se partager en trois bandes : celles des terres noire$, des steppes fertiles et des steppes salins.

La zofie des terres noires, du « tchernoziom », mérite une mention spéciale; elle contribue pour la plus forte part à la grandeur agricole de la Russie. Une ligne passant par les villes de Jitomir, Toula, Kazan et Oufa la limite au nord; une autre menée par Kichinev, Ekaterinosidv. Saratov et Orenbourg en marque la lisière extrême au sud. C'est une « Beauce gigantesque », deux fois grande comme la France. 11 y a là une couche d'humus noirâtre prodigieuse. Ce terreau, composé surtout de marne et d'argile grasse, contient par conséquent beaucoup d'azote et est d'une fertilité prodigieuse. On attribue sa formation à la décomposition des herbes accumulées des steppes : un sol de cette nature s'imbibe \ naturellement très vite et se dessèche de même. La région du tcher- ! noziom, qui n'a besoin d'aucune fumure, d'engrais d'aucune sorte, est un des grands « magasins à blé » du monde; en Russie même elle nourrit sans peine, non seulement la population assez dense qu'elle porte, niai> celle de la « région industrielle » qui produit peu de céréales, et de la région du nord qui n'en produit point.

La zone des steppes fertiles ne diffère elle-même de la zone du tchernoziom que par le degré de mise en œuvre, et non par sa nature. C'est encore de la terre noire, mais à l'état inculte et sauvage, recouverte de fourrés, de hautes herbes dont la hauteur atteint 2 et 3 mètres. Dans leur condition actuelle les steppes ne servent qu'à l'élevage, pratiqué comme dans les« prairies » de l'Amérique du Sud : tel est le régime agricole, ou plutôt pastoral, des districts du cours inférieur des tributaires de la mer Noire et de la mer d'Azov. Peu à peu la colonisation fait des progrès et annexe au tchernoziom les steppes défrichés ; mais l'œuvre e>l dure et difficile, car le climat éprouve cruellement les hardis défricheurs : la sécheresse y est absolue en été, en hiver le froid cruel, et le bois manque pour se chauffer.

Enfin les steppes salins sont des espaces absolument infertiles. Ce sont de véritables déserts au sol poudreux, noir, couvert de poussière. Il n'y a plus de terre végétale, mais seulement des alternances de pierres et de sables ; çà et là s'étendent des lacs salins. Parfois la monotonie de ces plaines est corrigée par une oasis entourée de prairies. Dans cette région est comprise la dépression ouralo-caspienne.

Là, les peuples sont nomades et pasteurs; les troupeaux de moulons sont la seule richesse des steppes de la Volga; les Kirghizes se livrent à l'élevage du chameau, auxiliaire indispensable des nomades. Le reboisement, qu'avaient préconisé quelques réformateurs, est impossible. Ce qu'on cherche à développer dans la région des steppes salins, c'est, grâce à l'irrigation, l'élevage des moutons et des bétes à cornes. Les steppes infertiles couvrent un espace de 400.000 kilomètres carrés, avec une population misérable d'un million et demi d'habitants.

La moitié septentrionale de la Crimée et les côtes adjacentes entre

risthme de Pérékop et Tembouchure du Dniepr, ne sont guère moins rebelles au travail agricole.

La région transcaucasienne a son originalité et est en contraste absolu avec tous les pays appartenant aux catégories précédentes. Au sud du Caucase et de la chaîne de Crimée qui en est la continuation est une région qui a exercé sur les Russes le même attrait que les pays mé* dilerranéens sur tous les peuples de l'Europe occidentale et centrale. C'est leur « midi ». Il n'y a plus là aucun des traits caractéristiques des paysages russes: on y observe autant de variété, de multiplicité d'asperl qu'il y avait de monotonie au nord des monts. C est le pays des forêts vigoureuses, des arbres fruitiers, de la vigne, de Tolivier et du mûrier. Dans la Transcaucasie, on cultive avec succès le coton, la canne à sucre ; quelques agriculteurs parlent déjà d'y introduire le thé.

Ainsi, sauf cette dernière région qui est plus asiatique qu'européenne, la Russie se divise en quelques zones de productions très tranchées. Il y a dans sa condition agricole une certaine fatalité de monotonie: bois céréales, lin et chanvre, voilà les principales richesses de son sol. Nous verrons comment on a essayé de varier ces ressources, et quelles tentatives ont réussi.

Les brusqueries du climat continental peuvent exercer aussi de redoutables ravages sur la végétation, si monotone qu'elle soit. Les gelées, tardives ou prématurées, ont souvent compromis les récolles sur de vastes étendues. En juin 1847, la gelée détruisit tous les champs de sarrasin de la province de Tambov, au cœur de la région agricole. En juillet 1862 tout ce qu'il y avait de blés dans la province d'Arkhangelsk fut réduit à néant en l'espace de quelques heures.

Forêts. — La Russie est, nous l'avons vu, remarquablement riche en forêts. Il y a au nord de véritables forêts vierges; sur bien des points on n'en a pas même tenté l'exploitation ; voies ferrées et routes font défaut. La Russie n'a point les merveilleux fjords de la Norvège, sur lesquels on fait flotter les trains de bois jusqu'au lieu de l'embarquement, ni des torrents qui charrient les bûches au loin. La longueur de la période de congélation des eaux, le manque d'articulation des côtes rendraient les voies de terre d'autant plus indispensables.

.\u reste les forêts du nord ne sont point toutes composées d'arbres propres aux usages industriels : elles sont clairsemées, coupées de vastes étendues de landes où croissent seulement de maigres broussailles.

Les essences que l'ont rencontre le plus fréquemment dans les forêts :^eptentrionales sont : le pin sylvestre, le bouleau, le sapin, Vaulne, le tremble, le mélèze. Au centre dominent le chêne, le tilleul, Vorme, Vérable, Le (^ucase porte de magnifiques bois de chênes, de hêtres; le buis y est aussi commun. Là est le centre de l'exploitation la plus active et la mieux entendue.

C'est que l'on y rencontre, avec la plus forte végétation, les meilleures conditions pour le commerce, cours d'eau flottables, voies ferrées, voisinage d'une mer toujours libre de glaces dans sa partie méridionale.

La moitié environ des forêts est la propriété de TÉtat (4). Mais celle richesse a été gaspillée en Russie comme ailleurs ; et le déboisement y fait des progrès rapides. La consommation normale, et pour ainsi dire indispensable, absorbe déjà beaucoup de bois. La majeure partie des constructions est faite de planches; le chauffage d'une population de 100 millions d'hommes pendant les longs mois de Thiver continental exige plus de 300 millions de stères. Qu'on pense à Ténorme flotte de navires, barques, radeaux en bois nécessaires à la navigation fluviale ou au cabotage. Les usines à fer de TOural traitent le minerai avec des feux de bois; nombre de raffineries de la Podolie n'emploient pas d'autre combustible. Les fabricants de potasse en font aussi une grande consommation. Enfîn il faut alimenter le commerce d'exportation ; les planches forment, au départ de Russie, un excellent freL

Les hydrographes russes ont déjà constaté que le déboisement des rives de la Volga avait modifié d'une manière défavorable le régime de ce fleuve, que les crues y étaient plus brusques, que des ensablemenls étaient la conséquence d'un transport toujours croissant d'alluvions.

La zone de plaine où les forêts occupent encore en moyenne un espace considérable est située entre Sô*» et 64<» de latitude. Pologne, Lithuanie, Petite-Russie sont, elles aussi, assez bien partagées.

Guitares alimentaires. — Parmi les cultures alimentaires de la Russie, les cèréalca occupent une place prépondérante. Leur importance dans la fortune agricole de la Russie a quelque peu diminué, depuis que rinde et les États-Unis d'Amérique ont perfectionné leurs procédés de culture et de concurrence ; mais elle reste toujours très grande. La merveilleuse fertilité des terres noires, le climat même qui porte en quelques semaines d'un été brûlant les grains à maturité, la modicité des prix de main-d'œuvre, tout garantit à la Russie qu'elle pourra, sinon ressaisir l'avantage, du moins luttera armes égales; l'amélioration des moyens de communication de toutes sortes, routes, canaux, chemins de fer, hïi assurerait peut-être la victoire. Déjà la Russie a regagné le terrain perdu : mais elle souffre beaucoup de la modicité des prix de vente, effet de la concurrence. Le prix de l'hectolitre de blé, dans la région du tchernoziom, a fléchi, entre les années 1881 et 1884, de 15 à 8 francs et même 7 fr. 50.

La production des céréales s'élève, en moyenne, à 600 millions d'hectolitres (2).

(1) ForAts dans la Russie d*Europe :

Russie proprement dite 168.922.800 hectares.

Pologne 2.683.000 -

Finlande 20.199.200 —

Caucase 7.466.400 —

(2) Production des céréales :

1802 830.000.000 hcctol.

1891 (année désastreuse suivie de famine).. 425.000.000 — 1888 681 .000.000 —

Le blé esl surtout cultivé dans les terres noires, puis en Pologne et dans les steppes qui s'étendent entre le Pruth et le Don. La qualité des terres, la modicité du prix de la main-d'œuvre permettent de produire à bon compte ; mais, outre les risques provenant de la brusquerie du climat, les cultures de froment de la Russie souffrent de l'emploi de procédés primitifs, de méthodes défectueuses. Tandis qu'on obtient en Angleterre, grâce à un choix ingénieux des semences, de 16 à 30 grains pour 1, le paysan russe récolte seulement 4 pour 1 . La moyenne de la production est d'environ 90 millions d'hectolitres (1). Quand les agriculteurs russes seront plus instruits et mieux outillés, ils doubleront sans peine cette production.

Le seigle n'a pas de domaine bien déterminé ; on le cultive partout. Mais c'est la Pologne qui, eu égard à sa superficie, compte les plus nombreux champs de seigle. Sa force de résistance aux intempéries de toutes sortes fait que, dans bien des provinces, on le préfère au blé : il semble que, depuis vingt ans, les surfaces consacrées au seigle se sont sensiblement accrues en Russie (2}.

L'avoine est la céréale des pays pauvres du nord, c*est aussi dans le nord, puis dans le centre, qu'on cultive particulièrement Vorge. Le maïs est une des richesses de la Bessarabie (3).

La Russie consomme aujourd'hui à peu près les 9/10 de ce qu'elle produit en grains. Le seigle forme la part principale de l'alimentation du peuple qui en fait du pain, de l'eau-de-vie, le quass, boisson nationale. Le blé est plus spécialement réservé pour l'exportation. Mais il faudra se hâter d'en améliorer la culture pour résister à la concurrence américaine ; la situation des paysans qui produisent de plus en plus et touchent cependant des prix de plus en plus faibles, est pénible. Le problème de Tamélioration des semences, du perfectionnement des modes de culture, est vital pour l'avenir économique de la Russie. Le maïs, comme le blé, est expédié à l'étranger.

La pomme de terre joue aussi un rôle important dans l'alimentation du peuple russe. Cette culture est en progrès constant ; son principal siège esl la Russie occidentale (Pologne et provinces baltiques) (4).

;i) Récolte du blé (Russie et Pologne) :

1892 93.258.000 hectol.

(2) Récolte du seigle :

1892 2î'i.000.000 hectol.

S) Récolte de Tavoine (1892) 180.000.000 hectol.

— — rorge 54.000.000 —

— damais 8.178.000 —

— —sarrasin 20.500.000 —

— —millet 19.900.000 —

(4) Récolte des pommes de terre (1891). 10.567 .000 tonnes.

Enfin les légume», frais et secs, pois, haricots, choux, concombres, cornichon«, sont cultivés en grand dans la Hussie méridionale; il s*en consomme et s*en exporte beaucoup.

Guitares arborescentes et fruits. — Les zones favorables aux cultures arborescentes sont assez strictement déterminées en Russie par les conditions climatiques. Dans les régions où domine le climat continental la végétation des fruits est contrariée par les brusques sautes de température, par les retours offensifs des gelées. Toutefois la vigne peut s'accommoder du régime d*un été brûlant et qui porte les raisins à maturité en peu de mois.

Le vrai domaine des cultures arborescentes, la région qu'elles pourront faire prospérer, c'est la Transcaucasie. La mgne devrait occuper un espace beaucoup plus considérable; mais les vins russes qui sont, dan? quelques régions, comme la Crimée, aussi bien et mieux préparés que tels vins de Hongrie ou d'Italie, n'ont aucune réputation ni à Moscou, ni à Pétersbourg. On n'en consomme qu'un tiers dans le pays ; les deux tiers sont exportés.

La Bessarabie, les pays entre Boug et Dniepr, la rive droite du bas Dcm et le territoire de la basse Volga, le sud de la Crimée, enfin la Mingrélie, possèdent les vignobles les plus importants. On y a planté, avec une certaine habileté d'adaptation, des cépages français, hongrois et espagnol!^. Mais les vendanges ne donnent encore qu'une quantité relativement faible de vin {l).Or il résulte des études de l'économiste russe Besobrasof, que la Russie consacrerait aisément à la vigne deux fois plus de terrain que la France elle-même, que les plants les plus variés trouveraient des conditions favorables. Mais l'art de bien soigner les vignes est un des plus délicats et ne s'apprend point, comme celui de cultiver les céréales, en quelques années de pratique. Aussi, malgré de sérieux efforts, la Russie importe encore des vins étrangers pour une valeur considérable.

Les autres arbres fruitiers, pruniers, pommiers, poiriers, noyers, amandiers sont surtout cultivés dans la Bessarabie méridionale, dans la Crimée et dans la Transcaucasie.

Cultures industrielles. — Le développement rapide des culture:^ industrielles est une des marques les plus caractéristiques des progrès accomplis par les Russes dans le domaine économique.

Nous avons déjà constaté que les pommes de tirre occupaient une superficie de plus en plus grande. Elles doivent être considérées à la fois comme objet d'alimentation et comme matière industrielle; car on le* emploie en Russie, comme en Allemagne, à la fabrication de l'alcool. Non moins caractéristique est la multiplication des champs de betteraves. On peut dire que l'introduction de cette culture a l'importance d'une révolution économique et sociale. Depuis quinze ans l'invasion s'étend de proche en proche à toute la zone des terres noires, modifiant le sol par l'engrais.

(1) Récoite du vin (18<.)0) : 3.3ôC.()O0 hectol.

changeant les habitudes et les anciens procédés de travail, les mœurs, Tesprit même des populations, transformant Télevage, stimulant Textraclion du combustible minéral. On ne saurait exagérer la gravité du changement ainsi opéré dans le gouvernement de Kharkov qui est le centre des cnUures betteravières.

Et ce sont là des exploitations en grand telles que les États-Unis seuls en connaissent. Il y a des plantations de 1,000, de 2,000 hectares d'un seul tenant. Dans ce mouvement fiévreux d'innovation agricole, on a vile sacrifié les forêts. Donc il a fallu se procurer le combustible minéral, construire des voies ferrées pour amener la houille et exporter le sucre ; de proche en proche le réseau s'élargit et se complique. Pour cultiver avec profit de tels espaces on a employé les machines agricoles les plus perfectionnées ; soudainement la culture intensive est née dans un pays très arriéré il y a encore quelques années. Les terres ont gagné en un court espace de temps une valeur considérable.

Après le gouvernement de Kharkov c'est celui de Kiiev, puis la Podolie et la Voihynie qui possèdent le plus de champs de betteraves (1).

La Russie tire aussi un revenu important de ses cultures de piaules textiles. Avec la Hollande elle est le seul pays d'Europe qui produit du lin en quantité supérieure aux besoins de sa consommation. Les lins russes approvisionnent de plus en plus les manufactures d'Angleterre, de France et d'Allemagne ; ils arrivent sur les marchés de l'Europe occidentale dans de telles conditions de bon marché que la France, l'Angleterre, l'Allemagne renoncent à cultiver cette plante.

Les provinces baltiques,le bassin de la Vodla, affluent du lac Ladoga, les gouvernements de Jaroslav et de Kostroma, les pays situés entre Kharkov et la mer Noire, renferment les plus belles cultures de lin. Mais si la Russie produit beaucoup de lin, elle le produit trop souvent encore de qualité médiocre.

L« ckanvr€y moins recherché par l'industrie que le lin, est aussi une des meilleures cultures du sol russe. Un premier groupe comprend les gouvernements du centre, Koursk, Orel, Toula, Kalouga et Riazan qui exportent leurs chanvres par Pétersbourg ; un second se compose des pays de Kovno, de Vilna, de Smolensk et de Mohilev, et a pour port d'expédition Riga.

On commence à établir des houblonnières dans quelques provinces ; et les premiers essais ont été très favorables.

Le tobdc, dont la consommation est grande, est surtout cultivé par les colons allemands dans les provinces de Tauride, de Voihynie, d'Ukraine, de Bessarabie et deMingrélie. Mais, quelle que soit la rapidité des progrès des plantations, il reste toujours une lacune à combler par des achats à letranger (2). L'Allemagne et l 'Autriche-Hongrie ont seules des planta-

'fj Culture des betteraves (Russie et Pologne) ((X92-93) : 323.000 hectares. [2] Culture du tabac en iSttl (Russie, Sibérie et Caucase) :

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