BULGARIE
ment des vallées abritées où certaines cultures comme celles du mûrier et de la rose à essence trouvent un terrain de prédilection. Les ressources minières du sol bulgare sont considérables mais encore insuflisammenl connues; elles sont, jusqu'ici, demeurées généralement improductives.
Agriculture. — La Bulgarie est un pays essentiellement agricole. Le régime général du sol est la petite propriété. D'assez grands domaines y avaient été constitués entre les mains de personnages turcs, mais les musulmans ont émigré en grand nombre depuis que la Principauté est devenue indépendante et le paysan bulgare a acquis, à bas prix, autant et plus de terre qu'il n'en peut cultiver.
(In a évalué la surface des forêts de Bulgarie à 46,000 kilomètres carrés, c'est-à-dire à la moitié du sol de la Principauté : en réalité, on compte dans ce chiffre de vastes espaces que les bûcherons ont déjà ravagés. Les forêts bulgares ont beaucoup souffert du déboisement rapide et inconsidéré; une législation protectrice tend aujourd'hui à les reconstituer. Les plus vastes étendues boisées se trouvent sur les flancs septentrionaux du Rhodope et des Balkans. Ce n'est plus guère que dans le massif du Kilo que l'on rencontre aujourd'hui de grands espaces ayant conservé des arbres de haute futaie. Les principales essences croissant en Bulgarie sont le chêne, le frêne, le hêtre et le charme; les saules abondent dans les plaines; le pin, le sapin et le mélèze croissent à partir de l'altitude de 1,300 mètres. De magnifiiiues noyers fournissent à l'ébénisterie autrichienne des bois très recherchés.
Les céréales prospèrent sur presque toute la surface de la Principauté. Le bié est celle qui offre la plus grande importance : on en a exporté en 1895, 389,000 quintaux, dont 134,000 de blé dur et 252,000 de blé tendre.
Le seitjle n'est guère employé que pour l'alimentation des classes rurales surtout en pays de montagne, car le paysan de la plaine fait son pain de farine de blé pur ou mélangé de seigle.
Lorye est employée pour la nourriture des chevaux ou exportée à destination des brasseries anglaises ou allemandes.
Le mais, que produit principalement la Roumélie orientale, est exporté en Turquie ou utilisé par les distilleries d'alcool qui emploient leurs drèches à l'engraissement du bétail.
La culture du ni, est concentrée dans les environs de Tatar-Bazardjik et de Philippopoli (Boumélie orientale) ; elle passe pour Tune des plus lucratives, mais elle nécessite une certaine mise de fonds et la disposition dune assez grande étendue de terrain.
La vigne prospère en Bulgarie et donne par endroits des produits ayant une certaine réputation locale, mais, d'une manière générale, la vinification est faite sans compétence et sans soins et les vins bulgares ne sont susceptibles d'être ni transportés ni conservés.
Les arUres fruUiers abondent autour des villages bulgares, mais, exception faite de la plaine de Kustendil dont les produits sont, à ce qu'on
assure, exportés jusqu'en France, rarboriculture ne présente pas un véritable intérêt économique.
Les principales cti/ft/rejj industrielles sont : 1<^ le tabac, qui réussit surtout aux environs de Kustendil, Schoumla, Haskovo et Stara-Zagora. La culture et la fabrication du tabac sont libres en Bulgarie; les droits fort élevés d'ailleurs, que supporte cette denrée ne la frappent qu'au moment de la vente au consommateur. 2^ La rose à essence a, pour ainsi dire, sa patrie sur les flancs méridionaux du grand Balkan, et la vallée de Kezanlick porte justement le surnom de « vallée des roses», que Ion pourrait étendre, quoiqu'à moins juste titre, à celles de Kalofer et de Karlovo. Quelques autres points de la Roumélie orientale apportent un léger appointa la production totale qui, dans les bonnes années, peut atteindre jusqu'à 3,000 kilogrammes valant, selon les cours, de 800 à I 200 fr. le kilogramme (on s'expliquera ce chiffre si l'on songe qu'il ne faut pas moins de 3.000 kilogrammes de pétales pour produire un kilogramme d'essence). La parfumerie du monde entier demande presque exclusivement à la Bulgarie cette essence qui constitue pour elle une matière première indispensable.
La production assez restreinte de chanvre et de lin ne sert guère qu'à la consommation locale.
Le sésame, ïanis et le pavot donnent matière à quelques affaires d'exportation.
L'élevage parait susceptible d un assez grand développement, mais la plupart des espèces animales, mal soignées et mal nourries, ont subi, en Bulgarie comme dans la plupart des pays balkaniques, une véritable dégénérescence. Des efforts intelligents et couronnés de succès sont faits pour remédier à cet état de choses.
Le mouton abonde en Bulgarie : outre les troupeaux appartenant aux habitants des villages il en existe un assez grand nombre que des bergers nomades de race roumaine font transhumer de la plaine à la montagne. Les peaux brutes d'agneaux et de chevrettes font l'objet d'un commerce d'exportation assez important vers l'Autriche et la France. La laine est généralement emplpyée à la fabrication des draps nationaux; on importe même une certaine quantité de laine étrangère afin d'améliorer par les mélanges la qualité des étoffes.
La race bovine est représentée par le bœuf et le buffle : ce dernier animal se trouve surtout dans les villages musulmans. Sa viande et son lait sont de médiocre qualité, mais sa vigueur et sa rusticité le rendent précieux.
Uéléve des vers à soie a été l'une des principales richesses de la Bulgarie et des éleveurs français s'approvisionnaient, il y a cinquante ans, de graines provenant de la vallée de Kezanlick. Cette industrie qui avait été presque entièrement abandonnée à la suite des ravages produits par les maladies des vers à soie, a repris son essor depuis que les découvertes de Pasteur lui ont rendu la sécurité : elle n'est entravée que par l'insufflsance du nombre des mûriers. Les principaux centres pro-