‹ Précis de géographie économiqueChapitre 38 sur 182 · BULGARIE · texte numérisé non relu

BULGARIE

<iucteurs sont les environs de Stanîmaka, Haskovo et Sliven dans la Roumélie orientale, ceux de Tirnovo et Pievna dans la Bulgarie du uord.

Uindustrie bulgare à laquelle cependant les matières premières ne font pas défaut n'a pas pris depuis la constitution de la Principauté tout le développement que Ton aurait pu attendre. On peut indiquer deux motifs : 1** la jeunesse instruite du pays obéissant à un penchant commun aax nouvelles nationalités orientales se précipite tout entière vers les carrières libérales et néglige le commerce et l'industrie ; 2^ les étrangers, .«)uvenl mieux fournis de capitaux et de connaissances techniques ne sont pas encouragés à mettre en valeur des richesses que le gouvernement bulgare désire réserver à ses nationaux. Et, d'autre part, le développement des voies de communication facilite Timportation de produits étrangers à bas prix, qui tendent à se substituer aux anciennes fabrications locales.

La seule exploitation minérale existant aujourd'hui en Bulgarie est celle du charbon de terre. Les gisements de Pernih, sur les contreforts du Viloch, fournissent un combustible abondant et à bas prix, mais de qualité très sulfureuse : aux environs de Travna on exploite aussi des gisements qui approvisionnent les villes de Tirnovo et Roustchouk. Un assez grand nombre d'autres terrains carbonifères ont été reconnus, notamment dans le Balkan central (Ëlena), sur le Balkan oriental (Kolel), près de la mer Noire entre Aïtos et Bourgas et dans la plaine danubienne (Pievna, Lovetz, V^ratsa). Ces divers gites sont inexploités.

On connaît un assez grand nombre de gisements de minerai de fer. Ceux de Samokof, les seuls qui aient été mis en valeur, sont abandonnés depuis quelques années, le cours des fers étrangers étant, sur place même, bien inférieur au prix de revient des produits locaux.

On trouve des gisements de plomb argentifère dans le Balkan d'Étropol, près de Loukovitza dans le Rhodope, aux environs de Kustendil et de Vamboli. Aucun d eux n'est mis en valeur.

On a relevé sur divers points de la Principauté la présence de la pyrite de cuivre, de la cassitérite et du manganèse. On exploite à Zlatitza une mine de chrome. On peut encore mentionner, pour mémoire, la présence de Tor sous forme de paillettes dans quelques rivières et sous la forme native près de Bréznik. 11 n'est d'ailleurs l'objet d'aucune exploitation industrielle.

Les seules industries bulgares de quelque importance sont celles qui mettent en valeur des produits agricoles. La filature et le tissage de la laine occQ^ni un grand nombre d'établissements presque tous situés dans des ftetites villes adossées aux Balkans et dans lesquelles des chutes d'eau fournissent la force motrice. Telles sont Slivno, Karlovo et Kalofer en Roumélie orientale; Gabrovo, Sevlievo, Tirnovo dans la Bulgarie du nord : les efforts des industries bulgares en vue de produire des draps seniblabiei à ceux de la fabrique occidentale n'ont eu jusqu'ici qu'un

médiocre succès, par contre, ils trouvent en Turquie un débouché ass«z considérable pour l'exportation des draps grossiers mais inusables {rali et ckayak) dont ils ont la spécialité et qui habillent Tarmée bulgare et la plupart des paysans de la péninsule balkanique. C'est encore la Bulgane qui fournit la passementerie de laine (ifaitan} dont sont garnis la plupart des costumes nationaux de la Péninsule.

Les autres établissements industriels de Bulgarie ne fournissent qu'à des besoins purement locaux. Ceux dont Tinslallalion est la plus perfectionnée et qui ont engagé le plus de capitaux sont quelques distillerie> d'alcool de grains. Si l'on y ajoute des brasseries assez prospt're>, quelques fabriques de savon, quelques minoteries à vapeur et un grand nombre de moulins à eau, quelques coutelleries, des imprimeries, un dévidage de soie, trois fabriques de poudre, les briqueteries et les fours à chaux qui fournissent aux besoins des constructions locales, on aura établi d'une manière à peu près complète le bilan de l'industrie bulgare.

Voies de communication. — La grande ligne ferrée de Vienne à Cod<tantinople traverse le territoire bulgare sur une longueur de 370 kilomètres par Sofia, Philippopoli et la vallée de la Maritza. Avant que ifdernier tronçon ( Bellova-Vacarel ) en fût achevé, c'était encore parla Bulgarie que passait la voie la plus courte entre l'occident et (^onstantinople par Bucarest, Roustchouk, Varna et la mer Noire (longueur du chemin de fer de Roustchouk à Varna : 226 kilom.). La Ipoisièmo voie ferrée de Bulgarie se détache de la grande ligne Sona-(x)n>tantinople à Tirnovo-Seymen et va desservir le port de Boui-gas. O réseau sera prochainement complété par deux lignes nouvelles qui. à travers les Balkans, rattacheront a la vallée du Danube, Sotia et Philippopoli.

Les routes bulgares ne supportent guère la comparaison avec celles d^ l'Europe occidentale, elles n'en sont pas moins suffisantes pour assurer en toute saison des communications assez faciles entre tous les centres de quelque importance.

Commerce. — Les conditions du commerce dépendent étroitement de celles de Tagriculture. La récoite est-elle abondante et les prix élevés, l'exportation des céréales fait affluer l'argent de l'étranger et les importations prennent un rapide essor. Ces conditions viennent-elles à manquer, la consommation se restreint de toutes parts.

Nous avons, en parlant de l'agriculture et de l'industrie bulgares, mentionné les divers produits dont se composent les exportations de la Principauté. Les importations comprennent au premier rang les textiles; l'Angleterre fournit la presque totalité des fils et tissus de coton, T Allemagne, l'Autriche et l'Angleterre se partagent la plupart des étoffe^ mélangées ; la France qui occupe le premier rang pour les tissus de laine et de soie pure n a qu'une part presque insignifiante pour les autres produits textiles. La Grande-Bretagne et l'Allemagne accaparent, pour ainsi dire, le marché des produits métallurgiques. La France aune place impor-

lante dans le commerce des cuirs pour cordonnerie ; c'est elle qui fournil presque exclusivement les qualités supérieures (1).

Le commerce autrichien s'est créé la grande situation dont il jouit en Bulgarie bien plus par l'activité de ses voyageurs et les judicieux efforts de ses producteurs que par suite de facilités spéciales en matière de transports. 11 ne rencontre, en effet, de conditions privilégiées que dans la région riveraine du Danube et l'on sait que celle-ci n'est pas encore reliée par voie ferrée au reste de la Principauté. La presque totalité des marchandises importées sur les autres marchés bulgares ont été débarquées dans les ports bulgares de Varna et Bourgas, ou dans les ports turcs de Constantinople et Dédé-Agatch. On voit que les pays producteurs de l'Europe occidentale sont, dans la plus grande partie de la Bulgarie, placés sur un pied d'égalité avec l'Autriche-Hongrie. Il ne tiendrait, notamment, qu'aux producteurs français de développer dans une large mesure les débouchés si modestes qu'ils possèdent en Bulgarie et que la concurrence de V Autriche et de l'Allemagne tend à restreindre chaque jour.

Résumé politique. — Le royaume de Serbie est indépendant depuis le traité de Berlin (1878). Il occupe la région montagneuse située au sud du Danube et de la Save, arrosée par la Morava. Sur une superficie de

(1) Commerce (1893) :

Total des importations.

Total des exportations .

Pnndpaux articles d'importalion.

TeiUIes 28.000.000

Prodaits métallurgiques, machines, quincaillerie, etc 16 . 000 .000

Denrées coloniales 9 . 1 1 2 . 000 fr.

Peaux brutes et ou-

nécs 5.151.000

BcîssoDs spiritueuses. 3.748.00)

Prioci|Mttx articles d'exportation.

Céréales et produits des céréales 14.609.000

Animaux vivants 6.6Î5.000 fr.

Matières et produits textiles 8.456.000

Produits alimentaires animaux 2.535.000

Peaux brutes et ouvrées 1.560.000

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