hectolitres. 9.400.000 hectolitres
Valeur ? :i 6. 500. 000 francs.
(3) Élevage en Suède et Norvège.
Suéde Hi9l). Norvège (1990).
Chevaux 489.000 150.800
Bétes à cornes 2.420.110 1.005.000
Moutons 1 .345.000 1 .412.000
Porcs 655.000 120.000
Chèvres » 272.700
Rennes » 167.700
La pêche. — La pèche est une industrie nationale de la Suède et de la Norvège. Les côtes si remarquablement articulées de la Norvège et une partie de celles de la Suède invitent en effet à ce genre d*industrie (1).
Les mers qui baignent la côte norvégienne doivent à leurs conditions de température et de profondeur une grande richesse de vie animale. Les €aux suédoises de la Baltique, beaucoup moins tièdes et moins profondes, offrent moins de ressources aux pécheurs.
Depuis deux siècles la baleine a presque complètement disparu des eaux norvégiennes. Les principales pèches auxquelles on se livre dans ces parages jusqu'à des profondeurs de 200 à 400 mètres, sont celles du hareng et de la morue. La morue se tient en général sur les côtes les plus septentrionales ; les harengs fréquentent les eaux les plus méridionales. Mais l'irrégularité des migrations de l'une et l'autre espèce a déjà découragé bien des marins, tant de la pêche hivernale du hareng, presque complètement abandonnée, que de la pèche estivale.
La morue se pèche surtout dans les parages des lies Lofoten : dans les bonnes années on en prend un chiffre à peu près double de celui que les pécheurs français rapportent de Terre-Neuve. Le hareng est péché dans la mer du Nord, en été et en automne ; la Baltique est beaucoup moins riche, aussi, tandis que la Norvège exporte le tiers de sa récolte, la Suède ne suffit pas à sa consommation.
Ajoutons à ces deux catégories principales de pêches celle des maquereaux, anchois, merlans, soles, phoques, requins, homards. Les phoqiies, les morses, et les baleines sont poursuivis par les pêcheurs de Hammerfesl et de Tromsô dont les barques s'aventurent au loin sur l'océan Glacial.
Enfin les nombreux cours d'eau et les lacs nourrissent une grande quantité de saumons et de truites dont la pêche longtemps désordonnée et abusive est aujourd'hui sagement réglementée.
Résamé. — En résumé l'exploitation des produits végétaux et animaux se borne à la coupe des forêts, à l'élevage du bétail et à la pèche; le reste des cultures, celle des céréales en particulier, n'est pas en rapport avec la grande étendue du double royaume. La Suède et la Norvège se caractérisent par l'extension de la vie pastorale et maritime; l'agriculture proprement dite n'est développée que dans la Gothie et dans une partie de la Suède. Si l'on entend par « agriculture » tous les modes d'exploitation végétale et animale dans un pays, on peut dire que les deux tiers de la population de la péninsule vivent du métier agricole; en Norvège il existe une très forte proportion de pêcheurs. Aussi peu de grandes villes, mais des fermes ou groupes de fermes souvent assez distants les
(1) Population maritiuie :
Suède ((830) 28.875 hommes.
* Norvège (1891) 95.000 ~ au minimum.
Produit total (1891) en Norvège.. . 3G. 350.000 francs.
uns des autres. Mais le sol donne encore en Suède une certaine aisance aux cultivateurs: la Norvège est beaucoup plus pauvre, d'où une émigra^ lion considérable.
B. — Industrie.
Conditions naturelles. — La Suède et la Norvège ne sont point des pays industriels. Le combustible minéral nV existe qu'en gisements insuffisants; si les métaux d'excellente qualité sont produits par leur sol, la force motrice manque pour les transformer en véritables objets d'industrie. Sans doute, la force donnée par les chutes d'eau pourra, dans une certaine mesure, atténuer la pauvreté houillère de la péninsule Scandinave. Les forêts permettent, dès itiaintenant de traiter au bois les minerais, et d'obtenir à cet égard d'excellents résultats. Mais l'industrie s'installe difficilement dans des pays où la vie rurale, isolée, domine par la force même des influences naturelles ; on ne doit jamais oublier que la rigueur du climat paralyse encore l'activité humaine, même dans notre siècle où des conditions factices remplacent si souvent les conditions ' naturelles. Dans la partie orientale de la péninsule, sauf tout à fait au sud, la vie est suspendue par le rude hiver continental ; pendant Tété la rapide succession des phénomènes végétaux réclame une main-d'œuvre toujours prête en des régions où la population est très clairsemée. La Norvège, où le climat plus doux serait favorable au développement de la vie industrielle, manque justement des éléments premiers et indispensables, du combustible et en grande partie des métaux.
Au reste l'industrie s'exerce, pour ainsi dire, en dehors de la vie nationale. Le paysan norvégien et suédois produit le plus souvent lui-même la plupart des objets nécessaires à ses besoins; le travail à la maison, toujours pratiqué et rationnel d'ailleurs dans les pays de montagnes, a conservé beaucoup d'importance dans toute l'étendue des régions Scandinaves.
Industries dérivées du rogne minéral. — Le fer, qui se trouve, soit dans les filons des roches, soit dans les marais et les lacs où le minerai a été roulé, est la grande richesse minérale de la Suède. Ces minerais sont d'une telle qualité que tous les pays industriels, même ceux qui possèdent du fer, le recherchent avec avidité. Mais ces énormes masses de fer qui pourraient suffire pendant des siècles à l'alimentation de toutes les industries de l'Europe se trouvent dans des lieux d'accès difficile sinon impossible, et souvent dépourvus de forêts. Ces gisements sont situés dans une région limitée d'un côté par le lac Wenern et de l'autre par .le littoral de Celle à Stockolm [Jfiilun^ Westmanland, Gefleborg, etc.). Ces minerais suédois, très riches en manganèse, ou magnétiques {Danemora) sont particulièrement recherchés pour la fabrication de l'acier.
Le cuivre, qui se trouve à Falunen Suède, et en Norvège, le zinc exploité par la société de la « Vieille-Montagne », l'or de Suéde, ïargent de Norvège (Konsberg)f la houille enfin, tirée en petite quantité des mines qui
environnent le Sund, contribuent pour une moindre part à la richesse minérale de la Scandinavie (1).
Les carrières de granit sont innombrables ; mais on exploite surtout le porphyre rouge, dont la valeur commerciale est plus grande, les ardoises^ les marbres et les pierres meulières. Mais Tabondance et le bon marché des bois restreignent beaucoup l'emploi des matériaux tirés du règne minéral.
Les autres industries sont peu développées. Cependant le travail de réduction des minerais à Taide du bois, est assez avancé. Les hauts fourneaux sont naturellement localisés dans la région minière, et particulier rement en Dalécarlie,à Palun surtout (2). La fabrication des tôles a pour principaux centres iNikœping et Motala ; la clouterie et la quincaillerie sont développées à la fois dans ces villes véritablement industrielles, et chez des artisans isolés.
Motala a la spécialité de la fabrication des machines : mais Goeteborg, Helsingborg, Gefle et Stockholm attirent insensiblement les industries mécaniques nécessaires aux constructions navales. Ces cités commerçantes deviendront sûrement dans un avenir prochain des centres industriels, grâce à la facilité qu'elles ont de recevoir des charbons étrangers; elles sont comme les points de rencontre naturels des métaux du pays et des houilles du dehors. Bergen et Christiania en Norvège exercent et exerceront de plus en plus ces genres d'industries.
Stockholm et Christiania, en qualité de grandes villes, possèdent des verrei^s et des faïenceries importantes.
Industries dérivées des règnes végétal et animal. — Au premier rang des industries dérivées du règne végétal se place celle des bois; plus de 6,000 scieries auxquelles la force motrice est donnée par les chutes d'eau
(I) Extraction des minerais :
Suède (1892).
Houille 382.000 tonnes.
Fer 1.292.000 —
Cuivre 21.000 —
Plomb 20.000 —
pyrites de fer et cuivre. 1.200 —
Manganèse 8.000 —
Or 3.500 kilog.
Argent »
Nickel »
11) Industrie métallurgique :
Su6de (1892).
Fonte 486.000 tonnes.
Fer 235.000 —
Acier 160.000 —
Cuivre 740 —
Plomb 800 —
Nickel •»
Norvège (1891)