‹ Précis de géographie économiqueChapitre 53 sur 182 · kilog · texte numérisé non relu

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Norvège (1891 420 tonnes.

préparent les produits forestiers de Suède et Norvège. Non seulement on débite les troncs d'arbres en planches dont l'exportation est considérable à destination de l'Europe occidentale; mais on fabrique un certain nombre de pièces montées, portes, fenêtres, puis des tonneaux (1).

Qu'on ajoute à cette industrie, que le bon marché de la matière première et de la main-d'œuvre rend plus prospère dans les pays Scandinaves que partout ailleurs, celle des chantiers de construction, el de V ameublement. La construction des grands voiliers et des barques de pèche occupe, on le devine aisément, un nombre considérable d'artisans dans les ports, malgré le progrès de la navigation à vapeur, qui s'affirme même en ce pays presque dépourvu de houille et comblé de richesses forestières. L'industrie de l'ameublement ne porte guère que sur des articles peu façonnés et vendus à un prix très bas, parquets, armoires grossières, coffres, caisses, objets divers de menuiserie. Le travail des bois d'allumettes occupe 6,000 ouvriers tant à Jœnkœping qu'à Stockholm. Une industrie particulière aux pays forestiers du nord est la fabrication du pafiier de bois ou, pour mieux dire, de la pâte de bois qu'on exporte en Angleterre, en Allemagne et en France ; cette substance sert à préparer les papiers d'emballages.

Les raffineries de sucre travaillent les betteraves, surtout en Scanie, sans suffire à la consommation nationale. Les distilleries d'eau-de-vie tirent, dans la région agricole suédoise, l'alcool des céréales et des pommes de terre; les 490,000 hectolitres annuellement produits sont consommés dans l'intérieur du royaume. Quelques brasseries produisent en moyenne 1,700,000 hectolitres de bières.

Les industries textiles sont médiocrement développées ; en général les étoffes sont fabriquées par le paysan dans sa maison à l'aide de métiers plus ou moins perfectionnés. La fabrication vraiment industrielle des cotonnades a pris quelque extension à Falun, à Gôteborg et à Stockholm : c'est-à-dire qu'elle s'est associée ici à la métallurgie, là aux diverses industries que suscite le commerce maritime. Stockholm fabrique aussi des lainages et quelques soierieSy Norkœping des draps. Les corderies sont naturellement très importantes dans les grandes villes maritimes de ces pays dont les navires et barques à voiles sont si nombreux.

La richesse en gros bétail de la Suède a suscité l'industrie de la tannerie, tout particulièrement développée en Scanie; avec les peaux d'agneaux, la Norvège et la Suède fabriquent les gants dits de Suède. Un emploi curieux de la richesse animale est l'application des résidus de morues et Autres poissons, contenant beaucoup de phosphates, à l'engrais des terres.

Résumé. — En résumé l'industrie ne se présente encore en Suède et

(1) Exportation du bois et des objets en bois (1891):

De Norvège 61 .500.000 francs.

De Suède 189.300.000 —

Norvège que sous ses formes les plus primitives; elle consiste surtout en une première opération de main-d'œuvre destinée à dégrossir, pour les exporter à meilleur compte, les produits naturels. Ce pays possède une admirable végétation forestière, mais seulement des industries élémentaires pour rexploiter; elle accroît donc médiocrement le prix de la matière première que son sol donne en abondance. La dispersion de la population en petites bourgades est un autre obstacle à la diffusion de rindustrie chez un peuple de moins de 7 millions d'âmes.

G. — Commerce.

Condition générale. — Le commerce souffre de la répercussion de toutes ces causes. Pauvres en elles-mêmes et peu avancées en civilisation industrielle, la Suède et la Norvège sont, en outre, dans une situation peu favorable, en dehors des grandes voies du trafic international, ne tenant guère à l'Europe . N'ayant pas une valeur considérable de produits nationaux à exporter, malgré le volume des cargaisons qu'elles expédient, n'opérant, pour la raison que leur industrie est médiocre, que de faibles bénéfices, elles achètent peu. Leur commerce est borné à quelques objeU de première nécessité. Aucun pays, sauf la Russie, n'est plus éloigné de l'Amérique; aucune nation maritime de l'Europe n'est moins proche de ta Méditerranée, des marchés du Levant, de l'Inde, de l'Extrême-Orienl; aucune plus mal placée pour exploiter l'Afrique.

Voies de communication. — A l'intérieur les communications sont difficiles à cause de la structure montagneuse d'une grande partie de la péninsule, de la rudesse des pentes, de la rigueur du climat. Les riviêrea sont nombreuses, mais tellement encombrées de rochers et de rapides, si informes, souvent intermédiaires entre la forme de lac, de marais ou de fleuve, que les cours inférieurs seuls sont propres à la navigation. En dehors de leurs estuaires, elles ne rendent des services que pour le flottage des bois. La Norvège a ses fjords merveilleux, aux eaux profondes, aux contours nets et bien dessinés. Mais n'est-ce pas comme une ironie de la nature qui a pourvu d'admirables avenues un domaine si pauvre, excité à la hardiesse maritime des peuples qui trouvent à peine chez eux de quoi vivre? Du moins ils ont la pèche, et la ressource d'appliquer leurs rares facultés de navigateurs au métier de « routiers » internationaux.

La seule région qui soit vraiment riche et puisse désirer de bons moyens de communication est la Suède centrale et méridionale, zone d'industrie et d'agriculture. Là les voies navigables ne font pas défaut, et grâce à la médiocrité des pentes, elles ont été aménagées et développées avec soin ; les lacs ont aussi abi^gé les trajets de jonction.

Le canal de Gœtha (Gœtha-Kanal) coupe la péninsule gothique de la Suède proprement dite en passant par les grands lacs. Il a donc pour avantage d'unir plus directement que par les détroits la Baltique au Skager-Rak, c'est-à-dire à la mer du Nord, de donner aux ports de la

Suède orientale une meilleure issue vers la mer ouverte de Touest. Le tracé, y compris la traversée des lacs, est d'environ 450 kilomètres; les différences de niveau sont franchies par 58 écluses ; 24 tunnels ont été ménagés sous les élévations de peu d'épaisseur. Le canal commence à Sœderkœping sur la Baltique et se termine à Gœteborg au nord du Katlegat. Gœteborg est ainsi une porte de sortie de la Suède en même temps qu'une étape sur le chemin de Copenhague à Christiania.

Quelques autres canaux de moindre importance relient les lacs entre eux.

Les routes (35,000 kilomètres] sont très insuffisantes dans un pays où les voies navigables ne sont libres que sept mois environ par an ; la Norvège avec ses fjords, sous un climat plus doux, souffre moins de cette disette. Dans Tétat actuel, l'exploitation des forêts et des mines est singulièrement gênée par le médiocre développement du réseau routier. Ainsi, au nord, on ne compte qu'une route, celle de Stockholm à Haparanda. Tant qu'on n'aura pas remédié à ce défaut. Suédois et Norvégiens devront, comme aujourd'hui, diviser strictement leur année en deux parts bien distinctes. Tune, la belle saison consacrée à l'exploitation et à Vaccumulation des produits naturels en magasin, l'autre, l'hiver, à Texportation par mer de ces provisions des entrepôts.

Mais déjà les voies ferrées, dont la construction n'a été commencée qu'en 1856, ont vivement stimulé le commerce. Le réseau comprend plus de 10,000 kilomètres. Ce serait peu si l'on appliquait à son appréciation la commune mesure, si l'on établissait le rapport entre la longueur des lignes et la superfîcie totale du pays. Mais on doit remarquer d'abord que le sol vraiment exploitable et de quelque valeur économique ne comprend guère que la Suède proprement dite, la Gothie, et la Norvège sous une latitude inférieure au 6\^, En outre, l'extrême développement du cabotage en Norvège, dans les pays susceptibles d'une exploitation fmc* tueuse, restreint le rôle des communications par routes et par voies ferrées. Restait donc à pourvoir la Suède proprement dite et la Gothie, dont les richesses métallurgiques et agricoles, dont la population assez dense, demandent l'emploi simultané de tous les moyens de transport. Il fallait aussi relier cette région exceptionnellement favorisée au littoral atlantique, à travers les Alpes de Scandinavie. Toute cette œuvre est aujourd'hui ébauchée dans se$ principaux traits. .

La Suède proprement dite et la Gothie, où le réseau est assez serré, »ont sillonnées par quatre grandes lignes qui, de Stoékholm, gagnent Malmô, Gœteborg, Christiania, puis Upsal et Gefle.

Une ligne rejoint Christiania à Trondhjem à travers la province norvégienne de Hamar; la Norvège en compte quelques autres de. moindre importance.

La même ville de Trondhjem a été choisie comme point terminus de la

ligne transversale qui unit la Suède et la Norvège à travers les Alpes

Scandinaves. Bergen ou Stavanger eussent été mieux situées pour servir

de gare extrême des lignes après le drainage des pays riches de la pénin-

Géograpbie économ. 20

suie ; plus avancées vers Touest, elles auraient entretenu des relations plus faciles avec les Iles Britanniques et autres pays d*outre-nier% Mais il a fallu franchir les monts Rjœlen en leur point le moins large et le plus proche de TAtlantique : en coupant les monts plus au sud on eût rencontré de graves difficultés. En outre, on avait tout intérêt à traverser les zones forestières du nord de la Suède et des confins méridionaux du Norrland.

L'exploitation des voies ferrées de Suède et de Norvège est assez peu rémunératrice. Le fait s'explique tant par la concurrence du cabotage et des canaux que par les difficultés de premier établissement (!)•

Il est question d'établir entre Copenhague et Malmœ un tunnel sousmarin de 12 kilomètres. Si ce projet sourit au gouvernement suédois, il est accueilli avec beaucoup moins de faveur par les Danois (2).

Marine marchande. Ports de mer. — La marine marchande suédonorvégienne est une des plus importantes du monde par son tonnage. La Norvège, mieux articulée, est mieux partagée en somme. Si Ton étudie la composition de ces deux flottes, on remarquera que les vapeurs sont d'un très faible tonnage, c'est-à-dire consacrés pour une bonne part au cabotage, et que le nombre des navires à voiles est encore très considérable, ce qui s'explique à la fois par la pénurie de houille, par la richesse en

(1) Exploitation des chemins de fer (189?) :

Norvège. Suôde.

Longueur 1 .562 kil. 8.461 kil.

Coût kilométrique de premier établissement 115.651 fr. 133.3S8 fr.

Effectif roulant :

Locomotives 156 439

Wagons de voyageurs 496 940

Wagons à marchandises .... 3 . 568 10 . 735

Circulation :

Norvège. Suède.

Voyageurs à toutes distances. . . 4.680.000 5 397.200

— à 1 kilomètre 125.879.000 v. k. 328.010.800 v. k.

Marchandises À toutes distances. 1.419.400 t. 4.078.400 t.

— à 1 kilomètre 98.633.000 t. k. 410.658.100 t. k.

Résultat financier:

Norvège. Suède.

Recette totale 12.546.700 fr. 36.587.700 fr.

Dépenses totales 9 . 437 . 800 24 . 977 . 500

Produit net total 3.108.800 11.610.200

Recettes kilométr 7 .951 10.435

Dépenses kilomélr. .. . 5.981 6.254

Produit net kilométr. 1.970 4.181

En Suède, sur 5.642 kilomètres de chemins de fer appartenant à des compagnies privées, on n'a de renseignements statistiques complets que pour une longueur de 555 kilomètres. Les chiffres ci-joints sont donc très incomplets pour ce qui regarde la Suède. Les moyennes seules peuvent être approximatives.

(2) Voir page 317.

bois, et par la nature des objets transportés, de peu de valeur sous un très grand volume.

En combinant le tonnage-voile avec le tonnage-vapeur triplé, les économistes ont placé cette énorme flotte au cinquième rang seulement, après celles de l'Angleterre, des États-Unis, de la France et de rAllemagne (I).

Le mouvement de la navigation est considérable, mais les statistiques de ces pays ne distinguent pas nettement les opérations de pôcbe, de cabotage et de long cours. Quoiqu'il en soit, les pavillons suédois et norvégien sont grandement représentés non seulement dans les mers Baltique et du Nord, mais dans toute V étendue de TAtlantique et même dans la Méditerranée. Sobres et habiles, les marins Scandinaves vont solliciter au loin Tindustrie des transports maritimes et sont les intermédiaires d'une notable partie du commerce des matières encombrantes, minerais, bois, pierres, engrais, charbon, pétrole, etc.. Ils ont l'avantage de trouver au départ de leur pays un fret assuré en bois bruts, planches, bois ouvrés, métaux (2).

Les principaux ports sont Stockholm^ Christiania, Gœteborg et Bergen» Stockholm fait surtout le commerce avec la Russie. Gœteborg, à l'issue du Gœta-Kanal, draine vers l'ouest les pays riches de la Gothie, Bergen est le centre de l'exportation des poissons (3).

Commerce proprement dit. — Le commerce extérieur des deux pays est considérable ; la part prise par la Suède est naturellement prépondérante (près des deux tiers). Les importations portent sur la houille, nécessaire aux industries suédoises, les céréales et autres objets d'alimentation qui manquent dans ces pays, et enfin sur un certain nombre d'objets manufacturés, en particulier des tissus. Les exportations compren-

(1) Flottes commerciales :

Suède. Norvège.

Navires à vapeur 1 .209 767

Jauge 171.80(8 ton. 251.490 ton.

Navires à voiles 2.927 6.739

Jauge 376.903 ton. 1 .493..'>03 ton.

Nombre total de navires .... 4 . 136 7 .506

Tonneaux de jauge 548.711 ton. 1 .744.993 ton.

Jauge combinée. Vapeurs triplés et voiliers 892.827 ton. 2.247.973 ton.

[t) Mouvement maritime (1893) :

Suède. Norvège.

Entras, Navires chargés 10.785 5.639

Jauge nette 2.580.000 1.792.328 ton.

Sortis. Navires chargés 28.044 10.239

Jauge nette 5.870.000 2.361.502 ton.

(3) Ports norvégiens en 1891. Entrée et sortie des navires chargés et sur lest :

Christiania 1 .565.241 tonnes.

Bergen 719.582 —

LEUROPE.

nent des bois, ravaillés ou non, du beurre de Suède, du fer du même pays et des poissons (1).

C'est avec la Grande-Bretagne que la Suède et la Norvège entretiennent le commerce le plus considérable, ce qui se comprend sans peine, étant donnée la différence de condition économique des deux pays : TAngleterre achète bois, poissons et métaux bruts, vend des objets manufacturés et de la houille. Ce commerce ne semble pas devoir diminuer, au contraire. V Allemagne fait concurrence, pour les objets manufacturés et la houille, à TAngleterre, mais achète beaucoup moins qu'elle ne vend. Le Danemark profite de sa proximité pour vendre des bestiaux et des céréales, il achète en même temps les bois dont il manque. La France, enfin, ne vient qu'au cinquième rang dans le commerce de chacun des deux pays, auquel elle achète surtout des bois de toutes sortes*(2).

(1) Ck>inaierce extérieur (1891) :

Stiède. Importations: 517,777.000 fr. Exportations: 970.474.000 fr.

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