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CHAPITRE III

PRODUCTlOiNS ANIMALES, ÉLEVAGE, PÈCHES ET PÊCHERIES

Prairies et pâturages. — La France est un pays de grand élevage, el la nature l'y prédestinait. Si ses éleveurs n'ont pas encore poussé aussi loin que ceux de la Grande-Bretagne l'art de donner à chaque race des soins appropriés, la science de conserver purs les meilleurs types d'animaux, d'imaginer d'heureux croisements, aucun obstacle naturel ne les empêche, à coup sûr, de regagner le temps perdu.

Notre pays reçoit assez de pluies, est assez bien arrosé pour se revêtir presque partout de riches prairies. Point de vastes plateaux comme ceux du centre de TEspagne, où sévissent tour à tour le froid et la sécheresse, où la santé des animaux est souvent menacée comme leur alimentation. Somme toute, il est peu de parcelles de notre territoire qui ne puissent nourrir du bétail.

La richesse moyenne du sol est une première condition favorable. Les étendues où la roche se montre à nu et ne porte pas la moindre parcelle de terre végétale sont rares, sauf dans notre zone alpestre et dans quelques parties du Massif Central. A cet égard c'est la France du sud-est, couverte des ramifications des Alpes de Provence, qui est le moins favorisée ; il en est de même de la Corse. Les sables des Landes, les teiTCS ingrates de la Champagne Pouilleuse forment des exceptions au milieu de pays généralement riches.

Les régions d'un relief excessif, vraiment inaccessibles À cause de leur altitude, ne sont ni nombreuses ni fort développées en étendue. Le cas ne se rencontre guère que dans les Alpes, les Pyrénées et les Cévennes.

C'est encore dans la France du sud-est que les conditions climatiques sont le moins favorables à une luxuriante végétation de prairies. Au nord, à l'ouest, au sud-ouest et au centre, les pluies suffisent à entretenir dans le sol une bonne moyenne d'humidité.

L'ensemble du système des eaux courantes qu'on peut employer à l'irrigation donne lieu à des considérations du même genre. C'est le réseau hydrographique du Rhône, exception faite du fleuve lui-même, de ses affluents vraiment alpestres et du groupe de la Saône, qui est le moins constant. Que de rivières indigentes en été laissent sécher les terres à peu de dislance de leur lit, mais les ravagent au loin à la suite de quelque orage! Que dire des torrents languedociens descendus des Cévennes^

ravageurs pendant quelques jours de Tannée, taris quand il faudrait tempérer les ardeurs du soleil ?

Le groupe que résume la Garonne présente, à un moindre degré, les mêmes inconvénients, comme aussi TAdour. Certes le réseau des affluents y est déjà mieux ramifié. Mais ce sont encore des rivières bien inconstantes que le Tarn et le Lot, de pauvres ruisseaux que la Save, la Oimone, le Gers et la Baïse !

La Loire, non par elle-même, mais par Tensemble de ses tributaires, rend déjà de meilleurs et de plus constants services. La Seine et son merveilleux cortège d'affluents presque tous réguliers, en tout cas jamais à sec, les fleuves côtîers de Bretagne, de Normandie, d'Artois et de Flandre, voilà par excellence des instruments utiles de drainage et d'irrigation.

C'est en outre dans notre région de plaines du nord, du nord-ouest et du centre que la modicité des pentes a permis de creuser en tous sens des artères nouvelles, pour enlever ici Texcédentdes eaux d'une Sologne et d'une Brenne, pour distribuer là à une Beauce de plus fortes doses d'humidité. La même œuvre a pu être accomplie sur les plateaux et ondulations de l'est et du nord-est, en Bourgogne, en Franche-Comté, en Lorraine.

1» Les pâturages. — Les pâturages sont les étendues que, pour certaines raisons, pauvreté du sol, indigence des pluies, altitude trop grande, manque de bras, on a laissées sans aucune culture. Sur ces étendues, au milieu des bruyères, ajoncs ou genêts, ou parmi les pierres, pousse une herbe rase et clairsemée, que les troupeaux broutent sur place, ne trouvant une nourriture suffisante qu'en la cherchant sur de vastes espaces. La distribution géographique des pâturages nous indique donc les zones les plus arides, et en même temps, sauf quelques heureuses exceptions, les moins favorables à l'élevage. Fort heureusement, grâce aux progrès de Tirrigation, la superficie abandonnée aux pâturages, va chaque année se réduisant, on en compte encore environ 3 millions d'hectares. Les Alpes et la Corse apportent le plus fort contingent à ce total ; puis ce sont les maigres pentes des Pyrénées, celles du Massif Central, enfin les landes du sud-ouest et celles de la Bretagne.

Des noms significatifs désignent dans nos provinces ces étendues si peu profitables à notre richesse agricole : le terme le plus répandu est celui de landes. La Corse a son maquis, le Languedoc ses garrigues et ses causses.

L'Angleterre seule a moins d'espace que la France encore réduits à l'état de pâturages, crest qu'elle est encore mieux arrosée de pluies que l'ensemble de notre pays et compte peu de zones de hautes montagnes. L'Allemagne, où l'élevage a fait tant de progrès, a ses maigres plateaux du sud et ses landes. L'Espagne est le pays classique des mornes étendues de plateaux à végétation chétive. L'Italie perd, du fait des ramifications de l'Apennin, beaucoup de surface agricole. En somme la proportion de ces terres ingrates est assez faible chez nous (i).

(I) Proportion des pâturages : 5,4 p. 100.

C'est presque exclusivement à ralimentation du petit bétail que sont consacrés les pâturages. Par ce trait la France du sud-est atteste sa parenté avec les pays de la zone méditerranéenne, avec TËspagneet lltalie.

2° Les p'airies naturelles. — Les prairies naturelles indiquent déjà une meilleure condition physique du sol et du climat et aussi un effort plus considérable de Taclivité humaine. On donne le nom de prairies naturelles à des étendues régulièrement cultivées en herbe. Une première récolte, faite vers la fin de juin ou en juillet, fournit le foin ; la seconde coupe, qui a lieu environ deux mois après la première, donne le regain. Tantôt les cultivateurs laissent consommer sur pied une certaine surface des prairies naturelles; tantôt ils en recueillent et en emmagasinent la totalité, ne réservant d'herbe fraîche aux bestiaux que celle des tenues à pâturages. Les procédés de récolte des foins et d'élevage sont nécessairement très variables suivant les pays. Ainsi dans nos départements maritimes de Normandie et de Bretagne la douceur de la température permet de tenir les animaux en plein air pendant de longues périodes du printemps, de Tété et de l'automne; tandis qu'en Lorraine par exemple où les variations de température sont brusques et amples, le séjour à l'établc doit être plus long.

Les prairies naturelles couvrent en France une superficie d'environ 4 millions d'hectares; les statistiques des trente dernières années sont fort discordantes à ce sujet. Le produit, très variable, semble osciller entre 150 et 160 millions de quintaux de foin: suivant la qualité des prairies, l'hectare donne 25, 30 et parfois même 35 quintaux (1).

Cette culture, qui exige peu de frais, ne peut être entreprise avec succès que dans les régions largement arrosées. Les provinces françaises qui lui conviennent le mieux sont donc, d'une part, celles auxquelles le voisinage de la mer assure une abondante humidité, d'autre part celles que leur relief dote, à l'intérieur, depluies suffisantes. Bienentendu. il faut aussi aux prairies naturelles certaines conditions de relief. C'est la plaine qui se prête le mieux à la diffusion des eaux par une canalisation multiple : l'éleveur peut y creuser à peu de frais de véritables réseaux de fossés et de ruisseaux d'irrigation ; il y retient l'eau sans peine, la distribue à son gré, la réserve à l'aide de barrages. Voilà le type des prairies naturelles de l'ouest et du nord-ouest, de la Basse-Normandie, du Maine, de la Bretagne, de la Vendée. On connaît les belles prairies du Calvados et de la Manche, aux herbes hautes, vigoureuses, toujours imprégnées de la tiède humidité des brouillants marins.

Mais les croupes montagneuses d'une élévation moyenne portent aussi de gras herbages. Ainsi la région des plateaux du Limousin et de la Marche roinplo aiis>i parmi les plus riches de notre territoire. C'est d'abord

(I) Prairies naturelles en i8î)2:

Superficie 4.115.424 hectares.

I^ucolte du foin H9. 500.000 quintaux.

Récolte moyenne à l'hectare 24 quintaux 28.

le promontoire avancé de la haute France du centre, regardant vers rOcèan, en recevant la première recnidescence d'averses après que les nuées se sont déjà déchargées une fois sur les prairies des côtes. La mollesse des pentes permet un système de canalisation assez développé. Les croupes hosselées des Vosges ont aussi leurs belles prairies.

Enfin nos provinces montagneuses de Test, et celles du sud-est qui ne ressentent pas encore Tinfluence du climat méditerranéen, ont leurs pâturages et leurs prairies naturelles dignes de rivaliser avec celles de la Suisse. C'est la Franche-Comté avec ses plateaux et ses vallées verdoyantes, puis les hauteurs moyennes des Alpes de Savoie et du Dauphiné.

3« Les prairies artificielles. — Les progrès de la culture savante, de rhydraulique agricole ont déjà transformé en prairies naturelles de vastes étendues de pâturages longtemps réputés médiocres. Mais cela ne suffirait point encore à la nourriture du nombreux bétail qu'élèvent nos campagnes. Le produit des prairies naturelles est complété par celui des prairies artificielles.

Les prairies artificielles sont une véritable culture qui alterne avec celle des céréales et emploie les terres de labour proprement dites. Elles peuvent donc prospérer dans des conditions d'humidité moindres que celles qu exigent les prairies naturelles. I^ur domaine est déjà délimité par cette remarque. La zone des prairies artificielles n'est autre que la zone de production intense des céréales, la France du nord, du nordouest et du centre, Flandre, Artois, Normandie, lle-de-l^Vance, Maine, Touraine et Perche.

I^s plantes qu'on y cultive sont la luzerne, le trèfle et le sainfoin. Leur culture s'est très rapidement développée à mesure que l'on comprenait mieux la nécessité de l'assolement dans les riches terres à céréales. On estime que les prairies artificielles occupent aujourd'hui 2,844,000 liectares : et un hectare de cette culture donne jusqu'à 37 et 38 quintaux de fourrage en moyenne.

Rappelons ici que bien d'autres plantes contribuent aussi à Talimentation du bétail, comme la betterave, la fèverole et plusieurs légumes de moindre importance.

Résumé de la production fourragôre . — La production fourragère de la France représente une valeur annuelle de 2 milliards 402 millions de francs, dont la moitié attribuée aux prairies naturelles. C'est une part considérable du revenu national : et elle est destinée à s'accroître encore, car la science agricole, là non plus, n'a pas encore reçu pleine application.

Déjà de grands sacrifices ont été consentis pour améliorer la condition des parties du territoire que la nature avait le moins favorisées, c'est-àdire des provinces du sud et du sud-est. La Provence a bénéficié de la construction du canal de Craponne, des canaux de la Durance et du Verdon. Citons encore le canal de la Seste et le canal de Saint-Martory dans la ré- ^*on de la haute Garonne. Depuis quelques années un vaste système de canaux applicable à l'ensemble de la vallée du Rhône est à l'étude ; les

habitants de celle riche contrée en attendent les plus grands bienfaits et en particulier le moyen d'étendre leurs vignobles et de détruire par fimmersion le fléau qui les a ravagés. C'est grand dommage de voir ce fleuve abondant s'échapper inutile ou du moins mal utilisé dans sou sillon solitaire au milieu d'un cortège d'affluents besoigneux ou dé- •chalnés.

Les travaux déjà accomplis sont considérables : en 1862, la surface irriguée n'était en France que de 1 ,808,000 hectares, en 1882, elle s élevait à 2,300,000 hectares. Les résultats ne se sont pas fait attendre : la récolte de fourrage s'est accrue dans la même période de 176,000,000 quintaux.

Le bétail. — La répartition des espèces d'animaux domestiques est réglée par les mêmes lois qui président à la distribution géographique des prairies naturelles, des prairies artiflcielles et des pâturages. Aux terres riches, au climat doux et égal des provinces maritimes du nord, du nord-ouest et de l'ouest, le gros bétail qui a besoin d'une grasse nourriture et de beaucoup d'eau. A cet égard notre pays continue et termine à l'ouest la zone de plaines du nord de l'Europe tout entière, riche en bétail, Russie, Allemagne du Nord, Hollande, Belgique; mais il est, avec la Grande-Bretagne, le plus favorisé, tant à cause de la richesse de son terroir que du voisinage immédiat de l'Océan, réservoir des pluies bienfaisantes, protecteur contre les variations excessives de température.

Une seconde région d'élevage comprend nos provinces montagneuses du Jura et des Alpes secondaires de Dauphiné et de Savoie. Lorraine et Franche-Comté ont un élevage rappelant, par les procédés employés, «elui des plateaux de la haute Allemagne, Bavière, Wurtemberg, pays de Bade. Le Dauphiné et la Savoie peuvent être comparés à la Suisse bien qu'ils soient moins riches à cause de leur moindre développement en plateaux et en pentes douces. En outre ils sont déjà sous une latitude plus méridionale, plus chaude et moins humide que les pays helvétiques.

Les départements montagneux nourrissent l'âne et le mulet, dont Talimentation est moins dispendieuse, dont la force de résistance aux intempéries est plus grande.

Les moutons, de races très diverses, ont besoin d'un climat assez sec et prospèrent dans les maigres pâturage^ des terres calcaires, en Champagne et dans les Causses par exemple, ou bien encore sur les plateaux de lest. Cependant la zone d'acclimatation de ces animaux est étendue. On les élève au centre, dans le Bourbonnais, le Berri, l'Orléanais, et même dans les départements maritimes du nord-ouest.

Le cheval, comme le bceuf, est surtout nourri en grand nombre dans les prairies du nord-ouest et de l'ouest.

1® Les races bovines. — La richesse bovine de la France est répandue, nous l'avons vu, dans les provinces océaniques, puis dans certaines régions montagneuses de l'est. On peut distinguer plusieurs races dont chacune a des aptitudes particulières. A coup sûr il est ini-

possible aujourd'hui de déterminer le domaine géographique de chaque race ; les races elles-mêmes ne présentent plus la même netteté de caractères originaux qu'autrefois. Toutefois peu à peu, l'intérêt, aidé par la science, réagit : on s'efforce de reconstituer les races, mais seulement les meilleures, les plus propres à assurer un gain régulier. Le fait est particulièrement remarquable pour l'histoire des races bovines. On a rétabli dans leur pureté celles des pays riches en prairies ; on a modifié par le croisement celles des régions moins favorisées.

La Flandre, la Normandie et la Bretagne ont seules aujourdhui leurs races bovines vraiment pures et caractérisées. La race bretonne est un type connu ; dans cette province bien arrosée, mais où le sol est pauvre, on rencontre des animaux de petite taille, de couleur blanche et noire, se contentant d'une ration d'herbe modique, mais rendant un riche produit de laiL Ce ne sont point des bêtes de boucherie, faute de poids.

La race normctnde, nourrie dans les plus gras herbages de France, est (le plus forte taille. Elle contribue à l'alimentation et par un lait abondant et estimé et par la viande. Son domaine s'est d'ailleurs beaucoup développé ; c'est la race normande qui, avec quelques mélanges, a peuplé les prairies de l'Ile-de-France.

La race flamande offre des qualités analogues ; elle s'est répandue en Artois et en Picardie.

On pourrait citer encore parmi les races originales la race gasconne ou garonnaise. Mais dans nos campagnes du sud-ouest il y a une telle variété de types de plaine ou de montagne, qu'il est difficile de donner les caractères distinctifs de la race.

Partout ailleurs la transformation par croisements appropriés s'opère rapidement. Dans nos régions frontières de l'est on introduit les meilleurs types d'animaux étrangers. Les pays ardennais et lorrain élèvent différentes variétés qui se rapprochent soit des races hollandaises, soit de celles de l'Allemagne du Sud. La Franche-Comté ^ la Savoie et le Dauphiné introduisent avec succès des éléments tirés de la Suisse. Dans nos provinces du centre, le souci d'élever vite et à bon compte des animaux pour la boucherie a fait généralement adopter des croisements avec la race anglaise de Durham. On obtient ainsi des animaux dont la charpente osseuse est aussi réduite que possible, au grand avantage du développement des chairs. C'est suivant cette méthode que l'on a modifié les anciennes races charolaise et mancelle.

Notre richesse en animaux de race bovine s'est beaucoup accrue depuis le commencement du siècle. En prenant la moyenne d'évaluations fort différentes, on peut estimer que la France nourrissait environ 8 millions de ces animaux à la fin du dix-huitième siècle. Nous en possédons aujourd'hui plus de 13 millions (1). C'est une assez bonne proportion, mais

•i) Nombre d'animaux de race bovine au l^' janvier 1893 :

Total 13.365.000 têtes dont

Taureaux 310.000 —

Vaches 6.450.000 —

Veaux 1.063. 000 —

Géographie économ. 4

qui n'a rien cependant do comparable à la richesse de la Belgique, du Danemark parmi les pays peuplés ((), de la Russie, des États-Unis ou de la République Argentine, pays où les conditions naturelles sont admirables, et contre lesquels l'ancien monde surpeuplé ne peut soutenir la concurrence qu'à l'aide de mesures de protection douanière (2).

2® Espèces chevaline, mulassière, asine, — Le cheval est un animal qui s'acclimate assez aisément, ou plutôt dont les races fort nombreuses et variées se rencontrent sous les latitudes, et dans les zones climatiques les plus diverses. Solitudes brûlantes du Sahara, steppes et déserts de l'Asie centrale, pays brumeux et humides de l'Europe du nord et du nord-ouest, sont également parcourus par ce précieux auxiliaire de l*homme. En revanche, sauf exceptions de peu d'importance, on peut dire que son domaine est fixé par la nature du relief. Le cheval est l'animal des plaines ou des contrées médiocrement accidentées. Consultez une carte statistique de la distribution des races chevalines en France et vous constaterez le fait. Les départements les plus riches en chevaux sont ceux de la plaine et aussi ceux des plateaux de médiocre altitude de l'est et du nord-est.

Sur celte vaste surface qui représente bien les deux tiers de notre pays, quelques races seulement ont pu se conserver avec pureté.

Parmi les races de trait citons au premier rang celle des percA«'ons, dont les caractères sont bien nets. Le percheron, élevé dans les départements d'Eure-et-Loir, de l'Orne et de la Sarthe, est un animal d'assez haute taille, généralement gris pommelé, très musclé, à la fois vigoureux et agile malgré son aspect massif. On l'emploie donc pour les transports de lourds fardeaux à l'allure d'un trot vif et allongé. Ces qualités le font rechercher des marchands étrangers ; les États-Unis en ont acheté un grand nombre sur les marchés du Perche et s'appliquent à en développer la race dans leurs centres d élevage. Les chevaux flamands et boulonnais sont des bétes de gros trait prenant malaisément l'allure d'un trot rapide, sauf quelques variétés de la race boulonnaise. La Bretagne élève plusieurs types de chevaux d'attelage et de trait, tels que ceux du Conquet, qui présentent de grandes qualités de force et de vitesse. La FranchC'Comté et la Lorraine ont beaucoup modifié leurs anciennes races. Les chevaux lorrains, jadis si célèbres,* étaient d'assez pauvre apparence.

(1) Nombre d'animaux de race bovine, et proportion par 100 hectares:

Belgique 1 .382.815 têtes. 46,9 par 100 hectares.

Hollande 1.532.100 — 46,4 —

Danemark 1.459.5-27 — 38,0 —

Grande-Bretagne 1 1 . 207 . 554 — 35,3 —

Allemagne 17.496.696 — 32,3 —

Suisse 1.211.713 — 29,3 —

France i3.36S.000 — i5,2 —

Autriche-Hongrie 14.235.779 — 22,7 —

(2) Russie 23.840.000 bêtes à cornes.

États-Unis 53.095.568 —

République Argentine. . . 22.000.000 —

corpulents, courts de jambes, et malgré cela trotteurs infatigables, excellents en pays accidenté comme en plaine ; des croisements ont permis d'élever dans cette province une race de selle estimée.

Les efforts des éleveurs sont en effet dirigés, dans l'intérêt de Farmée, vers le développement des races de selle. La Normandie qui donne aussi d'excellents animaux de trait rapide et d'attelage, a obtenu, par des croisements avec des pur-sang anglais, d'admirables chevaux de selle, les anglo-normand s f forts, hauts de jambes, bien découplés. Les limousinSy recherchés aussi pour le même emploi, se sont transformés par ce procédé de croisement. C'est encore par des emprunts à l'élevage anglais qu'on a fait de nos tarbésans et de quelques types du pays basque les énergiques chevaux de la cavalerie légère.

Nos provinces pauvres du Midi n'ont que des chevaux de petite taille, landais, corseSy camarguais, dont la force de résistance à la fatigue est remarquable, que leur sobriété fait apprécier. Mais leur emploi est nécesîMiirement restreint ; ils n'ont ni assez de vitesse pour la selle ni assez de force pour le trait. On ne les recherche que pour l'attelage de luxe.

Le nombre des chevaux s'est notablement accru en France depuis un siècle. Leur substitution comme bêtes de gros trait aux bœufs, à mesure que les routes s'amélioraient et se multipliaient, l'accroissement des effectifs de cavalerie, d'artillerie, du train des équipages, dans les armées contemporaines, le développement du luxe, ont également contribué à augmenter notre richesse chevaline. On estime que le nombre de ces animaux n'atteignait pas tout à fait 2 millions au commencement de notre siècle. £n 1870 il était d'environ 3,300,000 ; nous en possédons aujourd'hui 2,852,000 environ ; la perte de l' Alsace-Lorraine a diminué sensiblement notre effectif.

D'autre part, grâce aux améliorations de toutes sortes apportées à l'élevage, la valeur marchande de nos races de chevaux a beaucoup gagné. La répartition de cette importante richesse est la suivante : les départements les plus riches sont ceux de la Normandie, de la Bretagne et de la Flandre, le Finistère, la Seine-Inférieure, les Côtes -du-Nord, le Calvados, la Mayenne. A l'est la Meuse forme une curieuse exception et est aussi riche que la Manche. On devine que les régions les plus pauvres sont celles des Alpes, de leurs ramifications et du Massif Central.

L'âne, animal qui se contente de peu de nourriture, mais qui, en revanche, ne peut porter que de médiocres fardeaux, est répandu dans tous les départements sans exception : il est employé par les pauvres gens qui ne pourraient subvenir à l'alimentation d'un cheval et n'ont besoin pour leurs transports que d'un secours peu important.

Les ânes sont surtout en grand nombre dans les départements du sud, du sud-ouest et du centre. A l'ouest et au nord-ouest, où l'on obtient des chevaux élevés à bon compte, où les herbage? sont abondants, on emploie peu cet animal. La meilleure race d'ânes est celle du ^(iiiou, pays de grand élevage des mulets. La race gasconne est aussi assez estimée. Le nombre des ânes est fort restreint en France; il est de 361 000.

Les pays producteurs de mulets sont nos provinces du sud-ouest, le Poitou, qui en élève d'excellents, la Guyenne et la Gascogne, le Périgord. Cet animal sobre et dur à la fatigue est aussi commun dans la Provence et dans le Languedoc. La France en possède 227000 et en exporte chaque année 15 à 20000.

3" MoiitonSf chèvres, porcs. — La distribution géographique des moutons sur notre sol est une des plus nettes et des plus rigoureuses. 11 faut en effet à cet animal des conditions très particulières de climat et même de relief. Le mouton, dont nous possédons d'ailleurs des races diverses, veut en général un climat assez sec. De son domaine d'acclimatation on doit donc d abord exclure nos départements de Fouest et du nord-ouest, trop voisins de la mer et exposés tant aux grandes ondées qu'aux épais brouillards. Les plaines du nord et du centre lui offrent déjà des conditions plus favorables : il en est de même des plateaux de Test.

Les provinces où Ton élève les plus nombreux troupeaux sont la Flandre, la Picardie etlaChampagne.Viennentensûite la région de laLoire moyenne. Bourbonnais, Berri et Poitou, puis les vallées de l'Auvergne, les plateaux de la Marche et du Limousin. Dans la zone garonnaise, le Périgord, les causses du Quercy et du Rouergue, les maigres pâturages des Landes ont aussi une certaine richesse ovine. Au sud-est c'est le bas Languedoc qui a les plus beaux troupeaux. Une carte statistique de la distribution des moutons en France est très frappante et fait ressortir les causes physiques de cette répartition ; les départements les plus favorisés y dessinent une longue bande orientée du nord au sud et se maintenant à distance de la Manche et de Tocéan Atlantique.

Au reste les races qui composent nos troupeaux sont nombreuses ; elles ont subi, par croisement, d'importantes modifications tendant à améliorer à la fois la qualité des laines et celle des chairs. Depuis plus d'un siècle, depuis le règne de Louis XVI, cette œuvre s'est poursuivie avec un remarquable esprit de suite. Il est fort difficile de reconnaître aujourd'hui nos anciennes races provinciales ; les noms usités encore pour indiquer les différences désignent plutôt des conditions topographiques que des caractères spécifiques d'animaux. On a surtout emprunté aux races mérinos d'Espagne, dishley et south-downs d'Angleterre. Parmi les races françaises plus ou moins modifiées, il faut citer celles de Flandre, à la haute taille et à la laine médiocre, des bruyères, élevée en Bretagne, caractérisée par sa toison noire. La race des causses, surtout la variété de Larzac, est très bonne laitière.

L'élevage du mouton est en décroissance chez nous; et l'on a remarqué, comme indice significatif, que les départements dont la richesse ovine se maintenait le mieux étaient précisément ceux qui, à tous autres égards, restaient pauvres ou s'appauvrissaient. La cause de cette décroissance n'est pas seulement le démembrement des grandes propriétés d'autrefois dans lesquelles d'immenses troupeaux pouvaient se déplacer et s'élever à peu de frais. En effet des États, comme l'Angleterre et l'Allemagne, où le régime de la propriété n'a pas été aussi complètement

modiûé qu*en France, voient aussi diminuer leurs troupeaux. Il faut chercher la raison de cette diminution dans le prodigieux développement des races ovines aux États-Unis d'Amérique, en Australie et dans la République Argentine. Le commerce et Tindustrie de l'Europe y vont chercher leurs laines : dès lors un des deux motifs de Télevage du mouton devient moins pressant. Reste Télevage en vue de Talimentation ; or la coDcurrence étrangère, celle de TAUemagne et de TAutriche-Hongrie plus favorisées que nous pour le développement de cette richesse secondaire, a fait tort à nos producteurs nationaux. Mais fort heureusement nous empruntons de plus en plus au marché algérien et tunisien.

La France élevait en 1866, plus de 30 millions de moutons; le total des troupeaux n'est plus aujourd'hui que de 21 millions. En 1852, on en avait compté plus de 33 millions. La diminution a été aussi rapide dans les Iles Britanniques et en Allemagne que chez nous, plus rapide en Autriche- Hongrie. Comment l'Europe pourrait-elle lutter contre des pays d'élevage à la fois intense et rudimentaire comme la République Argentine et TAustralie ou contre les États-Unis? (1).

La chèvre est l'animal des pays montagneux et pauvres ; on le rencontre donc en grand nombre dans nos âpres départements du sud-est, dans la région cévenole, alpestre, et en Corse. Les provinces voisines des Pyrénées en élèvent aussi beaucoup. Dans le reste de la France cet élevage n'a pris une certaine importance qu'auprès des grandes villes où l'on consomme beaucoup de lait de chèvre. Enfin le cultivateur pauvre a presque partout quelques chèvres pour son alimentation à bon compte, comme son &ne pour transporter les fardeaux.

Les départements les plus riches de cette richesse relative sont la Corse et TArdèche ; on compte en Corse 230000 chèvres sur le total des 1 528000 que nous possédons. Les pays d'Europe qui ont des troupeaux de chèvres plus nombreux que les nôtres sont les péninsules montagneuses de la Méditerranée, la péninsule des Balkans en particulier. Dans le reste du monde, c'est l'Inde qui tient le premier rang.

Les porcs sont élevés partout où la vie agricole est développée en France. 11 n'y a donc point, à proprement parler, de distribution géographique des races porcines ; on ne peut guère citer qu'une condition purement négative et remarquer que nos contrées montagneuses sont presque absolument privées de cette ressource. Encore la remarque est-elle peu valable pour les animaux élevés à l'étable. En somme le porc

(1) Nombre des moutons (1892):

Australie 121.000.000 têtes.

République Argentine 80.000.000 —

Russie 48.220.115 —

États-Unis 46.000.000 —

Grande-Bretagne 31.774.821 —

France 2i. 504.956 -

Autriche-Hongrie 1 4 . 870 . 256 —

Allemagne 13.000.000 — (19 millions en 1883)

rencontre des conditions suffisantes dans tout pays de culture un peu large où on ]e nourrit des déchets de toutes sortes; le voisinage de forêts de chênes favorise en outre son élevage. C*est donc une richesse qui vient s ajouter à d'autres dans l'ensemble de la vie agricole. Aussi trouve-t-on les porcs en grand nombre dans les fermes de Normandie, de Bretagne, du Maine, de la Touraine, de l'Anjou, du Poitou, du Péri* gord; la Bourgogne et la Lorraine en nourrissent aussi beaucoup. La France se suffit à peu près pour la consommation du porc avec ses 6 millions d'animaux. L'élevage méthodique des États-Unis d'Amérique a failli fermera nos cultivateurs le marché national ; mais des droits protecteurs semblent avoir rétabli Téquilibre (1).

Les volailles sont aussi une richesse répandue sur presque toute la surface du territoire ; leur élevage est surtout prospère et lucratif, il est vrai, dans les zones de culture intense des céréales. Au reste le nombre des races de volailles est très considérable, et les méthodes d'élevage ont été rapidement perfectionnées comme ces races elles-mêmes. On cite surtout les houdan (Seine-et-Oise), et les crêvecœur (Oise). Les pays les plus riches en volailles sont la Flandre, l'Artois, la Picardie, la Normandie et rile-de-France, à l'ouest le Poitou et la Saintonge, au sud-ouest le Périgord et une partie de la Guyenne, à l'est la Bourgogne et la Bresse. Le voisinage des grandes villes fut une cause de développement de l'élevage des volailles jusqu'au jour où les moyens de communication devinrent assez faciles pour permettre l'alimentation d'un pays par un autre à grande distance. Le nombre de nos volailles, très diversement apprécié, doit être voisin de 60 millions de bêtes,. poules, oies, dindes, canards et pigeons.

Les abeilles. — La production du miel et de la cire par les abeilles, production d'une valeur annuelle d'environ 16 millions de francs, est partagée entre toutes les régions riches en prairies et en p&turages dont les fleurs nourrissent ces animaux. Les ruches sont également nombreuses dans les contrées plates ou peu accidentées comme la Bretagne, la Normandie, la Brie et le G&tinais, dans les zones montagneuses du Massif Central, dans les pays alpestres du Dauphiné et de la Savoie, dans les Vosges. L abeille trouve des conditions favorables dans les contrées les plu« diverses; mais les qualités des miels français sont très différentes. On a surtout fait une réputation à ceux de Xarbonne ou de Languedoc, du G&tinais et de Bretagne.

Les vers à soie. — Les vers à soie sont au contraire strictement renfermés dans la zone végétale où prospère le mûrier blanc. Nous en avons indiqué les limites. Cet animal est donc élevé surtout dans les départements de notre France méditerranéenne, dans Vauclûse, le Gard, la Drôme, l'Ardèche et l'Isère. La Provence et la Guyenne en nourrissent aussi un certain nombre. Ces pays produisaient plus de 20 millions de kilogrammes de cocons avant qu'une terrible maladie eût ravagé la

(I) PorcB aux États- Unit: 4i^.C0O.0OO de têtes.

population des vers. Mais le mal a été enrayé grâce aux études de notre illuëtre Pasteur: et déjà on peut espérer que cette industrie agricole retrouvera son ancienne prospérité. Les magnaneries ne donnent néanmoins, depuis quelques années, qu'un produit moyen de 7 millions de kilogrammes de cocons. La France vend en outre à l'étranger de la graine de vers à soie pour une somme assez considérable.

On sait que la culture des mûriers et par suite Télevage des vers à soie furent introduits en France dés le quatorzième siècle, puis rapidement développés grâce aux encouragements de plusieurs princes, surtout de Louis XI et de Henri IV.

La chasse et la pdche. — La faune sauvage fournit aussi un important contingent à Talimentation publique.

A vrai dire, le tribut apporté par la chasse n'est point très considérable si on le compare aux produits de Télevage et même à ceux de la pèche, (l'est un fait triste à constater si l'on considère que plusieurs pays voisins, rAUemagne en particulier, ont su mieux exploiter que nous cette richesse naturelle. Mais les législateurs ont plus souvent visé chez nous à réglementer un plaisir qu'à tirer le meilleur parti d'une ressource précieuse. Notre sol peut nourrir beaucoup plus de gibier; et il y a des lois certaines et scientifiques du développement de cette richesse tout comme des autres, le jour où on l'aura compris, nous ne serons plus tributaires des pays voisins. Les animaux tués à lâchasse représentent, sans compter les profits autres que la nourriture, peaux, plumes, poils, etc., une valeur qu'on estime à 40 millions de francs environ.

Laipéchey surtout la pèche maritime, contribue pour une part de plus en plus forte à l'alimentation des Français. Dans notre pays baigné par trois mers il n'est pas de région qui, grâce aux transports rapides par voies ferrées, ne puisse recevoir sa provision de poissons de mer quelques heures après leur pèche : autrefois nos provinces maritimes usaient seules largement de cette ressource. Nous n'avons à nous occuper ici que de l'exploitation par nos pécheurs des parages immédiatement voisins de la France, de la pèche côtière, la seule qui fasse valoir des richesses vraiment nationales et puisse être assimilée à la culture terrestre, les autres sont œuvres d'industrie et de commerce.

Dans nos eaux marines on prend le hareng^ la sardine, le maquereau, la mU; sur la côte même et dans des parcs ou viviers, les pécheurs recueillent les huitres, les coquillages de toutes sortes, les moules, les homards et langoustes, les crevettes. On estime que cette pèche occupe près de 150,000 personnes, hommes, femmes et enfants, sur nos côtes. Les équipages des 23,000 bateaux employés à la pèche côtière forment un total de plus de "70,000 hommes et représentent une jauge de 103,000 tonneaux. Les armements se font surtout sur les côtes de Normandie et de Bretagne; les centres les plus importants pour la pèche du maquereau et du hareng sont Boulogne, Fécamp et Quimper. La sardine est pèchée en grande partie sur le littoral breton.

L'élevage des huîtres à CourseuUes, Cancale, Marennes et Arcachon

est encore une source de bénéfices pour nos populations maritimes (i).

Les statistiques ne distinguent pas toujours assez nettement les produits de la pèche au long cours et de la pèche côtière pour que Ton puisse estimer la valeur du poisson pris dans nos eaux territoriales ou dans leur voisinage. La pèche côtière est en progrès marqué ; elle représente une bonne part des 90 ou 100 millions de francs que rapporte la vente du poisson sur nos marchés.

La pêche en eau douce, soit dans des fleuves et rivières, soit dans des lacs et des étangs comme ceux de la Sologne et des Dombes, produit beaucoup moins que la pèche maritime, même restreinte au voisinage immédiat des côtes. Elle fournit des brochets, des saumons, des truites, des carpes, des anguilles, perches, goujons, etc..

Depuis plusieurs années des observations exactes ont révélé que Tabus des procédés trop rapides de pêche et des engins trop perfectionnés dépeuple nos côtes et nos rivières. On a réprimé les abus de pécheurs avides et imprudents qui se ruineraient vite si Ton n*y prenait garde. Nos établissements de pisciculture ont amélioré Taménagement de nos eaux et repeuplé des rivières menacées d*une ruine complète.

Résumé de la prodnction agricole. — Si le géographe veut se rendre compte de Tétat actuel de la production agricole dans notre pays et saisir le rapport qui existe entre ces nombreuses richesses et la condition naturelle de notre sol, il arrivera aisément aux conclusions suivantes :

1® Plus de la moitié de l'étendue de la France est consacrée aux cultures de céréales, de plantes alimentaires ou industrielles, et de fourrages. L'emploi le plus fructueux- du sol est ensuite la culture de la vigne, richesse fort diminuée par le phylloxéra et par la concurrence étrangère. Les autres exploitations agricoles sont loin d'avoir la même importance.

2° La France possède de nombreux bestiaux nourris surtout dans les plaines et les pays peu accidentés.

Z^ La mer contribue à nourrir nos contrées du nord-ouest, de Touest et du sud-est et y suscite la grande industrie de la pèche.

n est aisé, à l'aide de ces remarques sommaires, de déterminer un certain nombre de régions agricoles naturelles y de les classer enfin par ordre de richesse.

Observons d'abord un vif contraste entre la France plate du nordouest et la France montagneuse du sud-est. D'une part, dans la plaine et sur les plateaux moyens que limitent les Vosges, le Jura, le Massif Central, un sol en moyenne gras et riche donne les céréales, la meilleure partie de notre revenu national, se couvre de belles prairies propres à l'élevage, possède nombre de précieux arbres fruitiers et est même propice en général à la viticulture. Les produits de la mer complètent ce merveilleux ensemble. D'autre part la France méditerranéenne, plus pe-

(1) Vente des huîtres en 1889 :

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