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Asie Mineure ou Anatoue

Agricultore. — L'Asie Mineure, dans son ensemble, est un pays essentiellement agricole. Sa partie maritime et occidentale est particulièrement fertile : la province de Smyme est renommée. Mais Tagricul-

Mossoul 57:000 hab.

La Mecque 45.000

Trébizonde 45.000

Adana 45.000

Jérusalem 41.000

(I) Indications statistiques:

Asie Turque,

Superficie 1 .778.200 kil. carrés.

Population 15.478.000 hab. 9 par kil. caiTé

Villes principales :

Smyme 200.000 hab.

Damas 300.000

Bagdad 180.000

Alep 120.000

Erzeroum 60.000

Kaisarieh 60.000

Perse,

Superficie 1 .645.000 kil. car.

Population 7.600.000 habitants 4,5 par kil. carré (1890).

Dont 1 .900.000 nomades.

Villes principales :

Téhéran 210.000 hab. 1 Ispahan 80.000 hab.

Tauris 180.000 I Meched 60.000

Afghanistan.

Superficie 660.000 kil. carrés.

Population 4.200.000 hab. (1893) 0.3 par kil. carré.

Villes principales :

Kaboul ^

Kandahar > de 50 à 100. dOO habitants.

Hérat )

Baloulchistan.

Superficie 330.000 kil. carrés environ.

Population 500.000 habitants environ .

Villes principales :

Kwatah

Kélat (capitale).

t moins de 2().000 habitants.

(2) Pour TAsie Antérieure, comme pour TAsie Russe, nous exposerons à part la géographie écoocmique de chacune des régions importantes ou États indépendants.

ture, autrefois si florissante, gr&ce à un ensemble puissant de travaux de toute nature, est tout à fait déchue. Les instruments sont rudimentaires, l'administration du pays est déplorable et les bras font défaut.

Les forêU ont presque partout disparu, ne laissant plus sur les pentes du plateau, comme derniers vestiges de leur ancienne splendeur, que des bouquets isolés. Le déboisement, qui d'ailleurs date de loin, a eu pour le pays les conséquences ordinaires : les marais Tout envahi, faisant régner partout à Tintérieur la terrible malaria. Les essences spéciales à la contrée sont les cyprès (l'arbre de Chypre), le noyer, le platane.

Tandis que le plateau intérieur appartient véritablement au domaine des steppes, la côte n'est qu une bande assez étroite dépendant encore de la zone des. produits méditerranéens et par conséquent des cultures arborescentes. Les céréales prospèrent jusqu'à une altitude élevée et se récoltent dès le commencement de juin. Vorangcr^ Wdivier^ le figuier surtout, donnent des produits fameux; mais le palmier n'apparaît que dans quelques cantons privilégiés. La culture de la vigne pour la production du vin, des liqueurs j des raisins secs, est particulièrement en progrès. Les vignobles de Brousse sont renommés et le vin de Chypre était déjà célèbre à l'époque des croisades ; mais le mode de préparation et d'exploitation reste toujours très primitif. Les graines oléagineuses ^ les réglisses sont de plus en plus appréciées sur les marchés européens.

Les plantes industrielles sont nombreuses. Les mûriers sont cultivés en grand, particulièrement à Chypre, et c'est encore cette Ile qui fournit une bonne part des produits odoriférants, si recherchés par les Turcs : le henné, le ladanum, le mastic du lentisque, le térébinthe, Vambra. Les plantes médicinales, les substances astringentes destinées à la préparation des peaux, donnent également de beaux produits. Le coton mieux traité pourra devenir une des richesses du pays; c'est enfin l'Asie Mineure qui récolte en partie le tabac « turc ».

Uélevage est l'industrie principale et presque unique du plateau, particulièrement en Arménie. Mais les pâturages d'Anatolie à l'herbe courte, à l'altitude trop grande, sont peu favorables au développement du gros bétail, tandis qu'ils offrent beaucoup d'avantages pour le perfectionnement de la race ovine. Le nombre des moutons et des chèvres pourrait être décuplé. Plusieurs variétés fournissent une laine très une. Les chèvres dWngoray dont Télevage ne se fait sur une grande échelle que dans la Galatie, ne fournissent pas annuellement plus de 500,000 kilogrammes de laine. C'est le produit que l'Angleterre revend au poids de l'or, sous le nom de laine de Cachemire, L'exploitation de cette source de richesse pourrait prendre de grandes proportions.

Les chevaux sont rares en Asie Mineure; on y emploie beaucoup le chameau, qui s'est merveilleusement accoutumé au climat et au relief du pays.

La sériciculture, qui était jadis beaucoup plus développée qu'aujourd'hui, produit encore en moyenne 180,000 kilogrammes de soie brute. Les centres principaux d'exploitation sont Brousse et Amasia.

Les côtes, les rivières, les lacs de la Turquie d*Âsie sont très poissonneux, mais on n'a pas su jusqu'à présent tirer parti de ces richesses. Seules les sangsues fournissent au port de Samsoun un objet d'exportation assez important. Les éponges sont pêchées dans TÂrchipel.

Produits minéranx. — Les gisements sont nombreux, mais il n'y en a qu'un très petit nombre d'exploités : les communications sont encore trop difficiles, la main-d'œuvre trop chère; Chypre était jadis célèbre pour ses richesses minérales : elle a donné son nom au cuivre. Elle ne fournit plus aujourd'hui que du sel qui s'extrait des marais salants, nombreux le long de ses côtes. Les sources d'eatus thermales sont très abondantes en Asie Mineure et très variées : celles des environs de Brousse étaient déjà connues de l'antiquité ; des travaux d'appropriation récents y font affluer de nouveau de nombreux baigneurs d'Europe et d'Asie. Vécume de mer est exploitée dans les beaux gisements d'Eski-Chehr près de Kutaieh.

Industrie. — L'Asie Mineure, qui a tant de points de ressemblance avec les autres péninsules méditerranéennes, n'est pas plus qu'elles un pays d'industrie. Tout fait défaut : la houille, le bois, les bras, les routes : on se contente seulement de mettre en valeur une partie des produits de rélevage : laine, soie, peaux. L'industrie traditionnelle des tapis de Smyrne et de Brousse est la plus prospère. Elle occupe plus de 40,000 ouvrières dans toute l'Anatolie. Brousse file une partie de la soie qu'on récolte dans son district et les lies de T Archipel possèdent quelques tanneries.

Voies de communication. — L'Asie Mineure n'a pas de centre : là où il devrait être, il n'y a qu'un désert, fréquenté par les seuls nomades. Toute la vie s'est concentrée sur le pourtour, à la descente du plateau, sur la mer et dans les vallées basses des fleuves. 11 y a autant de petits centres qu'il y a de plaines fertiles et de ports commodes. Smyrne est sans contredit le principal. C'est la mer qui forme le lien naturel entre ces différents groupes. Il semble donc que l'exploitât ion rationnelle du pays nécessiterait la construction d'une série de petites lignes de pénétration, s'avançant chacune plus ou moins loin dans l'intérieur, pour relier à la côte la bordure du plateau. Les premières lignes qui ont été construites jusqu'aujourd'hui, en général par des (Compagnies étrangères, ont déjà rendu de grands services à l'exploitation agricole, mais le réseau est encore bien incomplet (1).

Mais l'Asie Mineure est importante aussi comme pays de passage. Le

(1) Chemins de fer en Asie Mineure (octobre ]89i) :

En exploitation 1 . 470 kilomètres.

En construction 410 —

Principales lignes :

Scutari — Brousse — Angora. Eski-Chehr — Konieh.

Smyrne — Dinaïr. Moudania — Brousse.

Smyrne — Ala-chehr. Mersina — Adana.

Smyrne — Adeniich.

courrier, qui fait en trente-cinq jours le service postal entre Constanlinople et Bagdad, suit la grande route de caravanes qui de Brousse gagne le Tigre par Tokat, Siwas, Diarbekir et Mossoul. Dans la pensée du gouvernement turc, le tronçon de ligne ferrée qui unit Scutari à Angora ne devait être même que Tamorce d'une voie de 2,200 kilomètres, qui suivrait cet itinéraire et enverrait des deux côtés de longs embranchements vers la mer Noire et la Méditerranée. Cette ligne serait la voie la plus directe et la plus rapide entre TAngleterre et sa colonie des Indes. Une autre grande route relie Trébizonde à la Perse par Ërzeroum et Bayézid.

Les ports d'Asie Mineure, si favorisés par la nature, sont mal entretenus. Un certain nombre ont été envahis par les sables. La plupart en outre sont mal outillés. 11 faut pourtant excepter celui de Smyrne, construit par une société française (i).

Commerce. — C'est Smyrne qui est le principal entrepôt de tout le commerce de l'Asie Mineure. Trébizonde vient ensuite : c'est en même temps le débouché de l'Arménie et d'une partie de la Perse (2). A l'intérieur du plateau, Kawanc^ est le rendez- vous et le carrefour des caravanes venant de la vallée de l'Ëuphrate aux marchés de la mer Noire, de la mer de Marmara et de TArchipel, à Samsoun, Scutari et Smyrne. Erzerown est aussi un grand centre de commerce.

Les exportations sont surtout agricoles : figues, raisins secs, graines, fruits, vins (de Chypre en particulier), réglisse, etc. A ïimportationf ce sont surtout les produits manufacturés d'Europe qui l'emportent (3).

L'Asie Mineure est, de plus en plus, un marché important pour le commerce européen : de nombreuses lignes de navigation s'arrêtent dans ses ports, célèbres depuis longtemps sous le nom d' « Échelles du Levant ». La France qui, depuis les croisades, joue un rôle prépondérant au point de vue politique dans cette région, où tous les étrangers s'appellent encore « Francs », faisait naguère encore la plus grande partie de ce commerce (50 p. iOO au commencement du siècle). Mais c'est elle aussi qui a le plus perdu dans ces dernières années. Les navires des Messageries maritimes qui desservent les ports levantins sont trop pressés, accaparés par le service postal, pour s'abandonner aux lenteurs nécessaires du commerce, surtout dans les pays orientaux. Aussi le pavillon français se voitil enlever la majeure partie du trafic par les Anglais, les Allemands, les Russes, et surtout par la compagnie du Lloyd austro-hongrois et par les navires à voiles grecs, véritables rouliers de cette partie de la Méditer-

(1) Mouvement du port de Smyrne (1894). Entrées seulement :

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