‹ Précis de géographie économiqueChapitre 99 sur 182 · I. - INDE · texte numérisé non relu

I. - INDE

Situation et dimensions. — Llnde ou Indoustan est la péninsule médiane de TAsie; entourée au sud-ouest par la mer d'Oman, au sud-est par le golfe du Bengale, elle est très nettement séparée du reste du continent, à l'ouest, par les monts Souleyman, bordure de Tlran, au nord par l'Himalaya, rebord du Thibet; à Test seulement, le passage est relativement facile vers Tlndo-Chine. Avec TUe de Ceylan, la superficie totale est de 3.837.879 kilomètres carrés. Elle s'étend, du 6** au 35° de latitude nord sur une longueur de 3.800 kilomètres environ, et du 65° au 95° de longitude est de Paris, sur 2.800 kilomètres.

Relief. — Il faut distinguer trois zones de relief dans Tlnde : au nord, THimalaya, immense barrière montagneuse, tombant abrupte au sud. Ses deux systèmes parallèles contiennent les plus hauts sommets exactement mesurés du monde (8.840 m.), et n'offrent de cols que par des hauteurs égales à celle du Mont Blanc. C'est une limite très difficilement fran> chissable. Au sud de l'Himalaya, réunissant la mer d'Oman au golfe de Bengale, se trouve la grande dépression ou plaine indo-gangétique» immense étendue plate, qui n'atteint nulle part 300 mètres d'altitude, et qui, arrosée par de grands fleuves, est le centre de la vie indoue. Au sud enfin, le plateau triangulaire du Dekkan remplit la péninsule; bordé à l'ouest par les Ghàtes occidentales, au nord par les monts Satpoura, il s'incline doucement vers l'est, puis tombe sur le golfe de Bengale par les terrasses des Ghfttes orientales. L'Ile de Ceylan est un massif montagneux qui dépasse 2.500 mètres.

Littoral. — Les côtes de l'Inde, assez développées sur deux mers, sont cependant peu propres à la navigation. Très plates au nord-ouest, jusqu'au golfe de Gambaye, elles se relèvent ensuite, à cause du voisinage des Ghàtes occidentales, mais n'offrent encore que des ports peu sûrs.

A partir du cap Comorin, sur le golfe du Bengale, le littoral, formé des alluvions des fleuves, est plat, marécageux, bordé d'étangs et de flèches littorales. Seule, la branche maîtresse du Gange ou Hougli, forme un port sûr et commode.

Climat. — ' Chaleur constante et régulière, grande humidité, telles sont les caractéristiques du climat de llnde. Les différences entre les saisons sont inappréciables ou à peu près dans la partie péninsulaire, et dans le bassin du Gange, et deviennent au contraire considérables dans le bassin de rindus, plus continental, et en particulier dans le désert de Thar, comparable au plateau de Tlran. Les moyennes vont de 28<> au sud à 23*^ au nord.

L'Inde est soumise au régime des moussons. L'alternance des vents secs du nord-est en hiver, et des vents humides du sud-ouest en été explique le régime des pluies. Les précipitations les plus considérables tombent naturellement sur la côte occidentale : elles atteignent 3 et 4 mètres au Malabar, alors que le Dekkan ne reçoit pas 1 mètre d'eau. One recrudescence se produit au fond du golfe de Bengale, et surtout sur les pentes de l'Himalaya, qui arrêtent les vents pluvieux. La région du Tcherra Poundgi est célèbre comme le point le plus arrosé du globe. La moyenne des pluies y varie de 12 à 16 mètres, et, en 1861, il y est tombé une couche de 20™, 44 d'eau. Au contraire, le bassin de l'indus, trop abrité des moussons, est très pauvre en pluies (moins de 0"^,10 dans le désert de Thar).

Cours d'eaa. — L'Inde est naturellement très riche en fleuves, mais bien différents les uns des autres. Le plateau du Dekkan n'envoie à la mer d*Oman que des torrents très abondants, mais très courts et innavigables, sauf la Narbadda ; au golfe de Bengale, vers lequel il s'incline, il envoie des fleuves plus longs, mais soumis au régime alternativement sec et humide du pays. Même au moment de leur abondance, les étages par lesquels ils descendent du plateau les empêchent de recevoir des navires; ils se terminent dans la mer par des deltas ramiflés à riniini et qui tombent souvent dans des lagunes littorales sans débouchés.

Les fleuves de la grande plaine du nord, au contraire, s'alimentant aux glaciers inépuisables de THimalaya, et aux pluies si considérables de la région subhimalayenne,sont d'admirables cours d'eau. Mais il faut encore les distinguer entre eux. Si le Gange, qui coule dans la plaine, longe la base méridionale de la grande chaîne et en reçoit un tribut constant daffluents, est une voie navigable très importante, le Brahmapoutra, aussi abondant au moins, a la plus grande partie de son cours cachée au fond de gorges profondes dans la région improductive du Thibet, l'indus enfin, après un cours assez long dans le Thibet, ne cesse de s'appauvrir dans la traversée de la région sèche du Radjpoutana, malgré l'appoint des eaux de laSatledj, himalayenne comme lui.

Populations. — L'Inde est un des pays les plus peuplés du monde, eu gard à s«^ superficie. Sa population atteignait, en 1891, près de 300 rail-

lions d'habitants (1 ). Ces habitants se partagent en un assez grand nombre de races distinctes : si le fonds de la population est formé de représentants de la race indo-européenne, dans la partie septentrionale, le Dekkan comprend une masse assez considérable de Dravidiens noirs ; sur toutes les frontières enfin, des infiltrations considérables se sont produites, de Thibétains, dlraniens et de Touraniens. Quant aux Européens, ils ne sont pas 1 00.000 en tout.

Au point de vue religieux, la population indoue n'est pas plus homogène. La religion brahmanique représente la plus grande partie (plus de 200 millions de sectateurs), auxquels il faut ajouter 7 millions de bouddhistes, 57 millions de musulmans et 2 millions de chrétiens.

Gouyernement. — Llnde est trop peuplée, le nombre des colons y est trop restreint, et leur sécurité y est trop peu assurée, pour que le gouvernement y ait été laissé aux habitants, comme dans d'autres colonies anglaises. Le pouvoir y est exercé, sous la surveillance et la responsabilité du ministre de Tlnde (faisant partie du cabinet métropolitain], par un gouverneur général ou vice-roi résidant à Calcutta. Celui-ci a presque les attributions d'un souverain absolu, et, assisté d'un conseil privé et d'un conseil législatif, décide de presque toutes les questions, même des rapports extérieurs de Tlnde. Dans chacune des « présidences » de Bombay et de Madras est aussi un gouverneur assisté d'un conseil. A côté des pays directement administrés^ subsistent dans la péninsule des États protégés ou feudataires dont l'indépendance est plus ou moins reconnue par les traités, illusoire presque toujours dans l'application. Seules, les colonies françaises — bien minimes —, ou portugaises, et les deux États du Népal et du Bhoutan dans l'Himalaya sont indépendants de l'autorité anglaise.

• Les armées, aux Indes, se composent de 573.000 hommes en tout, dont 350.000 appartiennent aux États feudataires, et n'ont presque aucune importance. Sur les 222.000 qui forment l'armée anglaise d'occupation, 75.000 seulement sont anglais et suffisent à maintenir l'ordre dans cette immense agglomération d'hommes qui, du reste, s'entendent peu ensemble.

(i) Inde anglaise (1891) 287.2^.000 hab.

Népal environ 5.000.000

Bhouthan — 20.000

Établissements français. 279.597

— portugais. 572 . 290

Villes de l'Inde (1891) :

75 villes de plus de. . . .

dont

Habitants.

Calcutta (et faubourgs} 861 . 764

Bombay 8> 1 . 764

Madras 453.518

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