Chapitre m
Comparé à notre système de classement^ le nom représente le substantif; radjectif; le pronom et le participe : le verhe correspond au verbe français; et la^^ar^^'mZ^ comprend ce que nous appelons rarticlC; TadverbC; la préposition; la conjonction et Tinterjeetion.
Au lieu de suivre Tordre indiqué dans Ténumération ci-dessus, il est préférable; pour la facilité de TétudC; de commencer par les particules; mots invariables; de donner ensuite les noms qui subissent le moins de variations; c'est-à-dire les pronomS; puis le verbe et de revenir enfin aux catégories du nom autres que les pronoms.
L'avantage de cette méthode est de donner tout d'abord à l'étudiant les mots les plus aisés à retenir puisqu'ils sont très courts et invariables;, et qu'en outre ils sont d'un usage des plus fréquents. Voici du reste Tordre dans lequel seront exposées les différentes parties du discours en adoptant la classification française : Article; préposition; conjonction; adverbC; interjection; pronom; verbC; participe; substantif; adjectif.
Article
L'article indéfini; ti77^ une, de^ deSy n'est pas exprimé en arabe l)ar un mot s])écial; mais le plus souvent à Taide d'une simple terminaison. En général; c'est le tanouïn qui marque Tindétermination.
Ex. : «une porte»; ?' «des portes ^>; Jv5^ « des
chiens»; X. «une feuille»; ^^^y «des feuilles»; Jo «une
main»; ^LjI «des mains»; c^a-â^c «un mufti»; «un berger»,
«des femmes»; <^^J^ «une fille»; v^^^f «une sœur; i^^yz^ «une île». Comme on le voit par ces exemples; le tanouïn de toutes les voyelles produit le même effet.
Certains noms propres ayant le tanouïU; ce signe ne sera donc pas toujours Tindioe de l'indétermination; puisqu'un nom propre
Classification des mots. Article
est par sa nature même tout à fait déterminé. On aura^ par conséquent^ une première exception à la règle formulée^ quand il
s'agira de mots tels que : lX-;^ «Zéïd»;, iXé*^ «Mohammed»^
C>y.^:^ «Mahmoud»^ ,Jk.c^ « Ali»^ (X^sù «Hind».
Une seconde exception plus fréquente encore que la première se produira dans les mots qui ne sont pas susceptibles de prendre le tanouïn^ et ils sont nombreux. Aucun signe caractéristique^, dans ces mots, ne marque Tindétermination.
Ex. : ^}\y^ «des navires»^ (j^^fcX>o «des collèges»^ ^(^ii
« des pauvres »^ ^L-^Ar^ « des savants^ ulémas »^ borgne »,
^LA.^.ct «une aveugle».
On verra plus loin quels sont les mots de cette catégorie et le moyen de reconnaître s'ils sont ou non déterminés, lorsqu'on les rencontre dans un texte, car pris isolément cela n'est pas possible.
La détermination peut être notée de deux manières : 1'" Par Tabsence de tanouïn lorsque le mot, sans être un nom propre, est susceptible de prendre ce signe, fait toujours indiqué par le dictionnaire.
Ex. : O^^^ «un homme», ô^^^y «Tliomme», ^^^y^o «un clie-
min », sj^'^y^ «le chemin», «des négociants», «les négociants», »I\JI^ «une raère»;^ ScXJt^ «la mère», i «un
cadi», ^^Li' «le cadi», ^Xjè «un roseau à écrire, une plume »^
jv-i-i* « la plume ».
Mais pour que ces mots perdent le tanouïn ainsi, il faut presque toujours qu'ils aient un complément, en sorte que o^^^ signifie
en quelque sorte «l'homme de . . ^-^.y^ I^j chemin de . . .»^ etc.
2" Par l'article défini. Cet article^ dans sa forme actuelle, n'a
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qu'une seule lettre J et, par suite, doit se joindre dans récriture au mot qu'il détermine, car il est de règle absolue qu'un mot qui n'a jamais qu'une seule lettre ne doit jamais rester isolé. L'article défini est invariable et précède toujours le nom qu'il détermine et auquel il se joint. Il est à peine besoin d'ajouter qu'un mot qui a l'article défini ne saurait en aucun cas avoir le tanouïn dont la valeur lui est précisément opposée.
Le mot «une lune», avec Tarticle défini devrait donner
le groupe suivant : ^-^-ûJ « la lune » ; mais l'on a vu déjà qu'un mot commençant par une consonne djezmée devait être précédé
de Valif d^union; on écrira donc ^-♦•aJ! et le mot se lira ainsi, sans la moindre difficulté, s'il est dans l'intérieur d'une phrase.
Ex. \ y^ÂiS ^^-^ «la lune s'est levée».
Or, s'il est fort rare, en arabe, qu'une phrase commence par un substantif, le cas peut néanmoins se présenter et d'ailleurs on peut avoir besoin de lire un mot isolément, dans des exemples i^rammaticaux. Pour {pouvoir, dans ce cas, lire l'article, on a secours à un procédé en usage pour tous les mots qui se trouvent dans les mêmes conditions, à savoir de ne pouvoir se lire avec un mot qui précède et de commencer par une consonne djezmée. Ce procédé consiste à placer devant la consonne djezmée un li'amza avec une voyelle.
Quand Farticle défini se trouvera en tête d'une phrase ou dans
un mot isolé, on le fera donc précéder de la voyelle a du hamza étant exclusivement réservée à l'article.
Ex. : y^i\ «la lune», J^J» «la main», vi> — «la fille», j^J I «Tétang», \^y^^^ «l'éclair», ô<^ô<d>A «le fer», ^^nJlJI « le corbeau » .
On conclura de ce qui précède que l'article J est généralement écrit Jf et exceptionnellement Jf.
Classification des mots. Article
Lettres solaires et lettres Innaires
Puisque rarticle a le djezm^ il est nécessairement suivi dans la prononciation de la consonne suivante^ et il peut arriver que les deux articulations soient dures à faire sentir immédiatement Tune à la suite de Tautre. On obvie à cet inconvénient selon le procédé habituel qui fait supprimer le i)remier son et redoubler Tautre^ comme en français^ par exemple^ dans attendre qui remplace adtendre. Pour marquer ce changement en arabe^ il suffit de ne donner aucun signe à la première consonne et de mettre le chedda sur la seconde^ en sorte que la physionomie du mot n'est point changée, bien que sa prononciation ne soit plus la même. Ex. :
le soleil » se prononcera haeli-'eham''Soii^ sans tenir aucun compte du J qui est écrit.
Sur les 28 consonnes de Talphabet, 14 ne peuvent, à des titres divers, se i)i'ononcer après le J de l'article et lui font perdre sa prononciation tout en se redoublant elles-mêmes. On les appelle lettres solaires parce que le mot « soleil » en arabe commence par une de ces 14 lettres-là, tandis que le mot «lune» commence par une des consonnes appartenant à Tautre groupe que Ton désigne par suite sous le nom de lettres lunaires.
Les lettres solaires sont : ci^, vi^, 3, ^, jj^, (ji/, ib, J et On remarquera : 1^ que le J aurait pu aussi bien figurer parmi les lettres lunaires et qu'il ne figure ici que pour la symétrie, puisque cela permet de diviser Falphabet en deux groupes égaux; 2"^ que 10 de ces lettres, en commençant par le se suivent dans Tordre alphabétique.
Il est bien inutile d'énumérer les lettres lunaires qui ne modifient en rien la prononciation de Tarticle, ni du mot qui suit; on les trouvera aisément d'ailleurs si Ton connaît l'alphabet et les lettres solaires dont la série est de beaucoup plus facile à retenir.
Les noms propres, ainsi qu'il a été dit plus haut, n'ont pas besoin pour être déterminés d'avoir Tarticle défini, pas plus qu'ils n'ont à perdre le tanouïn.