Chapitre m
Exemples de mots avec Tarticle et commençant par une lettre
solaire i^^ijf «le taureau», s^ScXi! «le chacal», a-wwJÎ ^< le
lion», 5"^-'' «la panthère ou le tigre», v^Xj^XJ! «le coq», ^a-ôJ!
« riiyène », ^L^^lXJ ! « les mouches », J^aJ^J ! « la nuit », cK^^-vJ ! « le
pied», i^U^AA^i! «le ciel», L>Ly^l « le x^êcheur ou le chasseur»,
LLzJ 1 « Fétudian t » , jv^y^i^-' ' « Fautruche mâle » , H Jo^i ! « la
crème», ^Lé^^AJl «le drogman».
Quand un mot a un complément, nom ou pronom, il est par cela même déterminé sans qu'il puisse avoir ni Farticle défini, ni le tanouïn.
Ex. i^fcXJt «la porte de la nmison », '^L-^il Lzâ/o « hi
clé de la porte», oLI-oJf ^^^5" «les chiens du chasseur», £=Li^.M «la couleur du ciel», X5^-(lJ f fl — jq «Feau de Fétang», .
.^^^ «le sabre d'Ali», v^^xJf ^1 «la langue des
Arabes», ^^Lo-^f ^ v-w «la selle du cheval», c^^^ ô '1^^ jambe d'un homme», JJCiî «le meurtre d^m homme».
Le tanouïn ne se faisant sentir que dans deux mots du langage^ il s^ensiiit naturellement qii^il n^y servira jjas de signe d^indétermination. L^absence d^article défini ou de eomplément à un mot suffira donc à indiquer qu^il est indéterminé.
Ex. : diyâr «des maisofis»^ mera «une femme nesa «des femmes y meselmât «des musulmanes» y meskin «un malheureux medina «une ville y>y semsâr «xin courtier »y h'addâd «un forgeron» , douâïa «un encrier »y kerrâsa «un cahier», izâr «un roilCy une portière» y heruiii «un tonneau», chaouch «un huissier, un appariteur».
Lorsque le mot est au singulier, on se sert souvent d^un autre procédé qui sera indiqué ci-après.
La détermination des mots se fait diaprés des ^^r^^cip^s identiques à ceux de la langue écrite, c^ est-à-dire en plaçant devant
Classification des mots. Article
le mot Varticle défini ou en lui donnant un complément. LUirticle défini dans le langage se prononce el en élidant la voyelle chaque fois qu^elle est précédée d^une voyelle longue.
Ex. : el-mout «la mort», el-ber'Ja «la mide», el-koursi «le siège y la chaise», el-djenoun «les génies, les démons», el-kâteb «Vécrivain» , el - niarabet'iii «les marabouts», el-yehoud «les juifs», el-ouled «V enfant», el-guellil «le pauvre» .
Afoec liïi complément qui le suit immédiatement, le mot devient déterminé sans pouvoir prendre Varticle.
JEx. : "^aïn el-ibel «la fontaine des chameaux ras el- djebel « le sommet de la montagne » , djenân el-ar a « le jardin de Vagha», djenân moiistefa paelia «le jardin de ]\Iousta2)ha pacha » ^ dar el-bey «la maison du hey » , dîir radjel «la maison d^un homine», chachiïet el-ouled «la calotte d^un enfant-, sari '1-merkeb «le mât du navire», qad'i '1-beled «le cadi de la ville».
La modification apportée à la prononciation de Varticle par la lettre solaire est rigoureusement observée dans le langage.
JEx. : ecb-cherif «le chérif » , ez-zoudj «le mari», ech-cheta «la pluie, Vhiver » , es'-s'if « Vété , er-rebi*^ « le printemp>s >^ ed'-d'if «Vltôto^, ed'-d'ifa «Vhospitalité » , es-souq «le marché, le hazar», eniiif «tenez, V amour propre», et'-t'ir «V oiseau», ed-douar «le douar» (réunion de tentes forynant un cajnpement stable), erremel «le sable, la dune >^ , edz-dz'elâm «les ténèbres», el-louli «la planche », en-nâr « le feu > .
Le rapport entre deux noms marqué en français par la préposition de rend en arabe de deux manières : tout d' abord, en juxtaposant les noms sans jamais donner Varticle défini à celui qui a un comp)lément. JEx. : dâr qâd'i '1-dzezaïr « la maison du cadi d'Alger » ; meftâli" bâb dâr qâd'i 1-djezâïr «la clé de la porte de la jnaison du cadi d'Alger». Quant au complément, il prend Varticle, si le sens V exige. Ex. : râs kebch «la tête d'un mouton » , râs el-kebch « la tête du mouton » .
JMais cette façon de s'exprimer conforme aux principes de la langue écrite fait souvent place à la tournure suivante analogue
ChAPITRIE III
à celle qii^on emploie en français : el-mokh'ala mta*^ es'-s'eyyâd «le fusil du chasseur^. Le mot mtti remplit ici le même office que la préposition de en français. Toutefois s^il y avait plusieurs compléments, on ne se servirait du mot mta*^ qu^une seule fois et pour les autres compléments on reprendrait Vautre construction.
Ex.: eclî-chekâm mta^ ech-cha^^ïr «le sac d'orge>^ ; el-qâïd mta"^ el-^arch «le caïd de la trihu» ; el-qelem inta"^ el-ouled «la plume de V enfant y> : el-be/Ia mta*^ el-qad'i «la mule du cadiy> : el-h^aït' nita*^ djenân el-mefti « le mur du jardin du mufti».
JRien empêche, avec cette construction, que le premier mot soit indéterminé. Ex. : g:ue]mouna mta*^ bernons «un capuchon de burnous y>; chekâra mta*^ doukhàn «un sac de tabac» (ou un sac à tabac) «une blague»: chaehiïa mta*^ onled «une calotte d^e7ifant » .
L^ifidétermination au singulier est souvent marquée par le mot invariable onâli"ed suivi de Varticle défini. Cette façon de s^exprimer rappelle cette locution vicieuse et triviale «fen ai vu une de montagne » ; mais en arabe elle est usitée aussi bien par Vhomme instruit que par Vignorant, dans le langage, bien entendu.
Ex.: onàired el-merra «une fois», onah'ed el-bent «une fille», ouah^ed el-onliïed « un petit enfant», ouâli''ed el-'^aoud «un cheval » .
Voici du reste V application de ces diverses règles indiquées dans des phrases très simples.
"^andi onâli'ed es-sif «fai un sabre»; *^audek ouah^ed el-ouled «tu as un enfant»; ^^andliou ketab el-mefti «il a le livre du mufti»: "^andh'â el-qostebina mta"^ el-kheyynta «elle a le dé de la couturière» ; \andnâ el-qamous mta' ecb-eheïk ^^nous avons le dictionnaire du professeur»: 'andkoum mous mta' irafFâf «vous avez un rasoir de barbier»; 'andh'oum cheïkh el-medersa «ils ont le professeur de la médersa (ou du collège)»; *^andhoum elfrimla mta^ el-meselmât «elles ont le corset des musulmanes».
choft es -sou] tan m ta' el-rarb «fai vu le sultan du JKaroc» (lehoft «fai vu»); djouzna *^ala koudïet edz-dzelieb «nous avons
Cr^ASSIFICATION DES MOTS. ArTICLE
passé auprès (djouzna *^ala) de la colline d^or» (ce nom revient assez souvent dans la toponymie algérienne) ; ysken fi mersa 'ddebbân « il demeure au port des mouches » (nom donné aux petites criques).
chérit mah^'arma mta*^ el-irarir «j^ai acheté (chérit) un mouchoir de soie» ; echri seroual rata"^ el melf «achète (echri) un pantalon de drap » ; khod "^ala ouâd el-kerma «prends par (khod *^ala) la vallée du figuier» (nom de localité).
râni fi medjez el-bâb «je suis à Mecljez el-bah» (le gué de la porte); râk sâken qrib djenan el-ara ^vous demeurez près du jardin de Vagha » ; rah ou ma*^ oulâd ed-douâr « il est avec les enfants du douar» ; rah'i ma*^ el-bent inta"^ echcherif «elle est avec la fille du chérif » .
ràna fi bit el-ara « nous sommes dans la tente de Vagha » ; râkoum fi kheïma mta'' guellil « vous êtes dans la tente d^un pauvre» ; râhoum "^aiid el-khelifa mta*^ el-arbuat' « ils sont chez le hhalifa de Laghouat»; râhoum ma*^ meselmât mta*^ el-djezâïr « elles sont avec des musulmanes d^ Alger » .
chapitke iv Prépositions, conjonctions, adverbes
ET interjections
Le nombre des particules est fort considérable en arabe^ mais beaucoup d'entre elles sont d'un usage peu fréquent. Afin d'éviter une perte de temps inutilC;, elles seront réparties en deux séries distinctes : la première contenant celles qui sont employées couramment; la seconde^ celles qu'on ne rencontre que rarement. Les particules qui n'ont qu'une lettre seront en tête^ celles qui en ont deux viendront ensuite^ et enfin l'énumération se poursuivra par celles qui ont trois lettres ou davantage.
Chapitke IV
Première wSérie Particules d^une lettre
I est-ce que?
^ avec^ pai% au moyen de^ à
comme
J afin que, à cause de^ pour
^ (j'en j^^i'^) P^i' ^ certes
w3 et^ aiors^ car ^ et^ tandis que^ avec^ par
Chacun de ces mots n'a qu'une lettre^ aussi doivent-ils tous s'unir dans Fécriture au mot qu'ils régissent. Ex. : cXIj «avec
une niam » comme la montagne» (cCJ.)
(V-wuw^ «au nom de» (fv-^f ^ lalif d'union ayant été exception-
nellement supprimé). i^z^yX,} «à l'homme » (Jw^^iJ J 5 ici Félision de Falif d'union est obligatoire; elle a toujours lieu après J)-
A cause des règles de Fécriture les particules t et ^ ne peuvent s'unir effectivement au mot qui les suit; on se contentera donc de les juxtaposer^ mais la liaison est si bien considérée comme effective qu'il n'est pas permis de séparer ces mots de ceux qui les suivent en mettant^ par exemple, le premier mot à la tin d'une ligne et le second au commencement de la ligne suivante, parce que Fusage n'admet pas qu'on coupe un groupe d'écriture en deux, ainsi qu'on le fait en français en ajoutant un trait d'union.
Les conjonctions ^ et sont souvent appelées à jouer le rôle
de signes de ponctuation, ^ étant alors une sorte de virgule, ^ un point ou un point et virgule. Ce dernier mot marque presque toujours qu'il y a changement de sujet entre la phrase qui le précède et celle (lui le suit.
Prépositions, conjonctions, adverbes et interjections
c>|^ puisque
est-ce que^ soit que
que ^;;^|^ si (futur) • f ou bien
c'est-à-dire (J<^ au contraire ^^^^ de^ loin de^ sur ^ dans cXi' déjà
JParticules de deux lettres ^ afin que
ne pas (futur)^ non (vJ ne pas (passé)
si^ même Lx) ne pas (passé) cXx» abréviation de Jcxx) depuis
avec Ijt/o ensemble
combien?
f t jamais
J^:=:>^f oui
de, venant de est ce que?
JParticides de plus de deux lettres
Lx)f quant à
tc>| lorsque (futur) ïôf OU df^f alors
Cm
si ce n'est^ excepté vers^ jusqu'à
soit que f*Lx)f devant (j^-oî hier ^ f maintenant ^\ que (devaut un nom)