Chapitre v
Comme on le voit, la première personne du singulier, la première personne du pluriel et le duel sont des deux genres. En outre la première personne du duel n'existant pas devra être exprimée par la première personne du pluriel.
En arabe, le pronom sujet ne s'énonce avec le verbe que dans de très rares circonstances; aussi sa présence serait-elle bien peu fréquente s'il ne servait en quelque sorte à rendre le verbe être au présent de l'indicatif dans les ])brases où le sujet n'est pns un
nom. Ex. : (jwdj^/c «je suis malade », mot-à-mot « moi malade » ;
^^y^X^jQ nous sommes des musulmans», mot-à-mot «nous
des musulmans »; ^^Xj^joyo «vous êtes des croyantes ». En-
core cette valeur n'est elle qu'apparente, le verbe être au présent étant rendu en réalité par la juxtaposition du sujet et de l'attribut^ ce dernier toujours indéterminé, ainsi qu'on le verra dans la syntaxe.
Les PRONOMS PERSONNELS RÉGIMES sc licut toujours daus l'écriture au mot qui les régit; c'est pourquoi on les appelle communément pronoms affixes. Cette liaison dans 1 écriture offre l'avantage de permettre de les distinguer des pronoms sujets aux personnes où ils ont exactement la même forme.
Singulier
Commun
l'"" pers. ^ ^ et ^3 me, de moi, à moi
Féminin MasciiHn
2^ pers. ^ te, de toi, à toi te, de toi, à toi
3"^ pers. la, elle, d'elle, à elle | ^ le, lui, de lui, à lui
Duel
2^ pers. Lis" vous deux, de vous deux, à vous deux
3^ pers. L-*^ eux deux, elles deux, d'eux deux, d'elles deux, à
eux deux, à elles deux
Des pronoms
pers. LS nous^ de nous^ à nous
2^ pers. ^^^^vous^ de vous, à
vous
3^ pers. elles, les^ d'elles,
à elles
|v5^vous, de vous, à vous 1? eux, les, d'eux, à eux
La première personne du singulier a, comme on le voit^ deux formes, ^ — 3 et y^-z^-. La première s'emploie toujours après un
verbe ou après les particules terminées par Ex. : ^^j>wÔ «il
m'a frappé», mot-à-mot «il a frappé moi»; — «il m'a donné»; moi», de et du pronom; «loin de
moi», de Quand la particule est terminée par ^ on met à
volonté, soit y soit Ex. : ou ^-^^X «certes moi», de
^1^; ou t «que moi», de ^ ^s'i^- ^^^^ ^t^^ «mais
moi », de i^'^-^-
Tous les mots, qui ne sont ni des verbes, ni des particules terminées par prennent la forme du pronom; si la dernière lettre du mot a une voyelle^ elle la perd et la remplace par
i. Ex. : c\-> avec le pronom singulier de la première per-
sonne feront également ^c>o « ma main » ; ^^^^jùj « mon profes-
seur» sera formé par l'un des mots -^^^m^ ^^^^
Dans le cas où la dernière lettre n'est pas une consonne portant voyelle^ mais où le mot est terminé par I, -5 ^ - <5i
le pronom ^ ^ est remplacé par Ex. : ^^v^-^.-c^ «mes deux yeux >> de Lxjcx: et du pronom ^ ? yjo «mon maître» de
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^•-xj; ici Talif bref est remplacé par un alif ordinaire; ^J^^ «mes
deux pieds» de ^ «dans moi» de «vers moi» de
qui devient devant les pronoms affîxes^ suivant la règle déjà donnée qui dit que devant les pronoms affixes on substitue
à Talif bref des particules un
Les pronoms s, ^ et deviennent (? et
chaque fois qu'ils suivent un mot terminé par ou
Ex. : ^'^^ «son cœur» pour »^Xié; «frappe -le» pour
k^^y^l} «vers elles» pour ^v^^JL
La consonne finale djezmée^ aussi bien dans les pronoms sujets que dans les pronoms régimes recevra la voyelle ou euphonique chaque fois que le pronom sera suivi d'un mot commen-
çant par l'alif d'union. Ex. : ^^^j^â^Jî «ils seront les bien-
heureux», (? est mis pour (f ; v^b:XJf J.-w^f «il leur a
envoyé le livre», ^-^^l ^^t pour ^^^^y
Le rôle principal du pronom régime est de marquer la possession; comme il est effectivement le régime du mot qui le précède, celui-ci ne pourra donc avoir ni rarticle, ni le tanouïn en aucun
cas. Ex. : s^y^ «ma maison mot-à-mot «la maison de moi»;
Cjjcj «ta main»; ^joô<'£ «ton pied»; ^ «sa tête»; j *
«son nez»; LlJLi^^ «notre patrie»; ji-xJ^^^ «votre prophète»;
j^^^XjLx^ «vos vêtements»; ji-^-é.^ «leurs moutons»; ^^j^^^Lwf
«leurs bracelets».
JRemarque. La préposition J « à » suivie d un pronom régime
équivaut en quelque sorte au présent de l'indicatif du verbe avoir. Ex. : v^io^ «j'^i un chien »^ mot~à-mot «à moi (est) un chien» ;
LlJ «nous avons un voisin». Il faut observer en outre que la préposition J se change en J devant les pronoms.
Des pronoms 67
Devant un nom également J équivaut aussi au verbe avoir. Ex. : RAj^X^aJ «la ville a cinq portes»^ mot à-mot
«à la ville (sont) cinq portes».
Le pronom sujet conserve dans le langage sa foimie correcte, mais ni le duel, ni le féminin pluriel ne sont usités. On dira donc: ana «mo^»^ enta «foiy>^ enti «toiy> (fém.), bouwa «lui^^, h'iya «elle», nah'nou «nous», entoum «voiis^>, libum «eux ou elles > .
Cependant quand lepronom est employé seul on ajoute quelquefois au singulier de la première et de la deuxième personne une terminaison qui lui donne 2^1^^ s de sonorité, et on dit : anaya «moi», entaya «toi», entina «toi» (fém.J. De même au pluriel, entouma «vous» et liouma «eux, elles» remplacent parfois entoum et lioum^ et ah'nâ ou nalfnâ sont préférés à nali'nou. Enfin, avec une négation, h ou et h'i sont dits pour li buwa et li'iya.
Ex. : ana t eouïl «je suis grand » ; enta ^^ayyân « tu es fatigué » ; enti d rifa « tu es gracieuse » ; hbuwa kâfer « il est mécréant » ; h'iya s er'ira « elle est jeune » ; nah'nâ cliorfa « nous sommes des chérifs » ; entoum ou entouma serraqin « vous êtes des voleurs » ; libum ou hbuma mer arba « ils sont Marocains » ; mâ libu clii 'aqel «il n^est pas intelligent » ; mâ b'i chi ned'ifa «elle )i/est ^^as 2)re » .
On pourrait d'ailleurs^ dans tous ces exemjjles, substituer au p>ronom la locution râni^ râk^ etc. qui rend ordinairement le verbe « être » .
Le pronom légîme n'est p^oint d'usage nofi jdas au duel, ni au pluriel féminin^ et, à la deuxième personne du singulier, il a la forme commune ek au lieu de ka et de ki. JLa variante y a existe {'.gaiement dans le lafigage, mais li% b'im^ etc. pour Yioxx, libum^ etc. ne sont jjas usités. Toutefois ajjrès une voyelle longue bbu devient b'.