Chapitre vu
En ontre^ afin d'éviter nne répétition inutile des lettres de la racine^ les auteurs européens^ au lieu d'écrire la racine pure^ en forment immédiatement la troisième personne du prétérit du verbe primitif qui n'a jamais d'autres consonnes que celles de la racine; puis^ par une tolérance admise et convenue^ ils traduisent ce prétérit par l'infinitif français.
Forme
La connaissance des racines relève du dictionnaire^ tandis que celle des formes est fournie en entier par la grammaire dont elle constitue Tobjet principal. C'est par la forme d'un mot qu'on sait à quelle catégorie grammaticale il appartient et que ce mot est^ par exemple^ un verbe à tel temps^ à telle personne; un nom de tel genre ou de tel nombre^ sans avoir même besoin de savoir à quelle idée générale il faut en rapporter la signification.
Toutes les voyelles brèves et longues^ les tanouïn et les signes^ orthographiques servent à composer la forme. De pluS;, la forme peut utiliser les deux lettres ! et H et sept consonnes de l'alphabet^ ^5 (j^, ^ et Ces consonnes prennent dans ce cas le nom de lettres serviles ou formatives^ tout en conservant la faculté d'être radicales, c'est-à-dire d'entrer dans la composition d'une racine.
On a vu que la forme s'obtenait en dépouillant le mot de sa racine. La forme du mot ^iX^^xi^ qui vient de la racine sera donc: ji-i' . ^ . en remplaçant par des points les trois consonnes de la racine. On a encore ici un groupe que Ton ne saurait prononcer, puisque le troisième signe est un djezm qui indique l'absence de voyelle et qu'il n'y a plus de consonne. Il serait sans doute possible de l'énoncer^ mais cela serait bien long et bien compliqué et l'on aurait grand' peine à loger dans sa mémoire les formes assez nombreuses qu'il est indispensable de connaître.
Afin d'obvier à cet inconvénient^ les Arabes eux-mêmes ont imaginé d'appliquer toutes les formes à une racine unique dont
Formation des mots
il serait facile de faire abstraction dès qu'on désirerait avoir la forme pure. Cette racine conventionnelle est cVjni pour les racines trilittères et JJ^i pour les racines quadrilittères. En s'ajoutant à la forme^ elle constitue un mot complet qu'il est aisé de prononcer et dans lequel la racine, perdant toute sii^nifieation^ ne reste plus là que comme une sorte de mannequin.
Conformément à cette convention on dira donc que le mot
^A^jjuû a la forme et il sera toujours aisé de dégager de
ce mot la forme véritable en en éliminant les lettres J-Jti qui y sont ajoutées. Il en sera de même pour les expressions J^xàx»,
J^xÀX^x), etc.^ desquelles il suffira de retrancher les lettre^ J<J8.i pour revenir à la forme pure. En réalité indique «Vidée
d'agir» elles mots de cette racine s'emploient toujours^, mais^ en grammaire^ on ne tient aucun compte de cette signification.
11 est quelquefois facile de discerner les deux éléments qui constituent un mot^ c'est quand les lettres de sa racine n'appartiennent pas à la catégorie des lettres formatives. Ainsi les deux
éléments du mot v.,^a^-âl.wwx? sont aisés à reconnaître^ la racine étant sûrement aucune de ces lettres n'entrant dans la
composition de la forme^ et alors la forme sera . ^ . :^^x) ou suivaut la convention indiquée J.Ai.A^/o, qui est un participe actif du verbe dérivé de la forme.
Mais^ en général^ tant qu'on n'est pas familiarisé avec un certain nombre de formes^ la détermination des éléments constitu-
tifs des mots présente d'assez grandes difficultés. Le mot
par exemple^ ne renferme que des lettres dites formatives et pourtant parmi ces cinq lettres il en est sûrement trois qui appartiennent à"la racine. Comment les distinguer? Seule la connaissance de la conjugaison et des verbes dérivés permettra de savoir que la racine
est (j^^x^ et la forme