‹ Précis de grammaire arabeChapitre 88 sur 117 · CHAPITRE XIV DU GENPtE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV DU GENPtE

Les Arabes ne connaissent que deux genres : le masculin et le féminin. Sont féminins sans avoir de terminaison spéciale :

1^ Les noms désignant des femmes ou des femelles. Ex. :

«Marie»; |*f «mère»; <:>J^ «fille»; v^^b^l «sœur»;^^^ «vieille

femme » .

2"" Les noms de villes et de provinces. Ex. : «o'y^j «Oran»; iot y± ^ I « Lagliouat » ; « TEgypte » ; ^ LxJf « la Syrie ».

S"" Les noms des parties du corps qui sont doubles : «oreille» ; «pied»; ^^^-^ «œil»; cXj; «main»; ^^^--^ «jambe».

Du GENRE 185

4"" Tous les mots au pluriel qui ne désignent pas des êtres mâles sont considérés comme des féminins singuliers au point de vue grammatical^ c'est-à-dire que les pronoms^ adjectifs ou verbes qui

s'y rapportent se mettent au féminin singulier. Ex. : )k^ô3^^^kjQ «de vieilles clés».

Les signes caractéristiques du féminin sont :

1^ La terminaison 5 — qui s'ajoute à la plupart des mots masculins^ substantifs ou adjectifs^ pour en former le féminin.

Ex. : «chienne»^ de v^aS' «chien»; x.à->^-w «femme noble»,

de '^ùyjùj «noble»; kj^L^ô «frappante»^ de v^^Lô «frappant»; k::s.L^ «vertueuse»^ de ^JL^ «vertueux»; R-é^-w.x^ «musulmane»,

de fV-A^xj «musulman».

Exemples de noms féminins ne dérivant pas d'un masculin : àl^Aiô «obscurité»; «jardin»; kxAi' « forteresse^ citadelle»;

G^o G-ro? G^o? ^ G-^o^

« outre » ; RA^:^ « total » ; iLo^i \< occasion » ; àLï^-w « larcin ».

2"" Les terminaisons i>\ — ^ ^ — et ! — quand elles sont ajou-

tées au radical. Ex. : i>\y^^ «rouge»; «bleue»; i^\y^sn^

« verte » ; i^L:^^^ « boiteuse » ; ^ « mention » ; « autre » ;

^.é^c^ «plus importante»; LA3t> «plus prochaine». Ces terminai-

sons correspondent aux formes féminin des adjectifs de

couleur et de difformité^ féminin du comparatif et du super-

latif.

Exceptions. 1^ La terminaison 5 — est le signe du masculin dans les noms de nombre de 3 à 10 inclusivement^ tandis que l'absence de cette terminaison est l'indice du masculin.

2^ Certains noms propres et quelques noms et adjectifs ne s'appliquant qu'à des hommes sont masculins tout en étant ter-

minés par le H. Ex. : iJij^XS::^^ «vicaire^ calife»; x.xjjv^ «très docte»;

186 Chapitre xiv

Ci ^

a^^S^ « très reconnaissant » ; à^X^P « très rieur »; Xn^io «Tallia »^ nom propre; «Rebi*^a»^ nom propre.

S"" Les noms qui ne peuvent s'appliquer quïi des femmes ne prennent généralement pas le signe du féminin. Ex. : /^y^ «nourrice»; i^ilio «répudiée». Cependant on dit quelquefois îlLxjL:^:^ « enceinte »^ au lieu de J^/ol^^ mais il faut pour cela que ces mots accompagnent un substantif féminin.

4'" Les adjectifs ayant le sens du participé passif^, et

ceux de la forme — Jti^ ayant le sens du participe actifs ne prennent la forme féminine qu'autant qu'ils qualifient un nom

féminin exprimé. Ex. : cN^Xi' «tué ou tuée»; «patient ou

patiente »; «reconnaissant ou reconnaissante»; w^jy^^s- «ami

ou amie» (aimé ou aimée). Ces mots ont donc le genre commun.

5"^ Outre les catégories de mots indiquées ci-dessus comme étant du féminin sans en avoir la terminaison^ il en est que Tusage a fait arbitrairement du féminin et d'autres qui sont considérés tantôt comme masculins^ tantôt comme féminins ou^ en d'autres termes^ qui ont le genre commun. En voici la liste empruntée à la ^rrammaire de de Sac y.

Noiyis arbitrairement du féminin

l «fondement) ! « terre »

« puits »

« géhenne

f « lièvre »

« maison »

« Vipère

« doigt »

kXjl3 « renard »

guerre

waJ3^l> «or»

Ajt^ « orge »

« enfer »

« vin »

« cuirasse »

« sceau »

« vent »

« enfer »

Du GENKK

« ag-e »

c hyène »

l-ik^ « bâton »

<3: cognée^ pioche »

« navire »

« arc »

« intestins »

« machine de guerre »

« soulier »

« source »

« gauche »

« coup^ fois »

« scorpion »

«parc^ paradis »

pilon

« coupe^ verre »

« enfer »

« rasoir »

« âme »

« terre »

« voie »

Noms de genre commun

, Lb.ilu « puissance »

P « matinée »

siXjé « marmite

XwaJ « hon

vi)Lw.xi « musc »

« soleil »

« pied»^ en poésie

« araignée »

« cheval »

« fèves »

« foie »

« sel »

« feu »

« serment »

« état »

« matrice »

« couteau, poignard »

« armes »

« paix »

« ciel »

« chemin »

Go?

« cou^ col »

« nuque »

« langue »

Les adjectifs de la forme ^^Jti peuvent faire aussi au féminin ,^Jti. Ex. : ^^i^X-w «ivre», féni. ^L-^wa^^ «irrite»^

fém. ^A-ô-i.

7"" Le mot «un»; fait au féminin ^^^X^]^; «premier»^

188 Chapitre xiv

fém. <J*f «première»; «autre»; fém. ^j^^* Ces deux derniers mots sont réguliers en réalité et ils ne sont donnés ici que parce qu'ils sont d'un usage très fréquent et qu'il n'apparaît pas nettement au premier abord que ce sont des formes de superlatifs.

8"" Enfin, les formes 2cjL*i, RJLjti, RJ^jti, kAjti, îlIxàxj, JLjlàx

et (j<j^x,Âjo employées adjectivement sont du genre commun et la dernière ne prend qu'accidentellement le signe du féminin. Ex. : ^^^X..w.xj «malheureux»; R-l^X^/o «malheureuse».

Les noms qui désignent des femmes^ des êtres femelleSy des villes^ des parties doubles du corps^ ainsi que les noms portés dans la liste donnée ci-dessus comme étant arbitrairement du féminin sont du féminin dans le langage. Il faut y ajouter en outre presque tous les mots terminés par le son a^ sans distinguer par quelle lettre ce son est représenté.

JEx. : okht «sœur»; bint «fdle»; ard' «terre»; cliems «soleil»; dâr «maison»; nâr «feu»; rih" «vent»; t'eriq «cliemin»; yed ou yedd «main»: Vin «œil ou source»; sâq «jambe»; ouden «oreille».

Meraïa «miroir»; djifa «cadavre, charogne»; ziza «sein»; kouïtra «guitare»; djebira «sacoche»; fërâchïa «couverture»; khenga «défilé»; chachïa «calotte»; qostebina «dé à coudre»; djebbâna «cimetière»; koudïa «colline»; meziïa «faveur, grâce»; qououa « force » .

Pour les mots susceptibles d^ avoir les deux genres on ajoute a au mascidin, afin d^obtenir le féminin.

Ex. : semin «gras», semina «grasse»; qebih" «laid, méchant» , qebil/a «laide, méchante»; kâmel «complet», kâmëla «complète»; mâd'i «p)assé», mâd'ïa «p>assée»; moumen «croyant» , moumëna «croyante»; soultani «royal», soultanïa «ro^/aZ^^»; mererbi «marocain», mererbïa «marocaine»; tounsi «tunisien», tounsïa «^iimsienn<5»; terâbelsi « tripolitain » , terâbelsïa «trip>olitaine»; djezâïri «algérien», djezâïrïa «algérienne» (ce dernier mot se contracte presque toujours en dziri; fém. dzirïa).

Du NOM GÉNÉRIQUE, DU NOM d'uNITÉ^ DU DUEL ET DU PLURIEL 189

Il faut excepter de cette règle les adjectifs de couleur et de difformité^ ainsi que les comparatifs et les superlatifs à forme régulière. Ils forment leur féminin à la façon de la langue écrite.

Ex. : azreg «hleu»^ zerga «hleue»; akbder «vert»^ khadra « verte»; abiod' « blanc »^ beï'da « blanche »; akli''al « noir »^ kali'la «noire»; alï'mer «rouge», fém. iramra; asTer «jaune» , fém. s'efra; asmer «brun», semra «brune»; a'^ama «aveugle» , fém. *^amïa; a*^aoiier «borgne »y fém. a^^oura; akber «très grand», kobra «très grande » .

La liste qui précède contient la plus grande partie des mots usités de cette forme.

Contrairemeyit à ce qui a lieu dans la langue écrite, les noms masculins au pluriel ne sont pas considérés comme des féminins singuliers dans la syn taxe de la langue parlée, on dira donc : djebal oiia'^ariii «des montagnes escarpées», en mettant oua*^ariii au. p)luriel masculin.

Page 1