DÉCLINAISON FEMININE
1" Ceux de la deuxième déclinaison comme laurus (le laurier), ayant donné des noms masculins, ne comptaient plus.
2° Ceux des autres déclinaisons, terminés en général par un s au nominatif singulier, comme : mors (la mort), manus (la main), auraient dû donner au sujet: mors, au régime mort. Mais seul le cas régime : 7nort, main, s'est maintenu.
Une difficulté se présentait pourtant pour un certain nombre de mots latins de la troisième déclinaison qui déplaçaient l'accent du nominatif à l'accusatif, comme ratio qui avait l'accent sur a, tandis que ratiônem l'avait sur o. Il devait se produire en français une double forme résultant de ce balancement de l'accent. En effet soror (la sœur) présente en ancien français les formes suivantes au singulier :
Sujet: soer, sœur (lat. sôror).
Régime : seror, sereur (lat. soràrem).
Mais en général la langue a supprimé la difficulté en ne gardant que le cas régime de ces mots, iîâ^to, virtus, n'ont rien donné en français. Le régime ratiônem^ virtùtem est seul demeuré pour les deux cas. De là : raison, vertut [vertu).
Soror seul a eu les deux cas ; puis ce mot comme les autres en a perdu un ; seulement, par une exception assez rare, c'est le cas sujet qui a subsisté et le régime qui a disparu. Soer a donné sœur, tandis que sereur, qui venait de soràrem, s'est éteint.
Ainsi, terminés ou non par un e muet, les noms féminins se déclinent de la même façon au singulier, ou plutôt ne se déclinent pas, en ce sens qu'ils n'ont qu'une seule forme pour le sujet et le régime, forme caractérisée par l'absence du s.
Le pluriel ne présente pas non plus de difficultés. Dans tous les noms que nous venons de voir, le nominatif et Vaccusatif latins se terminaient en général par un s ; mànus, virtus. ratio faisaient au pluriel : mànus, virtùtes, ratiônem.
Ce s subsiste au sujet comme au régime. On ôViè ûoî» : tsè vertuts = les vertuz, comme : les roses, aux deux cas.
Il faut toutefois faire une place à part à des noms en e muet qui ont eu une déclinaison spéciale d'origine assez obscure, mais dont voici le modèle :
SINGULIER PLURIEL
Sujet : nonne, nonnains.
Régime : nonnain, nonnains.
Déclinez ainsi : ante (la tante), Berthe, Eve, etc. Les noms communs analogues sont peu nombreux.
19». En somme, la déclinaison féminine se résume facilement : Elle n'a pas de cas distincts, pas de s au singulier, un s au pluriel.
Seulement peu à peu Panalogiè exerce ici comme ailleurs son action perturbatrice, et tandis que la déclinaison féminine agit sur ses voisines, la déclinaison masculine réagit de son côté. C'est ainsi que le s du sujet masculin singulier s'introduit au sujet singulier d'un grand nombre de féminins et qu'on arrive bientôt à dire: la riens, la cités, comme si ces mots se fussent déclinés sur le type li murs. (Voir par..200.| Cette confusion dura jusqu'au jour où la déclinaison masculine elle-même disparut, précipitée peut-être vers sa chute par la généralisation trop grande de son type et l'absorption de mots qui originairement ne lui appartenaient pas.